L'économie de la Macédoine du Nord traite de la situation économique conjoncturelle et structurelle de la Macédoine du Nord de nos jours.
Le pays, qui était la république yougoslave la plus pauvre, a déclaré son indépendance en 1991 et connu une première décennie très difficile, à cause d'un conflit sur son nom avec la Grèce et des guerres de Yougoslavie qui lui ont fait perdre son premier partenaire économique, la Serbie. Le passage à l'économie de marché et la privatisation des entreprises d'État ne s'est achevée qu'après 2001. L'économie macédonienne a aussi souffert de la guerre du Kosovo et du conflit ethnique qui a secoué le pays en 2001. Le pays possède enfin un taux de chômage élevé, toutefois biaisé par une économie parallèle importante.
Des politiques nationales prudentes et rigoureuses ont permis au produit intérieur brut d'être en augmentation depuis 2002. La Macédoine du Nord connait ainsi l'un des taux de croissance les plus élevés d'Europe avec une moyenne de 4 % et le pays se situe au rang mondial en 2019 concernant la facilité de faire des affaires. La monnaie nationale, le denar, est très stable.
La Macédoine du Nord produit et exporte principalement des primeurs, du tabac, du textile, du plomb, du cuivre et du zinc et importe surtout des biens de consommation et des hydrocarbures.
Histoire vignette|gauche|Le siège de la Banque nationale de Macédoine du Nord à Skopje. L'économie de la Macédoine du Nord est déjà en crise avant la déclaration d'indépendance en 1991. La République socialiste de Macédoine possède ainsi une dette publique énorme, contractée pour développer l'économie., qui s'élève à vingt milliards de dollars. En 1988, le taux d'inflation atteint les 250 % et 27 % de la population active est au chômage.. Après l'indépendance, en 1991, le pays amorce sa longue transition vers l'économie de marché. Le conflit du nom avec la Grèce influe considérablement sur la vie économique du pays, car Athènes lance rapidement une vaste campagne internationale afin d'empêcher la reconnaissance du pays et son accession aux institutions internationales., puis en 1992, elle ferme totalement sa frontière et impose un embargo sur le pétrole. Enfin, en , la Grèce déclare la fin totale des échanges économiques avec la Macédoine du Nord ; seule l'aide humanitaire peut franchir la frontière.
La Macédoine du Nord perd son principal port d'exportation, Thessalonique, et les guerres de Yougoslavie empêchent le commerce avec la Serbie voisine. Le pays perd 60 % de son activité commerciale et frôle la faillite ; la pauvreté engendrée encourage enfin les activités illégales, dont est issu un tiers du PIB du pays et le denar doit sans cesse être dévalué jusqu'en 1995. L'année la plus difficile est 1993 : le PIB de la république chute alors de 21 %. La même année, le pays entame la privatisation des entreprises d'État.. La fin du conflit autour du nom signifie la fin du blocus grec, l'économie s'améliore légèrement. L'inflation, fixée à % en 1992, est ainsi descendue à 55 % en 1995. et à moins de 5 % en 1997. Le commerce d'exportation reste toutefois très faible, il ne vaut que en 1998, alors que celui de la Yougoslavie, alors soumise à un blocus international, s'élève à pour la même année. Le PIB de la république, après avoir chuté de 15,7 % entre 1991 et 1993, connaît une faible augmentation de 1,7 % entre 1996 et 1998. Pendant les mêmes intervalles, la production industrielle a respectivement chuté de 14,4 % puis a augmenté de 3,1 % mais le taux de chômage, fixé à 19 % en 1991, atteint les 40 % en 1998 ; la Bosnie-Herzégovine est le seul autre pays issu de la Yougoslavie à avoir un chiffre aussi catastrophique.. En 1999, la guerre du Kosovo influe ensuite lourdement sur l'économie macédonienne puisque le pays ne peut plus exporter du tout vers la Yougoslavie et doit trouver des clients alternatifs, par exemple la Bulgarie, la Roumanie ou la Grèce..
Le conflit ethnique entre les Macédoniens et la minorité albanaise de 2001 a lui aussi des conséquences économiques. 2001 est pour la Macédoine du Nord une année de récession : le PIB baisse ainsi de 5 % et les investisseurs étrangers évitent le pays. Après les accords d'Ohrid qui met fin aux hostilités, l'économie s'améliore lentement, le PIB augmente de 0,3 % en 2002 et les investissements étrangers reprennent en 2003. Les accords d'Ohrid ont par ailleurs permis la stabilisation politique nécessaire au développement économique du pays.
La petite taille de la Macédoine du Nord rend son économie vulnérable et dépendante de l'intégration européenne. La république, qui ne fournissait que 5 % des revenus de la Yougoslavie dans les années 1980, est l'un des pays les plus pauvres d'Europe. Elle possède un taux d'inflation faible, mais un taux de chômage avoisinant les 30 % et elle peine encore à recevoir des investissements étrangers et à créer des emplois. Le pays connaît un important marché noir, estimé à plus de 20 % du PIB et encouragé par la position du pays, situé sur les routes des trafiquants de drogue et de personnes. Les gouvernements successifs ont imposé l'austérité économique, une politique monétaire prudente et de nombreuses réformes qui ont permis l'octroi de prêts importants et nécessaires au développement du pays. La crise financière mondiale de 2007-2008 s'est surtout ressentie par la diminution des investissements extérieurs et par un grand déficit commercial. La croissance économique a lentement repris en 2010, avec un chiffre estimé à 1,3 %.
Le gouvernement de Nikola Gruevski s'oriente vers une politique de dumping fiscal et social afin d'attirer les investisseurs étrangers. Toutefois, les privatisations ont provoqué la destruction du socle industriel du pays. En outre, le VMRO-DPMNE impose son contrôle sur les institutions et l'économie. Ainsi, les journalistes Jean-Arnault Dérens et Laurent Geslin soulignent qu'au sein des institutions, « un étroit système de contrôle est censé assurer la loyauté des employés de l’Etat. Pour obtenir une mutation ou un avancement, il est nécessaire de prendre la carte du VMRO-DPMNE. Et il faut faire attention à ce que l’on dit pour ne pas perdre son emploi : les espions et les délateurs sont partout. Les milieux économiques se plaignent aussi discrètement des pressions du régime : dans chaque entreprise, il est « recommandé » d’embaucher un cadre du VMRO-DPMNE pour éviter les contrôles fiscaux intempestifs. »
En 2015, les émigrés ont envoyé au pays 252,1 millions de dollars, une somme équivalente à celle des investissements étrangers. L’économie informelle représente 35 % du produit intérieur brut (PIB), et près de 20 % des habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté, tandis que le budget national est en déficit chronique et que la dette publique est en augmentation constante.
Près de 500 000 personnes ont quitté le pays entre 1991 (indépendance du pays) et 2010, notamment en raison du très fort taux de chômage (30 %) et des faibles salaires.
Monnaie
La Macédoine du Nord a introduit sa propre devise, le denar macédonien, en 1992. Celui-ci remplace alors le dinar yougoslave. Il doit vite faire face à l'inflation très élevée, qui augmente en moyenne de 83 % par mois. Le gouvernement macédonien prend rapidement des mesures drastiques, comme la fixation du cours du denar sur celui du mark allemand (27:1.) et le gel des prix de l'énergie et de la nourriture. Après quatre mois, le taux d'inflation est descendu à 8 % par mois et les mesures prises par le gouvernement sont couronnées de succès puisque le denar est désormais une monnaie viable.. En mai 1993, un nouveau denar est introduit, il vaut 100 anciens denars..
En 1998, le denar est indexé sur l'euro et son taux de change demeure fixe depuis. L'euro est accepté en Macédoine du Nord pour les sommes importantes, mais le denar reste toujours utilisé pour les petites transactions..
Secteurs L'économie macédonienne se caractérise par une agriculture relativement importante, puisqu'elle représente 8,7 % du PIB en 2010. L'industrie, frappée par la transition économique qui a suivi l'indépendance, représente la même année 22,1 % du PIB, et elle connaît un renouveau, puisque la production industrielle macédonienne a augmenté de 10 % en 2011, un taux qui la place au neuvième rang mondial pour la croissance industrielle. Les services représentent quant à eux 69,2 % du PIB.
Agriculture
vignette|gauche|alt=Photographie de champs de céréales et d'une ferme industrielle dans le Polog|Champs de céréales et ferme industrielle dans le Polog.
La Macédoine du Nord possède de terres agricoles, qui représentent presque 39 % de son territoire. La moitié de ces terres sont dévolues aux cultures, l'autre moitié à l'élevage, mais la culture représente environ 70 % de la production totale. Le pays compte aussi de forêts, largement inexploitées. Il existe deux types d'exploitations agricoles : une minorité, héritées du système socialiste, sont vastes et ont un fonctionnement industriel, les autres, familiales, sont très petites et surtout très nombreuses, car 80 % des exploitations macédoniennes font entre 2,5 et .. Les agriculteurs macédoniens rencontrent de nombreuses difficultés, comme le manque de graines et d'engrais de qualité, le mauvais état des systèmes d'irrigation et l'absence de bonnes stratégies de vente..
L'élevage ovin domine largement, mais la Macédoine du Nord compte aussi de grands cheptels de bovins et de porcins. L'élevage ovin permet la production de laine, de viande et de lait, notamment utilisé pour la confection de fromage. Les agriculteurs macédoniens élèvent également des volailles et des lapins. Le pays compte enfin plus de ..
Les cultivateurs macédoniens produisent des céréales, surtout du blé, du maïs, de l'avoine et du riz, et des primeurs, comme des tomates, des pommes de terre, des choux ou encore des pastèques. Ils produisent aussi du tabac, du pavot somnifère et des fruits. La viticulture est également importante ; le vignoble macédonien s'étend sur hectares. et produit de vin par an.. La plus grande entreprise, le vignoble Tikveš, a été classée en 2008 parmi les trente meilleures marques mondiales lors du Salon international de l'alimentation.. Le vin et le tabac représentent ensemble un quart des produits agricoles exportés et les primeurs forment également une part importante des exportations, surtout dirigées vers l'Union européenne et l'ancienne Yougoslavie, notamment la Serbie.
Industrie vignette|alt=Photographie du complexe métallurgique Feni|Production de nickel près de Kavadartsi.
L'industrie macédonienne est centrée sur l'agroalimentaire, le textile et la métallurgie. La transformation agroalimentaire s'appuie sur l'abondance et la diversité des ressources locales et l'industrie textile bénéficie des faibles coûts de la main-d'œuvre. Ce secteur est peu élaboré, puisque la Macédoine du Nord ne produit pas de tissu et que ses usines ne fabriquent presque pas de produits finis. L'industrie textile se caractérise aussi par des petites entreprises et des exportations tournées à 80 % vers l'Union européenne..
L'activité métallurgique, autrefois alimentée par les mines locales, est de plus en plus tributaire de l'importation de métaux. L'extraction minière est une activité modeste et concerne surtout le charbon, le cuivre, le plomb, le zinc, le nickel. Les usines métallurgiques les transforment et utilisent aussi des matières premières importées, notamment pour la production d'acier. Les principales entreprises dans ce domaine sont Arcelor Mittal et Makstil Skopje. Parmi les autres grandes entreprises macédoniennes se trouvent aussi Alkaloid Skopje, qui fabrique des produits chimiques, cosmétiques et pharmaceutiques, Rade Končar Skopje, spécialisé dans la production d'appareils électriques, OKTA (raffinerie de pétrole) et la brasserie Prilepska Pivarnica, qui produit de la bière et des jus de fruits...
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