La rue de Courcelles est une voie des 8 et 17 arrondissements de Paris.
Situation et accès Longue de , elle commence rue La Boétie et se termine rue du Président-Wilson à Levallois-Perret.
Origine du nom Cette voie doit son nom au fait qu'elle était la route qui conduisait directement au hameau de Courcelles.
Historique La voie se compose de la réunion de plusieurs chemins dont certains sont très anciens : de la rue La Boétie à la rue de Monceau, c'était au début du le « chemin de Villiers », du nom de Villiers-la-Garenne, domaine rural (villa) appartenant à l'abbaye de Saint-Denis, auquel il conduisait et qui devint par la suite la commune de Neuilly-sur-Seine. Au début du , cette section était devenue la « rue de Villiers ». Elle prit en 1769 le nom du hameau de Courcelles, dépendant de la paroisse de Clichy, et qui fut absorbé par la commune de Levallois-Perret en 1866Selon Jacques-Antoine Dulaure, le nom viendrait de l'ancien français corsal signifiant « alerte », « rapide ». Daniel de Rémy de Courcelles (1626-1698) fut gouverneur de la Nouvelle-France de 1665 à 1672. ; entre la rue de Monceau et la barrière de Monceau (actuel boulevard de Courcelles) : le chemin de Courcelles est élargi en 1778 par le Louis-Philippe d'Orléans qui aménage le parc Monceau ; la rue est rebaptisée « rue de Chartres-du-Roule », en l'honneur du fils ainé de Philippe d'Orléans, duc de Chartres ; le suffixe du Roule, évoquant le faubourg du Roule, a été rajouté pour éviter la confusion avec la rue de Chartres-Saint-Honoré ; en 1798, cette section est renommée « rue de Mantoue », en l'honneur du siège de Mantoue mené avec succès par les troupes de Napoléon Bonaparte en 1797 ; elle reprend son nom précédent en 1814, avant d'être réunie à la rue de Courcelles en 1854 ;
thumb|left| au nord du mur des Fermiers généraux (actuel boulevard de Courcelles) : un ancien chemin, indiqué dès 1672, portait en 1842 le nom de « chemin de la Planchette à Courcelles », en référence à l'ancien château de la Planchette, situé à la hauteur des futures portes de Courcelles et de Clichy de l'enceinte fortifiée, où avait résidé la famille de Créquy.. Quelques maisons s'étaient construites, constituant un hameau où habita pendant quelque temps le trésorier des remises de gibier et des chasses de la plaine de Monceau et qui, jusqu'en 1860, sépara les communes de Neuilly et des BatignollesLa commune des Batignolles fut rattachée à Paris en 1860.. Ce chemin porta, de 1842 à 1863, le nom de « chemin de Courcelles », avant d'être intégré en 1863 à la rue de Courcelles ; tout au nord, un chemin fut aménagé en 1928 entre l'emplacement des anciens bastions de l'enceinte de Thiers qui reçut en 1930 le nom de « Courcelles » ; enfin, la section détachée en 1930 de la rue du Président-Wilson de Levallois-Perret reçut en 1931 le nom de « Courcelles ».
Entre la rue de Monceau et le boulevard de Courcelles, la rue de Courcelles longeait originellement le parc Monceau, qui a été sensiblement diminué lors du lotissement de ses alentours par Émile Pereire à partir de 1860. Elle a ensuite été éventrée par le percement du boulevard Haussmann et de l'avenue Hoche (1857), ainsi que des rues de La Baume, du Docteur-Lancereaux, Rembrandt, de Lisbonne, Murillo et de l'avenue Van-Dyck. Ces percements ont entraîné la destruction de nombreuses maisons anciennes.
Une décision ministérielle du 25 messidor an X () a fixé à la largeur minimale de la rue de Courcelles. Entre 1795 et 1859, la rue de Courcelles se situait dans le ancien.
Une partie de la voie délimitait la ZAC Beaujon Projets urbains et équipements publics.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire droite|vignette|upright=0.90|Portrait de l'empoisonneuse Marie Lafarge, née au de la rue de Courcelles en 1816. vignette|upright=0.90|20. 9 : presbytère de l’église Saint-Philippe-du-Roule. 10 : hôtel de la Princesse Mathilde. Hôtel particulier entre cour et jardin construit en 1812 par Bernard Poyet (classé monument historique en 1975.), sur un terrain ayant appartenu au financier Jacques-Louis-Guillaume Bouret de Vézelay (1733-1801), trésorier général de l'artillerie et du génie et grand spéculateur immobilier à la fin de l’Ancien Régime (voir « Rue de Vézelay »). En 1818, l'hôtel appartenait au marquis d'Aversens. En 1842, il était la propriété d'Auguste Taigny qui le loua de 1849 à 1857 à la princesse Mathilde (1820-1904) après son divorce d'avec le comte Anatole Demidoff. Hôtel de Delagarde en 1910. L'hôtel devint ensuite la propriété du général Charles Hitchcock Sherrill (1867-1936), qui fut ambassadeur des États-Unis à Constantinople en 1909-1910. Vendu par les héritiers du général Sherrill, l'hôtel a ensuite été la résidence du baron Élie de Rothschild (1917-2007) et de la baronne, née Liliane Fould-Springer (1916-2003) lorsque ceux-ci quittèrent l'hôtel de Masseran dans les années 1970. 12 : hôtel particulier construit en 1812 par Bernard Poyet, classé monument historique en 1975., qui a été la résidence du général-vicomte Arnold de La Villestreux (1856-1949), issu d'une ancienne souche protestante. Il passa ensuite à la famille de Turckheim. Il est actuellement la propriété de Hamad ibn Jaber al-Thani, membre de la famille royale de Qatar et premier ministre de 2007 à 2013. 13 : à cet emplacement existait encore en 1903 l'une des dernières fontaines marchandes de Paris.. 14 : allée privée, fermée par une grille. 17 : ici l'architecte décorateur Louis Süe, installa de 1912 à 1914 les locaux de sa société, l'Atelier français. Marie Lafarge, personnalité née en 1816, accusée d'avoir tué son époux et dont le procès fut abondamment commenté à l'époque est née à cette adresse. 20 (ayant son entrée au 2, rue de La Baume) : emplacement de l'ancien hôtel de La Baume Pluvinel, propriété de M. Despeaux en 1910, construit par l’architecte Henry Goury, documenté dans La Construction moderne en 1893. Il ne subsiste aujourd’hui de l'ancien hôtel particulier que l’immeuble à l’angle des deux rues ; la cour d’honneur qui donnait sur la rue de La Baume a disparuDictionnaire des noms d’architectes des constructions élevées à Paris aux . Période 1876-1899, 1990 .. Les décors peints de l’hôtel ont été conservés. 24-28 : hôtel de Bragance, construit juste avant la Révolution par l’architecte Pierre-Adrien Pâris (1745-1819) pour l’intendant des Postes Arboulin de Richebourg. Cet hôtel devait son nom au séjour qu’y avait fait l’empereur dom Pedro du Brésil. Il appartint ensuite à la reine Marie-Christine de Bourbon, reine douairière d’Espagne. Napoléon III l'acheta en 1857 pour le mettre à la disposition de la princesse Mathilde. Elle y tenait un salon très réputé pour son esprit et sa liberté de ton, y accueillant des personnalités aussi diverses que les frères Goncourt, Sainte-Beuve, Flaubert ou Théophile Gautier. Il fut démoli en 1954. 32 : Patrick Hernandez et Madonna y ont emménagé ensemble en 1979Patrick Hernandez, interviewé par Paloma Clément Picos, « Patrick Hernandez : "Je fais passer son premier casting à… Madonna !" », Paris Match, semaine du 25 avril au 2 mai 2019, .. 36 : le photographe Tcherniak, grand prix et médaille à l'Exposition universelle de Bruxelles de 1910, avait un atelier à cette adresseSelon ses portraits cartes-de-visite.. 45 : Marcel Proust et ses parents ont emménagé dans cet immeuble très cossu, construit par Alfred Fasquelle en 1881, le , dans un appartement du sur rue (angle avec la rue de Monceau). Le docteur Adrien Proust meurt dans cet appartement le , puis Proust le . Marcel Proust conserve l'appartement, devenu trop vaste, jusqu'en puis il emménage au 102, boulevard Haussmann. Ce même appartement sert de décor dans le roman Quartier perdu de Patrick Modiano, où le narrateur plonge dans ses souvenirs d'adolescence. Actuelle ambassade de la République dominicaine en France.
thumb|150px| 48 (angle de la rue Rembrandt et place Gérard-Oury) : la Pagode rouge, surprenant bâtiment librement inspiré d'une pagode chinoise construit en 1926 par l'architecte Fernand Bloch pour Ching Tsai Loo (1880-1957), ressortissant chinois venu faire ses études en France en 1900 et fondateur d'une galerie d'art d'Extrême-Orient. Le bâtiment actuel n'est peut-être que la transformation complète d'un hôtel particulier datant de la monarchie de Juillet. Le décor intérieur présente des plafonds à caissons et de belles boiseries laquées anciennes. La pagode abrite toujours la galerie C. T. Loo et . 51-57 : hôtel du Collectionneur. 67 : bel hôtel particulier où Boni de Castellane (1867-1932) aurait eu une garçonnière à trois entrées« Rue de Courcelles » sur le site « Mon village : le faubourg du Roule et ses environs », www.apophtegme.com (consulté le 14 mars 2009) : La même source indique que cet hôtel a été détruit pour faire . Pourtant, cet organisme est installé 7, rue Alfred-de-Vigny.. 73 : de 1919 à 1928, l'amateur d'art Charles Pacquement fit réaliser la décoration de son intérieur par l'architecte décorateur et peintre Louis Süe et son associé le peintre André MareMathilde Dion, « Louis Süe », Notices biographiques d'architectes français, Paris, Ifa/Archives d'architecture du , 1991, 2 vol.. Henri Rethoré, diplomate français, ambassadeur de France, y est né le . 75 : Edgar Ney (1812-1882), prince de la Moskowa, quatrième fils du maréchal Ney, y est mort ; l'artiste-peintre Louis Émile Adan (1839-1937) eut ici son atelier et y mourut, presque centenaire. vignette|Plaque au 82 : la Cinémathèque française installa ses bureaux dans cet hôtel particulier en 1958. C'est là qu'eurent lieu en 1968 de mémorables manifestations lorsqu'André Malraux, alors ministre des Affaires culturelles, chercha à révoquer son fondateur, Henri Langlois. 84 : hôtel particulier qui appartenait en 1916 à la cantatrice Marthe Chenal (1881-1947) situe à tort sa demeure au . Une plaque de marbre commémore son chant de La Marseillaise le sur les marches du palais Garnier. Elle habitait auparavant au 42, rue de la Bienfaisance. Elle mourut en 1947 dans l'hôtel de la rue de Courcelles. thumb|Le 90 : hôtel particulier de A. Rochet (en 1910) 92 : ambassade d'Arabie saoudite en France. 93 : l'écrivain Colette (1873-1954) et son mari Henry Gauthier-Villars (1859-1931) s'installèrent à cette adresse en 1901, dans un atelier d'artiste au , . Colette et Willy quitteront cet appartement dès 1902 pour s'installer au 177 bis.. 94 : après avoir divorcé en 1877 du baron , Jeanne de Béthisy, fille d'Alfred-Charles-Gaston de Béthisy et de Bernardine de L'Espine, se remaria en 1878 avec le comte de Louvencourt et habita cet hôtel avec leur fils Kostia. 104 : la comédienne et chanteuse Marie Dubas y achète un appartement en 1939, qu'elle occupe à nouveau à son retour en France, de janvier 1945 à 1952. 118 : au rez-de-chaussée se trouvait autrefois le cinéma « Courcelles-Palace », ouvert en 1932. Il disposait alors d'une salle de 500 places, à la décoration de style néo-Renaissance italienne, et son balcon avec deux avancées obliques permettait une bonne vision vers l'écran. Rebaptisé « Studio-Courcelles » au début des années 1950, il est rénové en 1957 et devient alors le « Windsor », avec une capacité réduite à 400 places. Il ferme définitivement ses portes en 1964 et l'emplacement est aujourd'hui occupé par un centre culturel arménien. 132-134 : immeuble Art nouveau construit en 1907 par l'architecte Théo Petit. Figures sculptées par Henri Bouchard, sculpture décorative par Léon Binet. 147 : les carrosses prévus en 1873 par le comte Maxence de Damas pour le couronnement du comte de Chambord avaient été remisés à cet endroit où se dresse aujourd’hui un vaste immeuble de bureaux. 181 : les peintres Georges Lorin (1850-1927), Gaston Hochard (1863-1913) et Yves Dieÿ (1892-1984) eurent leur atelier dans cet immeuble. Angle du boulevard de Reims (place de Jérusalem) : le Centre européen du judaïsme créé en 2017, inauguré en 2019.