L'Étoile du Nord est un opéra-comique en trois actes de Giacomo Meyerbeer, sur un livret d'Eugène Scribe. Créée le à l'Opéra-Comique de Paris sous la direction de Théophile Tilmant, l'œuvre est une refonte du singspiel Ein Feldlager in Schlesien que Meyerbeer avait composé en 1844 pour l’inauguration du Théâtre royal de Berlin. Le succès remporté à la création est considérable et la 100ème représentation est donnée seulement un an plus tard. À l’instar des autres ouvrages lyriques du compositeur, L'Étoile du Nord sombrera néanmoins dans l’oubli et, des six opéras composés pour Paris, c’est sans doute celui qui est le moins représenté désormais.

Argument L’action se déroule en Finlande au premier acte ; dans un campement militaire russe au deuxième acte et dans le palais du tsar Pierre le Grand à Saint-Pétersbourg au troisième. Acte I Une place de village aux environs de Vyborg, sur les bords du golfe de Finlande. À gauche, la maison rustique de George Skawronski à laquelle on accède par un escalier extérieur. À droite, l’entrée de l’église. Au fond, des rochers et à l’horizon, le golfe de Finlande. vignette|gauche|Esquisse du décor du premier acte par Charles Cambon. : Chœur « Sous cet ombrage, après l’ouvrage » : alors que les ouvriers et les charpentiers se reposent, leurs épouses leur apportent des paniers chargés de victuailles. Seul Péters continue à travailler. : Air de Danilowitz « Achetez ! voici, voici ! » : Danilowitz sort d’une boutique en portant un plateau garni de pâtisseries qu’il propose aux ouvriers et à leurs épouses. : Ensemble « Viens, et pour te payer » : une fois son plateau vidé, Danilowitz s’étonne de l’absence de la belle Catherine. Il apprend que Péters s’en est épris. : Chœur des buveurs « À la Finlande, buvez ! » : les ouvriers proposent alors de porter un toast à la Finlande. : Suite et fin de l’introduction « Eh bien ! Et toi ? » : Danilowitz, d’origine russe, refuse de s’y associer, ce qui provoque l’irritation des ouvriers qui deviennent menaçants. Péters vient à son secours. Au moment où la dispute commence à dégénérer, la cloche du port retentit et annonce la reprise du travail. Aussitôt, les ouvriers retournent à leur activité. Restés seuls, Péters est soumis à un feu roulant de questions par Danilowitz. Ce dernier apprend que Péters est russe et qu’il reste dans le village depuis qu’il est tombé amoureux de la belle Catherine. Pour lui plaire, il apprend même à jouer à la flute son air préféré auprès de George, le frère de Catherine. Danilowitz, lui, ne pense qu’à partir pour rejoindre l’armée du tsar Pierre et devenir riche et célèbre. Péters, qui ne peut rester plus longtemps, propose de l’accompagner. : Mélodrame « Non ! Voilà mon professeur » : Péters retrouve George qui lui apprend que Catherine, ayant deviné les sentiments de son frère pour la belle Prascovia, est allée demander sa main en son nom. Pour tromper leur attente, les deux hommes commencent à boire du genièvre. : Couplets de Catherine « Écoutez ! Écoutez ! Pum ! Pum ! Pum ! » : Catherine revient et leur annonce que l’oncle de Prascovia a consenti au mariage de sa nièce avec George. La jeune femme reproche ensuite à Péters d’avoir brisé son serment de ne plus boire d’alcool. : Mélodrame « Morbleu ! – À merveille ! De la colère » : Catherine raconte alors que sa mère lui a prédit qu’elle partagerait la destinée héroïque d’un homme qui réussirait grâce à ses propres mérites. Elle croyait avoir trouvé cet homme dans Péters mais elle lui reproche de n’avoir ni patience, ni persévérance. : Mélodrame « Et dans ce moment même » : hors de lui, Péters menace de frapper Catherine, ce qui ne fait que renforcer le ressentiment de cette dernière à son égard. Péters annonce son intention de partir et constate avec dépit que Catherine ne fait rien pour le retenir. : Air de Prascovia « Ah ! Que j’ai peur » : Prascovia arrive à ce moment et annonce, éperdue, l’arrivée d’une troupe de pillards ukrainiens. George déclare vouloir s’enfuir avec sa fiancée et Péters s’attaquer seul aux assaillants. Catherine préfère la ruse. Tous rentrent chez eux en attendant l’attaque. : Scène et chanson de Gritzenko « Personne !… Enfants de l’Ukraine » : le chef des pillards, Gritzenko, arrive avec ses compagnons et tous se réjouissent à la perspective de leurs nouveaux méfaits. : Scène et ronde bohémienne « Arrière ! Arrière !… Il sonne et résonne » : les pillards sont stoppés dans leur élan par Catherine qui chante une mélodie ukrainienne et commence à danser. Elle lit ensuite les lignes de la main de Gritzenko et lui prédit qu’il deviendra caporal dans l’armée du tsar. Amadoués, les pillards quittent le village. : Duo de Catherine et Péters « De quelle ville es-tu ? » : Péters est impressionné par le courage et le sang-froid de la jeune fille. Catherine lui propose alors de se joindre à lui afin qu’il puisse accomplir sa destinée héroïque. Elle lui donne un anneau pour marquer leur engagement mutuel avant que Péters n’aille rejoindre l’armée russe. : Duo de Catherine et Prascovia « Ah ! Quel dommage ! » : pendant ce temps, on prépare le mariage de George et Prascovia. Alors que le jeune homme est parti pour revêtir ses habits de noce, Prascovia annonce à Catherine que George a été désigné pour intégrer l’armée du tsar et qu’il devra partir immédiatement à moins qu’on ne lui trouve un remplaçant. Catherine console Prascovia en lui promettant que George ne partira pas. : Chœur de jeunes filles et de ménétriers « Prenez vos habits de fête » : les premiers invités de la noce arrivent en chantant et en dansant. : Couplets de Prascovia « La, la, la ! En sa demeure » : le futur marié se faisant désirer, Prascovia réjouit les convives avec une nouvelle chanson. George arrive enfin. : Chœur de soldats « Marchez, soldats, marchez au pas » : alors que le mariage est célébré, une troupe de soldats mène de nouvelles recrues sur le quai. : Prière « Veille sur eux toujours » : Catherine, enveloppée d’un manteau, se joint aux recrues et observe les mariés jusqu’à ce qu’ils rentrent dans l’église. Un bateau chargé de soldats accoste à la jetée. : Barcarolle « Vaisseau que le flot balance » : Catherine embarque sur le bateau à la place de son frère. Le navire s’éloigne peu à peu.

Acte II Un campement militaire de l’armée russe. vignette|Finale de l’Acte II. : Valse et récitatif « Assez dansé, assez valsé ! » : Nathalie, Ékimona et d’autres vivandières valsent avec les soldats ou leur versent à boire. : Chanson de la cavalerie « Beau cavalier au cœur d’acier » et récitatif : Ismaïloff, un officier cosaque, entonne un chant à la gloire de la cavalerie. : Chanson de l’infanterie « Grenadiers, fiers Moscovites » : ne voulant pas en être en reste, Gritzenko, devenu caporal dans l’armée du tsar comme le lui avait prédit Catherine, interprète une chanson célébrant les grenadiers. Catherine arrive avec les nouvelles recrues. La jeune fille détourne rapidement les soupçons de Gritzenko qui croit la reconnaître. Mis en confiance, ce dernier révèle à la jeune fille les préparatifs d’une conjuration contre le tsar. : Chœur des conjurés « Assez d’opprobre, assez d’affronts » : les conjurés, commandés par le colonel Yermoloff, jurent de se venger du tsar. Peu après, une grande tente, luxueusement décorée, est montée au milieu de la scène pour accueillir Péters, qui n’est autre que le tsar Pierre , et son nouvel aide de camp, Danilowitz. Pierre, averti d’une possible trahison, se présente comme étant le capitaine Péters Michaëloff. Après avoir donné quelques ordres, il commande à manger et à boire pour lui et Danilowitz. Catherine est de garde à l’extérieur avec deux autres recrues. : Trio « Joyeuse orgie ! Vive folie ! » : échauffés par l’alcool, Péters et Danilowitz chantent gaiement. Curieuse de découvrir l’origine de ce tapage, Catherine observe à l’intérieur de la tente et est surprise de reconnaître Péters en habit de capitaine. Choquée de le voir s’adonner à la boisson, elle se résout à lui pardonner dès qu’elle entend Péters boire en son honneur. Craignant d’être surprise en train d’espionner, Catherine rejoint son poste. : Chant bachique « Gentilles vivandières » : Péters et Danilowitz font appeler Nathalie et Ékimona afin qu’elles leur tiennent compagnie. : Couplets des deux vivandières « Sous les remparts du vieux Kremlin » : les deux jeunes filles chantent un gai refrain tout en essayant d’échapper aux baisers de leurs deux compagnons. : Scène « Il s’éloigne enfin » : Catherine se rapproche de la tente et surprend Péters en train d’embrasser une des deux vivandières. : Quintette « Cessez ce badinage » : Péters et Danilowitz continuent de courtiser les deux vivandières, attisant la jalousie et la fureur de Catherine. : Sextuor « Au commandant Péters », mélodrame et dialogue : Gritzenko vient annoncer à Catherine qu’elle peut aller se reposer. La jeune fille refuse et finit par gifler Gritzenko qui veut la forcer à partir. Ce dernier demande alors justice à Péters, qui complètement ivre, ne reconnaît pas Catherine et ordonne son exécution. Alors que la jeune fille s’éloigne avec son bourreau, Péters est soudain frappé par la ressemblance du jeune rebelle avec Catherine. Il va rappeler la condamnée lorsque Danilowitz lui révèle que certains officiers (dont il ignore les noms) veulent attenter à la vie du tsar. Négligeant cette nouvelle, Péters convoque Gritzenko qui lui apprend que la jeune fille a réussi à s’échapper après lui avoir remis une lettre. Gritzenko est cependant fier d’annoncer qu’il a réussi à tirer sur le fugitif. Désespéré, Péters lit le message dans lequel Catherine lui révèle, en cadeau d’adieu, les noms des conjurés afin qu’il puisse les dénoncer au tsar. : Chœur « Ô ciel ! Qu’annoncent-ils ? » : Yermoloff, le chef des conjurés, cherche à rallier Péters et Danilowitz à la rébellion. Pour gagner du temps, Péters révèle que le tsar est déjà dans le camp. L’information semblant se confirmer, Yermoloff remercie Péters et Danilowitz. : Serment « Dieu ! Dieu vengeur, viens ! » : tous (à l’exception bien sûr de Péters et Danilowitz) jurent devant Dieu de se venger du tsar. : Marche sacrée : les premiers accents de la marche du tsar retentissent alors, signal utilisé par les conjurés pour prévenir les troupes ennemies d’attaquer le camp et de tuer le tsar. : Appel de Pierre à ses soldats « Soldats, qu’on trompe et qu’on égare » : Péters jure alors aux conjurés de leur livrer le tsar seul et sans défense s’ils décident de ne pas livrer le camp aux troupes ennemies. Ébranlés, les conjurés demandent au jeune homme comment il espère tenir sa promesse. Péters révèle qu’il est le tsar. Tous tombent alors à genoux et lui jurent fidélité. Péters les fait se relever et les appelle à lutter contre les ennemis. : Pas redoublé : à ce moment, on voit apparaître sur la colline située à gauche de la scène une première troupe fidèle au tsar qui vient à la rescousse. : Fanfare : puis sur la montagne de droite, une deuxième armée arrive au son d’une fanfare pour sauver le tsar. : Ensemble du serment, de la marche sacrée, du pas redoublé et de la fanfare : galvanisés par ces renforts inattendus et le courage de Pierre, tous jurent de se battre pour défendre la Russie.

Acte III Un riche appartement dans le palais du tsar. À gauche, une porte donnant sur les jardins. À droite, une porte conduisant aux appartements du palais. Au fond du théâtre, une grande fenêtre ouvrant sur le parc. vignette|Esquisse du décor du troisième acte par Charles Cambon. : Entracte : Récitatif « Pour fuir son souvenir » : Pierre essaie d’oublier Catherine dans le travail. : Romance « Ô jours heureux de joie et de misère » : ses efforts sont vains cependant et Pierre espère qu’un jour, Catherine lui reviendra. Il apprend à Danilowitz qu’il a fait reconstruire dans une partie du jardin une partie du village finlandais où il a rencontré la jeune fille.