Guin (en allemand : Düdingen) est une commune suisse du canton de Fribourg, située dans le district de la Singine.
Géographie vignette|left|Lac de Schiffenen. vignette|Photo aérienne (1964) Guin est la commune la plus occidentale du district alémanique de la Singine, au point de contact entre la Suisse alémanique et la Suisse romande, à de Fribourg.
Le territoire de Guin s'étend sur . Lors du relevé de , les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient de sa superficie, les surfaces agricoles , les surfaces boisées et les surfaces improductives .
Le territoire de la commune s’étend jusqu’au lac artificiel de Schiffenen formé par la Sarine. Le point le plus haut se situe au Dälhölzli, à d’altitude, le point le plus bas à d’altitude, au pied du barrage de Schiffenen. Le ruisseau Düdingerbach (appelé Horiabach dans la partie supérieure de son cours) divise la commune en deux surfaces à peu près équivalentes.
Guin est principalement constituée par son noyau villageois et des quartiers avoisinants. La commune comprend une vingtaine de hameaux, dont Mariahilf, Schiffenen, Balliswil, Bonn, Sankt Wolfgang, Ottisberg, Garmiswil, Jetschwil, Heitiwil, Galmis et Warpel. Guin fait partie du périmètre de l'Agglo Fribourg.
Neuf communes et deux districts autres que la Singine forment la frontière de Guin : les trois communes singinoises : Tavel, Schmitten et Bösingen ; les trois communes lacoises : Cormondes, Courtepin et Kleinbösingen ; les trois communes sarinoises : La Sonnaz, Granges-Paccot et Fribourg.
Transports
Trois axes de transport principaux traversent la commune du sud-ouest au nord-est : la ligne du plateau (Berne-Fribourg-Lausanne), à de Fribourg et à de Berne, l'autoroute et la route principale 12 Fribourg - Berne.
Du sud, deux routes cantonales venant de Fribourg et de Tavel se joignent pour à nouveau se séparer en direction de Morat et Laupen. Guin est un nœud pour le trafic régional.
Les transports publics sont bien développés à Guin. La ligne S1 du réseau express régional bernois dessert la gare de Guin toutes les demi-heures en direction de Berne ou de Fribourg. De nombreuses correspondances routières par bus relient Guin.
Parfois, la desserte de l'autoroute produit des bouchons chroniques à la sortie et à travers le village, surtout le matin en début de travail et le soir en fin de travail. Quotidiennement, véhicules roulent sur la route principale (1994). Des études pour une route de contournement existent.
Toponymie
L'origine du nom allemand Düdingen et du nom français Guin est la forme commune Tudingun. Tudingun est dérivé du nom d'une personne Dodo ou Dudo et du suffixe alémanique -ingun. La signification présumée serait : chez les gens de Dudo. À partir de l'alémanique -ingun s'est développé la version romanisée -ens, ce qui a donné Duens. Duens a été mentionné la première fois en 1182 dans un document latin à l'abbaye d'Hauterive.
En patois fribourgeois, Duens se prononce Dyäng ( Dictionnaire-Dikchenéro: Français-Patois/Patê-Franché, Société cantonale des patoisans fribourgeois, Fribourg : 2013, ) et est passé au français Guin documenté pour la première fois en 1755.
En suisse allemand, Düdingen se prononce Tüdinge, plus rarement Tidinge.
Au travers des siècles, le nom est passé par diverses formes : 1258 Tiudingen, 1287 Tudingen, 1414 Duyng, 1578 Tüdingen, 1668 Didingen.
Histoire De l'âge de la pierre à l'époque romaine
Les plus anciennes traces de vie humaine sur le territoire de la commune datent de l'époque moyenne de l'âge de la pierre ( à ). Des parties d'outils de chasse ont été découvertes au bord de la Sarine datant de cette époque. À une époque plus récente de l'âge de la pierre les premiers paysans s'établissent ( à ). Un atelier de fabrication de haches de pierre a été découvert au lac de Schiffenen. Des débris de céramique attestent de l'âge du Bronze (1800 au ). Des objets, tels que des colliers, des bracelets et des fibules, de la civilisation de Hallstatt ont été découverts. Plusieurs Tumuli de cette époque sont connus (Bundtels, Chiemiwald, Birchholz, Klempa). À partir de l'époque de La Tène ( à 0) la colonisation s'accentue. Une tombe féminine de cette période a été mise à jour durant la construction de la voie de chemin de fer entre Garmiswil et Balliswil. À partir de la date de la défaite des Helvètes contre les Romains à Bibracte en des traces romaines sont également présentes. Des ruines ont été découvertes à trois localités : Chiemiwald, Ottisberg et Balliswil. Des pièces d'argent et une roue de moulin ont aussi été trouvées.
Création de la commune
Du début du Moyen Âge ( au ) aucune découverte n'est connue. Il n'existe pas non plus de documents écrits de cette époque. Les Alamans semblent avoir été stoppés dans le voisinage lors de leurs raids en Alsace et en Suisse. Par ce fait Guin se trouve à la jonction de l'allemand et du français.
Le christianisme s'établit. En 1228 la paroisse de Düdingen est nommée pour la première fois. À la suite de la fondation de la ville de Fribourg en 1157 l'influence de la paroisse augmente. Les seigneurs de Düdingen (les Duens et plus tard les Velga) gagnent en autorité. Leur prestige est connu jusqu'en ville de Fribourg où ils fournissent plusieurs avoyers. À partir du Fribourg gouverne les Anciennes Terres. Jusqu'à 1847 avec la guerre du Sonderbund Guin restera loyale à la ville. D'après les sources, dès 1817 un syndic est en place et un protocole est tenu.
Détachement de Schmitten
Au temps des Anciennes Terres les paroisses de Bösingen, Tavel, Wünnewil, Überstorf, Heitenried, et Düdingen constituaient la bannière de l'Auge. La paroisse de Guin était divisée en quatre quartiers (Schrote) : Düdingen, St. Wolfgang, Lanthen et Wiler. En 1831 et en 1853 le gouvernement tenta d'autonomiser les deux quartiers Wiler et Lanthen avec un centre à Schmitten, mais échoua à l'opposition de la population et des autorités de Guin. Les efforts continuèrent. 1894 Schmitten fonda sa propre paroisse. Par un décret du Grand Conseil, Schmitten fut déclarée commune autonome et séparée de Düdingen.
Une commune industrielle
En 1929, Guin a été durement touchée par la crise industrielle. Elle pesait aussi bien sur l'industrie, sur l'artisanat et sur le commerce, que sur l'agriculture. Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, un certain essor se fait sentir. La nouvelle école secondaire (1943 pour les garçons, 1944 pour les filles) est construite. En 1946, le premier plan pour l'aménagement du territoire est adopté. À partir des années cinquante, une nouvelle phase de développement démarre. En peu de temps, l'infrastructure se développe fortement, la population augmente et le village reçoit une nouvelle physionomie. Le développement s'accélère avec la construction de l'autoroute A12 en 1981. Aujourd'hui, Guin est aussi bien un site industriel qu'un site économique d'importance régionale.
Population et société
Surnom Les habitants de la commune sont surnommés lè-j-Ano Bron, soit les ânes bruns en patois fribourgeois ( en allemand).
Démographie
Évolution démographique En , Guin compte habitants. Sa densité de population atteint hab./km.
Par le passé, Guin était nettement moins peuplé. Un recensement en l'an 1447 donne 629 habitants pour tout le territoire (y compris Schmitten qui est une commune à part entière actuellement). Les hameaux de Bundtels (60 habitants) et de Jetschwil (55 habitants) étaient plus peuplés que Guin avec 51 habitants.
À partir du , la population a continuellement augmenté, pour atteindre en 2005 plus de . Uniquement en 1922, une baisse est à consigner, due à la séparation de la commune de Schmitten (voir également l'histoire).
Le graphique suivant résume l'évolution de la population de Guin entre 1850 et 2008 :
Pyramide des âges
Langues Guin est une commune germanophone. Une petite minorité romande a toujours existé, de par la proximité de la ville de Fribourg.
Langue maternelle Pourcentage en 1990 Pourcentage en 2000 Allemand 91,9 % 89,7 % Français 4,3 % 4,5 % Autres 3,8 % 5,8 %
Religion Dans la commune de Guin, les églises reconnues de droit public sont l'église catholique-romaine et l'église protestante. La proportion des confessions n'a que très peu changé depuis 1860.
Religion Pourcentage en 1860 Pourcentage en 1900 Pourcentage en 1950 Pourcentage en 2000 Catholique-romaine 88,1 % 83,8 % 86,5 % 72,4 % Protestante 11,9 % 16,2 % 13,1 % 16,1 % Autres (sans confession incl.) 0 % 0 % 0,4 % 11,5 %
Économie
Comme partout en Suisse, il y a un décalage des emplois du secteur primaire (agriculture) au profit des secteurs secondaire (industrie et commerce) et tertiaire (prestation de service). Proportionnellement, l'agriculture a diminué de 46,5 % en 1930 à 7,9 % en 1990, alors que le secteur industriel a augmenté de 29,7 % à 33,7 % et le secteur tertiaire de 23,8 % à 57,7 %.
En l'an 2000, à Guin, de travail sont à disposition pour . Les 66 % restants gagnent leur subsistance en dehors de la commune.
Agriculture thumb|right|Tours des silos à grains hectares, soit 70 % de la surface totale de la commune, sont la plus grande surface cultivable du canton. Le nombre d'entreprises agricoles a continuellement diminué depuis le début du siècle passé : 245 en 1929 à 97 en 2001.
L'économie laitière est de grande importance. Trois laiteries (Bundtels, Mariahilf et Guin) traitaient une des plus grandes quantités de lait en Suisse. Seule la laiterie de Guin subsiste encore. Un exportateur de fromage est également présent.
La culture de céréales était dominante jusqu'au milieu du . Les prix s'abaissèrent très rapidement par l'introduction du transport par bateau et chemin de fer. Un rapide changement à l'élevage eu lieu. L'élevage est encore une importante source de revenus pour la paysannerie au début des années 1990, comme le montrent les chiffres de 1993 :
Bovins Moutons 610 Dont vaches Chèvres 18 Chevaux 62 Lapins 601 Poneys/ânes 12 Volaille Porcs Ruches 403
Les autres branches agricoles à Guin sont l'arboriculture fruitière, l'exploitation fruitière, la culture de pommes de terre, la sélection des semences, la sylviculture, les pépinières et l'horticulture.
Industrie et commerce Les entreprises les plus diverses se sont installées à Guin. De la fin du à 1905 ce sont surtout les produits de l'agriculture et de la terre qui furent valorisés (Fondation d'une entreprise laitière (Milch-Siederei), d'une entreprise fruitière (Mosterei) et d'une tuilerie. La société laitière Von Mühlenen est fondée en 1861. Un développement des produits fut atteint durant les années vingt et trente du siècle passé par une fabrique d'allumettes (à nouveau fermée en 1947) et par une fabrique de produits de ciment. L'établissement d'un atelier d'aiguisage de diamants en 1952 fut le point de départ de toutes les entreprises qui suivirent jusqu'à nos jours dans les branches les plus diverses : fabriques de machines, fabrique de produits pharmaceutiques, fonderie de métaux légers, fabriques de matières plastiques, fabriques de peintures, etc). La mise à disposition de zones industrielles, une politique fiscale complaisante et les salariés disponibles encouragent l'établissement des entreprises.
Le commerce est organisé depuis 1905 au niveau du district. Une association des commerces existe à Guin. Les entreprises de construction et les garages automobiles et de réparation sont également fortement représentés.
Tourisme Guin est une des 60 communes touristiques reconnues par le canton. Plusieurs hôtels comprenant 70 lits, divers restaurants et auberges, un dancing et une place de camping au barrage du lac de Schiffenen sont à disposition. Près du barrage se trouvent un minigolf, des places de tennis, une place de boules et au bord du lac plus de 60 places d'amarrage de bateau.
Politique
Pouvoir législatif