Michel-Marie Poulain, née le à Nogent-sur-Marne et morte le à Mandelieu-la-Napoule, est une artiste-peintre moderne, mannequin et danseuse française. Elle est l'une des premières femmes trans à devenir connue en France.

Biographie

Débuts vignette|Michel-Marie Poulain dans son atelier, vers 1951. Michel-Marie Poulain naît le à Nogent-sur-Marne en France. Assignée garçon à la naissance, elle est élevée comme une fille par ses parents : elle a les cheveux longs, porte des robes et est genrée au féminin. Elle est scolarisée dans une école maternelle pour filles, mais est envoyée dans une école puis un collège pour garçons, où elle subit brimades et moqueries en raison de son expression de genre.

Années 1930 Elle passe son baccalauréat avant d'être affectée en 1926 comme sous-officier pour son service militaire. Elle vit ensuite à Paris grâce à l'héritage de sa mère. Passionnée de peinture, elle fait sa première exposition de tableaux en 1931. Elle devient mannequin chez les grands couturiers et danseuse de cabaret music-hall sous le nom de Micky. Elle se met en couple avec Solange, une danseuse de cabaret, a un enfant avec elle puis l'épouse en 1940. À la fin des années 1930, Poulain ouvre un cabaret et une galerie d'art, le Vol de Nuit, situé 8, rue des Colonels Renard.

Elle rencontre le médecin Magnus Hirschfeld à Berlin au début des années 1930. Ce dernier lui présente ses recherches sur la transidentité et notamment les opérations de réattribution sexuelle qu’il réalise dans son Institut de sexologie. À ce moment de sa vie, Poulain explique se sentir heureuse en tant que travestie et ne souhaite pas pousser plus loin sa transition. En 1933, après la destruction par les nazis de son institut, Hirschfeld fuit à Paris et Poulain le rencontre à nouveau. Elle lui annonce son besoin d'être une femme, mais renonce être opérée par le docteur, ayant appris le décès de la femme trans danoise Lili Elbe en 1931 de complications suite à des chirurgies de réattribution sexuelle.

Seconde Guerre mondiale Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est affectée en 1939 au des dragons à Dinant. Elle participe à des combats, sous son identité masculine. Elle est faite prisonnière de guerre et enfermée dans le stalag XI-B. Elle y performe des spectacles pour les autres prisonniers sous une allure féminine. Elle parvient à s'évader en 1941, munie de faux papiers.

De retour à Paris, installée successivement au 60, rue de LisbonneSalon d'hiver, catalogue, 1941, n°1659-1664, , au 37, rue de la Chaussée-d'Antin, enfin au 26, avenue Trudaine à partir de 1949, elle reprend son activité de peintre et expose dans plusieurs galeries, comme en 1943 à la Galerie Paul Blauser et au bar du cirque d'hiver. Son travestissement est autant remarqué que ses peintures par la critiqueGeorges Pillement, « Les arts - Des indépendants sans indépendance : André Lanskoy, Gregorio de la Fuente, Lucie Valore, Michel-Marie Poulain », Les Lettres françaises, 11 mars 1948, .

Après guerre : transition médicale et célébrité Après la guerre, elle a recours à une chirurgie de réattribution sexuelle en 1946 en Suisse, et obtient le changement de son genre à l'état-civil. Jusqu’en 1954, cette information n'est pas publique, et les articles de presse continuent de la présenter comme un homme hétérosexuel travesti en femme, la genrant au masculin.

Dans les années 1950, Michel-Marie Poulain est au plus haut de sa carrière de peintre : elle expose à Stockholm, Madrid, New York et Rio de Janeiro. En 1953, un livre lui est consacré par Jean Anouilh, André Warnod et Pierre Imbourg. Elle ouvre une galerie à Cannes, pour exposer ses tableaux.

En 1954, elle publie son autobiographie, J'ai choisi mon sexe, écrite par la romancière Claude Marais. Ce livre contribue à faire connaître la transidentité en France.

Elle est l'une des premières femmes transgenres à devenir célèbre en France.

Elle meurt le et est inhumée à Èze, sur la côte d'AzurXavier Cottier, « Michel-Marie Poulain, l'artiste d'un temps qui n'est plus », Société muséale Albert Figuiera, 14 septembre 2008.

Œuvres Michel-Marie Poulain peint des scènes de la vie de tous les jours, telles que des salles de bal, des paysages ou des lieux de Paris. Son style coloré aux figures cloisonnées rappelle celui de Bernard Buffet. vignette|230px|Sainte-Agnès (Alpes-Maritimes), la chapelle Saint-Sébastien

À côté de la peinture de tableaux, Michel-Marie Poulain a également pratiqué l'art du vitrail et de la fresque murale pour églises : Vitraux de l'abbaye de La Colle-sur-Loup. Décoration de la chapelle des Pénitents blancs, Èze (1953)Page officielle de la chapelle d'Èze. Restauration de la chapelle Saint-Sébastien, Sainte-Agnès (Alpes-Maritimes)Sainte-Agnès, La chapelle Saint-Sébastien. La Vierge de Boulogne, peinture, don de l'artiste à l'église Sainte-Jeanne-d'Arc du Touquet-Paris-Plage.

Collections Collections privées L'architecte luxembourgeois Paul Retter, sponsor de Michel-Marie Poulain, en possédait de nombreux tableaux qui, après la mort du collectionneur, ont été vendus aux enchères. La plupart d'entre eux, comme celui de Bettembourg et de la procession dansante d’Echternach, sont restés en mains luxembourgeoises. Albert SarrautFrancesco Rapazzini, Le Moulin Rouge en folies - Quand le cabaret le plus célèbre du monde inspire les artistes, Le Cherche Midi, 2016.. Charles Trenet, qui disait retrouver dans les toiles de Michel-Marie Poulain .

Collections publiques Musée de Cagnes-sur-Mer, Toulon, huile sur toile. Société muséale Albert-Figuiera, Èze, Portrait de Clorine Cottier-Abeille, dessin. Centre national des arts plastiques (Cnap), Paris : Le bridge (v. 1945), huile sur toile; Cathédrale de Strasbourg (v. 1946), huile sur isorel; Femme au châle (1953), huile sur isorel.

Expositions Expositions personnelles

Expositions collectives Salon d'Automne, Salon des Indépendants et Salon des Tuileries, Paris, à partir de 1931 Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 11, page 184.. Salon d'hiver, Musée d'art moderne de la ville de Paris, 1941, 1942Salon d'hiver, catalogue, 1942, n°1325-1328, , 1946Salon d'hiver, catalogue 1946, n°1772-1774, , 1947Salon d'hiver, catalogue, 1947, n°1619, , 1948Salon d'hiver, catalogue, 1948, n°1475, , 1949Salon d'hiver, catalogue, 1949, n°1484, , 1950Salon d'hiver, catalogue, 1950, n°1575-1577, , 1951Salon d'hiver, catalogue, 1951, n°1611-1613 , 1952Salon d'hiver, catalogue, 1952, n°1508-1510, , 1953Salon d'hiver, catalogue, 1953, n°1301-1303, , 1954Salon d'hiver, catalogue, 1954, n°1233-1235, . Philippe Marie Picard, Michel-Marie Poulain, Gerard Sekoto, Galerie Heyrène, Paris, 1952.

Réception critique

- Henri Héraut - Gérald SchurrGérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993, page 824. - Dictionnaire Bénézit - Jean Anouilh - Francesco Rapazzini

Références

Annexes

Bibliographie Gustave Fréjaville, Michel-Marie Poulain, Éditions de la Galerie Clausen, Paris, 1938. Pierre Imbourg, Michel-Marie Poulain, Éditions de la Galerie Paul Blauseur, Paris, 1946. Jean Anouilh, Pierre Imbourg et André Warnod (préface de Michel Mourre), Michel-Marie Poulain, Presses de Braun et Cie, 1953. Claude Marais, J'ai choisi mon sexe. Confidences du peintre Michel-Marie Poulain. Monaco : Les éditions de Fontvieille, 1954. Pieral, Vu d'en bas, collection « Vécu », Robert Laffont, 1976, page 239. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1993. André Roussard, Dictionnaire des Peintres à Montmartre, Éditions André Roussard, 1999. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Maxime Foerster (préface de Henri Caillavet), Elle ou lui ? - Une histoire des transsexuels en France, L'attrape-corps/La Musardine, 2012 (lire en ligne). Francesco Rapazzini, Indomptables - À l'avant-garde du XXe siècle, Éditions Edite, 2013. Francesco Rapazzini, Le Moulin Rouge en folies - Quand le cabaret le plus célèbre du monde inspire les artistes, Le Cherche Midi, 2016.

Liens externes

Catégorie:Peintre français du XXe siècle Catégorie:Peintre paysagiste français Catégorie:Peintre français de nature morte Catégorie:Peintre de la Bretagne Catégorie:Peintre d'art sacré Catégorie:Femme trans française Catégorie:Naissance en décembre 1906 Catégorie:Naissance à Nogent-sur-Marne Catégorie:Décès en février 1991 Catégorie:Décès à Mandelieu-la-Napoule Catégorie:Décès à 84 ans Catégorie:Naissance dans le département de la Seine Catégorie:Pionnière de la transidentité