vignette|286x286px|Timbre soviétique célébrant la victoire de 1945 avec une image d'un train blindé. Un train blindé est un type de train ayant reçu un blindage.

Il peut s'agir d'un train destiné à un usage militaire ou à protéger les personnalités qu'il embarque.

Apparus avec le développement du transport par voie ferrée au , les trains blindés connaissent leur âge d’or dans la première moitié du avant de voir leur usage décliner après la Seconde Guerre mondiale. Depuis la fin de la guerre froide, ils sont généralement utilisés pour transporter des personnalités.

Définition Un train blindé se caractérise par le blindage dont il tire son nom.

Il ne doit pas être confondu avec l’artillerie sur voie ferrée, qui comprend un canon de gros calibre et son équipage, mais sans protection particulière de ceux-ci. Les trains simplement équipés d’armes légères sans dispositif de protection élaboré, par exemple un simple wagon avec quelques mitrailleuses abritées derrière des sacs de sable, ne sont pas non plus assimilables à des trains blindés.

Composition vignette|Train blindé exposé au musée des Blindés de Parola. gauche|vignette|Automitrailleuse Panhard française capturée, utilisée comme draisine blindée par les Allemands pour patrouiller sur le Front de l'Est. Il n’y a pas de critère de taille entrant dans la définition d’un train blindé : les plus petits se limitent à une automotrice, voire à une draisine, tandis que les plus grands peuvent compter une dizaine de wagons et jusqu’à deux cents hommes.

La composition type d'un train blindé destiné à un usage militaire « type » est composé :

d'une plate-forme chargées de matériel de réparation de la voie (rails, traverses et charrue ferroviaire) et qui peut éventuellement être sacrifié en cas de mine ou de coupure ; d'un wagon équipé de mitrailleuses ou de canons ; de plusieurs wagons servant de magasins à munitions, de casernement, de postes de transmission ; d'une locomotive entièrement blindée ; d'un wagon-citerne d'eau ; d'une plate-forme blindée équipée de canons de gros calibres ; d'un wagon équipé de mitrailleuses ou de canons servant à protéger l'arrière du train.

Utilisation

Militaire Au début du , les Britanniques considèrent que le train blindé peut assumer sept missions :

assurer la protection des voies ferrées ; effectuer des patrouilles ; faire de la reconnaissance ; escorter d’autres trains ; renforcer les postes avancés situés le long des voies ; protéger les flancs d’une armée en mouvement ; appuyer une force d’infanterie qui attaque l’adversaire. vignette|Train blindé et tracteur-érecteur-lanceur du missile intercontinental russe RT-23 Molodets.|gaucheDes trains blindés peuvent aussi être utilisés pour transporter des missiles balistiques. Ils peuvent être planqués dans un tunnel ferroviaire, voire de bunkers construits pour l'occasion, s'en extraire pour tirer puis y effectuer une rapide retraite.

Diplomatie Après la disparition des trains blindés à usage militaire, le principe du train blindé est encore utilisé pour transporter des personnalités importantes. Ils ne disposent pas d'armes, mais sont aménagés pour servir de lieux de réception, de travail et tout ce qui est nécessaire pour des chefs d'états.

Des personnalités comme Vladimir Poutine ou Kim Jong-un utilisent des trains blindés. Ces trains se déplacent souvent à des horaires tenus secrets et ne s'arrêtent que dans des gares protégées.

Critiques Le train doit être accompagné d'éléments débarqués et installés autour de lui pour l’attaque et de défense.

Si un train blindé doit se déplacer rapidement, il faut qu'il soit le plus léger possible, ce qui limite la possibilité d'avoir un blindage trop épais.

Historique Origines () Le principe du train blindé a été théorisé par William Bridges Adam. Le but était de protéger l'Angleterre d'une invasion venant du continent.

Le colonel français De Montgery aurait proposé, dès 1826 de se doter d'un système de « batteries sur voie ferrée ». Ce projet ne fut pas retenu.

Guerre de Sécession (1861-1865) gauche|vignette|La batterie du chemin de fer de Philadelphie à Baltimore, construite pour protéger les ouvriers pendant qu’ils reconstruisaient les ponts brûlés sur cette route – D’après un croquis de William C. Russell, de Wilmington. C’est toutefois surtout pendant la guerre de Sécession que leur usage se répand et se diversifie, la voie ferrée étant alors le principal moyen de transport aux États-Unis.

L'ingénieur unioniste Herman Haupt mit en place presque dès le début de la guerre des trains blindés pour lutter contre les saboteurs de voies ferrées sudistes. Les trains étaient composés de wagons et d'une locomotive dont les parois étaient recouvertes de plaques d'acier. Ces mesures furent efficaces.

Les deux belligérants les utilisèrent par la suite lors des sièges, avec des pièces d’artillerie de plus en plus lourdes.

Guerre franco-prussienne (1870-1871) Suivant l’exemple américain, les Français utilisèrent des trains blindés. Plusieurs locomotives, wagons et voitures de la Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans sont équipés d'un blindage en fonte de pendant le siège de Paris.

L'une des innovations fut l'ajout d'un wagon de dépannage permettant de réparer une voie détruite par l'ennemi.

Des trains ont également utilisés par les Communards.

Guerres Anglo-coloniales Ce sont surtout les Britanniques qui font un usage intensif des trains blindés pour mater les révoltes dans leur empire colonial : en Égypte en 1882, en Inde en 1886 et surtout en Afrique du Sud à partir de 1899.

En 1882, un train blindé participa à la défense d'Alexandrie et selon les archives fit preuve d'efficacité. Il transportait 200 fusiliers marins, un canon de 9 livres, un canon de 1 livre et plusieurs mitrailleuses Gatling. Plus tard, un obusier de 40 livres fut ajouté. Ce train fut innovant par l'installation de la locomotive au milieu du convoi. gauche|vignette|Gravure représentant l'intérieur d'un train blindé durant la bataille de Magersfonstein en 1899. En 1894, un train blindé fut construit avec un canon de 40 livres placé sur un affût rotatif.

En 1899, l'armée britannique utilisa des trains blindés. Ce fut un échec causé notamment par la faiblesse du blindage, la faible puissance de feu embarquée, mais aussi le manque d'une tactique claire d'utilisation. les trains blindés sont utilisés tantôt comme moyen de transport personnel pour les officiers, soit envoyés sans soutien en reconnaissance.vignette|Train blindé britannique pendant la guerre des Boers.Au fil du temps, l'usage du train blindé fut rationalisé. Un ou plusieurs trains blindés peuvent être requis par une garnison en difficulté. Une fois dans le secteur, le train passe sous son contrôle, mais sans qu'elle puisse l'utiliser pour autre chose que la mission de départ. Un poste de directeur adjoint des trains blindé fut créé pour gérer l'usage des trains blindés.

Pour renforcer des wagons non blindés à l'origine, l'armée anglaise installa des rails superposés horizontalement entre les montants verticaux.

Ces conflits permettent d’introduire des innovations techniques et tactiques : protection des locomotives, utilisation d’un wagon en avant de celles-ci pour faire détoner les mines et surtout prise de conscience de la vulnérabilité du train aux embuscades lorsqu’il est utilisé seul sans reconnaissance. À la fin de la guerre des Boers, un train blindé « type » emportait une section d'infanterie, une ou deux batteries d'artillerie et un élément du génie. Des canons de gros calibres () furent montés sur des wagons attachés au convoi.

La maturation du concept (1900-1914) vignette|Automotrice blindée austro-hongroise de type Motorkanonwagen. En Europe même, seul l’Empire russe s’intéresse au début du au concept du train blindé, en raison de l’extrême importance du chemin de fer dans un pays immense dont le réseau routier est embryonnaire et impraticable une partie de l’année. Après quelques essais au moment de la révolte des Boxers, les Russes commencent par construire des batteries d’artillerie blindée sur voie ferrée, qui sont utilisées pendant la guerre contre le Japon, puis ils se lancent en 1912 dans un programme de développement de modèles standardisés.

Première Guerre mondiale (1914-1918)

Front occidental Du fait du manque d’investissement sur le sujet en Europe de l’Ouest, les trains blindés n’y sont que peu utilisés pendant la Première Guerre mondiale, en dehors de quatre trains légers utilisés par les Belges et les Britanniques dans les premiers mois de la guerre. Des draisines blindés roulant sur des voies de 60 mm furent utilisées pour ravitailler le front.

Front oriental Les trains russes appuient efficacement l’infanterie et leur permettent de remporter plusieurs combats. Ces succès engendrent une émulation sur ce front, dont tous les belligérants commencent à construire des trains blindés. gauche|vignette|Train blindé austro-hongrois en 1917. Les méthodes adoptés ne sont toutefois pas les mêmes : alors que les Austro-hongrois mettent au point des véhicules sophistiqués, les Allemands se contentent de modèles beaucoup plus basiques. Les blindés austro-hongrois avaient en général des pièces d'artillerie légère montées sous casemate, avec un secteur de tir limité. Il y avait des wagons blindés pour le personnel d'escorte (fusiliers et mitrailleurs) et des locomotives pourvues de protections élaborées, que l'on plaçait en milieu de convoi pour permettre aux canons (généralement de 70 mm) de disposer d'un champ de tir dégagé et aussi large que possible autant à l'avant qu'à l'arrière (quel que soit le sens de marche). En général, le train était précédé d'un wagon plat, appelé « wagon de contrôle », accroché devant le premier wagon et servant à faire sauter les éventuelles mines placées sur la voie, ce wagon pouvait éventuellement transporter des rails et des traverses.

De leur côté les Russes accroissent leur production et perfectionnent le concept, avec notamment l’introduction du « croiseur ferroviaire », une automotrice dotée de multiples tourelles armées de canons, dont le représentant le plus emblématique est le . L’idée est rapidement reprise par les Austro-hongrois, qui produisent sur le même principe le Motorkanonwagen.

Front italien L’Italie a équipé douze trains armés (sous le contrôle de la Marine royale) pour protéger sa côte adriatique des raids menés par la Marine austro-hongroise.

Chaque train armé était composé d’une , de trois à cinq wagons armés de canon, de deux à quatre wagons chargés de munitions et d’un wagon de commandement. Il y avait trois types de trains armés, l’un avec des canons de , un autre avec des canons de et le dernier avec des canons de . Chaque train était suivi par un train de soutien.

Ces trains ont permis de limiter les tentatives de raids austro-hongrois sur la côte italienne.

L'armée de terre italienne s’intéressa sur le tard à l'artillerie sur voie ferrée, et c'est seulement lorsque les Français prêtèrent quelques-uns de leurs puissants canons de 340/45 aux armées italiennes engagées sur l'Isonzo que l'on se décida à utiliser, sur un affût spécialement étudié par la firme Ansaldo, quelques-unes des 10 bouches à feu de 381/40, que cette même firme avait fabriquées en 1915 pour armer le célèbre cuirassé Caracciolo.

La pièce de 381/40 sur voie ferrée était organisée de la façon suivante : la bouche à feu de 381/40, en acier, était d'un poids de 62,6 tonnes. Les rayures du canon étaient à inclinaison constante ; la chambre se fermait par un obturateur à vis (système « Welin ») et il existait un dispositif d'élimination de la fumée ; le berceau : manchon à tourillon d'acier de forme cylindrique, dans lequel glissait le canon durant le recul en forçant sur des ceintures de bronze. Il portait quatre freins hydrauliques cylindriques et deux attaches pour les pistons des récupérateurs à air comprimé ;