La Subdivision orographique internationale unifiée du système alpin ou SOIUSA ( Suddivisione Orografica Internazionale Unificata del Sistema Alpino) est une des classifications systématiques des massifs alpins.

Histoire Le projet débuta au début des années 1980. Les diverses subdivisions des Alpes n'étaient pas toujours inspirées de critères uniformes et étaient parfois en contradictions les unes avec les autres. La « Partition des Alpes(carte Partizione delle Alpi) » toujours utilisée fut élaborée en 1924 sous le régime fasciste, lors du IX congrès géographique italien de Gênes. Elle fut adoptée en 1926 et était considérée comme trop italo-centrée. En partant de ce constat, Sergio Marazzi songea à une tentative de normalisation des diverses subdivisions alpines nationales en une unique classification européenne.

Le cartographe suisse Eduard Imhof le soutint dans sa démarche. Il fut encouragé, dès le début, par les Clubs Alpin Suisse et Italienspar le biais de Claudio Abächerli membre du comité de l'UIAA de 1985 à 1997 par le biais de la commission de documentation et d'information. et l'UIAAL’UIAA qui avait soutenu la SOIUSA n'a pas donné suite au projet de standardisation au niveau international de nomenclature des Alpes pour l'instant. Les premiers résultats concrets apparurent en 2001 et furent suivis par d'autres articles jusqu’à la publication de l’Atlas orographique des Alpes, SOIUSA en 2005.

En opposition avec la Partition des Alpes la SOIUSA considère la chaîne de montagne non comme une frontière mais comme un système européen où les divers peuples et diverses langues entrent en étroite relationL'UIAA soutient d'importants travaux de recherche cartographique par le biais de sa commission de documentation et d'information.

Concept et structure vignette|upright=1.5|Carte de la SOIUSA L'intention de la SOIUSA est de normaliser les diverses subdivisions alpines nationales afin d'aboutir à un résultat acceptable par l'ensemble des pays de l'arc alpin. Ce travail permit d'unifier les Alpes occidentales françaises et italiennes, les Alpes centrales suisses et les Alpes orientales italiennes, autrichiennes, allemandes et slovènes.

Au , la plupart des géologues renoncèrent au découpage ternaire des Alpes (occidentales, centrales et orientales) adopté par des géographes comme Émile Levasseur en 1848 en France, au profit d'un découpage binaire de deux entités macro-géographiques. En tenant compte des aspects géomorphologiques et hydrologiques, mais aussi des fondements géologiques et phytogéographiques des Alpes, le nouveau découpage binaire remplaça la traditionnelle « Partition des Alpes » fondée sur un découpage du massif en Alpes en occidentales, centrales et orientales qui était alors en vigueur en Italie et en France mais qui n'était pas utilisé en Allemagne ni en Autriche. Émile Haug attribua à M.E von Mojsisovics et Debarbieux ce changement de paradigme.

Les regroupements du relief alpin sont classés d'abord en deux grands ensembles : les Alpes occidentales et les Alpes orientales. Ces ensembles sont subdivisés hiérarchiquement en 36 sections, 132 sous-sections et 333 super-groupes, 870 groupes et 1625 sous-groupesMassifs ayant un degré hiérarchique inférieur. L'organisation procède d'inclusions successives, où les « groupes » sont équivalents aux massifs.

Regroupements de niveau supérieur Les regroupements de niveau supérieur sont fractionnés selon un critère morphologico-altimétrique en tenant compte des régions historiques et géographiques alpines. Les deux grandes « parties » sont les alpes occidentales et les Alpes orientales.

La « partie occidentale » est divisée en un secteur du nord-sud, les Alpes sud-occidentales, et un secteur au nord-est, les Alpes nord-occidentales. La « partie orientale » est divisée en trois secteurs. D'ouest en est, ils sont les Alpes centre-orientales, les Alpes nord-orientales et les Alpes sud-orientales. Enfin, chacun de ces secteurs est divisé en 36 sections elles-mêmes subdivisées en 132 sous-sections. centré|vignette|Les Alpes selon la classification par sous-sections.

Groupements de niveau inférieur vignette|centré|upright=1.5|Pyramide de la SOIUSA

Les groupements de niveaux inférieurs sont subdivisés selon en 333 super-groupes, 870 groupes et 1625 sous-groupes. Les délimitations des chaînes et des massifs de montagnes ne font pas toujours l'unanimité . En conséquence, il existe également des secteurs relatifs intermédiaires aux groupements précédents.

Dénominations Les noms du regroupements de niveau supérieur (grands secteurs, sections et sous-sections) sont donnés dans les quatre langues le plus parlées dans les Alpes (allemand, français, italien, slovène) et en anglais ; par contre les groupements de niveau inférieur ont seulement leur dénomination dans les langues des pays concernées.

exemple : la sous-section Alpes du Mont Cenis (STS.4.III) est aussi nommée Nördliche Cottishche Alpen (de), Northern Cottian Alps (en), Alpi del Moncenisio (it) et Severne Kotijske Alpe (sl) ; mais le groupe d'Ambin, qui se situe sur la frontière entre la France et l'Italie, n'est nommé qu'en français et en italien (gruppo d'Ambin).

Aspects orographiques vignette|Alpes de Provence, Préalpes centrales de Provence et les Préalpes orientales de Provence. vignette|Alpes maritimes et Préalpes de Nice. vignette|Préalpes Liguri et Alpes Marguareis L’orographie des Alpes s'articule essentiellement le long de la chaîne principale comprise entre le col de Cadibone ou d'Altare en Italie, lieu où les Alpes se détachent des Apennins, et du col Godovič en Slovénie, où les Alpes se prolongent dans le système dinarique et de nombreuses chaînes secondaires. Celles-ci se détachent elles-mêmes et donnent à leur tour naissance à de nombreuses autres ramifications.

La principale ligne de partage des eaux retenue par la SOIUSA, suit la structure primaire des Alpes ligures (ou liguriennes), maritimes, Cottiennes, Grées, Pennines, Lépontines, Rhétiques occidentales, Rhétiques orientales, des Tauern occidentales, marginalement la partie nord-orientale des Dolomites et enfin, les Alpes carniques, juliennes ainsi que les Préalpes slovènes occidentales.

Les chaînes secondaires plus importantes, originaires de la principale ligne de partage des eaux, forment les Alpes de Provence, Préalpes centrales de Provence et les Préalpes orientales de Provence entre le col d'Allos et du col de Toutes Aures.

du col du Galibier, les Alpes du Dauphiné, d'où, du col Bayard, naissent les Préalpes du Dauphiné et successivement, du col de Macuègne, les Préalpes occidentales de Provence ; du col des Montets et du col de Megève les Préalpes de Savoie ; des cols de la Furka et de l’Oberalp les Alpes bernoises et glaronnaises, desquelles se détachent, de 15 cols (compris entre le col de la Croix et le col de Sargans), les diverses dorsales des Préalpes suisses ; du col Lunghin (au nord-ouest du col de la Maloja) commence la chaîne secondaire qui forme l’ossature du vaste secteur septentrional des Alpes Rhétiques occidentales (Alpes de l’Albula et du Plessur, chaîne Silvretta-Samnaun-Ferwall et Rätikon. De cette chaîne secondaire, près du col de l’Arlberg, se détachent les chaînes des Alpes calcaires nord-tyroliennes occidentales et centrales et de celles-ci plus au nord, à partir de six cols bien distincts (entre le Fascinajoch et le col de Riedenberger - Wiessen), les dorsales des Alpes bavaroises occidentales et centrales ; du Tuxer Joch et du Gerlospaß naissent les Alpes schisteuses tyroliennes, desquelles au col de Ellmau est originaire la dorsale du Kaisergebirge, appartenant aux Alpes calcaires nord-tyroliennes orientales, et, plus au nord, les cols du Durchholzen et du Waidring prennent forme les Alpes bavaroises orientales, tandis qu'aux cols de Hochfilzen et de Maishofen débutent les Alpes salsbourgeoises occidentales ; du Murtörl se détache la longue chaîne des Tauern orientales, laquelle, vers le nord, au col de Wagrain donne naissance aux Alpes salsbourgeoises orientales ainsi qu'aux Alpes occidentales du Salzkammergut et de Haute-Autriche, tandis que, vers le nord-est, au Schoberpaß commence les Alpes septentrionales de Styrie. De ces dernières se dessinent vers le nord-ouest, à travers le Pyhrnpaß et le Kreuzauer Sattel, les Alpes orientales du Salzkammergut et de la Haute-Autriche. Vers le nord, se dressent, à travers quatre cols (entre le col de Keertal et le col de Sebastianbach), les dorsales des Alpes de la Basse-Autriche et enfin vers le sud-est, au col du Semmering, les Préalpes orientales de Styrie ; du Katschbergpaß débute une autre chaîne avec les Alpes de Styrie et Carinthie et du col de Obdach les Préalpes occidentales de Styrie ; du Pas de Radece commencent les Alpes de Carinthie et de Slovénie, d'où naissent, au col de Reht, les Préalpes slovènes nord-orientales et au col de (Kozjak) Cirkuše les Préalpes slovènes orientales ; en repartant du sud, au col de San Iorio, des Alpes Lépontines se détachent les Préalpes luganoises ; du Pas du Stelvio se forment les Alpes Rhétiques méridionales, desquelles se détachent au Pas de l’Aprica, les Alpes et Préalpes bergamasques et, au-delà du Pas de Croce Domini et des cols de Bondo et de Narano, les Préalpes brescianes et gardésanes ; au-delà du col de Dobbiaco se dressent les Dolomites orientales et du Pas de Campolongo les Dolomites occidentales. Enfin, plus au sud, des cols de Pergine, d'Arten et du Pas de S. Osvaldo, les Préalpes vénitiennes.

Territoires concernés par la SOIUSA Ainsi, les Alpes, situées au centre de l'Europe, occupent géographiquement et politiquement les territoires de 9 pays sur près de :

Comparaison avec la « Partizione delle Alpi »

Elles s'articulent sur 16 points : substitution du concept de tripartition des Alpes (3 parties : Alpes occidentales, centrales et orientales) avec celle, plus rationnelle de bipartition alpine (2 parties : Alpes occidentales et orientales) pour aboutir à l’unification de la Partition des Alpes avec la subdivision des Alpes orientales selon les clubs alpins austro-allemands (Alpenvereinseinteilung der Ostalpen) et obtenir une subdivision internationale des Alpes au niveau européen, acceptable dans tous les pays de l’arc alpin  ; introduction de 2 secteurs des Alpes occidentales (Alpes sud-occidentales et nord-orientales) en analogie avec les trois secteurs des Alpes orientales (Alpes nord-orientales, centre-orientales et sud-orientales), présents dans la littérature austro-allemande et applicables aussi en Italie  ; scission de la traditionnelle section des Alpes maritimes en 2 nouvelles sections alpines, Alpes ligures (liguriennes) et Alpes maritimes, correspondant respectivement aux massifs traditionnels  ; exclusion de la partie méridionale de la section des Préalpes de Provence (Chaînons de "Basse Provence" ou Chaînons provençaux), qui, selon les œuvres de Raoul Blanchard, ne font pas partie du système alpin ; fusion de la partie restante des Préalpes de Provence avec la section des Alpes de Provence, qui contient déjà des aires préalpines (Préalpes de Digne), dans une nouvelle section unique des Alpes et Préalpes de Provence, incluant aussi les monts du Vaucluse, de Lure et du Luberon, qui, selon la littérature géographique française, n'appartiennent pas aux Préalpes du Dauphiné, mais à celles de Provence, étant de fait dans cette région  ; exclusion de certaines aires septentrionales de la section des Préalpes suisses, n'appartenant pas géographiquement au système alpin, mais au plateau suisse ("Schweizer Mittelland") conformément à la littérature géographique suisse  ; scission de la section des Préalpes lombardes en 3 nouvelles sections (Préalpes lombardes occidentales, centrales et orientales : conséquence de leur situation dans la nouvelle bipartition alpine  ;