Gédéon Geismar, né le à Dambach-la-Ville (Bas-Rhin) et mort le à Paris, est un officier français, général de brigade pendant la Première Guerre mondiale. Issu d'une famille juive d'Alsace, il participe dans les années 1920 au mouvement sioniste en France et est notamment le premier président du Fonds national juif et le président des éclaireurs israélites de France.
C'est un oncle de Léon Geismar et de Max Hymans.
Biographie Origines familiales et famille Il est le fils de Marx Geismar, né à Grussenheim (Haut-Rhin) et mort à Dambach (le nom actuel de Dambach-la-Ville date de 1924) en 1898 et de Jeanne Léopold, née à Pfaffenhoffen et morte à Paris.
Il a deux neveux notables : Léon Geismar, gouverneur général des colonies ; Max Hymans (1900-1961), fils de sa sœur Sarah, président d'Air France de 1948 à 1961;
Le , il épouse Marthe Léa Lévy, née à Paris le et morte à Paris. Ils auront deux enfants : Yvonne Geismar, née à Lille le et morte à Paris le , avocat à la Cour, maire-adjoint du . Jean Geismar, né à Verdun le et mort à Paris le .
Formation Il fréquente d'abord la petite école (école primaire) israélite de Dambach jusqu'en 1874. En 1871, l'Alsace est annexée par l'Allemagne en vertu du traité de Francfort et devient une partie du . L'enseignement est désormais donné en allemand et en hébreu.
« Pour qu'il soit français », son père l'envoie faire ses études secondaires au lycée de Belfort, qu'il fréquente jusqu'en 1882.
Le , il est admis à l'École polytechnique . À sa sortie, il choisit l'arme de l'artillerie.
Gédéon Geismar reçoit de sa famille une éducation religieuse et conservera toujours la pratique de la religion juive, refusant de prendre garnison dans les villes dépourvues de synagogue. Il transmettra ce sentiment à ses deux enfants qui seront l'un et l'autre administrateur d'une synagogue, mais pas toujours du même courant que leur père, puisque Jean Geismar a été administrateur de l'Union libérale israélite de France.
Carrière militaire 1885-1914 Le , il rejoint comme sous-lieutenant l'École d'application de l'artillerie et du génie à Versailles(EAAG). Le , il est promu lieutenant au d'artillerie. Le , il devient capitaine au d'artillerie à pied. En 1897, il fait un stage à l'École de guerre et obtient en le brevet d'état-major. Le , il est nommé chef d'escadron au d'artillerie. En 1907, il est affecté à l'état-major du d'artillerie à Rouen, dont il devient le chef en 1911 avec le grade de lieutenant-colonel.
Première Guerre mondiale En 1915, il commande le d'artillerie. Le , il est promu colonel. Le , il est promu général de brigade. En 1918, il commande la brigade d'artillerie du d'armée à Strasbourg.
Après-guerre Il prend sa retraite en , âgé de .
Action en faveur de la renaissance d'un État juif Il se consacre ensuite avec André Spire au développement du Keren Hayessod (Fonds de reconstruction), créé en France en 1922, puis devient président d'honneur de la Commission centrale du Fonds national juif (Keren Kayemeth Leisrael). Grâce à sa connaissance de l’hébreu, il peut lire la presse de la Palestine mandataire et se tient informé des réalisations et des besoins.
Il siège au comité directeur de France-Palestine, fondée en 1926 par Joseph Paul-Boncour et Justin Godart. Le collège des présidents d'honneur comprend : Édouard Herriot, Paul Painlevé, Jules Cambon, ambassadeur de France et ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, Aristide Briand, ancien président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, Raymond Poincaré, Alexandre Barthou, enfin Gaston Doumergue, président de la République lui-même. Le secrétaire général est le poète Henri Hertz. Cette abondance d'hommes politiques français s'explique par la croyance que la révolte syrienne de 1925 était soutenue en sous-main par les Anglais.
En 1927, il est élu membre du Comité directeur de la Fédération sioniste de France, où il représente le « bloc sioniste général », c'est-à-dire le courant centriste. Il souhaite représenter la France au congrès sioniste de 1927, mais il est battu par Léonce Berheim du « Mouvement sioniste français », c'est-à-dire les Français par opposition aux immigrés. Il participe en 1928 à la création de la Chambre de commerce franco-palestinienne. Toujours en 1928, il accepte la présidence des Éclaireuses et éclaireurs israélites de France (EEIF).
Mort et funérailles Le général Geismar meurt le , rue Alphonse-Daudet dans le arrondissement de Paris.
Il est enterré au cimetière de Montmartre.
Distinctions () (citation à l'ordre de l'armée le )
Hommages Une rue de Dambach-la-Ville porte le nom du général Geismar.
Œuvres Instruction pour le service de l'observation dans l'artillerie à pied allemande. traduit et résumé par G. Geismar, publié en 1891. Instructions sur la direction du feu dans l'artillerie à pied allemande par G. Geismar, publié 1892. Tir de guerre exécuté par un détachement mixte du corps allemand, de G. Geismar, publié en 1893. Organisation des objectifs pour les écoles à feu de l'artillerie allemande par G. Geismar, publié en 1895.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Service historique de la Défense, dossier « Gédéon Gesmar ». Almanach du KKL de Strasbourg pour l'année 1993 97-104, article de Philippe Landau. Arbre généalogique des Geismar établi par Hubert Metzger en 1992, d'après des notes de Marcel Léopold et Paul Metzger (sources : les archives départementales du Bas-Rhin et les archives de la mairie de Grussenheim).
Alphonse Halter, « Gédéon Geismar », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 12,
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