Maxime Lamotte, né à Paris le et mort à Toulon le Relevé des fichiers de l'Insee, est un scientifique français, biologiste, généticien et pionnier de l'écologie. Par ses études sur la génétique des populations, il s'est également intéressé à l'évolution.
Enfance Maxime Lamotte voit le jour le . Ses parents, Georges Lamotte, directeur à la préfecture de la Seine et Denise Huguet habitent alors dans un pavillon avec jardin, chose rare à Paris et Maxime dira toujours que c’est là qu’est née sa vocation de naturaliste, en observant les petites bêtes qui peuplaient ce jardin, à deux pas du Jardin des plantes de Paris et de l’École normale supérieure. Il entre au lycée Henri-IV à l’âge de sept ans et y reste jusqu’en Math-Elem en 1937. Très brillant élève, il accumule les prix et est présenté au concours général. Il hésite entre l’École polytechnique comme son père, l’Institut national agronomique comme son oncle, ou l’École normale supérieure. Son choix se porte sur cette dernière car il vient de se créer une section sciences naturelles, correspondant à ses goûts. Il prépare le concours au Lycée Saint-Louis. Le scoutisme a également beaucoup influencé sa vie et comme il le dira plus tardDans un entretien avec Guillaume Lachenal :
Carrière scientifique 1937 - Baccalauréats : Mathématiques Élémentaires (mention bien) et Philosophie (mention bien) ; 1939-1943 - Élève de l’École normale supérieure ; 1941 - Licence ès-Sciences : certificats de Physique générale, Botanique, Géologie et Zoologie ; 1943 - Diplôme d’Études Supérieures de Zoologie ; 1943 - Agrégation de sciences naturelles (reçu ) ; 1944-1945 - Service militaire (engagé pour la durée de la guerre) ; 1945-1948 - Agrégé préparateur de Zoologie à l’ENS ; 1948-1952 - Assistant de Génétique à la Sorbonne ; 1950 - Doctorat ès-Sciences (mention Très Honorable) ; 1952-1955 - Professeur titulaire de Zoologie à la Faculté des Sciences de Lille ; 1956-1988 - Professeur de Zoologie à la Faculté des Sciences de Paris (depuis 1968 Université Pierre-et-Marie-Curie) ; Directeur du laboratoire de Zoologie de l’École normale supérieure ; À partir de 1988 - Professeur émérite de l’Université Pierre-et-Marie-Curie ; 1975-1987 - Directeur du laboratoire associé du CNRS « Structure et bioénergétique des écosystèmes continentaux » ; 1980-1989 - Directeur général de la revue internationale d’Écologie (trois séries : , , ) ; 1973-1977 - Président du Comité Directeur du Centre d’Études Phytosociologiques et écologiques du Laboratoire de Biologie Évolutive des populations de Gif-sur-Yvette (1973-1977) et du Service de la Carte de la Végétation (1978-1980) ; 1976-1980 - Président de la Commission d’Écologie du CNRS ; 1978-1983 - Président de la Société zoologique de France ; 1986-1987 - Président de la Société d’Écologie et membre des sociétés suivantes : Société zoologique de France, Société de Biogéographie, Société française de Malacologie, Société Française de Herpétologie, Société de Biométrie, Société d’Écologie, Société de Génétique, Société d’Écophysiologie, Société royale des sciences de Belgique,
Décorations Titulaire des Palmes académiques ;
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Distinctions Docteur de l’université libre de Bruxelles et de l’université de Liège ; 1952 - Lauréat du prix Gadeau-de-Kerville de la Société zoologique de France ; 1952 - Lauréat de l’Institut : prix Cuvier ; 2004 - Lauréat du Prix Gadeau-de-Kerville de la Société entomologique de France.
Activités d'enseignement De 1944 à 1948 : Travaux pratiques en zoologie et physiologie animale à l’ENS, Cours de méthodes statistiques appliquées à la génétique (ORSTOM), De 1949 à 1952 : Travaux pratiques de génétique à la Sorbonne, Cours de méthodes statistiques appliqués à la médecine du travail, De 1953 à 1957 : Cours de zoologie et de biologie générale à la Faculté des Sciences de Lille, De 1956 à 1988 : Conférences et leçons d’agrégation à l’ENS, Cours de méthodes statistiques et de génétique des populations au Certificat de génétique, puis au DEA de génétique quantitative et appliquée de l’université Paris VI, Cours d’écologie (populations et écosystèmes) au DEA d’écologie de l’Université d’Abidjan en Côte d'Ivoire, Série de cours d’écologie à l’Université de Ouagadougou au Burkina Faso, Cours d’écologie au Certificat d’écologie de la faculté des Sciences d’Orsay, Conférences d’écologie appliquée à l’aménagement des territoires au cours post-universitaires de l’UNESCO, Cours d’écologie au Magistère d’Aménagement de l’université Paris I.
Missions scientifiques 1941-1942 - Exploration géographique et faunistique du Mont Nimba, en Guinée ; 1946 - Recherches écologiques et bionomiques sur le peuplement animal de la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba ; De 1951 à 1953 : Recherches sur le peuplement animal des milieux herbacés ouest-africains, Recherches géographiques et faunistiques sur la chaîne du Simandou (Guinée), 1956. Recherches sur le peuplement animal des milieux herbacés ouest-africans (du Mont Nimba et du Simandou) et sur la géographie du Simandou (Guinée) ; 1961. Création et direction de la Station d’Écologie tropicale de Lamto en Côte d'IvoireVoir le site de la station. ; 1962-1978 - Une vingtaine de missions à la Station d’Écologie tropicale de Lamto pour l’étude de la structure et du fonctionnement d’un écosystème herbacé tropical ; 1976. Mission au Venezuela et en Guyane ; 1974 et 1977 - Missions zoologiques et écologiques au Mexique ; 1978 : Mission UNESCO pour la conservation de la faune et la flore au mont Nimba (Guinée), Série de missions au Venezuela pour l’étude de l’écosystème Páramos, 1979 - Mission UNESCO au Mali et en Côte d'Ivoire pour la mise en route des programmes MAB-savane ; 1981-1991 - Série de missions au Venezuela pour l’étude de l’écosystème Páramos ; 1980-1993 - Série de missions en Guinée pour la mise en route des recherches sur les savanes et l’installation de la Réserve de la Biosphère du Nimba ; 1987-1991 - Série de missions à Cuba sur le polymorphisme des mollusques du genre Polymita et sur divers problèmes écologiques ; 1994 - Mission en Colombie pour une série de cours sur l’écologie des savanes et un voyage d’application sur le terrain.
Son œuvre
Selon Patrick BlandinIntroduction extraite de l'article de Patrick BLANDIN "Écologie et Évolution : Maxime Lamotte à la recherche d'une synthèse" (à paraître dans le bulletin de la Société Zoologique de France 2009.) :
Thèse sur la génétique des populations : Cepaea nemoralis
En 1950, Maxime Lamotte soutient sa thèse d’État sur la structure génétique des populations naturelles de Cepaea nemoralis afin de démontrer en milieu naturel l’influence de la sélection naturelle et des mutations dans une population animale. Comme l’écrit Michel VeuilleExtrait du courrier électronique envoyé par Michel Veuille le 26 septembre 2007 au personnel du MHNH en hommage à Maxime Lamotte:
Géographie et géologie
La découverte du mont Nimba, l’impression de puissance que produit ce relief dominant la pénéplaine de plus de , a profondément marqué Maxime Lamotte dès son arrivée en Guinée en 1942. En plus de ses travaux de cartographie qui serviront de référence aux recherches ultérieures, Maxime Lamotte étend sa prospection à la chaîne du Simandou dont les formations géologiques se présentent comme une série monoclinale redresséeMaxime Lamotte, Ivan Godfriaux et Gabriel Rougerie. La série stratigraphique du Simandou (Guinée française).. L’étude comparative réalisée a permis de mettre en évidence la coexistence de trois types de modelé dans les chaînes quartzitiques du Nimba et du SimandouM. Lamotte et G. Rougerie. Coexistence de trois types de modelé dans les chaînes quartzitiques du mont Nimba et du Simandou (Haute Guinée française). Annales de Géographie. Bulletin de la Société de Géographie.voir l'article détaillé rédigé par Yves Monnier : Maxime Lamotte, un géographe dans l'habit d'un naturaliste : un modelé pseudo-tempéré en altitude, caractérisé par des formes agressives et par l’érosion mécanique, un modelé de type tropical sec caractérisé par des paysages tabulaires cuirassés d’où surgissent les montagnes, soumis à une érosion brutale par dislocation et éboulements, un modelé de type tropical humide, domaine de l’altération chimique, caractérisé par l’ennoyage des formes sous leurs propres produits. Ses recherches géographiques concernent également les phénomènes de cuirassement, présentantM. Lamotte et G. Rougerie. Les apports allochtones dans la genèse des cuirasses ferrugineuses. Revue de géomorphologie dynamique. 1963 les résultats de 20 années de prospections en Afrique Occidentale, et les cycles d’érosion. Dès 1949, en collaboration avec J-Ch. Leclerc et J. Richard-Molard, il identifie en effet 4 cycles d’érosion auxquels correspondent 4 niveaux de à Maxime Lamotte, Jean-Charles Leclerc et Jacques Richard-Molard. Niveaux et cycles d’érosion dans le massif du Nimba ( haute Guinée française).. Une généralisation à l’Afrique Occidentale des recherches effectuées avec G. Rougerie au mont Nimba et au Simandou lui permettra par la suite de proposer une datation de ces niveaux d’aplanissementM. Lamotte et G. Rougerie. Les niveaux d’érosion intérieurs dans l’Ouest Africain. Recherches Africaines. Études guinéennes. Le niveau 1600 correspondrait à la surface de Gondwana datée du Jurassique, le niveau 1300 correspondrait à la surface post-Gondwana datée du Crétacé, le niveau 800 serait la Grande Surface Africaine datée de l’Eocène inférieur, le niveau 500, correspondant à la surface de piedmont dans le massif du mont Nimba, daterait du Pliocène.
La signature de Maxime Lamotte apparaît enfin dans un important ouvrage collectif consacré à la chaîne du mont Nimba, aux côtés des trois géographes qui par leurs recherches conceptuelles vont renouveler l’image de l’Afrique, et se présente comme la meilleure illustration de l’ouverture de sa pensée scientifiqueM. Lamotte, J-Ch. Leclerc, R. Portères, J. Richard-Molard et G. Rougerie. La chaîne du Nimba ; essai géographique..
Récolte de la faune du Nimba. Mission 1941-1942
Une des principales espèces nouvelles découvertes par Maxime Lamotte est le crapaud vivipare Nectophrynoides occidentalisUn Crapaud vivipare d'Afrique occidentale (Nectophrynoïdes occidentalis), Ann. Se. Nat. Zool., 1944, en collaboration avec F. Angel. unique au monde. Celle-ci a été à l’origine d’une quinzaine de thèses. Les travaux engagés en Guinée vont conduire Maxime Lamotte à développer des recherches en écologie bien davantage qu’en biologie évolutive. Ses publications issues des missions portent de fait sur le cycle saisonnier d’une savane à hautes herbes (1947a), sur la comparaison bionomique de quelques milieux herbacés (1947b), sur le cycle écologique de la savane d’altitude du Mont Nimba (1958), sur les traits principaux de son peuplement animal (1962) et sur sa description quantitative (Lamotte et al., 1962).
Création de la station de Lamto, Côte d’Ivoire : 1962
Maxime Lamotte et Jean-Luc Tournier ont créé la station de Lamto, station de recherche en écologie, afin d’approfondir les études engagées au Nimba sur les biocénoses et le fonctionnement des écosystèmes de la savane.
Bionomie quantitative
En 1946, Maxime Lamotte présente dans un articleLamotte, M., 1946. Un essai de bionomie quantitative. Annales des Sciences Naturelles, Zoologie, , VIII : 195-211 sa démarche méthodologique utilisant des indications numériques pour décrire les types de végétation, méthode inspirée aussi des méthodes de quantification des faunes aquatiques. Il en explique l’intérêt, dont il montre qu’il est triple : Les méthodes quantitatives permettent tout d’abord de faire des inventaires faunistiques exacts, aboutissant à des descriptions précises et ordonnées.