Jean Le Cour-Grandmaison, né le Archives municipales de Nantes, canton, année 1883, acte de naissance , cote 1E1482, vue 14/62, avec mention marginale de décès à Nantes et mort le à l'abbaye de Kergonan à Plouharnel, est un officier de marine, journaliste et homme politique français.

Biographie

Officier de marine Fils de Charles Le Cour-Grandmaison et de Louise François Saint-Maur, parlementaire de la Loire-Inférieure, et gendre de l'amiral Charles de Marliave, Jean Le Cour-Grandmaison fait ses études chez les Frères de la doctrine chrétienne, puis entre au collège Stanislas, avant d’intégrer l'École navale en 1900.

En 1904, il est affecté au croiseur-cuirassé Gueydon sur lequel il assiste au siège de Port-Arthur, une des batailles de la guerre russo-japonaise. En , en tant qu'officier canonnier du croiseur , il participe aux opérations de pacification de la région de Chaouia en 1907, pendant la campagne du Maroc, en débarquant des troupes françaises.

Affecté en sur le croiseur-cuirassier Condé à Veracruz, il contribue à protéger les intérêts de la France pendant la révolution mexicaine. Lorsque la Grande Guerre éclate, son bâtiment est intégré à la division navale britannique de la mer des Antilles et participe à la destruction de navires corsaires allemands et de leurs ravitailleurs.

Il rejoint le front en 1915 dans le régiment de canonniers-marins qui opère les pièces de marine à longue portée. À partir de 1916, il commande la batterie mobile et participe aux grandes offensives de Verdun, de Belgique, du Chemin des Dames et de Lorraine. Une fois l'armistice de 1918 signé, il est placé à la tête d'une section de la Flottille du Rhin commandée par François Darlan.

Ayant obtenu pour sa conduite pendant la guerre trois citations, la croix de guerre 1914-1918, et la Légion d'honneur, il donne sa démission en 1919 pour se consacrer à la vie politique.

Député de la Loire-Inférieure Au cours de ses mandats successifs, il s'oppose au socialisme et au radicalisme qu'il juge d'une part contraires à l'intérêt national et d'autre part les ennemis les plus acharnés de la religion catholique.

Du fait de son passé de marin, il travaille aux questions navales et à la politique étrangère en siégeant à la commission de la marine militaire (de 1919 à 1940) et à la commission des affaires étrangères (de 1919 à 1936), en étant rapporteur de nombreux projets de loi sur l'organisation des équipages de la flotte et celle du corps des officiers de marine et en intervenant avec régularité dans les débats qui impliquent les intérêts extérieurs de la France.

Pour autant, il ne se limite pas à ces questions et se consacre également au reste du spectre politique dans ses discours, ses rapports et ses propositions de loi. Ainsi, son premier mandat est aussi l'occasion pour lui d'être membre de la commission de l'Alsace-Lorraine et de la commission des comptes définitifs. Enfin, il traite de questions relatives à la fiscalité et aux finances de l’État.

législature : Fermeté vis-à-vis de l'Allemagne Il est élu au premier tour aux élections de 1919, sur la liste d'union nationale catholique du marquis de Dion, dans la de la Loire-Inférieure. Le Cour-Grandmaison siège à droite à la Chambre et s'inscrit au groupe des Indépendants de droite, dominé par les sympathisants de l'Action française.

Le , lui et ses collègues Charles Ruellan, Eugène Magne, Henri de La Ferronnays, Pierre Jurie-Joly et Jean Ybarnégaray empêchent Aristide Briand de justifier à la tribune la politique étrangère de son gouvernement (tombé en du fait de la motion de Léon Daudet) par leurs interruptions constantes. En effet, ils considèrent que Briand a fait preuve de pusillanimité dans la négociation des indemnités de guerre allemandes en refusant d'aller contre l'avis du cabinet britannique.

En , il soutient l'occupation de la Ruhr décidée par Raymond Poincaré. Tout en qualifiant ce dernier de « bon Français qui a planté dans la Ruhr le drapeau de la France », il précise n'apporter cet appui au gouvernement « sans rien renier ses convictions politiques et religieuses et, en particulier, sans souscrire aux lois laïques » que Poincaré et l'Alliance démocratique avaient soutenues.

législature : opposition à la politique antireligieuse du Cartel Aux élections générales de 1924, il est réélu au premier tour dans la même circonscription, après s'être porté à nouveau candidat sur la liste d'union nationale catholique. Il siège parmi les non-inscrits, le groupe des Indépendants de droite n'ayant pas été reconduit.

Cette législature étant marquée par l'opposition des catholique contre la politique anticléricale de la majorité du cartel des gauches, Jean Le Cour-Grandmaison se fait très vite remarquer comme un des chefs des protestataires. En effet, il prend régulièrement la parole lors des manifestations de la Fédération nationale catholique qui secouent la société française entre 1924 et 1927 ; ainsi, le à Nantes où il prononce devant une foule de personnes un discours pour dénoncer la déchristianisation de la France, prélude, selon lui, à des effondrements sociaux majeursJournal officiel de la République française, Débats parlementaires à la Chambre des députés, séance du 19 mars 1925.

À la Chambre, il profite régulièrement des interpellations au gouvernement pour dénoncer la laïcisation de la société française :

En 1924, l’arrestation d'agitateurs communistes à Bobigny lui donne l'occasion de critiquer le gouvernement Herriot et sa politique de « juste milieu » digne d'un « révolutionnaire conservateur », coupable « de vouloir substituer un idéal nouveau - l'idéal laïque - à l'antique idéal chrétien qui avait fait jusqu'à nos jours la base même de l'organisation des sociétés ».

Le , lorsque Pierre Cazals interpelle le gouvernement sur la Déclaration sur les lois dites de laïcité, document de la hiérarchie catholique française qui attaque les institutions laïques et scolaires de la République, il tonne à l'adresse des radicaux : Il est soutenu dans sa critique de la laïcité par ses collègues Henri-Constant Groussau et Armand de Baudry d'Asson, avec qui il avait siégé parmi les Indépendants de droite.

En 1927, lors de la discussion des interpellations sur le communisme, il prend à partie le président du Conseil Raymond Poincaré : « Vous avez enseigné au peuple que les vieux dogmes qui ont placé l'Europe à la tête du progrès étaient désormais périmés. Vous avez éteint les étoiles du ciel et vous lui avez dit : "C'est sur cette terre que l'homme doit réaliser son rêve" », position philosophique qu'il juge intenable. Il conclut son adresse par une citation de Benoît XV : .

Ainsi qu'il le souligne dans son discours du , il ne peut y avoir d'alternative entre le christianisme et la révolution permanente, et la laïcité ne pourra plonger la France que dans la lutte des classes :

législature

Le mode de scrutin ayant évolué pour revenir au scrutin uninominal d'arrondissement, il parvient à se faire réélire au premier tour des élections de 1928, cette fois dans la circonscription de Nantes.

En 1928, il interpelle le quatrième gouvernement Poincaré sur sa politique générale et sa composition et déclare à la tribune : « Continuerons-nous à ne pas nous comprendre - que dis-je - à nous combattre, alors que presque tous, en France, nous voulons les mêmes choses et que nous ne différons souvent que sur la façon de les nommer ? ».

législature

Il est réélu député au premier tour aux élections de 1932. Il est également élu maire de Guenrouët en 1932, et il le restera jusqu'en 1942.

Pendant cette législature, il siège dans le groupe des Indépendants qui rassemble les tenants de la droite conservatrice.

Il s'intéresse en particulier à l'agriculture et ses problèmes économiques, tout en continuant à intervenir sur la politique générale.

législature Il est réélu député au premier tour aux élections de 1936.

Lors de la formation du premier gouvernement Blum, issu de la majorité du Front populaire, il prononce le discours suivant, où il souligne le glissement idéologique des partis de gauche vers les thèmes de la droite :

Le , à l'occasion du débat sur la politique générale du deuxième gouvernement Blum, il prononce un discours mémorable pour critiquer la crise politique dans laquelle le pays est plongé et réclamer des Français une Journal officiel de la République française, Débats parlementaires : Chambre des députés, 8 mai 1937 (lire en ligne ) :

Paul Reynaud, se faisant le porte-parole de la Chambre des députés, la juge . Le Journal reconnaît en Le Cour-Grandmaison un des orateurs les plus écoutés de la Chambre. L'intervention est également saluée par Le Petit Journal pour qui il est .

Enfin, il reçoit le une lettre de Charles de Gaulle, alors inconnu du grand public, qui lui adresse ses félicitations dans les termes suivants :

Seconde guerre mondiale Désigné le par Paul Reynaud, comme sous-secrétaire d'État à la Marine militaire dans le gouvernement d'union nationale de , pour aider César Campinchi au département de la marine militaire, il présente, dès le lendemain, sa démission au président du Conseil.

Le , il vote les pleins pouvoirs constituants demandés par le maréchal Pétain.

Sous l'Occupation, il est choisi par le régime de Vichy pour siéger au Conseil national, un organe consultatif qui doit contribuer au redressement de la France après la défaiteAnnik Le Guen, Le Morbihan sous le régime de Vichy, décembre 1993.. Il y retrouve de nombreux autres parlementaires de tous bords politiquesMichèle Cointet-Labrousse, Le Conseil national de Vichy : vie politique et réforme de l'État en régime autoritaire, 1940-1944, Éditions Libris, 1989.. Contrairement à son ami général de Castelnau, il appuie le maréchal Pétain et sa tentative de révolution nationale.

Après la Libération, il ne se présente plus aux élections législatives, et abandonne la vie politique.

Président de la Fédération nationale catholique

Profondément marqué par son engagement catholique, il entre en 1936 au comité directeur de la Fédération nationale catholique et est désigné vice-président en juin de cette année.. Il remplace de facto son président, le général Édouard de Castelnau, sous l'Occupation puis il lui succède à sa mort en 1944. Il préside à partir de 1945 son avatar, la Fédération nationale de l'action catholique tout en étant directeur de son périodique, la France catholique, de 1945 à 1956.

Il préside la Fédération internationale des hommes catholiques de 1948 à 1954.

Dans les années 1930 il devient membre du Tiers ordre de Saint-Dominique, au couvent des dominicains de la Rue du Faubourg Saint-Honoré Archives de la Province française des pères dominicains, Archives du Couvent de l’Annonciation, 222 rue du faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris .

Journaliste En parallèle de ses activités politiques, Jean Le Cour-Grandmaison est chroniqueur au Figaro à partir de Le Figaro, 20 mai 1937 et ce jusqu'en 1942.

Il continue d'écrire des articles dans la France catholique après en avoir cédé la direction en 1957 à Jean de Fabrègues. En 1960, il se rallie à la politique d'autodétermination de l'Algérie du Général de Gaulle :

En , il critique également l'aventurisme du Putsch des généraux, pointant le danger d'un nouveau Front populaire, un danger plus prégnant à ses yeux que la perte de l'Algérie française :

Fin de vie Après le décès de sa femme, il se retire chez les bénédictins de l'Abbaye Sainte-Anne de Kergonan, où il passe les neuf dernières années de sa vie dans la contemplation monastique. Bien qu'appelé frère Jean par les moines, il restera laïc jusqu'à la fin de sa vie.

Distinctions

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Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Liens externes

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