thumb|200px|Maisons des esprits en Thaïlande thumb|200px| Lararium représentant les divinités tutélaires de la maison : un génie central entouré de deux lares avec un serpent gardien vignette|200px|Deux divinités gardiennes d’une tombe des dynasties du Nord–Tang, les deux montrant des caractéristiques caucasoïdes.
Un esprit tutélaire (en latin spiritus tutelaris), dieu tutélaire ou divinité tutélaire est une entité héritée ou acquise présidant à la destinée d'un individu, d'une collectivité, d'une époque, d'un lieu ou d'une ville, placés sous sa protection.
Il convient de différencier les expressions « esprit auxiliaire » (terme le plus général), « esprit tutélaire », « esprit gardien », « esprit familier », « génie », « anges gardiens », « double », etc. qui font référence à des systèmes culturels différents.
Esprit topique Les divinités topiques sont des divinités d'un lieu géographique. On trouve des divinités topiques de fleuves, de villes. En général, la divinité porte le même nom que ce à quoi elle est attachée. L'exemple le plus connu est Athéna. Bien que divinité principale du panthéon grec, elle est aussi, et entre autres, une divinité topique, c'est la déesse d'Athènes. Les dieux égyptiens étaient aussi des divinités topiques.
Par religion Mazdéisme La fravashi des Mazdéens est un esprit protecteur (fravashi, « protection »), un ange gardien et l'archétype spirituel de l'homme pieux ; c'est une entité qui préside à la génération (génie). L’Avesta dit ceci : Avesta, yasht 13, v. 49-50.
Christianisme Chez les chrétiens, l'ange gardien est un esprit tutélaire ou auxiliaire.
Traditions africaines Ce thème a été étudié par Lucien Lévy-Bruhl, dans L’âme primitiveLucien Lévy-Bruhl, L'âme primitive (1927), PUF, p. 26, 27, 238, 240, 434.. Chez les Dschagga (au Niger), le figuier des banians « apparaît sous deux aspects comme le protecteur des jeunes vies : d’une part à cause de la force de rajeunissement que lui donnent ses racines aériennes, de l'autre à cause de sa sève douce et laiteuse qui coule si abondamment qu'elle guérit toutes les blessures de l'écorce » : on emmaillote le bébé, l'initié avec une étoffe faite de cette écorceL’âme primitive, p. 26.
En Côte-de-l'Or, les Akans considèrent qu'il existe 7 âmes tutélaires reliées à chaque jour de la semaine, et utilisent une dénomination calendaire pour les enfants qui naissent. Ils croient également en la réincarnation sur base de quatre éléments tutélaires transmis à la naissance : le ntoro (âme) transmis par le père retourne à la divinité associée à la mort, le mogya (sang) transmis par la mère se transforme en saman (fantôme ou esprit ancestral) afin de rejoindre l'asamando (monde des ancêtres) en attente de sa résurrection. Un enfant peut donc incarner spirituellement un ancêtre à l'identique si son mogya et son ntoro qui le composent sont identiques. Cependant, il se différencie par deux entités dont l'héritage n'est pas lié à son lignage familial : son kra (essence ou âme divine) que l'on peut comparer à une forme d'ange gardien qui surveille ses actions et son sunsum (lien divin) lié à des fétiches et divinités extérieures à son clan.« Le kra a l’apparence extérieure de l'homme dont il habite le corps, il s'en va quand l'homme dort, c'est plutôt un ange gardien qui vit à l'intérieur de l'homme et qui se sépare de lui quand il meurt »L’âme primitive, p. 240, 241 Chez les Bantou, « Mungalo vous dira qu’il est son propre grand-père, Mungalo, revenu à la vie. En même temps il vous dira que Mungalo est son génie, son ange gardien » (guardian spirit, personal my god)L’âme primitive, p. 249..
Chamanisme sibérien
Nord-Amérindiens
Mésoméricains Le nahual (mot d'origine nahua qui peut être également orthographié nagual) est, chez les Mésoaméricains, la forme animale que certaines personnes peuvent revêtir ou l'animal-compagnon auquel chacun est spirituellement relié toute sa vie. Le nahual est un esprit tutélaire qui peut être un animal particulier existant, ou bien le représentant archétypal d'une espèce animale. Cet animal est sympathiquement lié à la personne, celle-ci pourrait se métamorphoser en cet animal, mais surtout l'animal en question est donné, il s'impose comme gardien dès la naissance, à partir d'évènements fortuits. On peut distinguer nahual et tonal. Selon Carlos Castaneda, (Tales of Power).
Polynésie En Océanie, les croyances relatives aux esprits tutélaires reflètent un lien intime et spirituel entre les humains et leur environnement naturel. Dans l’archipel des Tuamotu, ces esprits, appelés tuputupua, sont perçus comme la réincarnation d’ancêtres dans des formes animales ou parfois végétales. Après leur mort, l’esprit ou l’essence vitale du défunt prend possession d’un animal, lequel devient alors un protecteur du groupe familial. Ces relations établissent une continuité entre les vivants et les morts, ainsi qu’une harmonie avec la nature environnante.
Les tuputupua occupent une place centrale dans les récits oraux et les pratiques rituelles. Ils sont souvent invoqués par des chants spécifiques (pehepehe) ou des prières, généralement exécutés par des individus dotés de pouvoirs spirituels (mana). Ces esprits jouent un rôle de gardiens, qu’il s’agisse de guider des voyageurs égarés, comme le requin Turia qui sauve une femme dérivant en mer, ou d’avertir leurs descendants des dangers, tel le crabe kaveu qui prévient des malveillances dirigées contre sa famille.
Les animaux associés aux tuputupua incluent des espèces variées comme les requins, les murènes, les crabes de cocotier, et parfois des oiseaux ou des mammifères. Ces espèces ne sont pas choisies au hasard : elles sont souvent liées aux récits fondateurs ou à des tapu alimentaires et culturels. Contrairement aux divinités supérieures, les tuputupua sont des entités proches des humains, enracinées dans les lignées familiales et souvent limitées à des aires géographiques spécifiques.
Ce système de croyances présente des similarités avec d'autres sociétés du Pacifique, notamment les aumakua à Hawaï ou les ata de Tikopia.
Spiritisme Une des premières expériences d'Allan Kardec, le fondateur du spiritisme en 1857, fut, le , d'entendre des coups contre le mur, d'interroger la table tournante et de recevoir ce message : ..
Notes et références
Bibliographie Ruth F. Benedict, « The Concept of the Guardian Spirit in North America », Memoirs of the American Anthropological Association, t. 29, Menasha, Visconsin, 1923 Henry Corbin, L'homme et son ange, Ed. Fayard, 1983 Mircea Eliade, Le chamanisme (1968), Payot, 85 sq. Alfred B. Ellis, The Tshi-speaking Peoples of the Gold Coast of West Africa (1887), Anthropological Publications, Oosterhout, 1966, 343 p. Encyclopedia Britannica : "guardian-spirit" James G. Frazer, Totemism and Exogamy (1910, 4 t.), t. III, p. 370-456, Routledge/Curzon, 2000, 2800 p. Mercedes de la Garza, Le Chamanisme nahua et maya : Nagual, rêves, plantes-pouvoir, trad., Guy Trédaniel, 1990. Lucien Lévy-Bruhl, L'âme primitive (1927), PUF. H.-Ch. Puech dir., Histoire des religions, Gallimard, « Pléiade », t. III, 1976, 751-770 (Indiens d’Amérique), 911-916 (peuples arctiques), 1364. Pierre A. Riffard, Nouveau dictionnaire de l'ésotérisme, Payot, 2008.
Voir aussi
Articles connexes Ange gardien Esprit (surnaturel) Familier (esprit) Nahual Saint patron Fylgja Yidam Tutilina Tutelle
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