Le pont de Mirabeau est un pont-route français entre Vaucluse et Bouches-du-Rhône, par lequel la route d'Aix-en-Provence à Manosque traverse la Durance. Les piles d'un ancien pont suspendu datant de 1845, conservées, sont inscrites aux monuments historiques.
Géographie
Le défilé de Canteperdrix, ou défilé de Mirabeau, est un rétrécissement de la vallée de la Durance entre les communes de Mirabeau (Vaucluse) et Jouques (Bouches-du-Rhône), où la rivière, qui finit de contourner le massif du Luberon, se fraye un chemin entre deux falaises de calcaire abruptes. C'est un lieu de franchissement ancien, qui a donné lieu à la construction de nombreux ouvrages depuis le . Les plus proches traversées routières de la Durance se trouvent à la hauteur de Pertuis, à 18 kilomètres en aval, et de Manosque, à 20 kilomètres en amont.
Histoire
Le pont de Mirabeau, homonyme de celui de Paris chanté par Guillaume Apollinaire, a eu une existence mouvementée.
tout en restant en rive gauche de la Durance qu'elle n'avait pas à traverser; son tracé, dans le défilé, devait correspondre à celui des actuelles D 96 et D 952. À partir de la première moitié du , on utilisait des bacs à traille. Ces bacs, de 19 m par 5 m et 80 cm de hauteur, étaient construits en bois de mélèze. Le passeur utilisait des pieux, cordes et câbles pour faire avancer l'embarcation.
La première tentative de construction d’un pont date du . Les différents « Pont de Mirabeau » qui furent édifiés ont été détruits totalement ou en partie à quatre reprises en 1440, 1635, 1843 et 1881 par la Durance déchaînée, au débit multiplié par cent. Il fut chaque fois reconstruit, car son péage était lucratif.
Au , après deux projets de pont non retenus en 1816 et 1817, Marc Seguin évoque l'idée d'un pont suspendu en 1825. Jean-François Théophile Sauzet réalise un pont suspendu. Livré en 1831, il a une portée de de long pour de large. Les suspensions sont arrimées à deux immenses portiques néo-romans encore debout aujourd'hui et inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par l'arrêté du .. thumb|left|Les deux anciens ponts de Mirabeau.
Achevé en 1835, il est emporté par la crue millénale le Guy Baruol et Philippe Autran, « Pour en savoir plus », in Autran, Barruol et Jacqueline Ursch, D’une rive à l’autre : les ponts de Haute-Provence de l’Antiquité à nos jours, Les Alpes de lumière no 153, Forcalquier, 2006. , p 46 et reconstruit en 1845.
Il est concédé le pour 34 ans 10 mois au sieur Sauzet qui refusa de prendre seul à sa charge les frais de réparation après la crue de 1843. Après procès, il perdit sa concession qui fut attribuée le au sieur Chaffard. La restauration lui revient à F et le péage lui rapporte francs par an.
Ce pont est détruit pendant la Première Guerre mondiale et remplacé par un pont d'une travée unique de de long surplombant la Durance à 14 m de hauteur et doté de deux pylônes en béton armé de 22 m de haut. L’ouvrage est achevé en , une sculpture et un bas-relief sont exécutés par Antoine Sartorio et symbolisent les quatre départements limitrophes.
On disait que le pont de Mirabeau (deuxième du nom) avait un pied dans chacun des quatre départements limitrophes (Alpes-de-Haute-Provence, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse) et chacun des piliers illustrait son département par une frise. Les frises sont désormais réunies au centre du giratoire, sur le côté gauche de la Durance.
À l'occasion du débarquement de Provence, les Alliés, voulant retarder la retraite des chars allemands, le firent bombarder sans succès par leur aviation pendant trois jours
Finalement ce furent les résistants qui le firent sauter le . L'offensive vers le nord des unités américaines jette un pont de bateaux le , un peu au sud du pont actuelHenri Julien (directeur de publication), Guide du débarquement de Provence, 15 août 1944, Digne-les-Bains, Éditions de Haute-Provence, 1994, , p. 81.
Le pont suspendu est reconstruit en
Pont actuel thumb|upright=1.2|Le défilé de Canteperdrix vu depuis la chapelle Sainte-Madleine. Le dernier pont en date fut achevé en 1989 et mis en service en 1990, le précédent pont suspendu étant supprimé. Il s'agit d'un pont en dalle et double poutre supportant la route départementale 996.
Évocations
Au pont de Mirabèu Cette chanson populaire doit être prononcé "o-ou pon dé mirabéou". Elle raconte en provençal comment la jeune mirabelaine Catharina qui lavait son linge sous le pont vit trois chevaliers qui la demandèrent en mariage<ref name="rese">Renat Sette, Solo - chants de Haute Provence a cappella, CD et livret, Prod. et Distrib. Cantar et Harmonia Mundi, page 8.</ref>. Le premier lui demanda simplement si elle était mariée, le second lui remit une bague qui tomba dans la Durance et le troisième plongea dans l'eau mais mourut.
Cette chanson existe sous plusieurs formes en Occitanie : dans l'ouest, on chante Al Pont de MirabelLes plus belles mélodies d'Occitanie en référence à Mirabel alors qu'à l'est la chanson fait référence à Mirabeau. L'origine de la mélodie pourrait être slave mais il n'y a aucune trace écrite.
Cette chanson a été interprétée par : Renat Sette dans son album A cappella. Miquela e lei chapacansMiquela e lei chapacans
Littérature et bande dessinée Le pont de Mirabeau est représenté dans la bande dessinée Marseil de Crespin, publiée en 1978 dans Métal Hurlant''.
Voir aussi
Articles connexes Durance Liste de ponts de Vaucluse Liste des monuments historiques de Vaucluse
Liens externes
Notes et références
Mirabeau Mirabeau Mirabeau Mirabeau Catégorie:Monument historique inscrit en 1988 Catégorie:Transport routier dans les Bouches-du-Rhône Catégorie:Transport routier dans le Vaucluse Catégorie:Jouques Catégorie:Mirabeau (Vaucluse)