vignette|400px|La principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt (en gris) en 1894.

Le Schwarzbourg-Rudolstadt (en allemand : ) est un ancien État allemand de Thuringe, issu de la partition du comté de Schwarzbourg à la fin du .

Comté, puis principauté à partir de 1710, le Schwarzbourg-Rudolstadt est membre du Saint-Empire romain germanique (relevant du cercle impérial de Haute-Saxe), puis de la confédération du Rhin, de la Confédération germanique, de confédération de l'Allemagne du Nord et enfin de l'Empire allemand.

Histoire La principauté de Schwarzbourg trouve ses origines dans la lignée des comtes de Schwarzbourg, qui prirent ce nom en 1123. Schwarzbourg-Rudolstadt a été fondé en 1599 lors d'un réaménagement des terres de la dynastie de Schwarzbourg. Depuis le siècle, le siège ancestral de la famille comtale était situé au château de Schwarzbourg. Cependant, à partir de 1340 et pendant la majeure partie de son histoire en tant qu'entité politique, la capitale était située dans la ville de Rudolstadt, la plus grande ville de la principauté. À travers diverses divisions héréditaires et acquisitions, le comté de Schwarzbourg évolua fréquemment jusqu'au siècle. À la mort du comte Gonthier XLI en 1583, ses deux frères divisèrent le comté et formèrent, à partir de 1584, les deux principales lignées : Schwarzbourg-Arnstadt et Schwarzbourg-Rudolstadt. Le comté est partagé entre les deux fils survivants du comte Gonthier XL. C'est le benjamin, Albert VII, qui reçoit le Schwarzbourg-Rudolstadt, tandis que l'aîné, Jean-Gonthier, reçoit le Schwarzbourg-Sondershausen. Avec le traité de Stadtilm du , les territoires de Schwarzbourg furent à nouveau répartis. Les frontières des comtés, et plus tard des principautés de Schwarzbourg-Rudolstadt et Schwarzbourg-Sondershausen, restèrent essentiellement inchangées jusqu'en 1920. Le Schwarzbourg-Rudolstadt faisait partie du cercle impérial de Haute-Saxe.

En 1697, l'empereur Léopold éleva Schwarzbourg-Rudolstadt au rang de principauté, mais Albert-Antoine refusa cette distinction. En 1710, l'empereur Joseph renouvela cette proclamation, et le Schwarzbourg-Rudolstadt l'accepta. L'admission au conseil des princes de l'Empire n'eut lieu qu'en 1754, après une compensation financière des droits féodaux de la Saxe électorale.

En 1815, la principauté rejoignit la Confédération germanique, après avoir été membre de la Confédération du Rhin en 1807 et sous la protection de Napoléon jusqu'en 1813. La première constitution du pays entra en vigueur en 1816, et en 1835, la principauté intégra le Zollverein.

En 1848, des troubles éclatèrent dans la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, entraînant la formation de milices citoyennes et l'intervention de troupes fédérales à l'automne de la même année. Le suffrage universel et égal introduit en 1848 fut abrogé en 1854 par une nouvelle loi électorale, instaurant un système de vote à trois classes, et remplaçant les lois libérales de 1848 ainsi que la nouvelle constitution de la principauté.

En 1866, après avoir refusé de soutenir l'Autriche contre la Prusse au Bundestag de la Confédération germanique, Schwarzbourg-Rudolstadt rejoignit la nouvelle Confédération de l'Allemagne du Nord, transférant ainsi sa souveraineté militaire à la Prusse en 1867. Le , la Confédération devint l'Empire allemand.

En 1870, après des refus répétés du Landtag d'augmenter les impôts, Schwarzbourg-Rudolstadt se retrouva en crise et dut déclarer sa faillite à la présidence fédérale. La bourgeoisie n'était prête à supporter des charges financières supplémentaires qu'en échange de plus grandes libertés politiques et économiques. Incapable de réduire les dépenses en diminuant la bureaucratie ministérielle et la cour, le gouvernement accéda à une réforme du droit de vote fin 1870. Désormais, le Landtag comprenait quatre députés parmi les plus gros contribuables et douze députés élus au suffrage universel masculin dans douze circonscriptions électorales.

Ce droit de vote progressiste permit au SPD d'obtenir un nombre élevé de députés au Landtag au début du siècle, atteignant la majorité absolue pour la première fois en 1911 et nommant comme premier président social-démocrate d'un Landtag en Allemagne. Les indemnités de guerre françaises, l'augmentation des recettes fiscales due à la croissance économique, et une nouvelle loi sur l'impôt sur le revenu de 1876 mirent fin à la crise des finances publiques, mais la dette publique, la plus élevée de Thuringe, restait importante, atteignant 48 marks par habitant en 1910. vignette|Le prince Gonthier-Victor, dernier souverain de Schwarzbourg-Rudolstadt. Après la Première Guerre mondiale, environ deux semaines après les autres princes fédéraux, le prince Gonthier-Victor, régnant également sur la principauté de Schwarzbourg-Sondershausen en union personnelle depuis 1909 en raison de l'extinction de la branche de Sondershausen, abdiqua le , devenant ainsi le dernier monarque allemand à le faire. Estimant que la monarchie ne pouvait être abolie sans modification préalable de la constitution, un point de vue partagé par la majorité SPD du Landtag, l'État libre de Schwarzbourg-Rudolstadt fut créé fin et intégré, qui devient une république en . En 1920, celui-ci est intégrée dans le nouvel « État libre de Thuringe »

À Sondershausen, le prince Gonthier-Victor, sans enfant, mourut en 1925, suivi de son épouse Anna-Louise en 1951. Le prince Sizzo von Leutenberg, déclaré héritier en 1896, issu d'un mariage morganatique du prince Frédéric-Gonthier de Schwarzbourg-Rudolstadt avec la comtesse Helene von Reina, devint le chef de la maison de Schwarzbourg. Son fils, Frédéric-Gonthier, mourut le à Munich, étant le dernier membre de la famille ayant droit à la succession. Un porteur du nom existe encore aujourd'hui. Le mariage de Frédéric-Gonthier avec Sophie-Louise, née princesse de Saxe-Weimar-Eisenach, en 1938, rapidement dissous, resta sans enfant. Les descendants de sa sœur Marie Antoinette portent le titre de comte ou comtesse de Solms-Wildenfels.

Territoire vignette|Le chateau de Heidecksburg à Rudolstadt. vignette|Château de Schwarzbourg, siège ancestral de la maison de Schwarzburg. En 1905, Schwarzbourg-Rudolstadt avait une superficie de 940 km2 et une population de 97 000 habitants. La principauté comprenait deux territoires : la seigneurie supérieure () et la seigneurie inférieure ().

Découpage territoriale Le territoire de l'État de Schwarzbourg-Rudolstadt se composait de trois zones principales : Rudolstadt, Frankenhausen et Leutenberg, auxquelles s'ajoutaient plusieurs exclaves.

Seigneurie supérieure La seigneurie supérieure (), comprenait : Le bailliage de Blankenburg (), comprenant Blankenburg, Böhlscheiben, Braunsdorf, Cordobang, Dittersdorf, Fröbitz (à compter de 1812), Geilsdorf (jusqu'en 1812), Groschwitz (jusqu'en 1829), Grossgölitz (), Keilhau (jusqu'en 1829), Kleingölitz, Leutnitz, Lichstedt (jusqu'en 1829), Oberwirbach, Quittelsdorf, Schwarza (jusqu'en 1829), Solsdorf, Thälendorf, Unterrottenbach, Unterwirbach, Watzdorf et Zeigerheim ; Le bailliage d'Ehrenstein (), comprenant Breitenheerda (de 1712 à 1811), Döllstedt, Ehrenstein, Grossliebringen (), Kleinhettstedt, Kleinliebringen, Nahwinden et Österöda ; Le bailliage d'Ilm (), comprenant Bücheloh (à compter de 1826), Dörnfeld (à compter de 1726), Ellichleben (à compter de 1848), Elxleben (à compter de 1599), Geilsdorf (à compter de 1812), Gräfinau (à compter de 1826), Grosshettstedt (), Hammersfeld, Oberilm (à compter du ), Stadtilm, Tännich (de 1712 à 1811) et Wüllersleben ; Le bailliage de Leutenberg (), comprenant Arnsbach, Breternitz, Burglemnitz, Döhlen, Dorfilm (ou Ilm), Eichicht, Eyba (depuis 1830), Fischersdorf, Gleima, , Heberndorf, Herschdorf bei Leutenberg, Hirzbach, Hockeroda, Hockerodaer Hammer, Kleingeschwenda, Knobelsdorf, Laasen, Landsendorf, Leutenberg, Löhma, Munschwitz, Reschwitz, , , , Sankt Jakob, Steinsdorf, Tauschwitz, Unterloquitz, Weißbach en partie, et Weitisberga (en partie) ; Jusqu'en 1832, le bailliage de Schwarzbourg (), comprenant Allendorf, Allersdorf, Alsbach, Angelroda, Aschau, Barigau, Bechstedt, Blumenau, Bockschmiede, Böhlen, Bücheloh (jusqu'en 1826), Burkersdorf, Cursdorf, Deesbach, Dörnfeld (jusqu'en 1726), Geiersthal, Goldisthal, Gräfinau (jusqu'en 1826), Katzhütte, Knobelsdorf (jusqu'en 1830), Leibis, Lichte, Lichtenhain, Meura, Mittelweissbach (), Neuhaus am Rennweg, Oberhammer, Oberilm (jusqu'au s.), Oberweissbach (), Quelitz, Scheibe, Schmalenbuche et Unterweissbach () ; À compter de 1832, le bailliage d'Oberweissbach (), comprenant Alsbach, Cursdorf, Deesbach, Geiersthal, Goldisthal, Katzhütte, Leibis, Lichte, Lichtenhain, Meura, Mittelweissbach (), Neuhaus am Rennweg, Oberhammer, Oberweissbach (), Quelitz, Scheibe, Schmalenbuche et Unterweissbach () ; Le bailliage de Rudolstadt (), comprenant Breitenheerda (jusqu'en 1712), Cumbach, Eichfeld, Eschdorf, Geitersdorf (à compter de 1825), Groschwitz (à compter de 1829), Keilhau (à compter de 1829), Kirchhasel, Lichstedt (à compter de 1829), Milbitz bei Teichel (à compter de 1825), Mörla (à compter de 1825), Pflanzwirbach (à compter de 1825), Rudolstadt, Schaala, Schwarza (à compter de 1829), Tännich (jusqu'en 1712), Teichel, Teichröda, Teichweiden, Unterhasel et Volkstedt ; Le bailliage de Paulinzella (), comprenant Ellichleben (jusqu'en 1848), Gösselborn, Hengelbach, Horba, Milbitz bei Rottenbach (ou Milbitz bei Paulinzell), Oberrottenbach, Paulinzella et Singen ; Dörnfeld, Döschnitz, Dröbischau, Egelsdorf, Friedersdorf, Glasbach, Herschdorf bei Königsee, Königsee, Lichta, Mankenbach, Mellenbach, Meuselbach, Oberhain, Oberköditz, Oberschöbling, Obstfelderschmiede, Rohrbach, Rottenbach, Schwarzbourg, Sitzendorf, Storchsdorf, Unterhain, Unterköditz, Unterschöbling, Wildenspring et Wittgendorf ; Bucha, Cottendorf, Dittrichshütte, Eyba, Fröbitz, Griesheim, Hohenwarte, Könitz, Presswitz () et Watzdorf.

À partir de 1850, la seigneurie supérieure devient le bailliage de Königsee.

Superficie :

Villes principales : Rudolstadt, Blankenburg, Königsee, Oberweißbach, Schwarzbourg, Stadtilm

Chef-lieu : Rudolstadt et Königsee

Exclaves : Angelroda, Elxleben, Leutenberg, Oesteröda, Seebergen, Weisbach (près de Leutenberg)

Seigneurie inférieure Jusqu'en 1850, la seigneurie inférieure () était divisé en : Deux bailliages : Le bailliage de Frankenhausen (), comprenant Esperstedt, Frankenhausen, Göllingen, Günserode, Ringleben, Rottleben, Seega, Seehausen, Thalleben et Udersleben ; Le bailliage de Straussberg (), comprenant Immenrode et Straussberg () ; Deux justices : La justice d'Ichstedt (), comprenant Borxleben et Ichstedt ; La justice de Schlotheim (), comprenant Mehrstedt et Schlotheim,

À partir de 1850, la seigneurie inférieure devient le bailliage de Frankenhausen.

Superficie :

Villes principales : Frankenhausen, Straußberg

Chef-lieu : Frankenhausen

Exclaves : Schlotheim, Straußberg, Immenrode

Les arrondissements de Kelbra et Heringen, situés dans le nord de la Thuringe, étaient en possession commune des comtes de Schwarzbourg (depuis 1599 Schwarzbourg-Rudolstadt) et des comtes de Stolberg (depuis 1706 Stolberg-Roßla), sous la suzeraineté des Wettin de la lignée albertine (plus tard électorat de Saxe), de 1419 à 1815.

Démographie Recensement de la population par arrondissement en 1871recensement de 1871: Seigneurie supérieureHabitants en 1871Seigneurie supérieure59 013bailliagesHabitants en 1871Königsee27 118Rudolstadt31 895Seigneurie inférieureHabitants en 1871Seigneurie inférieure16 510bailliagesHabitants en 1871Frankenhausen16 510

Monnaie et droit postal