Graeme Allwright , né le à Lyall Bay et mort le à Couilly-Pont-aux-Dames, est un auteur-compositeur-interprète franco-néo-zélandais. Figure importante de la chanson engagée en France à partir des années 1960, il se fait connaître auprès d’un large public, notamment parmi la jeunesse des années 1970, grâce à ses adaptations françaises de protest songs anglo-saxonnes, et à ses propres compositions aux thèmes pacifistes, humanistes et libertaires. Peu enclin aux contraintes du show-business, et mal à l'aise avec la relation vedette-fan, il mène une carrière à distance des circuits médiatiques traditionnels, alternant longs séjours à l'étranger entre tournées et enregistrements. Parmi ses chansons les plus connues figurent Il faut que je m'en aille (Les Retrouvailles), La Ligne Holworth, Le Jour de clarté ou La Ballade de la désescalade, qui expriment des idéaux de non-violence et de transformation sociale. Graeme Allwright adapte Georges Brassens en anglais. Il contribue également à faire connaître dans l’espace francophone les œuvres de nombreux auteurs nord-américains, en adaptant notamment des chansons de Leonard Cohen (Suzanne, L'Étranger, Demain sera bien), de Bob Dylan (Qui a tué Davy Moore ?), de Woody Guthrie (Le Trimardeur), de Pete Seeger (Jusqu'à la ceinture) ou de Tom Paxton (Sacrée bouteille). Son interprétation, caractérisée par la fidélité à l'original, des mélodies accessibles et enchantées par son léger accent néo-zélandais, contribue à la popularité durable de chansons telles que Emmène-moi, Comme un vrai gamin, J'm'envolerai ou Petit Garçon, reprises et transmises à travers plusieurs générations. Il continue à se produire "sur les planches des p'tits pat'lins", souvent accompagné par des artistes malgaches issus de Lolo Sy Ny Tariny, jusqu’au milieu des années 2010.

Biographie Jeunesse et Théâtre

Sydney Graeme Allwright naît le à Lyall Bay (Nouvelle-Zélande), où il passe toute son enfance avec sa famille. Son père est chef de gare, ses parents chantent pour la paroisse. Adolescent, il est passionné de théâtre. Ayant obtenu une bourse pour intégrer la compagnie du théâtre Old Vic de Londres, il décide de quitter sa famille pour s'installer à Londres et y apprendre le théâtre. Désargenté, il fait la traversée en s’engageant comme mousse sur un bateauUne biographie de Graeme Allwright, publié le par Bernard Gensane, sur les blogs.mediapart.fr (consulté le ). pour se payer le voyage. À Londres, il fait la rencontre de la comédienne Catherine DastéEntretien avec Catherine Dasté : Mes souvenirs de l'École du Old Vic, propos recueillis par Sonia Pavlik durant l'été 2008, publié sur le site OpenEdition Journals (consulté le )., issue d'une famille du théâtre, puisqu'elle est la petite-fille de Jacques Copeau (fondateur du théâtre du Vieux-Colombier) et la fille de Jean Dasté (directeur de la Comédie de Saint-Étienne) et de Marie-Hélène Dasté« Mes souvenirs de l'École du Old Vic », publié par Catherine Dasté, sur le site michelsaintdenis.net (consulté le )..

En 1948, amoureux de Catherine Dasté, il s'installe en France et l'épouse en 1951 à Pernand-Vergelesses (Côte-d'Or), le village de Jacques Copeau. Ils ont trois fils, Nicolas (né en 1952), Christophe (né en 1955) et Jacques (1958-2024)Graeme Allwright par lui-même, par Jacques Vassal.. Graeme Allwright exerce alors de très nombreux métiers dans la troupe de Jean Dasté (fondateur de ce qui deviendra la Comédie de Saint-Étienne), de la scène à la régie, en particulier dans des spectacles itinérants de village en village. En 1952, aux côtés de Jean-Louis Trintignant, Graeme Allwright interprète le rôle de Seyton dans la tragédie de Shakespeare Macbeth.. En 1956, il joue Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, au festival d'Avignon dans la troupe de Jean Vilar, fondateur du festival.. Il devient ensuite apiculteur, animateur pour enfants à l’hôpital, moniteur en hôpital psychiatriqueÀ la clinique de la Chesnaie, à Chailles, où il avait été un temps patient, pour ensuite devenir… animateur, à la demande du docteur Claude Jeangirard : Quand il marchait pieds nus à Périgny Mort du chanteur folk Graeme Allwright, qui a longtemps vécu à Niort, professeur d'anglais (il a notamment comme élève le chanteur Philippe Lavil.) et de théâtre à l'école secondaire de la Roseraie à Dieulefit (Drôme).

La Contrescarpe et le succès du chanteur vignette|upright 0.8|La mairie du village de Pernand-Vergelesses. Encouragé par Jacques Gandebeuf, un journaliste de la presse stéphanoise grand amateur de musique folk et de blues et qui reste jusqu'au bout son plus fidèle ami, il redécouvre la guitare, qu'il avait délaissée pour le théâtre, et multiplie de petits concerts improvisés dans la région avant de se rendre à Paris au début des . Il chante dans des cabarets (notamment à La Contrescarpe, où il chante « sept soirs sur sept pour des clopinettes »). Les conditions sont dures. Il rode souvent ses chansons chez des amis peintres ou sculpteurs à La Ruche, à Montparnasse. Il est alors accompagné par le guitariste stéphanois Genny Detto, qui le suit. Au Centre américain du boulevard Raspail, sous l'égide de Lionel Rocheman, il retrouve bientôt deux musiciens de folk traditionnel, Steve Waring et Roger Mason. Son talent séduit Colette Magny, qui le présente au chanteur Marcel Mouloudji. Ce dernier le pousse à enregistrer son premier disque, Le Trimardeur, produit par Mouloudji en 1965 alors que Graeme Allwright est âgé de .. S'ensuit un premier contrat avec Philips, et ses deux albums de 1966 et de 1968, aux tonalités de protest-song (chants de révolte), le projettent au premier plan parmi la jeunesse de cette période marquée par les idéaux d'émancipation de la contre-culture et de .

Des disques et des voyages gauche|vignette|Graeme Allwright en 1978. Assez rapidement, le succès l'effraie et il préfère s'éloigner de l'industrie du spectacle.. Refusant la relation artiste-admirateur classique malgré son succès dans les années 1970, il mène une carrière en marge des médias. Sa participation à la lutte du Larzac et contre les essais nucléaires français lui vaut d'être censuré« Graeme Allwright - Brest » (version du sur archive.today), publié le sur le site de Ouest-France (consulté le ). (il s'adresse directement à Valéry Giscard d'Estaing à ce sujet dans sa chanson Pacific blues). par son succès, craignant sous la pression du de perdre de sa liberté, déstabilisé psychologiquement (il est d'abord patient à la clinique psychiatrique de la Chesnaie avant d'en devenir animateurLe chanteur Graeme Allwright se souvient de la Chesnaie), il préfère multiplier les séjours à l’étranger (en Éthiopie notamment), au retour desquels il enregistre des albums. Il fait de nombreux séjours en Inde, participe dans les années 1970 à l'aventure de la cité utopique d'Auroville, initiée par La Mère, compagne de Sri Aurobindo, en travaillant au reboisement de cette zone alors désertifiée.

En 1970, après les deux disques qui ont fait son succès, il produit deux albums en anglais, A Long Distant Present From Thee… Becoming et Recollections, qui sont peu connus (et non réédités en format numérique). Le premier de ces disques, qui met en musique des textes de William Shakespeare et développe un genre folk psychédélique, tranche avec la période précédente de Graeme Allwright, tandis que l'autre album contient certaines de ses propres chansons mais interprétées en anglais.

En 1975, il découvre l'île de La Réunion, où il vit pendant un an et demi (l’album Questions lui est en grande partie consacré)1001 Célébrités : Graeme Allwright, publié le sur le site reunionnaisdumonde.com (consulté le ).. Il y fait la rencontre d'excellents artistes malgaches, dont Erick Manana et Dina Rakotomanga, qui dès lors l’accompagnent très souvent lors de ses tournées en France. Il divorce de Catherine Dasté dont il est déjà séparé et se marie avec Claire Bataille., son agent artistique avec laquelle il a une fille, Jeanne, née en 1975.. Durant le mois d', il participe à la du festival du Printemps de BourgesÉdition 1978, publié sur le site edition2012.printemps-bourges.com (consulté le )..

Durant les années 1980, il produit plusieurs albums où l'on retrouve une association de titres à consonance folk et d'interprétations de textes d'amis poètes ou penseurs dont Maurice Cocagnac et Luis Porquet. En 1980, il monte sur scène à la du festival du Printemps de Bourges et chante avec Maxime Le Forestier au Palais des sportsÉdition 1988, publié sur le site edition2012.printemps-bourges.com (consulté le ).Graeme Allwright, enfin un livre sur lui, publié le par Michel Kemper, sur le site nosenchanteurs.eu (consulté le ).. Les bénéfices des concerts et du double album sont entièrement reversés à l'association Partage pour les enfants du tiers monde, fondée par Pierre Marchand, et que Graeme Allwright a soutenue à ses débuts. Pour sa en 1983, il chante au festival du Printemps de BourgesÉdition 1983, publié sur le site edition2012.printemps-bourges.com (consulté le ).. En 1984, Graeme Allwright interprète des adaptations en anglais de chansons de Georges Brassens adaptées par Andrew Kelly.

vignette|Graeme Allwright en concert à Peuton, commune de 203 habitants en Mayenne, en plein champ, années 2000.|gaucheDans les années 2000, il ajoute le jazz, passion de son adolescence, à son répertoire (album Tant de joies avec le Glenn Ferris quartet)« Graeme Allwright : quand le jazz est là… », publié le sur le site Le Télégramme (consulté le ).. Puis il reprend inlassablement la scène, accompagné le plus souvent de ses amis musiciens malgaches Erik Manana et Dina RakatomangaLe Temps est loin de nos vingt ans…, publié le par Michel Kemper, sur le site nosenchanteurs.eu (consulté le )., offrant toujours régulièrement de chaleureux concerts, au cours desquels, en toute simplicité et dans une intense empathie, il communique sa quête .

En 2005, il retourne sur la terre de son enfance en effectuant une tournée en Nouvelle-Zélande, son pays d'origine, où il était totalement inconnu (le film Pacific Blues réalisé en 2009 par Chantal Perrin et Arnaud Delplagne retrace ce voyage, et pour une des premières fois, l'artiste s'y livre sur sa vie et son œuvre).

Fin de carrière et mort thumb|redresse|Tombe de Graeme Allwright au cimetière de Pernand-Vergelesses. En , l'Académie Charles-Cros lui décerne un pour l'ensemble de sa carrière, et un pour son album Des inédits… Pour le plaisir. Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. En 2014, son adaptation française de la chanson Petit garçon (Old Toy Trains, de Roger Miller) devient l'hymne du Téléthon. Alors qu'il avait déclaré vouloir continuer à chanter pour apporter du bonheur tant que sa santé le lui permettrait, il annonce dans ses concerts de 2015, à l'âge de , arrêter la scène. En 2017, il cosigne avec l'artiste Yanne Matis la chanson Leonard, en hommage à son , Leonard Cohen, mort l'année précédente.

Graeme Allwright meurt dans son sommeil à l’âge de , le à la maison de retraite des artistes de Couilly-Pont-aux-Dames, où il était entré un an auparavant... Il est inhumé au cimetière de Pernand-Vergelesses (Côte-d'Or)Le chanteur folk Graeme Allwright sera enterré à Pernand-Vergelesses.

Œuvre musicale Sources vignette|gauche|230px|Graeme Allwright en 2012.