María Ángeles Amador Millán () est une femme politique espagnole, née le à Madrid.

Diplômée en droit de l'université complutense de Madrid, elle commence à travailler comme avocate en . Elle intègre plus de dix ans après, en , la haute fonction publique en qualité de secrétaire général technique du ministère des Travaux publics. Destituée en , elle est appelée trois mois plus tard au poste de sous-secrétaire du ministère de la Santé. Elle défend la politique d'austérité qui concerne le budget du département et dégage un accord avec les victimes du sang contaminé.

Après les élections générales anticipées de 1993, Felipe González souhaite féminiser son quatrième gouvernement. Il nomme Ángeles Amador, indépendante du Parti socialiste et à l'image de technocrate acquise aux idées libérales, ministre de la Santé et de la Consommation. Elle se charge de réformer la Sécurité sociale en limitant les prestations remboursées et en facilitant le libre choix de leur médecin par les patients relevant du système de santé publique. Un conflit avec les étudiants en médecine et une longue grève salariale des médecins des hôpitaux publics de l'État marqueront son mandat.

Elle est élue députée de Ségovie aux élections de 1996, qui consacrent la victoire du Parti populaire. Nommée porte-parole du groupe parlementaire socialiste pour les questions de santé, elle est la principale interlocutrice du ministre qui lui a succédé, José Manuel Romay. Elle s'oppose à lui sur le déremboursement des médicaments et dénonce l'idée d'instaurer un ticket modérateur, mais permet de dégager un consensus concernant la réforme du mode de gestion des hôpitaux publics nationaux.

Exclue de la liste de Ségovie pour les élections de 2000, elle est repêchée par le secrétaire général du PSOE Joaquín Almunia pour celle de Madrid, où elle occupe la deuxième place. Elle quitte finalement le Congrès des députés en , prenant acte du changement de génération à la direction des socialistes.

Elle retourne ainsi à l'avocature. Entre et , elle siège au conseil d'administration de .

Famille María Ángeles Amador Millán naît le à Madrid.. Elle est mère de trois enfants et veuve de Javier Bustinduy, ancien directeur du Métro de Madrid et des Cercanías de Renfe., mort en 2016.. Son fils Pablo, ancien responsable de Podemos, est nommé en 2023 ministre des Droits sociaux et occupe alors les mêmes bureaux que sa mère au ministère de la Santé..

Juriste puis haute fonctionnaire Ángeles Amador étudie le droit à l'université complutense de Madrid, où elle obtient une licence. Elle accomplit ensuite des cycles postgrades à l'université de Strasbourg et à la faculté de droit de Harvard, où elle se spécialise en droit de la propriété industrielle. Elle devient avocate en et souffre à plusieurs reprises de réflexes machistes lors de ses premières années d'exercice : quand elle se présentait au tribunal sur convocation du juge et que quelqu'un s'enquérait de son arrivée, les fonctionnaires répondaient que l'avocat requis n'était pas encore là.. Elle est élue en 1982 membre du conseil de l'ordre des avocats de Madrid en recueillant les voix de plus de de ses confrères..

Lors de la réunion du conseil des ministres du , Ángeles Amador est nommée secrétaire générale technique du ministère des Travaux publics et de l'Urbanisme (MOPU).. Avec plusieurs autres hauts fonctionnaires du ministère, elle intègre l'année suivante une commission mixte avec le ministère des Finances afin de travailler sur un nouveau plan pluriannuel pour le logement..

Sous-secrétaire de la Santé Choix d'une technicienne consensuelle vignette|Ángeles Amador est nommée en sous-secrétaire du ministère de la Santé.|alt=Photo en contre-plongée d'un immeuble d'une quinzaine d'étages. Lorsque Josep Borrell prend la direction du MOPU en , il destitue Ángeles Amador, qui se retrouve sans emploi. Elle est rappelée au sein de l'administration générale de l'État trois mois plus tard, par le nouveau ministre de la Santé et de la Consommation Julián García Valverde : contrairement à ses engagements, celui-ci relève en effet le sous-secrétaire du ministère de ses fonctions, et fait appel à Amador pour le remplacer, après avoir échoué à recruter Miguel Ángel Fernández Ordóñez ou une .. Première femme à occuper cette fonction, et seule femme sous-secrétaire parmi ses collègues des autres ministères, elle est assermentée le ; à cette occasion, Valverde explique qu'il a choisi Amador et non un médecin pour ce poste car ..

Lorsque José Antonio Griñán prend la succession de Valverde, contraint à la démission, en , il maintient initialement en poste la plupart des collaborateurs de son prédécesseur, dont Ángeles Amador.. Alors qu'elle est perçue comme une proche de Valverde, une partie des dirigeants du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) soutient son remplacement, afin de donner à Griñán une plus grande marge de manœuvre dans l'application de ses projets pour le ministère.. Le remaniement de la direction intervient le , mais la sous-secrétaire est maintenue dans ses responsabilités, contre toute attente.. En confirmant Ángeles Amador dans ses fonctions, à la tête d'un service dépouillé de toutes responsabilités politiques, José Antonio Griñán tire donc les leçons des mandats de ses prédécesseurs, sous lesquels les sous-secrétaires issus du monde politique ou médical ont été sources de difficultés pour le ministre..

Politique d'austérité En compagnie des autres hauts responsables du ministère, Ángeles Amador est auditionnée le par la commission parlementaire de la Politique sociale du Congrès des députés sur les perspectives pour . Elle annonce que le budget dévolu à la politique de santé publique progressera de 13,3 % et que de pesetas seront dédiées aux programmes prioritaires du ministère, notamment le développement de l'Institut de santé .. Ce budget, qui ne prévoit pas d'augmentation des investissements dans les soins de santé ou la lutte contre le SIDA, est qualifié de par la sous-secrétaire..

À la demande du Parti populaire (PP) et d'Izquierda Unida (IU), elle est auditionnée avec les autres hauts responsables du ministère le par la commission de la Politique sociale du Congrès sur les perspectives budgétaires pour .. Elle exprime ainsi sa face au futur budget de la santé et explique à cette occasion que . Se voyant reprocher par la députée d'IU Nines Maestro de pratiquer une politique inspirée de Margaret Thatcher, Ángeles Amador admet que tout en assurant que son objectif est de . Elle s'engage ainsi à ce que de la prestation des services sanitaires, tout en reconnaissant que les contraintes budgétaires vont causer dans le fonctionnement du système de santé..

Affaire du sang contaminé

Le ministère de la Santé reconnaît le que hémophiles ont été contaminés par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) au cours d'une transfusion sanguine, et que d'entre elles sont mortes du syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA) depuis . Les autorités n'ont cependant pas l'intention d'indemniser les victimes, puisque l'État n'est pas responsable de l'importation ou de la transformation des produits sanguins.. Après que le président de la Fédération espagnole d’hémophilie a annoncé le son intention de porter l'affaire en justice et réclamer de pesetas aux autorités., José Antonio Griñán indique le lendemain être prêt à parler d'éventuelles indemnisations..

Le ministre ayant fait savoir que chaque cas serait individuellement traité, les représentants des victimes font part de leur déception, puis sont reçus le par Ángeles Amador qui annonce, sans entrer dans les détails, que l'administration mettra tout en œuvre pour répondre à la situation des personnes infectées.. La sous-secrétaire se réunit un mois plus tard, le , avec les délégués des associations d'hémophiles afin de fixer les conditions définitives d'un accord d'indemnisation.. Le lendemain, Amador présente publiquement le contenu de l'entente, qui prévoit notamment dix millions de pesetas d'indemnisation pour chaque personne contaminée ou sa famille en cas de décès, ainsi qu'une pension mensuelle de pour les majeurs, pour les mineurs et une pension complémentaire pour les enfants des personnes contaminées ou décédées jusqu'à leurs . Elle ajoute que le coût total pour les finances publiques n'est pas encore établi, dans la mesure où le nombre d'enfants de moins de reste à définir, et que l'indemnisation de dix millions de pesetas sera versée en deux fois pour des raisons d'ordre comptable..

Ministre de la Santé Nomination d'une technocrate libérale vignette|Ángeles Amador (au second rang) devient ministre de la Santé à la formation du gouvernement en .|alt=Groupe d'hommes et de femmes réunis devant un bâtiment public pour une photo officielle. À la suite de son investiture par le Congrès des députés le , le président du gouvernement Felipe González annonce son intention de procéder à une importante rénovation dans la composition de l'exécutif. Le nom d'Ángeles Amador revient alors pour diriger le ministère de la Santé et de la Consommation, González ayant également pour objectif d'augmenter la place des femmes et des indépendants dans sa future équipe. Elle fait partie du groupe des proches du vice-président du gouvernement Narcís Serra, défenseur de thèses libérales au sein du Parti socialiste, dont elle ne fait pas partie.

Elle est officiellement nommée ministre de la Santé et de la Consommation le . Lors de la cérémonie de prestation de serment devant au palais de la Zarzuela qui se tient le même jour, Ángeles Amador choisit de fidélité à la Constitution et loyauté envers le roi, à l'instar du ministre des Administrations publiques Jerónimo Saavedra et de la ministre des Affaires sociales Cristina Alberdi et au contraire de tous les autres membres de l'exécutif, qui ont recours au verbe . Elle est la première femme nommée à ce poste depuis Federica Montseny, en et lors de ses premières entrevues, elle devra le rappeler aux journalistes qui la présentent comme la première femme titulaire de ce poste..

À l'occasion de la cérémonie de la passation de pouvoirs avec José Antonio Griñán, elle juge que les listes d'attente pour une admission hospitalière auquel son ministère fait face et qu'elle est décidée , ajoute qu'elle compte mettre en place la liberté de choix de leur médecin par les patients, et qu'en raison de la crise économique que traverse le pays, le budget de la Santé n'augmentera pas et sera exécuté . Son prédécesseur, dont elle souhaite poursuivre le travail dans la continuité, salue pour sa part ses qualités d'écoute et de prise de décision, faisant remarquer qu'en raison de ces excellentes qualités, il est .

Catalogue des prestations sanitaires À l'occasion de la réunion du du conseil interterritorial du Système national de santé, Ángeles Amador annonce aux conseillers à la Santé des dix-sept communautés autonomes que la Sécurité sociale cessera de rembourser les prestations qui manquent d'une efficacité clinique prouvée, d'intérêt personnel et social, et de caractère authentiquement sanitaire. Le sous-secrétaire du ministère précise qu'un catalogue des prestations sanitaires remboursées sera élaboré par un groupe de travail. Cette proposition est rejetée par le monde syndical : le syndicat des infirmières évoque , le syndicat des aides-soignantes indique que , les Commissions ouvrières (CCOO) qualifient la proposition d', et l'Union générale des travailleurs (UGT) exprime .