Edmond FitzAlan ( – ), comte d'ArundelLes comtes d'Arundel sont numérotés différemment selon que les prétentions des sept premiers à avoir été comtes sont acceptées. Edmond FitzAlan est le second membre de la famille FitzAlan à avoir détenu le titre. Il est tantôt désigné comme le 2, le 7 ou le 9 comte., est un noble anglais qui a joué un rôle important dans le conflit opposant le roi Édouard II à ses barons tout au long de son règne. Son père Richard FitzAlan meurt en 1302, alors que Edmond est encore mineur. Ce dernier est placé sous la garde de John de Warenne, comte de Surrey, et épouse sa petite-fille Alice en 1306. Cette même année, Edmond est déclaré majeur, titré comte d'Arundel et adoubé par le roi Édouard I. Peu après, le jeune comte sert le roi dans ses campagnes en Écosse, ce pourquoi il est grandement récompensé en terres et en argent.
Après la mort d'Édouard I, Arundel devient un des membres de l'opposition au nouveau roi Édouard II et à son favori Pierre Gaveston. En 1311, il fait partie des Ordonnateurs qui assument le contrôle du gouvernement pour le roi. Avec Thomas de Lancastre, il est responsable de la mort de Gaveston en 1312. Toutefois, à partir de ce moment-là, les relations entre le roi et le comte deviennent plus amicales. Ceci est probablement dû à son association avec le nouveau favori royal Hugues le Despenser le Jeune, qui marie une de ses filles avec le fils aîné d'Edmond. Arundel soutient le roi lorsqu'il écrase la rébellion de Roger Mortimer et de Thomas de Lancastre en 1322.
En remerciement pour ses services, il reçoit des terres et des postes en gains. Son destin change radicalement lorsque l'Angleterre est envahie en 1326 par Mortimer, qui a fait cause commune avec la reine Isabelle de France. Immédiatement après la capture d'Édouard II, la reine ordonne l'exécution du comte d'Arundel et la confiscation de ses titres et terres. Son fils et héritier Richard n'obtient la restitution de ceux-ci qu'en 1331, après que le roi Édouard III ait écarté du pouvoir la reine et Mortimer. Pendant les années 1390, un culte s'est développé autour du comte d'Arundel : il est alors vénéré comme un martyr, bien qu'il n'ait jamais été canonisé.
Biographie Origines et jeunesse Edmond FitzAlan est né à Marlborough, dans le Wiltshire, le . Il est le fils aîné de Richard FitzAlan, comte d'Arundel, et de son épouse Alice de Saluces, fille du marquis italien Thomas I de Saluces. Du côté paternel, Edmond se trouve être un cousin germain éloigné au premier degré de Roger Mortimer, baron Mortimer de Wigmore, tandis que du côté maternel, il est un cousin germain éloigné au premier degré d'Henry de Lacy, comte de Lincoln. Richard FitzAlan a été en opposition au roi Édouard I pendant la crise politique de 1295, a en conséquence contracté de nombreuses dettes envers la couronne et a donc vu une partie de ses terres confisquées en attente du paiement de ses dettes. Lorsque son père Richard meurt le , Edmond est encore mineur et, comme sa mère Alice est décédée en 1292, sa garde est confiée par Édouard I à son proche compagnon d'armes John de Warenne, comte de Surrey. À ce moment-là, le petit-fils et héritier de John de Warenne, prénommé lui aussi John, n'est pas encore marié. Ainsi, peu avant sa mort, survenue le , le comte de Surrey propose en mariage à Edmond FitzAlan sa petite-fille Alice, héritière présomptive de son frère. Pour des raisons inconnues, Edmond refuse d'abord l'offre dans un document daté du . Toutefois, il change d'avis et épouse Alice au mois de . Malgré le refus initial d'Edmond FitzAlan, le mariage se révélera apparemment fructueux, puisque le couple aura neuf enfants : leur premier fils, Richard, naît aux alentours de 1313.
En , peu avant d'atteindre sa majorité, alors fixée à 21 ans, Edmond FitzAlan prend pleinement possession de son héritage paternel. Le , il est adoubé en l'abbaye de Westminster par le roi Édouard I au cours de la Fête des cygnes, aux côtés de 266 autres nobles, dont le futur Édouard II, alors prince de Galles, mais aussi son cousin Roger Mortimer, baron Mortimer de Wigmore, et son grand-oncle Roger Mortimer, baron Mortimer de Chirk. Ces adoubements ont lieu en préparation de la prochaine campagne militaire anglaise dans le cadre des guerres d'Écosse. Après la cérémonie, les nouveaux chevaliers rejoignent l'armée royale qui pourchasse Robert Bruce, qui s'est autoproclamé roi d'Écosse quelques mois auparavant. Une fois que Bruce et ses partisans ont été mis en déroute lors de la bataille de Methven le , Edmond FitzAlan est richement récompensé pour sa loyauté et ses services. Édouard I lui pardonne entre autres les dettes de 4 234 livres qu'il a héritées de son père. Ces marques de patronage royal subsistent malgré la mort d'Édouard I le . En effet, au cours de l'année 1308, Édouard II lui rend le hundred de Purslow, honneur qu'Édouard I avait confisqué à son père Richard . Edmond FitzAlan reçoit également des distinctions officielles durant les premières années de règne d'Édouard II. Ainsi, au couronnement du roi et de son épouse Isabelle de France en l'abbaye de Westminster le , Edmond détient la fonction de chef bouteiller, poste appartenant traditionnellement aux comtes d'Arundel.
Opposition à Édouard II Bien que le règne d'Édouard II soit initialement harmonieux, le roi rencontre rapidement l'opposition de plusieurs barons et prélats. La source de ce mécontentement est la relation privilégiée qu'entretient le nouveau souverain avec le chevalier gascon Pierre Gaveston, exilé par Édouard I mais rappelé par Édouard II immédiatement après son avènement au trône. Le favoritisme du roi envers Gaveston est une offense à la vieille noblesse anglaise établie depuis plus de deux siècles et son élévation au titre de comte de Cornouailles suscite la colère des barons. Aux côtés de son beau-frère John de Warenne, comte de Surrey, et d'Humphrey de Bohun, comte de Hereford, Edmond FitzAlan affronte Pierre Gaveston le lors d'un tournoi tenu à Wallingford. Pendant la joute, les jeunes et talentueux chevaliers qui accompagnent Gaveston gagnent aisément contre les chevaliers plus âgés qui accompagnent les comtes de Surrey, de Hereford et d'Arundel. À l'issue d'un verdict que les contemporains ont jugé controversé, les arbitres tranchent en faveur de Gaveston et cette humiliation provoque une forte inimitié entre les deux partis en présence. L'arrogance du favori royal pousse alors plusieurs barons à contraindre le roi à exiler une seconde fois Gaveston le . Édouard II réussit pourtant à se réconcilier avec l'opposition et Gaveston est autorisé à rentrer en Angleterre le . Edmond FitzAlan se distingue alors de certains membres de l'opposition en n'assistant pas au Parlement tenu à Stamford en , où Gaveston fait son retour.
Une fois le favori rappelé d'exil, son comportement devient de plus en plus agressif et l'hostilité à sa personne ne cesse de croître. En addition, les barons ne sont pas satisfaits par leur roi, qui échoue à engager des campagnes militaires efficaces en Écosse. Le , Édouard II accepte de mauvaise grâce la nomination d'un comité d'Ordonnateurs, qui est chargé de réformer le gouvernement royal. Le comte d'Arundel fait partie des huit comtes qui constituent les 21 Ordonnateurs. Les Ordonnateurs contraignent une nouvelle fois à l'exil Pierre Gaveston le mais le roi annule cette décision dès le . Le favori est alors considéré comme un hors-la-loi et le comte d'Arundel fait partie des comtes qui font serment de le traquer. Le , Edmond FitzAlan s'associe à Thomas de Lancastre, comte de Lancastre, Guy de Beauchamp, comte de Warwick, et Humphrey de Bohun, comte de Hereford, et participe à la condamnation à mort de Gaveston, récemment capturé. Il assiste par ailleurs à son exécution le lendemain. Après plusieurs mois de dures négociations, une réconciliation est arrangée entre le roi et les magnats rebelles : tout comme ses complices, le comte d'Arundel reçoit un pardon royal le , bien que la rancune d'Édouard II envers les assassins de son favori demeure. En , Edmond FitzAlan figure parmi les barons qui refusent d'accompagner Édouard dans sa campagne contre les Écossais, ce qui contribue à la défaite anglaise lors de la bataille de Bannockburn.
Changement d'allégeance
vignette|Le château de Clun est la source de la rivalité personnelle entre Edmond FitzAlan et son cousin Roger Mortimer de Wigmore. Pourtant, au moment où a lieu la bataille de Bannockburn, le comte d'Arundel semble avoir changé d'allégeance en faveur du roi. Le rapprochement entre le roi et le comte a en fait commencé plus tôt, lorsque le , Edmond FitzAlan reçoit un pardon du roi concernant les dettes qu'il a contractées envers la couronne. Le facteur déterminant dans ce processus est toutefois l'alliance conclue entre le comte d'Arundel et les Despenser, nouveaux favoris royaux à compter de 1318. Hugues le Despenser le Jeune et son père Hugues l'Aîné prennent peu à peu le contrôle du gouvernement et utilisent leurs pouvoirs pour s'enrichir. Tandis que ce comportement suscite des critiques au sein de la noblesse, Edmond FitzAlan reste neutre sur le sujet. Déjà, en 1314 ou 1315, son fils aîné Richard a été fiancé à Isabelle, une des filles d'Hugues le Despenser le Jeune. Se séparant peu à peu de son ancien allié Thomas de Lancastre, Edmond commence à recevoir de nouvelles fonctions d'importance : le , il est nommé gardien des Marches écossaises ; en , il négocie le traité de Leake, qui réconcilie Édouard II et Lancastre ; en , il participe au siège infructueux de Berwick-upon-Tweed.
L'ascension des Despenser suscite la colère de certains barons, qui demandent en au roi de les exiler. Le roi, qui a dû faire face à l'éclatement d'une rébellion baronniale dans les Marches galloises, accepte de mauvaise grâce. Le comte d'Arundel vote l'expulsion des Despenser mais affirme plus tard qu'il l'a fait sous la contrainte et soutient leur retour en Angleterre dès . Ce soutien indéfectible envers le roi et ses favoris peut s'expliquer par le fait que son cousin Roger Mortimer de Wigmore s'est emparé en de son château de Clun. En , Edmond FitzAlan accompagne Édouard II lors de sa campagne dans les Marches galloises, puis l'encourage à attaquer Thomas de Lancastre, qui est écrasé à Boroughbridge le et exécuté. À la suite du triomphe du roi, les Despenser s'enrichissent davantage grâce aux terres des rebelles confisquées. Hugues le Despenser l'Aîné est créé en comte de Winchester, tandis que le comte d'Arundel, qui est désormais l'un des plus ardents partisans du roi, est lui aussi grandement récompensé. Après la capture de Roger Mortimer de Chirk, il reçoit sa seigneurie de Chirk en Galles et cumule par la suite d'importants postes : il est nommé Chief justiciar du Pays de Galles en 1323, puis gardien des Marches galloises en 1325. Edmond étend également son influence par des alliances matrimoniales : en 1325, il parvient à arranger le mariage de deux de ses filles avec les héritiers des comtes de Hereford et de WarwickAucune de ses alliances ne porte cependant ses fruits. Alice FitzAlan, qui épouse John de Bohun, 5 comte de Hereford, meurt avant 1330. On ignore quelle fille a été fiancée à Thomas de Beauchamp, 11 comte de Warwick, mais le mariage n'a jamais eu lieu..
Chute et mort
vignette|gauche|Edmond FitzAlan et Hugues le Despenser l'Aîné sont amenés prisonniers devant la reine Isabelle de France. Image extraite des Chroniques de Jean Froissart.