European Council on Foreign Relations (ECFR) (ou Conseil européen pour les relations internationales en français.) se veut le premier centre de recherche et d’influence pan-européen (think tank) The European Council on Foreign Relations: About the European Council on Foreign Relations. Créé en , il s'est fixé pour objectif de promouvoir un débat éclairé à travers l’Europe sur le développement d’une véritable politique étrangère européenne intégrée, cohérente et efficace.

L’ECFR est dirigé par Mark Leonard et dispose de bureaux à Berlin, Londres, Madrid, Paris, Rome, Sofia et Varsovie. Cette structure décentralisée est destinée à lui apporter une perspective véritablement paneuropéenne sur les débats quant à la place de l’Europe dans le monde.

L’ECFR est pour The Economist, avec Bruegel, un des seuls think tank agissant à Bruxelles à employer de vrais chercheurs et non des journalistes. Cette institution cherche à produire des idées et des études pertinentes, mais également à les diffuser tant auprès du grand public que des dirigeants européens.. Il n'a aucun lien institutionnel ni avec l'Union européenne, ni avec le think tank américain dont son nom est inspiré (le Council on Foreign Relations).

L’ECFR a été élu « Meilleur nouveau think tank dans le monde sur les cinq dernières années » par Foreign Policy dans ses éditions de janvier/ et 2010James G. McGann, Ph.D. "The%20Global%20'Go-To%20Think%20Tanks%202009" http://www.ony.unu.edu/2009%20global%20go%20to%20think%20tank%20report.pdf, 21 janvier 2010. Retrieved on 2010-07-01.

Présentation Organisation

L’objectif de l’ECFR est d’œuvrer en faveur d’une Europe plus forte et plus intégrée dans un monde pacifié et prospère. Pour cela, l'ECFR a adopté une structure en trois piliers :

Le Conseil : l’ECFR regroupe désormais plus de 330 membres influents, originaires des 28 pays-membres (ainsi que d'autres pays européens: Albanie, Norvège, Suisse, Turquie) avec pour ambition de former une communauté européenne stratégique – l’ECFR compte parmi ses membres des anciens chefs de gouvernement, des anciens ministres des Affaires étrangères, des commissaires européens, des parlementaires, des entrepreneurs, des journalistes, des universitaires et des intellectuels. Ces membres se réunissent en assemblée plénière chaque année (à Paris en 2018.). Ces membres fournissent à l’équipe de l’ECFR conseil et soutien. Ils appuient également l’équipe du bureau de leur propre pays et les activités de l’ECFR en Europe. Le conseil est actuellement présidé par Carl Bildt (Suède), Emma Bonino (Italie) et Mabel van Oranje (Pays-Bas).

Le think tank : l’ECFR est composé d’une équipe d'une quarantaine de chercheurs. Sur chacun de ses projets d'études, l’ECFR effectue des recherches approfondies, appuyées sur des études de terrain, sur la place et le rôle de l'Europe dans les affaires internationales, et notamment sur l'action extérieure de l'Union européenne et de ses 28 Etats-membres. Il travaille aussi à partir de données collectées dans chacun de ces pays grâce au réseau de chercheurs associés dont il dispose à travers l'Europe (par exemple pour ses "Scorecards"). L’ECFR cherche à rendre accessibles aux grand public et aux décideurs ses idées : il publie des rapports, organise des débats publics et maintient une présence en ligne via des podcasts, des vidéos et les réseaux sociaux.

Les bureaux nationaux : l’ECFR dispose d'antennes dans toute l’Europe : Berlin, Londres, Madrid, Paris, Rome, Sofia et Varsovie. Ce réseau, unique parmi les think tanks européens, agit comme un réseau d’ambassades, fournit une expertise locale, rassemble des renseignements sur la vie politique de chacun de ces 7 pays, en particulier sur les déterminants de leur politique étrangère, et promeut les idées et les travaux des experts de l'ECFR à travers l’Europe. L'ECFR dispose par ailleurs d'un réseau de chercheurs associés pour chacun des Etats-membres de l'Union européenne, qui contribuent notamment à sa capacité de cartographie des positions et intérêts de ces Etats..

Le bureau de Paris a été successivement dirigé par :

Thomas Klau (2008-2014) ; Edouard Tétreau (2014-2015) ; Manuel Lafont Rapnouil (2015-2019) ; Tara Varma (2019-2023) ; Célia Belin (2023-présent).

Financement L'ECFR était au départ principalement financé par la fondation George-Soros, Sigrid Rausing, la Fondation espagnole pour les relations stratégiques (FRIDE), le groupe italien UniCredit, et la Communitas Foundation (la banque bulgare BRIB).

Son budget, désormais supérieur à 7 millions d'euros, est aujourd'hui alimenté par un ensemble de donateurs diversifiés, issus par ordre d'importance du secteur privé à but non-lucratif (fondations à hauteur de 73%), de la puissance publique (ministères et agences à hauteur de 22%), d'entreprises et d'individus (à hauteur de 5%). Au sein de chacun de ces trois ensembles, aucun détail sur le montant exact de la participation de chaque entité contributrice ne figure sur le site d'ECFR.

Axes de recherche

La recherche de l’ECFR s'organise autour de quatre programmes de travail :

Europe élargie : Le programme "Europe élargie" vise à aider l'UE à devenir un acteur géopolitique plus fort dans son voisinage oriental. Pour atteindre cet objectif, le programme soutient le travail des décideurs de l'UE sur une politique unifiée et cohérente vis-à-vis de la Russie, et développe des stratégies cohérentes pour défendre les intérêts et les valeurs de l'UE dans la région de l'Europe élargie. Le programme se concentre sur les États post-soviétiques, les Balkans occidentaux et la Turquie. Ce programme est dirigé par Marie Dumoulin.

Asie et Chine : Ce programme envisage la manière dont l’Europe peut s'adapter à l'essor de la Chine. Ce programme s'est progressivement élargi de la Chine aux voisins de cette dernière (Japon et péninsule coréenne notamment) ainsi qu'à l'Inde ou encore à l'Afghanistan. Ce programme publie une analyse bimensuelle des actualités et des débats chinois sur la politique étrangère intitulée China Analysis.

Moyen-Orient et Afrique du Nord : Créé avec les printemps arabes, ce programme se penche désormais plus particulièrement sur les crises dans la région, notamment en formulant des propositions qui permettent leur désescalade et leur règlement. Europe puissance : Ce programme coordonne les travaux plus transversaux de l'ECFR, depuis les questions de défense et de sécurité jusqu'à la gestion européenne de la crise des réfugiés ou les défis du numérique. Ce programme était responsable du rapport annuel d'évaluation de la politique étrangère de l'Europe (European Foreign Policy Scorecard), l'une des publications les plus connues de l'ECFR depuis 2010, interrompue en 2017). Il dirige aussi les études plus ponctuelles que l'ECFR conduit pour comparer les positions ou les situations des 28 Etats-membres (par exemple sur le Brexit, les montées du populisme ou les perceptions des menaces en matière de sécurité), appelées "Scorecards". Afrique : Le programme Afrique de l'ECFR analyse la dimension géopolitique des relations entre l'Afrique et l'Europe. Cela inclut les relations entre l'Union africaine et l'Union européenne, les outils et stratégies de politique étrangère et les possibilités de trouver des solutions politiques créatives. Le programme se concentre également sur deux régions particulièrement importantes pour l'Europe : la Corne de l'Afrique et le Sahel.

Une Initiative sur la nouvelle sécurité européenne (NESI selon l'acronyme anglais) regroupe les projets de recherche relatifs aux questions de défense et de sécurité réalisés dans chacun de ces cinq programmes

Publications « Le European Council on Foreign Relations... a le don de produire le bon papier au bon moment, qui saisit vraiment l'attention des gens avec une vision nouvelle ou contre-intuitive. » The Economist, Charlemagne. "The dodgy side of Brussels think-tanks", The Economist, Londres, 17 avril 2009. Consulté le 2 juillet 2010..

L'ensemble des publications de l'ECFR - rapports longs, notes politiques, tribunes d'analyse en réaction à l'actualité - sont disponibles en ligne, en anglais et parfois traduits dans d'autres langues des Etats-membres.

L'ECFR met aussi en ligne des podcasts (émissions ad hoc ou enregistrements de ses conférences) et des vidéos, notamment via les réseaux sociaux.

Rapports (sélection)

EU Coalition Explorer, Josef Janning, Almut Möller, Christoph Klavehn et Wiebke Ewering, 2018 China at the Gates, François Godement et Abigaël Vasselier, 2017 New European Security Initiative, Susi Dennison, Ulrike Esther Franke et Manuel Lafont Rapnouil, 2017 Connectivity Wars, Mark Leonard et Ulrike Esther Franke, 2016 EU differentiation and the push for peace in Israel-Palestine, Hugh Lovatt, 2016 The New European Disorder, Ivan Krastev et Mark Leonard, 2014 Scorecard 2010, Justin Vaïsse et Hans Kundnani, 2011 A global China policy, François Godement, 2010 What does Russia think?, Ivan Krastev, Mark Leonard et Andrew Wilson, 2009 Towards a post-American Europe: A Power Audit of EU-US Relations, Nick Witney et Jeremy Shapiro, 2009 The Limits of Enlargement-Lite: European and Russian Power in the Troubled Neighbourhood, Nicu Popescu et Andrew Wilson, 2009 A Power Audit of EU-China Relations, John Fox et François Godement, 2009 A Global Force for Human Rights? An Audit of European Power at the UN, Richard Gowan et Franziska Brantner, 2008 Re-energising Europe's Security and Defense Policy, Nick Witney, 2008 A Power Audit of EU-Russia Relations, Mark Leonard et Nicu Popescu, 2007

Notes politiques (sélection)

The 2019 European election: How anti-Europeans plan to wreck Europe and what can be done to stop it, Susi Dennison et Pawel Zerka, 2019 Eyes Tight Shut: European attitudes towards nuclear deterrence, Manuel Lafont Rapnouil, Tara Varma et Nick Witney, 2018 The World according to Europe’s insurgent parties: Putin, migration and people power, Susi Dennison et Dina Pardijs, 2016 Putin's hydra: Inside Russia’s intelligence services, Mark Galeotti, 2016 How to talk to Russia, Kadri Liik, 2015 Beyond the "War on Terror": Towards a New Transatlantic Framework for Counterterrorism, Anthony Dworkin, 2009 Beyond Dependence: How to Deal With Russian Gas, Pierre Noël, 2008 Re-wiring the US-EU Relationship, Daniel Korski, Ulrike Guérot et Mark Leonard, 2008 Poland's Second Return to Europe?, Paweł Swieboda, 2007 New World Order: The Balance of Soft Power and the Rise of the Herbivorous Powers, Ivan Krastev et Mark Leonard, 2007

Impact et critiques En 2016, soit moins de 10 ans après sa création, l'ECFR a été classé par le programme de recherche sur les think tanks et la société civile de l'Université de Pennsylvanie au des think tanks mondiaux, au 22e rand des think tanks non-européens et au des think tanks spécialisés sur la politique étrangère et les affaires internationales.

Le poids initial de George Soros, via les financement de son réseau de fondations (Open Society Foundations), a souvent suscité des critiques ou des soupçons de parti pris, notamment sur les sites complotistes ou dans les milieux pro-russes. Le biais atlantiste voire néo-conservateur qui est alors reproché à l'ECFR est pourtant contradictoire avec l'origine du projet, qui remonte aux critiques de la guerre en Irak et de l'administration Bush, et par conséquent au besoin d'une identité européenne autonome sur la scène internationale. Certains de ses travaux, qui évoquent par exemple un monde "post-américain" et en appellent à la fin de la déférence vis-à-vis de Washington, pointent eux aussi vers une appréciation différente.

Scorecard 2010