Le Musée international d'horlogerie (abrégé MIH) est un musée situé à La Chaux-de-Fonds, en Suisse. Il est consacré à l'horlogerie et à l'étude du temps et des instruments destinés à la mesure du temps. Le musée appartient et est géré par la ville même de La Chaux-de-Fonds et est classé comme bien culturel suisse d'importance nationale.

Introduction

Historiquement, la ville de la Chaux-de-Fonds est considérée comme un des endroits les plus importants de l'industrie horlogère suisse et mondiale et abrite une des écoles d'horlogerie du pays. Le musée est né de la collection d'étude de l'école et est aujourd'hui considéré comme un des musées d'horlogerie les plus importants au monde.

En 1865, l'École d'horlogerie de La Chaux-de-Fonds prit conscience de la nécessité de constituer une collection d'horloges anciennes. Ce dessein aboutit, en 1902, à l'ouverture d'un petit musée dans le bâtiment de l'École. En raison de son développement, le musée fut agrandi à trois reprises, en 1907, 1952 et 1967.

Au début des années 1960, une étude conduite pour la Ville par Georges-Henri Rivière, alors directeur du Conseil international des musées (ICOM), mit en évidence l'importance des collections et la nécessité d'un nouveau bâtiment pour les présenter. Quelques années plus tard, il apparut que les locaux n'étaient plus adaptés à une mise en valeur permanente et fonctionnelle de l'ensemble de la collection. Aussi, la Commission du musée proposa à la Ville de La Chaux-de-Fonds la création d'une fondation dans le but de promouvoir la construction d'un nouvel édifice. En 1967, la Ville créa la Fondation Maurice Favre afin de soutenir la collecte de fonds, et le nom « Musée international d'horlogerie » fut adopté en 1968.

Inauguré en 1974, sous l'appellation Musée international d'horlogerie, celui-ci se caractérisait par une conception et des techniques à l'avant-garde de l'architecture et de la muséographie. Quelques décennies plus tard, le lieu reste aussi fascinant tant par sa construction que par ces œuvres.

Le MIH conserve une collection d'environ objets et développe également des fonds d'archives et de documentation relatifs au temps et à la mesure du temps, afin de rendre compte d'un patrimoine considéré comme vivant. Dans ce contexte régional, les savoir-faire liés à la mécanique horlogère et à la mécanique d'art ont été inscrits en 2020 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO (France et Suisse).

Bâtiment

Réalisée de 1972 à 1974, l'œuvre du zurichois Pierre Zoelly et du Chaux-de-Fonnier Georges-J. Haefeli occupe un volume souterrain de , creusé dans le flanc d'un parc. La structure en béton épousant la déclivité du site a engendré un aménagement souterrain à trois niveaux qui correspondent aux principales zones du musée : la salle réservée aux expositions temporaires et aux assemblées, la salle destinée aux œuvres de l'époque ancienne, la salle consacrée aux techniques de fabrication et de décoration ainsi qu'aux pièces du vingtième siècle.

Les surfaces ouvertes les unes sur les autres forment un espace subtilement découpé non seulement par le jeu des niveaux mais aussi par celui des éclairages accentué par la lumière naturelle. En effet le musée s'ouvre sur l'extérieur par les larges vitrages de l'entrée, de la galerie astronomique et des ateliers de restauration. Ces vitres, comme celles du pavillon administratif et de la galerie du beffroi, sont intégrées dans des murs et avant-toits de forme incurvée surgissant avec force dans le parc.

Le travail des deux architectes fut récompensé par le Prix de l'architecture béton 1977. Cette distinction fut suivie, en 1978, par le Prix européen du musée de l'année 1977 qui rendit notamment hommage à l'œuvre des muséographes Serge Tcherdyne, Pierre Bataillard et Mario Galloponi. Élégance des matériaux, poésie de l'atmosphère, sobriété de la présentation caractérisent l'aménagement intérieur. Les éclairages indirects mettent en valeur les jeux de perspective. Les vitrines sphériques et cylindriques, dont la forme répond à la rondeur des cadrans, n'obstruent pas l'espace.

Le bâtiment du Musée international d’horlogerie est notamment décrit comme un témoignage de l’architecture muséale suisse des années 1970, pour son intégration au parc et son usage du béton brut. L’implantation majoritairement souterraine visait à préserver le parc existant tout en offrant des volumes d’exposition continus et modulables, adaptés à la présentation d’objets sensibles à la lumière.

L’architecture du musée fait partie intégrante de l’expérience muséographique, la circulation fluide entre les espaces et les variations de niveaux accompagnant un parcours chronologique et thématique consacré à la mesure du temps.

Carillon

Un carillon monumental, œuvre d'Onelio Vignando (1980), est installé sur le parvis du musée. Conçu comme une œuvre animée associant sonnerie, mouvements d'éléments mobiles, ambiance sonore et jeu de lumières, il s'inscrit dans la volonté initiale de faire du parvis un lieu vivant et un point de rencontre dans le parc. La notice patrimoniale décrit une structure de de long pour de haut, reposant sur des tubes d’acier inoxydable, pilotée par une horloge-mère et rythmée par une « animation complexe » à intervalles réguliers.

Collections

Les collections du Musée international d'horlogerie comprennent horloges de gros et moyen volume, montres mécaniques et électroniques, chronomètres de marine et de bord, instruments de mesure non mécaniques, automates, œuvres peintes.

La collection, forte d'environ objets, comprend aussi des outils, machines et objets industriels représentatifs du patrimoine horloger régional, et le musée développe en parallèle des archives et documents historiques relatifs au temps afin d'éclairer l'histoire technique mais aussi artistique, sociale et économique de l'horlogerie. Une partie des collections est exposée de manière permanente, avec un ensemble annoncé de plus de pièces (dont environ montres et horloges) selon Suisse Tourisme.

Parmi les grandes pièces de l'exposition, on peut en particulier voir :

Une des rares reconstructions de l'Astrarium de Giovanni Dondi dont le mouvement imaginé au déjà comprend un mécanisme montrant les mouvements du soleil, de la lune et des planètes ; Une rétrospective complète de l'histoire de la Pendule neuchâteloise ; Plusieurs horloges des maîtres Breguet, Janvier, Le Roy, Robin, etc. ; Un des premiers chronomètres de marine fabriqué par Ferdinand Berthoud ; Une collection d'appareillages anciens permettant de fabriquer des pièces et composants pour l'horlogerie ; Une pendule à musique de Pierre Jaquet-Droz ; Une collection de Pendules de fabricants comme Strasser & Rhodes, Sigmund Riefler, Zenith et Fedchenko ; Des horloges de clocher et des horloges comtoises issues de Franche-Comté ; La première montre de poche attestée étanche de West End Watch Co. appelée « L'Imperméable » ; La montre dite La Prolétaire de Georges-Frédéric Roskopf Des automates, entre-autres de Pierre Jaquet-Droz Trois fresques monumentales de Hans Erni, La conquête du temps, exécutées en 1958 pour le Pavillon suisse de l'Exposition universelle de Bruxelles

Exposition permanente

L'exposition permanente présente un parcours consacré à la mesure du temps, articulé autour d'une approche à la fois chronologique et thématique, des origines aux développements contemporains. Elle met en scène des objets, instruments et dispositifs liés à l'horlogerie et à la mesure du temps, et propose également des dispositifs de médiation destinés à accompagner la compréhension des techniques et des usages.

L'Homme et le Temps

« L'Homme et le Temps » est le titre d'une exposition permanente consacrée aux relations entre sociétés, cultures et mesure du temps, en lien avec l'histoire des instruments et de leurs usages. Elle s'inscrit dans la mission du musée d'aborder la mesure du temps non seulement sous l'angle technique, mais aussi dans ses dimensions sociales et culturelles.

La conquête du temps de Hans Erni

Ces œuvres ont été réalisées en 1958, sur commande de la Chambre Suisse d’Horlogerie, pour l’Exposition universelle de Bruxelles. Elles ornaient la section horlogère du Pavillon suisse. Sous le titre générique de la « Conquête du Temps ». Les fresques de la rangée supérieure illustrent la philosophie universelle du temps avec ses savants ; la rangée du bas, l’avènement et le développement de l’horlogerie à Genève et dans l’Arc jurassien. Les autres fresques réparties dans le musée évoquent la technique moderne.

Planétaire de Ducommun François Ducommun, La Chaux-de-Fonds, Planétaire, laiton, carton, bois, peinture à l'huile, 1816, D: 120 cm. 1816. Inv. V-12

Ce planétaire présente le système solaire tel qu'il est connu au début du . Le globe, peint des figures des constellations, contient le mécanisme en laiton formé de deux parties distinctes : le quantième et le planétaire. Un dessin révèle les calculs ardus de l'horloger chaux-de-fonnier François Ducommun pour mener à bien son entreprise. En plus des qualités techniques incontestables, ce Planétaire unique au monde présente un riche décor précis dû au peintre et graveur Charles Girardet.

L’automate turc buvant du café Francois Junod, Automate Turc buvant du café sur un tapis volant, don 2015

Œuvre électro-mécanique contemporaine de premier ordre, ce Turc est le fruit de la rencontre d'un artisan de Sainte-Croix et du patron d'une entreprise de torréfaction de café de La Chaux-de-Fonds, cherchant à célébrer le centenaire de sa société en l'an 2000. Le Turc assis sur un tapis ondulant est entièrement animé. Sur l'air de la célèbre Marche turque de Mozart, l'automate se sert une tasse de café et la déguste avant de retrouver la tranquillité. L'entier du mécanisme est actionné par un simple grain de café.

Centre de restauration en horlogerie ancienne (CRH) Les ateliers de restauration sont en partie visibles par les visiteurs. Le MIH y effectue des travaux de conservation-restauration pour les collections du musée et pour certaines pièces de particuliers choisies selon des critères très précis. Ces différents travaux sont régis par une éthique de restauration très stricte, s'appuyant notamment sur le résultat de colloques, discussions avec d'autres restaurateurs, expérience des possibilités de faire fonctionner une pièce sans altérer son aspect ou de la conserver sans l'idée du fonctionnement. Cette intervention consiste à conserver au maximum les pièces originales de la pendule ou de la montre, même si cela comporte quelques risques pour leur fonctionnement et même si la restauration est visible sur la pièce.

Le Centre de restauration en horlogerie ancienne joue également un rôle de référence scientifique et technique, notamment par la documentation systématique des interventions réalisées sur les pièces restaurées. Les restaurations sont menées selon des principes de réversibilité et de traçabilité, conformes aux standards internationaux de conservation du patrimoine.

Le CRH collabore ponctuellement avec des institutions patrimoniales et des spécialistes externes, et contribue à la transmission des savoir-faire liés à l’horlogerie ancienne par l’observation directe des ateliers accessibles au public.

Centre d'études L'Homme et le Temps (CET) Le Centre d'études L'Homme et le Temps est doté d'une bibliothèque comprenant non seulement des ouvrages anciens et actuels relatifs au temps, à sa mesure et à l’horlogerie en général, mais également de précieuses archives industrielles ou privées, des documents iconographiques, des dossiers de presse d’entreprises horlogères, des revues spécialisées, etc. Les fonds d'archives du MIH sont accessibles au public sur demande. Ce centre organise aussi des colloques et conférences ouverts à un large public.