Adrien Sadoul, né le à Bar-le-Duc et mort le à Aubure, est un avocat puis un magistrat, militant nationaliste et résistant françaisNotice sur cnd-castille.org.
Biographie Origine familiale Adrien Ludovic Paul Sadoul naît à Bar-le-Duc le . Petit-fils d'Adrien Sadoul, conseiller général de Raon-l'Étape et ami de Jules Ferry, fils de Louis Sadoul, magistrat à Nancy, neveu de Charles Sadoul (1872-1930), Adrien Sadoul est aussi le cousin germain de Paul Sadoul, directeur du Pays lorrain.. Il se marie en 1928 avec Renée Droit, fille d'un notaire nancéien , dont il aura 4 enfants.
Première Guerre mondiale Il s'engage volontairement le lors de la Première Guerre mondiale et sert dans l'artillerie lourde. Il est formé à l'école militaire de Fontainebleau où il est aspirant en 1918. Il est démobilisé en , après avoir été brièvement envoyé sur le front d'Orient, avec une croix de guerre et le grade de lieutenant de réserveCf. les souvenirs de son père, sur le site de la famille Sadoul, rubrique Documentation.. Il devient membre de l'association des officiers de réserve de NancyJean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Université de Paris X-Nanterre, 2002, tome 3, annexe I, p. 16-17 (notice biographique)..
Carrière professionnelle Licencié en droit en 1922, il devient avocat auprès du barreau de Nancy à partir de 1923.
Il devient magistrat après la Seconde Guerre mondiale : il est nommé en conseiller à la Cour d'appel de Colmar et plus particulièrement à la chambre de Metz en Moselle qui en dépendJournal officiel, 4 décembre 1945. Il préside dans cette ville différents tribunaux (président de Cour d'appel selon cette source). Il est ensuite nommé en Algérie, puis à Amiens.
Engagement politique dans l'entre-deux-guerres Militant depuis 1924Cf. une lettre d'Adrien Sadoul, du 2 septembre 1937, sur le site de la famille Sadoul, rubrique Documentation., il est l'initiateur d'un incident anticommuniste à Nancy en 1924. Militant à Nancy du Faisceau, premier groupement fasciste français, en 1926Jean-Étienne Dubois, Leçon d'histoire pour une droite dans l'opposition ? Les mobilisations de droite contre le Cartel des gauches dans la France des années Vingt, Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand II, 2013, , il devient aussi membre des Jeunesses patriotes (JP) puis de son avatar, le Parti national populaire jusqu'en 1936, , . Il est aussi proche de l'Action française et membre des Croix-de-Feu, en 1934Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Université de Paris X-Nanterre, 2002, tome 1, .. Il mène comme orateur de nombreuses réunions des Ligues en Lorraine, pour les JP surtout et pour le Front national, , . Il est enfin membre du comité directeur et animateur actif du Rassemblement national lorrain (RNL) de à 1939. En , lors d'une réunion à Nancy du Parti populaire français (PPF), initiateur du Front de la liberté, Sadoul apporte l'adhésion du RNL à cette initiative et rappelle que le RNL prône l'union des « nationaux » depuis Jean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Université de Paris X-Nanterre, 2002, tome 1, ..
Propriétaire à Raon-l'Étape (Vosges), il se présente à une élection cantonale partielle dans cette localité vosgienne en 1931, afin de succéder à son oncle Charles Sadoul, décédé, ., mais sans succès : c'est Charles Weill, radical-socialiste, qui est élu. Il crée, préside et anime avec Maurice François-Brajon et le soutien du député Constant Verlot un groupement de l'Union des républicains du canton de Raon-l'Étape à partir de : il y accueille des militants nancéiens et des parlementaires comme Charles Reibel, Philippe Henriot ou Jean-Louis Tixier-Vignancour, pour des conférences et réunionsJean-François Colas, Les Droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, Université de Paris X-Nanterre, 2002, tome 1, ., , , , , , , , , . Ce groupement s'affilie au RNL. Sadoul invite en 1937 l'écrivain nationaliste Antoine Rédier pour une conférence sur Hitler ; l'orateur cite des extraits de Mein Kampf. Il est conseiller municipal (d'opposition) de Raon-l'Étape de 1935 à 1937.
Il est l'avocat de militants lors de procès à Nancy et à Metz : il défend en 1934 aux côtés de Georges Scapini et de François Valentin deux membres de la Solidarité française et un militant des JP ayant commis un vol dans un local de la CGTU à NancyLe Télégramme des Vosges, 20 octobre 1934 et il défend Charles Berlet à Metz en 1936, accusé de complicité de coups lors d'une altercation pendant une réunion privée de l'Action française à Château-Salins en 1935Le Télégramme des Vosges, 21 février 1936. Il défend en 1936 à Nancy la journaliste Suzanne Bertillon, accusée de provocation au meurtre, à la suite de propos violents tenus lors d'une conférence en Meurthe-et-Moselle contre des membres du gouvernement .
Résistance
Il est mobilisé comme capitaine d'artillerie en 1939, est fait prisonnier en 1940 et libéré en . Il s'engage aussitôt dans la Résistance à Nancy, avec son ami l'avocat Jean BertinLe bureau de Jean Bertin se situait au rez-de-chaussée de l'immeuble où logeait la famille Sadoul, au 24 place de la Carrière à Nancy. Prisonnier de guerre évadé (mars 1941), résistant, avocat nommé avoué en 1943 ( L'Echo de Nancy, 19 avril 1943, ), arrêté par la Gestapo et déporté à Buchenwald, Jean Bertin sera après la guerre le président puis le président d'honneur ( 1947 ) de la Fédération nationale des combattants prisonniers de guerre (FNCPG): Annuaire, Sociétés d'histoire de la vallée de la Weiss, 1989, Jean Védrine, Les Prisonniers de guerre, Vichy et la Résistance: 1940-1945, Fayard, 2013, Christophe Lewin, Le retour des prisonniers de guerre français: naissance et développement de la F.N.P.G., 1944-1952, Publications de la Sorbonne, 1986, . Il fait partie du nancéien de la future O.R.A. (Organisation de résistance de l'armée), qui fournit des renseignements au Bureau de Vichy. Il contacte le colonel de réserve Andlauer de Saint-Dié, ancien officier du renseignement au Bureau, qui lui fait parvenir des renseignements par sa fille chaque semaine et qu'il se charge de transmettre. En même temps, il est recruté par le réseau mis en place par le colonel Rémy par l'intermédiaire de Jean Bertin, recruté dès . Un accord est ensuite conclu entre les deux mouvements et les courriers sont alors réalisés en double exemplaire à partir du , à destination de Londres via le réseau Confrérie Notre-Dame de Rémy et de l'ORA.
Arrêté par la Gestapo le , il passe deux mois à la prison Charles III à Nancy. Il est libéré le , faute de preuves. Il quitte Nancy avec Bertin le , séjourne à Paris, échoue à passer en Espagne pour rejoindre Londres, Notice sur . Il regagne Paris, où il est nommé en assistant d'André Favereau (Bronzen), responsable pour la zone nord du .
Il rejoint les maquis de l'Yonne, dont il devient le chef en 1944En mars ? Ou mai ? Ou juillet ? Les sources ne concordent pas sur la date., sous le pseudonyme et le grade de « colonel Chevrier »Durant cette période, il laisse à l'écart les FTP de l'Yonne.. Il entre en contact avec un commando jedburgh et s'impose face à d'autres résistants rivaux, tel Roger Bardet, dirigeant d'un maquis de plusieurs centaines de combattants (et agent double)John Prados, William Colby and the CIA, University Press of Kansas, 2009, (L'auteur présente faussement Sadoul/Chevrier comme un avocat messin). D'autres auteurs anglo-saxons évoquent Sadoul, le présentant aussi faussement comme un avocat messin, âgé qui plus est de 60 ans alors qu'il est né en 1898 (Douglas Waller, Disciples, Simon § Schuster, New York, 2015, , Will Irwin, The Jedburghs : the secret history of the Allied Special Forces, France, 1944, 2009. Après la libération de l'Yonne, il est ensuite, en , commandant du Régiment FFI du Morvan de la première armée française et est promu lieutenant-colonel. Le régiment est constitué de volontaires de la Nièvre et de l'Yonne. Sadoul est grièvement blessé en Alsace le Colonel Rémy, Mémoires d'un agent secret de la France libre, : Il décrit Sadoul comme .. Il est démobilisé en . Il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur en en tant que lieutenant-colonel des Forces françaises de l'intérieur (FFI), à la suite de la citation suivante :
Lors des élections municipales de Nancy en 1945, il figure au premier tour à la deuxième place sur une liste menée par l'avocat et résistant Henri Teitgen, , aux côtés notamment de Jean Lionel-Pèlerin, futur maire de Nancy en 1947. Sa liste se retire avant le second tour, dénonçant les et .
Il fonde en et préside la section de Metz de l'Amicale des anciens de Rhin et DanubeLe Républicain lorrain, 4 décembre 1946. Il préside ensuite son groupe départementalLes Dernières nouvelles d'Alsace, 18 juin 1952, Le Républicain lorrain, 18 avril 1953 (photographie).
Magistrat et ancien résistant, il préside à Metz à partir de 1946 le tribunal militaireJournal officiel, 8 juin 1946 « Un ingénieur nancéien est condamné à vingt ans de travaux forcés », Le Républicain lorrain, 30 juillet 1947, « La journée des engagés volontaires », Ibid., 25 juillet 1947 ainsi que la Cour de justice qui jugent des collaborateursJournal officiel, 21 janvier 1946« Dans la magistrature », Le Républicain lorrain, 23 janvier 1946, « L'ex-conseiller général Straub, autonomiste notoire, est condamné à 15 ans de travaux forcés », Le Républicain lorrain, 21 mars 1947, « La femme de l'espion Cridlig condamnée à 10 ans de travaux forcés », Ibid., 22 janvier 1947. Sur les juridictions mosellanes jugeant les collaborateurs, cf. François Moulin, Lorraine années noires, occupation, annexion, de la collaboration à l'épuration, Strasbourg, La Nuée bleu, 2009, p. 267, 278-281..
Il témoigne en 1949 lors du procès de la Gestapo de Nancy, évoquant son arrestation en 1942L'Eclair de l'Est, 18 janvier 1949, Les Dernières nouvelles d'Alsace, 18 juin 1949.
Distinctions
() ; chevalier du
avec une palme, une étoile d'argent et une étoile de bronze (3 citations) ()
(une blessure de guerre par balle le ) avec palme de bronze (États-Unis) Insigne de guerre (Italie)
Sources . . . . .
(Lire en ligne). .
. .
Liens externes
page consacrée à A. Sadoul sur le site "les Français libres" site de la famille Sadoul
Notes et références
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