thumb|Blason de Marseillan (Hérault) La ville de Marseillan possède une histoire riche jalonnée par les Phocéens, Romains, Wisigoths et autres Sarrasins. Comme toutes les communes du Bas-Languedoc, elle a subi la Croisade des Albigeois et les guerres de religion.

Les premiers habitants

La région fut en premier lieu occupée par des peuples Ibères et LiguresHistoire du Roussillon. Leur intégration donna naissance à une population nommée «Ligures Elisyques», ou plus simplement «Élisyques» : on a écrit qu’au , que « les Ligures Elisyques, hommes rudes et guerriers rusés, habitent notre région ». Ainsi, ils ont été les premiers habitants du territoire de Marseillan. Leurs ressources se basaient essentiellement sur la pêche.

Au , les Celtes, ayant envahi le bas Languedoc au , éliminèrent les Ligures et les Ibères. C'est vers 300 av. J.-C que les Volques s'installèrent dans la région : Marseillan fut alors absorbé par les Volques Arecomiques basés à NîmesArbre Celtique Les Volques arécomiques.

La période grecque

Les Grecs Phocéens fondèrent Marseille aux alentours de 600 Ces Phocéens, dits Massaliotes, évoluaient par cabotage le long du golfe du Lion pour commercer avec les populations côtières. Une hypothèse voudrait qu'ils aient établi un comptoir sur la zone de Mèze/Marseillan, attirés par le calme et la facilité de mouillage de l'étang de Thau. Cette supposition pourrait être confirmée par la fondation, en 550 av. J.-C., du comptoir Αγαθή Τύχη (Agathé Tyché : la « bonne fortune »), la ville d'Agde actuelle. Une fois leur cité de base, Marseille, surpeuplée de réfugiés venus d'Ionie, ils auraient, en connaissance de son environnement favorable, choisi le comptoir de Marseillan pour s'y installer. Cette colonisation aurait eu lieu lors de la seconde vague de migration ionienne, soit vers 535 av. J.-C. Amédée Boudin, dans son Histoire de Marseille, nota de même : « Les Phocééns arrivèrent sur les bords de l'étang de Thau et fondèrent une cité : Marseillan ».

Cependant, une seconde hypothèse refuse tout rapport de Marseillan à Marseille : ce sont des Massaliotes agathois qui auraient quitté leur cité pour s'établir dans ses alentours, à Marseillan notamment ; des Agathois auraient de même pu « conseiller » aux nouveaux migrants un nouveau point de fixation proche : la zone de Marseillan.

L'influence grecque sur les populations autochtones aurait surtout été architecturale.

L’Empire romain

Quand les Romains envahirent la Gaule, les Volques se soumirent et la Narbonnaise Première fut créée. Restée indépendante, Marseillan devint romaine en 49 av. J.-C, sous le consul Fabius. Pour faciliter le trajet vers l'Espagne, la voie Domitienne fut mise en place.

Peu à peu, les populations locales adoptèrent les coutumes et mœurs romaines et offrirent même un soutien militaire au sein des armées de César en 52 av. J.-C. Durant la Pax Romana et jusqu'à la fin de l'Empire romain, le port de Marseillan fut prospère.

Le christianisme fait son apparition dans la Narbonnaise première au .

Les invasions

En 406, les Vandales envahirent et ravagèrent la Gaule et le bas Languedoc n'échappa pas à leur déferlement.

En 409, les Wisigoths conquirent la Narbonnaise Première : néanmoins, la région de Marseillan ayant résisté à leurs assaut, elle ne fut placée sous l'autorité des Wisigoths qu'en 476 (après la chute de l'Empire romain) et le resta pendant plus de deux siècles. C'est à cette période que fut constitué le diocèse d'Agde (reconnu en 453). La domination wisigothe demeura cependant dans le respect des traditions et des langages gallo-romains. Elle incarna une époque prospère de la Septimanie.

En 720, les Sarrasins s'emparèrent de Narbonne et dévastèrent sur leur passage notamment Agde, Marseillan et Mèze jusqu'à Nîmes. L'occupation sarrasine fut néanmoins courte : 17 ans environ.

Charles Martel, au vu de la progression sarrasine jusqu'à Bordeaux, entra en campagne et vainquit les Maures à Poitiers en 732. Privées de leur général Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Rhafiqi, les armées sarrasines prirent la fuite. Néanmoins, la ville de Narbonne résistant près de sept ans à ses assauts, Charles Martel choisit la politique de la terre brûlée sur Marseillan et ses voisines. C'est seulement sous Pépin le Bref que les Sarrasins furent repoussés. Ce dernier réunit la Septimanie en 761Histoire de la région de Bédarieux "Vers 761, après les longues guerres qui désolèrent encore la Septimanie, Pépin le Bref réunit cette province à la Couronne.". Néanmoins, cette protection n'empêcha pas les pillages sarrasins de la zone de Marseillan proche de la mer. C'est ainsi que des prisonniers de la côte participèrent à l'édification de la mosquée de Cordoue.

Moyen Âge et Inquisition

Marseillan devint cité seigneuriale en 850. On assista alors à d'incessantes luttes de pouvoir et d'influences entre les seigneurs et les évêques. À l'appel des croisades, Aton IV, alors seigneur, entre autres, de Marseillan, céda droits de pêche et chapelle Saint-Estève (à l'intérieur de l'église Saint-Jean-Baptiste) à l'évêque d'Agde. Ainsi, les biens de l'Église ne cessèrent de s'accroître pendant cette période.

En 1139, Raimond Trencavel devint propriétaire de Marseillan, et en 1187 la seigneurie sur la ville ville passa à l’évêché d'Agde.

L'apparition des consulats Le premier consulat marseillanais fut mis en place en 1170.

Les consuls sont choisis la plupart du temps parmi les nobles et bourgeois qui paient des impôts fonciers et dont l'âge est supérieur à 25 ans. Ils sont élus en début d'année pour une durée d'un an et endossent leurs responsabilités le 2 février (jour de la Chandeleur, ou Purification). Leur mandat ne peut être renouvelé qu'après trois ans d'interruption et ils sont en général choisis comme successeurs par un consul en place à la fin de son mandat. Pour venir en aide au consulat, le conseil général est créé à la fin du : il se compose de quatre consuls et quatre notables et prend en charge les affaires les plus importantes de la ville. Il est présidé par un représentant du roi (le viguier) et un représentant de l'évêque d'Agde (le bayle).

Le mode de fonctionnement du consulat fut changé en 1411, 1560 et en 1608 (où l'on retourna plus ou moins aux premières méthodes de nomination et d'approbation de l'évêque).

La croisade des Albigeois Comme bon nombre de communes du sud-ouest, Marseillan fut touchée par les troubles découlant de la croisade des Albigeois. Les troupes de Simon de Monfort, constituées de seigneurs et chevaliers principalement venus d'Île-de-France, de Normandie et de Bourgogne, ravagèrent, entre autres, Marseillan en juillet 1209.

La ville semble avoir adhéré en masse au catharisme : ainsi, en 1218, l'excommunication fut lancée sur « tous les hommes de Marseillan » par le légat du pape Honorius III.

Avec le traité de Paris, une grande partie du Languedoc fut cédée au royaume de France par Raymond VII, mettant ainsi fin à la croisade des Albigeois. Marseillan, hérétique, sort ruinée et anéantie de ces années de guerre. La nouvelle noblesse, issue des seigneurs de Simon de Monfort, vit le jour.

La fin du Moyen Âge Le début du est marqué à Marseillan par une succession de disettes, en 1323, 1329 et 1341 par exemple. Fragile, la population fut sans défense face à la Grande Peste, en 1348 : elle dure huit mois et demi, plus de soixante pour cent des habitants sont atteints. Elle réapparaît en 1361 et 1375.

Guerres de religion Comme beaucoup de communes de ses alentours (voir Mèze), Marseillan fut saccagée à plusieurs reprises pendant la période trouble des guerres de religion. Cependant, elle demeura toujours catholique et le protestantisme n'y laissa aucune trace durable.

En 1563, le consulat de Marseillan obtint le droit d'administrer, seul, la cité. Avant cet événement, elle était gouvernée par l'évêque d'Agde.

Parallèlement, la commune essuya un hiver glacial qui gela les oliviers, vignes et autres arbres fruitiers. La peste noire touche à nouveau Marseillan, en 1572. Paradoxalement, c'est un essor du nombre d'habitants que l'on peut constater de 1500 à 1570. Des terres furent remises en valeur, le commerce du port restait de même toujours actif alors que, selon les témoignages réunis par Jean Fayet, les habitants faisaient « souvent la fête » et allaient « à la mer ou à la rivière ».

L'église de Marseillan, dévastée à plusieurs reprises (durant la croisade des Albigeois et en 1577 par les Protestants par exemple), fut reconstruite au début du . L'économie se releva et la croissance démographique s'affirma, soutenue par l'immigration de Morisques, vers 1609.

La période pré-révolutionnaire La plupart des confréries de pénitents (bleus, blancs, noirs) avaient leurs chapelles dans Marseillan lorsque celle des pénitents gris (rattachés au tiers-ordre de saint François) y est créée en 1614. Leur costume se composait d'un sac de treillis gris, leur tête était recouverte d'un capuchon en pointe de même couleur. Une corde de crins noirs et blancs entrelacés avec trois nœuds ceinturait leur taille. Ils portaient sur l'épaule gauche l'insigne de Saint-François. Ils se rassemblaient pour discuter le matin le premier vendredi de chaque mois, l'après-midi les autres vendredis. Ils disaient l'office des Ténèbres les trois derniers jours de la Semaine Sainte. Cette confrérie était placée sous l'invocation de saint Bonaventure.

Une chapelle fut installée à l'angle des rues Vedel et Michelet. L'entrée dans l'église se fait par l'impasse Volney. Au fond de cette impasse, la porte franchie, c'est la chapelle, ou oratoire. Dans cet oratoire, aujourd'hui magasin viticole, on remarque encore l'emplacement d'un petit bénitier creusé dans le mur. À droite était la sacristie, dont les deux piliers en pierre dure, se rejoignant en ogive sont toujours debout. À gauche, en bordure de la rue Michelet, se situait la salle de réunion.

Rapidement, la confrérie recruta de nombreux pénitents et, lorsque la Révolution éclata, elle était non seulement celle qui comptait le plus de membres, mais aussi la plus riche. Comme toutes ses semblables, elle fut fermée au culte en janvier 1790. Aussitôt après elle fut utilisée par les « sociétés patriotiques » locales. Le 30 janvier 1790, les « citoyens actifs » marseillanais s'y réunirent pour préparer les premières élections municipales, qui eurent lieu le 2 février.

La Loi du 18 avril 1792 la déclara « bien national ».

Néanmoins économiquement parlant, Marseillan reste fragile. Cette situation fut aggravée par l'augmentation des charges fiscales et une nouvelle peste en 1628 et 1629. De plus, l'apparition de la babotte (pyrale de la vigne), ou ver coquin ne fit qu'aggraver un contexte déjà délicat. Anecdote cocasse, la babotte fut, en 1704, excommuniée par une bulle du pape Clément XI et on entama un jeûne de trois jours dans tout le diocèse. L'effet escompté ne fut pas obtenu : pour pallier ces déficiences et rehausser le moral des Languedociens, de grands travaux furent projetés : le canal du Midi en est un bon témoin.

On compte de façon parallèle deux rencontres qui marquèrent Marseillan à cette même époque : le roi Louis XIII, malade et de retour de guerre contre l'Espagne, fait séjour dans les murs de la ville en juillet 1642 ; la troupe de Molière vient y jouer quelques-unes de ses comédies en 1654.

Les milices bourgeoises furent créées au début du et, en dehors des rôles classiques qui leur sont attribués (sécurité dans les cités, par exemple), servirent réellement de troupes de réserves pour la guerre contre l'Espagne. En 1721, un corps de garde-côtes fut mis en place par l'intendant du Languedoc.

Hormis une attaque anglaise (en relation avec la guerre précédemment citée) qui ne fit que peu de dégâts, ce fut le choléra qui toucha Marseillan vers 1709. La ville essuya cette même année un hiver fort rigoureux qui entraîna la Grande Famine.