Saint-Étienne-du-Gué-de-l’Isle est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie Saint-Étienne-du-Gué-de-l'Isle est située au centre de la Bretagne dans la pointe de l'extrême sud des Côtes-d'Armor qui s'insère dans le Morbihan. Les villes les plus proches sont Loudéac et Pontivy.

Relief Le territoire de la commune s'étend sur . À petite échelle, on remarque qu'elle a grossièrement la forme d'une botte renversée. Elle s'allonge sur onze kilomètres et n'a que quatre kilomètres dans sa plus grande largeur. Elle est limitée à l'ouest par la rivière du Lié qui assure la séparation avec le Morbihan. Elle est traversée du nord au sud par la route départementale 778.

Le territoire de la commune se situe dans le bassin du Lié, et sur un plan plus vaste, sur ce qu'on appelle improprement le plateau de Rohan. Le relief est peu accidenté et s'abaisse du nord-est au sud-ouest en direction de la rivière du Lié qui coule nord-sud dans une vallée large et plate. Le point culminant au nord-est, près du Rossonoux, est à et le point le plus bas sur le Lié au sud-ouest est à . Les ruisseaux qui coulent dans le sens est-ouest dessinent un paysage de croupes et de bosses largement cultivées.

Les roches constituant ce relief sont majoritairement des schistes briovériens, portant le nom de phyllades de Saint-Lô. On trouve au sud un filon de quartz, qui a permis de construire les soubassements de pas mal de maisons en terre anciennes. Un filon de dolérites ouralitisées du côté de Gas-de-Bois a vraisemblablement permis (voir partie histoire) l'exploitation de minerais de fer dans des siècles passés. Alors que, le long de la rivière, les matériaux qui affleurent sont des alluvions, sur les hauteurs du côté de Guerfiac, Grand-Bocmé, Linio, s'étalent les « sables des hauteurs » constitués d'argiles sableuses associés à de nombreux débris de quartz : à l'état naturel, ces sols sont peu fertiles, surtout quand l'écoulement est faible.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Lié et un autre petit cours d'eau..

Le Lié, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plœuc-L'Hermitage et se jette dans l'Oust à Forges de Lanouée, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-Étienne-du-Gué-de-l'IsleLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Merdrignac à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Étienne-du-Gué-de-l'Isle est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Loudéac, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (94,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (66,6 %), prairies (17,2 %), zones agricoles hétérogènes (10,1 %), forêts (4,5 %), zones urbanisées (1,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Le Guedelille en 1318, Le Gue de l'Isle en 1396, Saint Estienne en 1490, Saint-Etienne-du-Gué-de-l'Isle au ..

Saint-Etienne-du-Gué-de-l’Isle vient de Saint-Etienne, d'un gué sur le Lié et du nom du château de l'endroit..

Avec 30 caractères (les tirets et les espaces comptent), la commune de Saint-Étienne-du-Gué-de-l'Isle est, ex aequo avec Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, la commune de la région Bretagne ayant le nom le plus long depuis qu'en 2024 la commune de "Jugon-les-Lacs-Commune nouvelle" a raccourci son nom en Jugon-les-Lacs..

En breton, le nom de la localité est attesté sous les formes Sant-Stefan-Roudouz-an-Enez et Sant-Stefan-ar-Roudouz. Stefan est la forme bretonne du prénom Étienne, alors que roudouz ou roudour exprime en breton un gué. La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Sant-Stefan-ar-RoudouzOffice public de la langue bretonne.

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 41,1 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 394.

Histoire

Aux origines Une voie gallo-romaine joignant Vannes à Corseul et passait par les villages actuels de La ViIle Jéhan et du Chef du Bos.

La naissance d'une véritable colonie d'habitants à Plumieux date du et approximativement des années 540. Elle est due à l'arrivée d'un groupe de Bretons, c'est-à-dire d’individus en provenance de la Grande-Bretagne, dirigé par un saint Breton ; Mioc, disciple de saint Méen. Il y crée un plou ou paroisse, avant de se retirer en ermite dans la forêt qui porte aussi son nom Coëtmieux. Le plou créé est très étendu, puisqu'il couvre probablement les communes actuelles de Saint-Étienne, Le Cambout, Plumieux, La Chèze, La Ferrière, Coëtlogon, La Trinité-Porhoët et tout ou partie de Mohon. Il est possible qu'il couvre également une partie de Bréhan. Ce plou porte sans doute dès l'origine le nom de son fondateur, car le document dont nous parlerons plus bas le mentionne en 630 sous le nom de Plou Mioc ; en 1500, il devient Ploué Miouc, plus tard Plumieuc, avant de se transformer en Plumieux.

Le document parlant de Plumieux en 630 nous conte une histoire légendaire qui décrit aussi la région. À cette époque, Plumieux fait partie d'un territoire nommé la Domnonée qui s'étend sur les Côtes-d'Armor actuelles, une partie du Morbihan et de l'Ille-et-Vilaine, et qui est gouverné par le roi breton Judicaël (dont dérive le nom Jicquel). Notre région étant recouverte de forêt, il n'est pas étonnant que la réserve de chasse du Roi se situe ici. Au moment où le Roi vient à la chasse, il réside dans son château de Bodieuc, en Mohon, qui dépend du plou de Plumieux. Pour prier, le Roi doit donc venir à l'église de Plumieux et traverser le Ninian sur lequel ne se trouve aucun pont. Un jour qu'il s'apprête à franchir le Ninian à cheval, Judicaël, accompagné de ses serviteurs, aperçoit un lépreux qui l'interpelle et le supplie de le monter sur son cheval pour atteindre l'autre rive. Aussitôt les compagnons de Judicaël le repoussent brutalement et se moquent de lui. Mais le roi l'installe sur sa propre selle et l'aide à traverser. Rapidement le fait est devenu légende et cette dernière ajoute que le lépreux s'est transformé en Notre Seigneur Jésus-Christ et a dit au Roi que puisqu'il était bon avec les hommes, Dieu le serait également pour lui dans le ciel.

Aussitôt implantée, la petite colonie d'habitants s'est organisée et pour vivre s'est mise à défricher la forêt et à cultiver les terres ainsi conquises. Les graines qu'on sème à cette époque en Bretagne et donc probablement aussi à Plumieux, sont le froment rouge, le seigle, l'avoine et l'énigmatique « brace ». Toutes les terres ne sont pas ensemencées. La plupart sont en prés, ce qui permet d'élever du bétail. Les activités agricoles sont donc assez semblables à celles qui ont été pratiquées, il n'y a pas très longtemps. Les arbres sont cependant différents: on ne voit pas de pommiers, mais beaucoup de poiriers et aussi de la vigne qui aurait, selon certaines personnes, donné son nom à la Côte des Vins.

En ce qui concerne l'organisation administrative, Plumieux est, comme tous les plous de cette époque, gouverné par un machtiern qui détient l'autorité judiciaire et perçoit les redevances. Il réside dans un manoir qui est en bois, comme toutes les constructions de l'époque.

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