Le reggaeton est un genre musical apparu dans les années 1990, qui tire ses origines de la musique des Caraïbes. et dont les premiers enregistrements eurent lieu au Panama, avant de se populariser internationalement sous le nom de reggaeton grâce au style développé à Porto Rico Franco, Edgardo A. Muévelo (move it!): from Panama to New York and back again, the story of El General. Interview by Christoph Twickel. Reggaeton. Raquel Z. Rivera, Wayne Marshall, and Deborah Pacini Hernandez, Eds. Durham: Duke University Press, 2009. 99–108. Buckley Bush, Francisco. La música salsa en Panamá. Panama: EUPAN, 2004.<ref> Aulder, Leonardo Renato. The Panamanian Origins of Reggae en Español: Seeing History through 'los ojos café' of Renato". Interview by Ifeoma C. K. Nwankwo. Reggaeton. Raquel Z. Rivera, Wayne Marshall, and Deborah Pacini Hernandez, Eds. Durham: Duke University Press, 2009. 89–98.</ref> Andrews, George Reid. Afro-Latin America, 1800–2000. New York : Oxford University Press, 2004.. À Porto Rico, ce reggae en espagnol se caractérise par différentes paroles et divers instruments, et se popularise sous le nom de reggaeton Phoenix New Times – "Phoenix sizzles with the latest dance music from Puerto Rico" Jamaicans.com – "a new genre of Caribbean dance music" Mundo Reggaeton – Reggaeton History.. Après son explosion commerciale en 2004, le genre se répand sur les continents sud-américain, nord-américain, européen et asiatique.

Tirant ses éléments sonores du hip-hop, du reggae et du dancehall jamaïcain, le reggaeton n'est pas une version hispanique ou latino-américaine précise de ces genres ; le reggaeton se caractérise par un rythme qui lui est propre Pistas de Reggaeton Famosas / Official Reggaeton Beats, tandis que le hip-hop latino est un genre de hip-hop mis en scène par des rappeurs de descendances latino-américaines. Le riddim du reggaeton prend sa source dans le dembow.. (du titre d'une chanson de Shabba Ranks).

Étymologie Le mot reggaeton est un mot-valise, issu du mélange entre reggae et le superlatif espagnol tón (maratón : concours de rap typique). L'addition de ce suffixe sous-entend que le reggaeton est un Le terme est utilisé pour la première fois par le producteur panaméen Michael Ellis à la fin des années 1980..

Histoire Débuts Les premiers enregistrements de reggae en Amérique latine ont été réalisés au Panama, au milieu des années 1970. Un grand nombre d'immigrés jamaïcains étaient arrivés pendant la construction du canal de Panama et ils apportent avec eux la musique reggae à la population locale. Ceci semble toutefois invraisemblable, le canal de Panama ayant été terminé en 1914, bien avant l'apparition du reggae, et plus particulièrement du ragga, en Jamaïque. En 1990, le rappeur Vico C de Porto Rico produit le premier disque de rap en langue espagnole. En 1993, le reggaeton prend sa source dans le dembow (du titre d'une chanson de Shabba Ranks), invention expérimentée sur des remix spanish-reggae par El Chombo (Rodney S. Clark de son vrai nom), disc jockey et producteur désormais légendaire en Amérique du Sud. Le merenhouse a aussi influencé musicalement le reggaeton.

El Chombo produit un des premiers succès internationaux du reggaeton : , par Lorna du Panama, tube de l'été 2003. Dans les années 1990, les portoricains écoutaient du ragga en américain, puis ils réinterprétaient en espagnol les chansons sur les mêmes musiques. Puis ils ont créé leurs propres riddims, avec une plus grande influence du hip hop que du ragga. Au début, DJ Playero est un des producteurs de cassettes underground les plus célèbres. Don Chezina, TAKE-5, Speedy, Yandel, et Daddy Yankee, font partie des pionniers. Le reggaeton est né au Panama.

Popularité vignette|droite|.

Le reggaeton est très populaire à Porto Rico, à Panama, en République dominicaine, à Cuba et aux États-Unis, en Floride, New York, Boston, Chicago, et d'autres villes où la population de latinos est importante et où il y a de grandes scènes, et des clubs. Le reggaeton a déjà accompli quelque chose que d'autres formes musicales latino - son, mambo, salsa, merengue, bachata - jamais tout à fait atteint : non seulement la musique enflamme l'imagination des jeunes latinos et latinas, mais il trouve faveur sans précédent dans la culture américaine dominante. La popularité du reggaeton explose alors que, paradoxalement, peu de gens supportaient il y a une décennie le genre alors relativement marginal des rappeurs. Cette perception change radicalement. Des chaînes de télévision et de radio programment en continu du reggaeton. Il n'est pas rare aujourd'hui de rencontrer dans les méga-concerts une certaine élite sociale de yuppies ou de quadragénaires.

En 2004, N.O.R.E. donne une perspective internationale au reggaeton, avec sa chanson , première chanson du genre à être diffusée sur MTV. Ce succès international va permettre à de nombreux autres chanteurs de se faire connaître dans l'ensemble de la communauté latino. Daddy Yankee et Don Omar sont les deux chanteurs qui se démarquent tant par leur talent que par le succès que va connaître leurs albums respectifs. Depuis le début des années 2000, la popularité du reggaeton ne cesse de croître, surtout dans les pays où on retrouve une communauté hispanique, comme en Espagne, grande consommatrice de reggaeton. La chanson Papi Chulo… (te Traigo el mmmm) enregistré par l'artiste panaméenne Lorna en 2003. Diffusé sous forme de son premier single en 2003 l'été, la chanson a réalisé un énorme succès dans de nombreux pays, de devenir un des cinq meilleurs succès en France, l'Espagne, les Pays-Bas, la Belgique et l'Italie. En France, le single se classe dans le Top 50 en juillet, 2003. Il grimpe rapidement dans le hit-parade et atteint les dix premières places trois semaines plus tard. Il baisse ensuite dans le hit-parade mais il réussit un total de 14 semaines au cours des dix premiers et 20 semaines. Le single est actuellement le le plus vendu de tous les temps.

Des tentatives de reggaeton chanté en français sont apparues en 2005 : Le Centre du monde par Ze Pequeno est un titre plus ragga qu'autre chose mais qui tente néanmoins de s'apparenter à ce que l'on pourrait appeler du reggaeton outre-atlantique. Puis le duo Papa AP/Linda en espagnol et en français : . Ce titre, complètement dénaturé, utilise un son et des paroles calibrées adaptés pour un public français assez frileux et moins averti des nouvelles rythmiques de reggaeton. Nombreuses ont été les tentatives de faire du mais beaucoup échouent. En 2007, Les Déesses chantent Danse avec moi sur une rythmique reggaeton. La langue et la culture sont certainement les principales raisons de ces échecs. Toutefois, de nouveaux artistes émergent au niveau européen, tels que Rafael Battistuzzi, K-sike (Yo soy tuyo), Vanny Jordan, Victor Rosa, avec l'aide de DJ spécialisés tel que DJ Iron Sparks et DJ Red Killer.

Des artistes de genres différents ont également chanté sur des musiques avec des arrangements à la sauce , pour se profiler dans la nouvelle vague, comme Celia Cruz avec , Mey Vidal et El Medico (Cuba) avec Better than That, Shakira et Alejandro Sanz avec , avec Drop it on Me, duo avec Daddy Yankee, Cypress Hill avec , R. Kelly avec Wisin y Yandel pour . Sans oublier Ángel López (ex chanteur de Son by Four), Mario Méndez, Angel y Khriz, David Bisbal, Miguel Saez, et Sergio Contreras. Ce qui apparaît évident est que le reggaeton n'est pas une simple nouveauté musicale, mais le langage de toute une manifestation culturelle qui se propage.

À la suite du succès du duo entre le chanteur de salsa Jerry Rivera et le reguetonero Voltio, Mi libertad (une reprise de Frankie Ruiz), la fusion de ces deux genres va devenir un genre nouveau de plus en plus répandu, le salsaton. En 2005, les Latin Awards créent une nouvelle catégorie Le crunk et le reggaeton fusionnent pour donner naissance au reggaecrunk, un genre qui reste très peu répandu pour l'instant. de Voltio featuring Notch est un exemple de ce genre.

Depuis des titres de reggaeton sont arrivés en tête des charts, tels que, en 2015 El Perdón (chanson du chanteur américain Nicky Jam, qui l'a reprise dans un deuxième temps en duo avec le chanteur espagnol Enrique Iglesias), puis de Luis Fonsi en 2017. De 2015 à 2020, plusieurs titres ont eu beaucoup de succès dont : Enrique Iglesias – Súbeme la radio (avec Descemer Bueno), de Shakira et (avec Nicky Jam), de Maluma, de CNCO, de Nicky Jam, et de Daddy Yankee. En 2022, l'album de reggaeton Un Verano Sin Ti de Bad Bunny devient le premier album en langue espagnole à être classé numéro un du classement mondial annuel et à être nommé au Grammy Award d'album de l'année ; en 2026, l'album de Bad Bunny DeBÍ TiRAR MáS FOToS devient le premier album en langue espagnole à remporter le Grammy Award d'album de l'année.

Caractéristiques Musique Sur le plan de la production des sons et rythmes, on constate que l’accès à de nouveaux logiciels de musique ou de création de rythmes toujours plus perfectionnés (samplers et séquenceurs) offre des améliorations techniques aux producteurs et aux DJ de reggaeton, davantage encore que pour le rap et le hip-hop. Ces derniers en profitent pour distiller de nouveaux sons et rythmes, plus endiablés les uns que les autres, sur le tempo des différentes richesses musicales des latino-américains. Une autre caractéristique du reggaeton sont les voix stridentes et parfois distordues, qui ajoutent un écho gracile et doux, renforçant l'effet de puissance des mots. Le reggaeton se reconnaît par son rythme typique « à contretemps ».

En fin de compte, le reggaeton est un mélange de sons différents venant de pays différents. En effet, on constate que certains chanteurs comme Daddy Yankee sont plus inspirés par le rap US tandis que d'autres utilisent des musicalités traditionnelles des Caraïbes. Mais toutes les chansons de reggaeton ont un but commun : faire danser. C'est pourquoi on retrouve dans le rap : le beat. C'est une constante dans ces chansons et c'est ce qui leur donne un rythme dansant.

Thèmes des paroles La structure des paroles du reggaeton ressemble globalement au hip-hop. Comme celui-ci, la plupart des artistes reggaeton récitent leurs textes de rap plutôt que de chanter mélodieusement. Contrairement à la musique hip-hop, cependant une partie importante des artistes de reggaeton sont également chanteurs, pouvant mélanger rap et chant. Ils peuvent également avoir une image «street». Les paroles traitent comme pour la plupart des musiques populaires de la classe ouvrière, sont souvent liés à la réalité de la rue, les mécontents, les situations injustes, l'amour, le sexe, la corruption politique et la passion, les drogues, ainsi que le racisme dans les villes.

Le reggaeton a commencé comme un genre composé en majorité d'artistes masculins, puis s'est développé petit à petit avec la montée des femmes dans ce milieu. (telles que :Ivy Queen, Mey Vidal, Adassa, La Sista and Glory.)

Habituellement, les CD de reggaeton ne sont pas étiquetés « explicite » comme de nombreux CD de hip-hop. Une exception est que le (Barrio Fino en concert) de Daddy Yankee est marqué explicite pour un contenu répréhensible dans les concerts en direct (et pour la langue explicite par Snoop Dogg dans la chanson Gangsta Zone), même si la version studio régulière de Barrio Fino n'a pas été marqué explicite.

Mode de vie chrétien Le rappeur Luis Joan est un exemple particulier. Il offre un reggaeton qui envoie des messages chrétiens adressés notamment à la jeunesse de Porto Rico. L’album est le nom de cette production discographique de Luis Joan, qui se définit d'abord comme un interprète chrétien. Il y a aussi Los Coritos Reggaeton, qui sont plusieurs artistes de reggaeton chrétien. Le rappeur Vico C, un des pionniers du reggaeton, s'est lui-même converti au christianisme au cours de sa carrière.

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