Hector Hanoteau, né le à Decize et mort le à Briet, est un peintre français.
Biographie Hector Hanoteau voit le jour au sein d'une famille bourgeoise de Decize, neuf ans après la naissance de son frère aîné, le futur général Hanoteau. Son père, Charles Constance Hanoteau, est inspecteur de la navigation et sa mère, Jeanne-Marie Raboué, fille d'un riche propriétaire terrien.
Destiné par son père à l’École polytechnique, seul le professeur de dessin de son collège, dont il était un élève médiocre, le trouve travailleur et intelligent. Ayant obtenu, non sans peine, de monter à Paris étudier la peinture, il arrive à Paris, en 1843, avec l’adresse d’un marchand de couleurs de la rue de Seine du nom de Saint-MartinSaint-Martin restera aujourd’hui son fournisseur., et une lettre pour Paul Delaroche, dont il n’a pu profiter, l’atelier de ce dernier venant d’être fermé à la suite d’un bizutage ayant causé la mort d'un élève.. Parti, sur le conseil de Saint-Martin, chez Renou., il y perd quatre ans., avant d’entrer dans l'atelier de Régis François Gignoux à l'École des beaux-arts de Paris, en 1841À qui il dédicacera plusieurs toiles..
Il fait, dès lors, de rapides progrès. Certain jour il s’échappe de l’atelier, va à Compiègne essayer ses forces et en rapporte un paysage pour le Salon de 1847. Son œuvre reçue, il revient en Nivernais, s’installe à Briet, à qui il doit ses premières impressions d'artiste et son gout pour la nature, et travaille à quatre paysages pour le Salon de 1848. Depuis, ses œuvres figureront à tous les Salons. En 1849, il concourt sans succès pour le prix de Rome, dont le sujet est Milon de Crotone délivré par les loups.
En 1853, il rend visite à son frère, chef du bureau arabe de Médéah en Algérie, ce qui lui permettra de réaliser quelques œuvres dans le style orientaliste. Il se fait connaitre pour la première fois avec l’envoi de son Campement arabe sous les murs de Laghouat à l'Exposition universelle de 1855, qui lui a valu les éloges de la critique et du public..
En 1857, il accroit sa renommée en exposant un Étang dans le Nivernais et les Prés de Charancy. L’année suivante, il peint, en collaboration avec son ami Gustave Courbet, Baigneuses dites aussi Deux femmes nues (musée d'Orsay)Hector Hanoteau, un paysagiste ami de Courbet, Musées en Franche-Comté.. Il est, à partir de cette époque, l’un des hôtes assidus des Salons, où il a remporté des médailles en 1864, 1868 et 1869.
En 1860, il épouse Caroline Mouzat, qui meurt l'année suivante.
À Briet, il fonde une école de peinture. Il travaille avec ses élèves sur le motif, dans la Nièvre qu'ils parcourent. Parmi ceux-ci se trouvent , Ferdinand Louis Perron et son ami Paul MartinQu'il nommera « des Amoignes » pour le différencier des autres Martin, surnom que la postérité retiendra., Louis Jacques Marion, , ainsi que son fils . Il y reçoit des peintres étrangers : Castagneto, , , qui préfèrent des écoles plus académiques comme celle-ci, que le contact avec les impressionnistesEncyclopédie Itau Cultural Groupe Grimm.. Ce petit groupe prendra le nom d'« école de Briet. ».
Quand il n’était pas à Briet, il habitait Paris, où son atelier du passage Stanislas était suivi par des élèves, auxquels il recommandait particulièrement de dessiner le plus possible, car si les tons changent avec le temps, le dessin reste toujours.
vignette|gauche|Portrait d'Hector Hanoteau, Carolus-Duran, 1870. Collection privée.
Élu maire de Cercy-la-Tour le , il le restera jusqu'au et sera quelque temps conseiller général du canton de FoursYves Ducroizet, Robert Pommery, « Le Canton de Fours », in La Camosine, les Annales des Pays nivernais, , 2013, . et est nommé chevalier de la Légion d'honneur la même année. Il devient président d'honneur de l'exposition d'art de Nevers en 1872. De 1879 à sa mort, il enseignera la peinture au poète, historien, archéologue et écrivain Louis Mathieu Poussereau, qui fut aussi peintre.
Il fonde L'Aiguillon en 1880, association regroupant les Nivernais vivant à Paris, en compagnie de Jean Gautherin, Émile-André Boisseau, Édouard Pail, Albert Duvivier et Dalligny.
Ses œuvres La Mare du village, Les Nénuphars et Les Grenouilles sont acquises par l'État et sont conservées à Paris au musée d'Orsay.
Il a fait partie jusqu’à 1889 du jury de la Société des artistes français, dont il était l’un des fondateurs..
En 1896, il est le président de la Société artistique de la Nièvre, nouvellement créée« 1902-2002. Historique du Groupe d’émulation artistique du Nivernais »..
Il repose au cimetière de Cercy-la-Tour.
Œuvres dans les collections publiques vignette|Les Grenouilles (1874), Paris, musée d'Orsay. Bourges : La Haie mitoyenne, huile sur toile , acquis en 1888 par l'État et la villeBase Archim notice AR013308, cote: F/21/4500B ; Douai, musée de la Chartreuse : Un coin de parc dans le Nivernais, 1865, huile sur toile ; Laval, musée du Vieux-Château : Nature morte, oranges et grenades, huile sur toile ; Eau dormante, huile sur toile ; Paysage, eau dormante, huile sur toile ; Lille, palais des beaux-arts : Le Vigneron, burin et eau-forte ; Nevers, musée municipal Frédéric Blandin : Le Bon Samaritain, 1850, huile sur toile ; La Nourrice du pauvre, 1863, huile sur toile ; La Tournée du meunier, 1877, huile sur toile ; La Victime du réveillon, 1879, huile sur toile ; La Leçon de piano, ou Deux Têtes d'enfant, ou Deux Têtes d'enfant lisant, 1882, huile sur toile ; Un Chemin à Briet, 1884, huile sur toile ; Char à bœufs, 1884, huile sur toile ; Les Nénuphars, 1885, huile sur toile ; Le Coucher des dindons, 1889, huile sur toile ; Crépuscule, huile sur toile ; Effet de neige, huile sur toile ; Marseille, musée des beaux-arts : Le Paradis des oies, 1864, huile sur toile ; Paris, musée d'Orsay : Baigneuses ou Deux femmes nues, 1858, huile sur toile ; La Mare du village, 1869, huile sur toilePhotographie de La Mare du village sur le site de la RMN. ; Les Grenouilles, 1874, huile sur toile ; Valognes, chapelle de l'hospice : Portement de croix - le Christ porte sa croix, 1849, huile sur toile, d'après VéronèseBase Arcade:Cote F/21/0035; AN:Notice:AR312231 ;
Œuvres exposées au Salon des artistes français
Expositions 1855, Exposition Universelle de Paris : Campement arabe sous les murs de Laghouat ; 1863, première exposition d'art de Nevers ; 1873, Exposition universelle de 1873 à Vienne : La Mare du village, ; 1886, concours régional de Bourges : La Haie mitoyenneLe Journal de la Nièvre, 19 mai 1886. ; Exposition universelle de 1889 ; 1962, « Les Peintres et Sculpteurs de l'Aiguillon » (artistes nivernais résidant à Paris) au musée d'art moderne de la ville de Paris du au . (La Victime du réveillon ; Deux Têtes d'enfant ; Les Nénuphars ; Le Coucher des dindons ; Char à bœufs) ; 1965, « Trésors des Musées de la Nièvre » à Bourges (Effet de neige) ; 1970, Paysagistes du Morvan au musée Rolin d'Autun, de mai à septembreNotice , reproduction . (La Victime du réveillon) ; 1980, « Le Centenaire de l'Aiguillon » à Nevers (Un chemin à Briet ; Crépuscule ; Les Nénuphars) ; 1988-1989, exposition du au , Maison de la Culture, Nevers. (Les Nénuphars ; Le Coucher des dindons ; Char à bœufs) ; 1991, exposition au musée de Cosne-sur-Loire, du au , organisation Conservation départementales des musées de la Nièvre. (Effet de neige ; Les Nénuphars) ; 1992, « Hector et Jean William Hanoteau », musée municipal et Ggalerie Jean-Marie Bignolas à Nevers, du au ; 1995, « 150 ans du Musée de Nevers » à la Maison de la Culture de Nevers, du au . (La Victime du réveillon ; Deux Têtes d'enfant ; La Tournée du meunier) ; 1995, « Un certain charme nivernais » au musée de Nevers (Crépuscule) ; 1996, « Que la Fête commence », exposition au musée de Nevers, du au ; 1999, exposition au palais ducal de Nevers, « Métiers d'hier en nivernais », du au , organisée par les services du patrimoine de la ville de Nevers (La Tournée du meunier) ; 2001, « Pays, paysages », au musée municipal Frédéric Blandin à Nevers du au , et du au à la Maison de la Culture de Nevers (Un Chemin à Briet ; Crépuscule ; Nénuphars) ; 2001-2002, « Paysages de Bourgogne, de Corot à Laronze » au musée des beaux-arts de Dijon, du au (Char à bœufs ; Effet de neige ) ; 2008, « Looking for Owners : Custody, Research, and Restitution of Art Stolen in France during the Second World War », Jérusalem, Israël (Baigneuses) ; 2013-2014, Hector Hanoteau un paysagiste ami de Courbet, au musée Courbet à Ornans, du au . 2015, « Sur les traces d’Hector Hanoteau. Peintres paysagistes en Nivernais », au musée de la Faïence et des Beaux-Arts de Nevers.
Récompenses 1863, médaille d'or de la exposition d'art de NeversCélébrités Decizoises ; 1864, médaille au Salon ; 1868, médaille au Salon ; 1869, médaille au Salon ; 1870, hors-concours au Salon ; 1873, Cofondateur nommé président de la Société des Amis des Arts de la Nièvre ; 1889, décoré lors de l'Exposition universelle de Paris.
Élèves
Notes et références
Notes
Références
Bibliographie Sybille Bellamy-Brown, (Jean-Michel Lienaud, directeur de la publication), Procès-verbaux de l'Académie des Beaux-Arts, en XII volumes; tome VIII, . Anonyme, « Les Artistes nivernais au Salon de 1876 », in Le Journal de la Nièvre, . Collectif, Galeries des artistes vivants exposés au Palais des Champs-Élysées, Salon de 1879. Collectif, « Hommage à Hector Hanoteau », in Courrier de l'Art, 1890. De Soria, « Hector Hanoteau », in L'Illustration, , . Anonyme, L'Art contemporain de 1880-1881, Paris, Ateliers de reproductions artistiques, 2 vol., non daté. « Hector Hanoteau », in Pays de Bourgogne, . Collectif, « Louis Adolphe et Hector Hanoteau », in Les Annales du Pays Nivernais, Éd. La Camosine, reproduction de La Victime du Réveillon, et Le Bon Samaritain, . Louis Jolivet, « Les Artistes nivernais », in Mémoires de la Société Académique du Nivernais, t. XI, 1902, . Lucette Desvignes, « Hector Hanoteau, ou la lumière sous le boisseau », in Pays de Bourgogne, , 1996, . Maurice Bardin, Dictionnaire des peintres, sculpteurs et graveurs nivernais du , Nevers, 2002. Didier Maranski, Louise-Anne Périchon, Gwladys Seabra, Sur les traces d'Hector Hanoteau. Peintres paysagistes en Nivernais, Catalogue de l'exposition présentée au musée de la Faïence et des Beaux-Arts de Nevers, 2015 . Yves Ducroizet, Hector Hanoteau, Éditions Cerciacum, 2016 .
Iconographie Gustave Courbet : Portrait du peintre Hector Hanoteau, vers 1863, collection privée ; : Portrait d'Hector Hanoteau, Nevers, musée municipal Frédéric Blandin ; Philippe Louis Edmond Cougny : Hector Hanoteau, 1873, plâtre patiné, Nevers, musée municipal Frédéric Blandin.
Liens externes
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