La démographie de la Nouvelle-Calédonie est l'ensemble des données et études concernant la population néo-calédonienne, d'hier et d'aujourd'hui.

Au recensement de 2025, la Nouvelle-Calédonie comptait Nouvelle-Calédonie : pour la première fois depuis 1946, la population est en baisse, lefigaro.fr, 29 juillet 2025.

Période pré-européenne Archéologie institutionnelle Musée de Nouvelle-Calédonie Les plus anciennes traces institutionnelles d'observations archéologiques remontent au , le gouvernement colonial tente de rassembler des objets censés représenter la Nouvelle-Calédonie aux expositions universelles. Des échantillons minéralogiques, botaniques et paléontologiques, sont regroupés.

Il faut attendre 1895 pour qu'un premier lieu spécifique soit créé pour regrouper ses objets. Ce lieu, appelé dans un premier temps « musée colonial », est créé par Jules Bernier, secrétaire-archiviste chargé de la préservation des collections. Le pavillon de la Nouvelle-Calédonie, construit à Paris à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900, est démonté et transporté jusqu'à Nouméa, dans ce qui deviendra la Bibliothèque Bernheim. Une bibliothèque est installée au rez-de-chaussée tandis que les collections sont rassemblées au premier étage.

Luc Chevalier (1922-2008.) est l'auteur d'études académiques sur le passé des îles de la Nouvelle-Calédonie dès les années 1950, en collaboration avec la Société d'études mélanésiennes et l'Institut français d'Océanie, qui deviendra l'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer (ORSTOM), puis l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Luc Chevalier devient le premier conservateur du musée de Nouvelle-Calédonie créé en 1971. Les objets conservés jusqu'alors dans la bibliothèque Bernheim constituent le premier fonds du musée.

Inventaire du patrimoine kanak dispersé Jean-Marie Tjibaou a joué un rôle moteur dans le projet d'Inventaire du patrimoine kanak dispersé., il demande en 1979 à Roger Boulay, ethnologue de formation, d'établir une liste des sculpteurs kanaks.. Dans l'esprit de Tjibaou, le patrimoine dispersé était lié au concept d'« objets-ambassadeurs », représentants de la culture kanak à l'étranger, et permettant d'en évoquer les aspects immatériels : relations, traditions et coutumes.. Auparavant, la Société des océanistes, basée à Paris et nouvellement créée en 1945, avait lancé l'idée d'un recensement des collections en métropole, mais sans impliquer les néo-calédoniens..

Au début des années 1980, le sort du patrimoine dispersé des kanaks les amène à faire entendre leurs interrogations autour des lieux et conditions de conservations de ces objets, ainsi que des explications associées..

À ce moment, les collections océaniennes en France se trouvent dans des états disparates : dans certains musées, comme à Angoulème, Bordeaux, Grenoble ou Paris, elles sont exposées depuis peu avec une muséologie récente ; ailleurs, comme à Lille, Boulogne-sur-Mer ou Le Havre, elles sont remisées ou abandonnées dans des réserves parfois non adaptées ; les inventaires en sont très rares.

Un Office culturel scientifique et technique canaque (OCSTC), placé sous direction gouvernementale française, est créé en 1982 sous l'impulsion de Jean-Marie Tjibaou et Jacques Iekawé. Art, politique et culture sont alors pensés en relation.

Un Département Archéologie est créé en 1991 au sein du Service des Musées et du Patrimoine de Nouvelle-Calédonie. Les inventaires et les fouilles sont marqués par la découverte en 1995, sur la plage du site éponyme de Lapita à Foué (Koné), des deux premières poteries Lapita entières du Pacifique..

L'accord de Nouméa, signé en 1998, prévoit le recensement et la mise en valeur des artéfacts kanak en métropole..

Une conférence archéologique internationale en 2002, commémorant le cinquantenaire de la première mission scientifique d'archéologues sur la Grande Terre, regroupe des délégations de l'ensemble du Pacifique sud-ouest. Cette conférence montre l'intérêt de la recherche archéologique en Océanie et suscite la création de l'Institut d’Archéologie de la Nouvelle-Calédonie et du Pacifique (IANCP), dirigé par Christophe Sand.

On répertorie et protège progressivement des pétroglyphes et des gravures rupestres qui témoignent de la présence humaine pré-européenne.

Durant l'année 2020 et suivante, l'exposition Carnets kanak, au musée du quai Branly, retrace les travaux d'inventaire en présentant des croquis et les œuvres associées..

L'Inventaire du patrimoine kanak dispersé (IPKD) a permis d'établir que 85 % des objets et œuvres Kanak en collections publiques dans le monde sont conservés en dehors de la Nouvelle-Calédonie. En 2019, un projet d'extension et de rénovation du musée de Nouvelle-Calédonie, prévoit pour 2021 le rapatriement de certains « objets ambassadeurs » du patrimoine Kanak sur leur terre natale.

Premières traces de peuplement Civilisation Lapita La culture Lapita est une civilisation ancienne d'Océanie établie dans l'océan Pacifique ouest aux premier et second millénaires avant notre ère. Le nom Lapita est tiré d'un site archéologique de Nouvelle-Calédonie (à Koné, plage de Foué).. La culture Lapita semble être apparue dans l'archipel Bismarck, au nord-est de la Nouvelle-Guinée, puis s'est répandue sur environ d'extension : plusieurs centaines de sites archéologiques Lapita ont été retrouvés dans une aire allant de la Nouvelle-Guinée jusqu'aux îles Samoa. : on en retrouve en Nouvelle-Calédonie. Pour cette raison, on considère qu'elle est la culture d'origine des austronésiens qui, à partir de l'Océanie proche, ont peuplé l'Océanie lointaine. Quelques squelettes ont été découverts à Lapita en Nouvelle-Calédonie. La datation au carbone 14 révèle que les sites Lapita les plus anciens remontent à environ avant l'époque actuelle, soit 1500 av. J.-C.. Les sites culture Lapita néo-calédoniens ont révélé d'énormes quantités de matériel archéologique. La plupart des sites datés ne remontent pas au-delà de 1050 av. J.-C..

Parmi la vingtaine de sites (Pam, Arama, Boirra, Vavouto, Koné, Koné-Foué, Temrock, Nessadiou, Île Verte, Ongoué, Nara, Amtiti, Witapme, Île des Pins (Gadji, Vatcha), Maré (Patho, Kurin), Lifou (Hnajoissisi, Keny, Hnaeu) et Ouvéa (Wadrilla)), les principaux sont : Nord : Koumac, Lapita (site éponyme), Koné (site de Foué) ; Centre : Nessadiou ; Sud : Vatcha.

Des modèles démographiques développé dans les îles du Pacifique comme Hawaï et la Nouvelle-Zélande et permettent d'estimer la population à (hypothèse la plus basse) au bout d'un millénaire de présence (il y a donc ). Les premiers peuplements on laissé des traces sur le littoral, mais de nombreux relevés montrent que les plaines alluviales et l'intérieur des terres ont été rapidement colonisés jusqu'au centre de la chaîne (forêts brûlées., traces d'implantation horticoles, disparition d'une grande partie de la faune endémique, en particulier plus de 40 % de la faune... Des indices archéologiques vieux de présentent des similarités avec des mythes kanaks, des indices de ce type ont pu démontrer ailleurs dans le Pacifique, en particulier en Australie, que des mythes dataient de plusieurs millénaires..

Arrivée des Européens À partir du , la ressource s'épuisant près des côtes européennes, il fallut aux baleiniers se tourner vers d'autres espèces de cétacés et des territoires de chasse bien plus lointains en utilisant des navires de haute mer bien plus importants : Atlantique lointain, puis Pacifique, et même par la suite Arctique et Antarctique. Les îles du Pacifique tropical constituaient des escales indispensables pour les campagnes de pèche qui s'étalaient sur plusieurs années. L'océan Pacifique est aussi écumé par des navires santaliers. Ces navires de commerce, souvent sans foi ni loi, armés pour se protéger des pirates, ont été à l'origine de conflits avec les populations autochtones, qui sont souvent les seules et rares traces de leur passage. ils ont également apporté une contribution au moins égale à celle des explorateurs officiels commandités par les amirautés de leurs nations respectives à partir du (James Cook, Jean-François de La Pérouse, Jules Dumont d'Urville) à la cartographie et à l'océanographie du globe terrestre.

Une autre contribution plus tragique au niveau démographique de l'arrivée des Européens a consisté à l'importation de maladies alors inconnues dans le Pacifique. De façon consistante, en particulier en Nouvelle-Zélande, à Hawaï et en Polynésie française où la chose est plus documentée que dans les petits archipels du Pacifique, la mortalité due aux épidémies est de l'ordre de 80 % et culmine parfois à 95 % des populations autochtones. Cette cause de mortalité dépasse de loin toutes les autres causes (conflits, guerres…), même dans les îles qui ont fait l'objet d'opérations coloniales militaires d'envergure. Les estimations des conséquences démographiques sont donc une division des populations dans un facteur de 5 à 20. La diminution souvent brutale à la suite des épidémies, perdurait sur plusieurs décennies et s'aggravait à cause du bouleversement de son espace, du manque de main d'œuvre pour l'agriculture, de la perte des transmissions culturelles orales et de la déstructuration des organisations sociales.

Il s'est écoulé entre 75 (passage de James Cook) et 150 ans (baleiniers, santaliers…) entre le premier contact avec des Européens et la prise de possession officielle en 1853. Des traces historiques prouvent que des Kanaks ont une parfaite connaissance des armes à feu dès la fin du autour de certains mouillages naturels comme Balade (James Cook séjourne dans ce port en 1774Jules Verne, Découverte de la terre : Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs, Les Navigateurs du , Geo/Prisma, 2011, .. En 1792, alors à la recherche de Jean-François de La Pérouse, d'Entrecasteaux y mouilleJules Verne, Découverte de la terre : Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs, Les Navigateurs du , Geo/Prisma, 2011, .).

Estimations démographiques officielles post-contact Les estimations de l'administration coloniale font état d'une population d'environ au début de l'occupation officielle en 1853, qui diminue jusqu'à un minimum de en 1900.

Les premiers inventaires généalogiques fiables de Nouvelle-Calédonie datent de 1946, 170 ans et sept générations après le passage de Cook, après des épidémies, des luttes militaires, la colonisation, l'enfermement des Kanaks dans les réserves à partir des années 1860, des bouleversements sociaux qui augmentent les difficultés pour reconstituer aujourd'hui la tradition orale et l'histoire du pré-contact.

Les estimations démographiques universitaires les plus solides pour la Nouvelle-Calédonie à la période de contact (La Nouvelle-Calédonie est occupée depuis 1853 par la France) se situent dans une fourchette allant de . à ..

Estimations de la population pré-contact Une hypothèse de calcul de la population pré-contact est donc entre 5 et la population minimum estimée par l'administration coloniale à en 1900, soit entre et à son apogée. Les études des paysages agricoles et des habitats pré-contact rendent cette fourchette tout à fait plausible, en estimant la production sur les terrains transformés par l'homme capables de nourrir une population de plusieurs millions d'habitants.

Traces de transformations du paysage agricole vignette|Culture du taro à Keanae, Maui, Hawaï, caractéristiques de la culture Lapita, similaires aux paysages agricoles pré-contacts très nombreux retrouvés en Nouvelle-Calédonie.