Les forces armées brésiliennes (en ) sont composées d'une armée de terre, d'une force aérienne et d'une marine. Avec et une réserve de et femmes, les forces armées brésiliennes sont la plus importante force armée d'Amérique latine.

À l’échelle mondiale, elle compte parmi les 20 premières puissances militaires (). et représente la deuxième armée la plus importante du continent américain (derrière celle des États-Unis). Sous contrôle du ministère de la Défense, elle est sous le commandement direct du président du Brésil.

Histoire thumb|right|Cadets, Academia Militar das Agulhas Negras. Les forces armées brésiliennes sont intervenues dans de nombreux conflits internes, révoltes, coups d'État et guerres avec des États étrangers : Conflits de l'Empire (Brésil) Conflits de la Période républicaine (Brésil) Invasion française Guerre néerlando-portugaise Guerre des sept Réductions Occupation de la Guyane par l'armée luso-brésilienne Conquête de la Bande orientale par l'armée luso-brésilienne Guerre d'indépendance du Brésil Confédération de l'Équateur Révolte des Mercenaires allemands et irlandais Guerre de Cisplatine Révolte des Malês Cabanagem Guerre des Farrapos

Révolte de Balaiada Révolution de Praieira Guerre de la Plata Guerre uruguayenne Guerre de la Triple Alliance Révolte de l'Armada Révolution fédéraliste Guerre de l'Acre Guerre de Canudos Guerre du Contestado Première Guerre mondiale Révolte des lieutenants Révolution de 1930 Révolution constitutionnaliste Soulèvement communiste de 1935 Seconde Guerre mondiale Conflit de la langouste Coup d'État de 1964 au Brésil Operation Power Pack Guérilla de l'Araguaia Opération Traíra Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti

Seconde Guerre mondiale

Le Brésil sera le seul pays d'Amérique latine à envoyer des forces terrestres se battre contre les forces de l'Axe Rome-Berlin-Tōkyō. participeront à la campagne d'Italie. Depuis 1945 En 1952, l’École supérieur de guerre formalise les objectifs à long terme de l'institution militaire : alliance avec les États-Unis contre le communisme, projection vers le Pacifique afin de réaliser la « destinée manifeste » du pays, et contrôle de l'Amazonie.. Durant la guerre froide, le budget de la défense représente environ 2 % du PNB.

Puisque les États américains sont alliés mutuellement (pacte de Bogotá, traité interaméricain d'assistance mutuelle), le Brésil ne se trouve face à aucune vraie menace extérieure. Ses capacités militaires sont en conséquence presque inutilisées. En 1964, le maréchal Castelo Branco crée le Centre d'instruction de la guerre dans la jungle qui servira de base d'entraînement aux techniques de la contre-insurrection, alors même que n'existe aucune guérilla ni mouvement armé de gauche à cette époque au Brésil. Le général français Paul Aussaresses y apprendra des cours de « guerre de jungle ». À partir de 1973, le centre a formé de nombreux officiers chiliens, argentins, uruguayens, etc., mais aussi français, pendant les années 1970, 2008, chap. X, sq..

Après la chute de la dictature militaire, le budget militaire passe depuis 1992 à environ 1,5 % du PNB. Un ministère de la défense est créé en 1989 rassemblant les ministères des trois armes autrefois totalement indépendants..

L’armée menace à plusieurs reprises d’intervenir dans les affaires politiques. En 1989, alors que la victoire de Luiz Inácio Lula da Silva à l'élection présidentielle était envisageable; des généraux font savoir qu'il « serait dommage, alors que le monde s'oriente vers le libéralisme, que le Brésil revienne à une forme archaïque de socialisme ». En , alors que des manifestations se multiplient contre les coupes dans les dépenses sociales menées par le président Fernando Collor de Mello et les affaires de corruption le concernant, le général commandant de l'armée de l'air avertit qu'un « peuple qui ne respecte pas ses forces armées ne mérite pas d’être libre ».

Les milieux militaires et conservateurs affichent en outre leurs réticences devant les premières lois visant à protéger la forêt amazonienne. Des documents de l'école de commandement de l'armée de terre décrivent les réserves indigènes comme le prélude à une « balkanisation » de l’Amazonie qui donnera naissance à de petits îlots indigènes « facilement manipulables par les pays riches ». Quant à l’exigence écologique, elle faciliterait l’émergence de « normes internationales éloignées du vieux principe d’égalité de droit entre les États, de non-intervention et d’autodétermination des peuples ». En , l’ancien ministre des armées Leônidas Pires Gonçalves, dans un entretien donné à la presse, explique que le secrétaire d’État à l’environnement lui inspire « la même haine que celle qu’il avait éprouvée jadis pour le dirigeant communiste Luís Carlos Prestes »..

La période néolibérale des années 1990 restreint les ambitions de l'armée. Outre l’instabilité politique, le ralentissement économique « frappe de plein fouet l’industrie militaire brésilienne, jusque-là prospère, en lui infligeant un coup dont elle mettra du temps à se remettre », estime l’analyste Joám Evans Pim.

Des tensions sont apparues dans les années 2000 entre l'armée et gouvernement dirigé par Dilma Rousseff. L'universitaire Manuel Domingos Neto, spécialiste des questions militaires, note que celle-ci était détestée pour avoir fait partie d’une organisation révolutionnaire luttant contre la dictature : « Dans les casernes, elle était souvent appelée « Wandinha », son nom de résistante ». La présidente Rousseff a également encouragé l’enquête sur les crimes de la dictature par le biais de la Commission nationale de vérité..

Rôle thumb|right|180px| Skyhawk sur le NAe São Paulo Les militaires brésiliens sont aussi employés en temps de paix aux missions de protection en cas de catastrophes, au service de sauvetage, ainsi qu'à des services scientifiques (sur la base antarctique Comandante Ferraz). Le Brésil assure le commandement de la mission de Paix MINUSTAH en Haïti de dont , depuis le . Carlos Alberto Teixeira, professeur à l'École de guerre navale, souligne que « aucune menace classique ou conventionnelle » ne pèse sur le Brésil qui « n'a aucun contentieux frontalier » avec ses dix voisins tout au long de ses de frontières terrestres.

Sous la présidence de Lula da Silva, le Brésil se dote pour la première fois de son histoire d’une vision stratégique officielle de long terme, consignée dans un document intitulé « Stratégie nationale de défense », publié en 2008. Aux ambitions techniques le texte adjoint des réflexions économiques et sociales : « Le Brésil ne sera pas indépendant si une partie du peuple ne dispose pas des moyens d’apprendre, de travailler et de produire. » Le document considère que la lutte pour la souveraineté relève de considérations non seulement militaires, mais également économiques, sociales et géopolitiques.

En 2011, environ la moitié de l'équipement militaire est considéré comme obsolète.. C'est la raison pour laquelle le gouvernement brésilien a décidé d'adopter une stratégie de renforcement de sa puissance militaire, ceci pour plusieurs raisons : posséder une armée digne d'un acteur international majeur (en 2011, le pays était devenu la économique devant le Royaume-Uni)., protéger ses frontières et ses intérêts en cas de menace(s) extérieure(s), et conserver son leadership régional, d'autant que depuis quelques années, les pays d'Amérique Latine semblent être entrés dans une nouvelle course aux armements.. Les dépenses militaires dans la région ont en effet atteint près de 40 milliards de dollars en 2008, soit une hausse de 36 % en cinq ans..

En , alors que le taux de popularité du président Michel Temer, cité dans plusieurs affaires de corruption, n'est que de 3 %, un général évoque une possible « intervention militaire » pour remédier à la « crise éthique et politico-institutionnelle » du pays. Alors qu'aucune sanction n'est prise à son encontre, ses propos suscitent la stupeur auprès d'une partie de la société civile et de l'opposition en raison du souvenir de la dictature militaire.

L'armée est capable d'influencer le fonctionnement de l'administration et de l'économie. L’École supérieur de guerre constitue son principal outil d'influence. Le centre a formé huit mille personnes entre 1949 et 2019, dont une moitié de civils. Parmi ces derniers, quatre présidents de la République, des ministres d’État et de nombreuses personnalités importantes du champ politique. Jair Bolsonaro, investi président en , nomme des militaires à certains des postes les plus importants de son gouvernement : à la Vice-présidence, à la Défense, aux Sciences, à la Technologie et aux Télécommunications, aux Mines et à l’énergie, et au Secrétariat à la présidence.

Organisation Il existe un service militaire pour les hommes à partir de 18 ans, d'une durée de neuf à douze mois. Le budget de la défense en 2009 s'élevait à 27,12 milliards de dollars américains soit environ 2,8 % du produit intérieur brut du Brésil, une valeur plutôt supérieure à la moyenne mondiale (La Chine a pour exemple un budget équivalant à 1,6 % de son PIB).

Depuis 2017, les soldats en service ne répondent plus de leurs actes devant la justice commune mais devant une justice militaire..

En 2017, l'Armée brésilienne est classée au . rang des vingt armées les plus puissantes de la planète. En Amérique, il s'agit de la seconde armée du continent, derrière les États-Unis. Les forces armées brésiliennes reposent sur trois grands piliers : l'armée de terre (Exército), la marine (Marinha) (dont l'infanterie et l'aviation) et la force aérienne (Força Aérea Brasileira, FAB). En 2009, le Brésil a signé avec la France l'accord militaire le plus important de son histoire dans le but d'améliorer et de rénover son industrie militaire.. Cet accord s'élève a plus de 8 milliards d'euros.

Depuis quelques années, et au vu de l'importance grandissante de sa place sur la scène internationale, le Brésil s'est lancé dans l'acquisition de technologies militaires de pointe. En outre, il lui faut à la fois défendre son immense territoire - seize fois la France - contre les menaces terroristes et les trafics en tout genre, surveiller de côtes et 4,5 millions de km d'eaux territoriales, protéger ses richesses naturelles, notamment les gisements en eaux profondes.

C'est dans ce contexte qu'en 2009, le Brésil signe avec la France un accord militaire d'environ 8,5 milliards d´euros pour acheter de nouveaux sous-marins et hélicoptères. En , Brasilia a publié un plan de modernisation de la défense, où la France doit jouer un rôle crucial., comme en permettant à la marine brésilienne de se doter d'ici 2028 - selon les prévisions de 2017. - d'un sous-marin d'attaque à propulsion nucléaire.

Armée de terre Le Brésil a signé avec l'Italie un accord portant sur 20 ans pour fabriquer sur le sol brésilien plus de 2.000 transports de troupes blindés.

Force aérienne

Avec et plus de dont une centaine d'avions de combat, la Force aérienne brésilienne doit assurer le contrôle et la défense de l'espace aérien brésilien. Le transport du président du Brésil est assuré par une section spécial aérienne formée par la force aérienne.

Le Brésil doit renouveler d'ici à 2023 sa flotte aérienne militaire (entre 120 et 150 avions) en s'équipant notamment de 36 appareils de combat. Le , l'armée de l'air, qui était en négociation avec plusieurs pays pour l'acquisition de nouveaux engins aériens, a annoncé que son choix se portait sur trois avions de toute dernière génération : le F-18 Super Hornet de Boeing, le Gripen de Saab ou le Rafale français de Dassault. Le Gripen a finalement été choisi.