André Eugène Marcel Pourchier (1897 – 1944) est un officier (commandant puis lieutenant-colonel à titre posthume) et résistant français. Il est une figure marquante de troupes alpines françaises avant la Seconde Guerre mondiale.
Enfance
Il naît en 1897 dans le village perché de Beuil, dans les Alpes-Maritimes, à près de d’altitude. Il se destinait à être instituteur lorsque la guerre s'est déclarée.
Carrière militaire
Mobilisé en 1916 au d’infanterie coloniale, il réussit Saint-Maixent puis se voit affecté comme aspirant au de tirailleurs sénégalais. Promu sous-lieutenant en 1918, il est blessé et gazé devant Soissons et cité.
De 1920 à 1924, il participe à la campagne de Syrie. D’abord au de tirailleurs sénégalais où il est proposé pour Chevalier de la Légion d'honneur (décoration qu’il recevra en 1929) pour un fait d’armes accompli à la tête de sa section de mitrailleuses. Il sert ensuite au RICM.
Il est alors affecté à l’Armée Française du Rhin au de tirailleurs. Il demande à être versé dans l’infanterie métropolitaine. C’est en 1925 qu’il rejoint le RIA à Antibes, puis après avoir représenté la France aux jeux olympiques de Saint-Moritz en 1928 (Course de Patrouilles où il termine la course sous les acclamations en portant un de ses coéquipiers défaillant), il est, au sein du RIA, chef de l’école de ski de la région militaire à Beuil. En 1930, il est l'initiateur du premier tremplin de saut à ski construit à Beuil.
Nommé capitaine en 1931, il est affecté au BCA à Annecy. L’année suivante, le général Edmond Louis Dosse lui confie la création et l’organisation d’une école militaire de ski et de haute montagne, l'EHM, à Chamonix. Il commande cette école jusqu’à la déclaration de guerre, s’imposant à tous par ses qualités humaines, ses talents de montagnard et son sens pratique. Il joue un rôle capital pour relever le niveau technique et l’équipement des troupes alpines.
À la déclaration de guerre, d’abord affecté au BCHM, il est rapidement appelé à l’état-major de l’armée pour faire réaliser les effets nécessaires à l’expédition de Scandinavie. L’équipement des chasseurs de la Brigade de haute montagne sera sans équivalent. Il participe à la campagne de Norvège comme chef du Bureau (logistique) du général Béthouart. Il se distingue par son activité inlassable, malgré les difficultés considérables dues au terrain, aux circonstances et aux bombardements.
En 1942, il est chef de bataillon à l’état-major de la à Chambéry, jusqu’à la dissolution de l’armée d’armistice.
Résistance
Sollicité par Pierre Dalloz pour participer à l’élaboration du plan Montagnards, pour la création d'un réduit de résistance dans le massif du Vercors, pour la partie logistique, il répond : « S’il s’agit de résistance et si c’est sérieux, vous pouvez compter sur moi ». Il est ainsi le premier officier d'active à rejoindre le Vercors. Au début de 1943, il entreprend de recenser les capacités d’accueil du massif, les gites, les ressources alimentaires, les points d’eau, les véhicules, les réserves de carburant, les zones favorables aux parachutages. Il parcourt le plateau de long en large et participe au premier comité de combat du Vercors. Menacé par l’OVRA en mai, il n’a d’autre parti que de se replier sur Nice, où il rejoint le colonel Journois, commandant l’ORA et chef local du sous-réseau Druide, rattaché au réseau Alliance.
Le , il tombe dans un guet-apens tendu par la GestapoL’agent double de la Gestapo à l'origine de l'arrestation se nommait Max Georges Gallon, alias Max de Riancourt. Avant Nice, il avait déjà sévi à Toulouse. Il a fait arrêter à Nice, outre Pourchier, le Colonel Journois et les capitaines Chapeleau et Dupouy. Tous les quatre y ont laissé leur vie. Il a été condamné à la peine de mort par contumace par le Tribunal de Grasse le 12 avril 1945. Il essaie d'échapper à son sort en se mettant au service des alliés et dénonce tous ses anciens amis de la Gestapo et collaborateurs, dont Jean Luchaire qu'il fera arrêter en Italie. En dépit de cela, arrêté, il sera jugé à Aix-en-Provence en juin 1947 et condamné à la peine de mort. Il ne sera pas exécuté, sa peine sera commuée et il sortira de prison après quelques années. Il est mort en 2004 à Marseille à 91 ans.. Le , Pourchier est transféré à Schirmeck. Dans la nuit du au , sentant les Alliés proches, les nazis exécutent au Struthof 471 déportés, dont 108 agents d’Alliance. Parmi eux, Marcel Pourchier.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
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