Le Grianan d'Aileach (écrit aussi Grianan d'Aileach ; en irlandais Grianán Ailigh) est un site fortifié, ayant connu de multiples périodes d'activité, qui se trouve dans le nord-est du comté de Donegal, en Irlande. Les premières fouilles suivies de vastes restaurations ont eu tendance à embrouiller plutôt qu'à éclairer l'histoire de ce site. Les trois remparts extérieurs en terre datent peut-être de la fin de l'Âge du bronze, tandis que le Moyen Âge vit la construction d'un fort de pierres massif de de diamètreOxford Companion to Irish History, page 241.

Ce site a été édifié sur la colline de Grianán, haute de . La plupart des auteurs considèrent que ce site fut le grand « fort royal » d'Ailech. Le corps principal est constitué d'une place forte en pierres de l'Âge du fer. Il est généralement admis que le siège des rois d'Ailech se trouvait là, bien que l'on pense maintenant que la véritable capitale était située plus à l'est. Les royaumes des Ulaid et des Oirialla, plus au nord, étaient des royaumes vassaux d'Ailech. Mais quel que fût son véritable statut, le Grianán était un centre politique et culturel durant le règne des premiers chefs irlandais, de 800 av. J.-C. à 1200 ap. J.-C. environ.

Un mythe de création irlandais prétend que cette forteresse fut bâtie par le grand roi Dagda des Tuatha Dé Danann. La tombe d'Aeah, le fils du roi, se trouvait au centre de la forteresse, qui avait été construite autour. On ignore si une telle tombe a existé. Aucun vestige archéologique n'a été retrouvé, bien qu'à proximité un tumulus pourrait marquer un emplacement funéraire.

Il existe beaucoup de documents historiques et légendaires concernant le Grianán d'Ailech. Les annales irlandaises mentionnent sa destruction en 1101. Le principal édifice de la colline est un fort en pierre, restauré au , mais probablement construit au L'utilisation du sommet comme lieu d'habitation est sans doute bien antérieure à cette construction. Un tumulus sur le Grianán date sans doute du Néolithique, et, au début du , on a découvert près du fort un puits couvert.

Au , le royaume d'Ailech se trouvait ravagé par les combats et amputé d'une bonne partie de son territoire par les envahisseurs normands. La forteresse elle-même fut détruite par Murtogh O'Brien, roi de Munster en 1101. Vers 1177, les Normands contrôlaient de vastes portions de territoire, détenues autrefois par Ailech.

Étymologie Le site de Grianán d'Ailech a été connu sous de nombreux noms au cours de sa longue histoire : Aileach, Aileach Neid, Aileach Frigrinn, Aileach Imchell, Grianán Ailigh et Aileach des rois. Le mot « Aileach » a lui-même une longue histoire, et on le trouve à la fois en Irlande et en Écosse. Petrie et Lacy suggèrent tous deux qu'il vient d'un adjectif tiré du vieil irlandais « Ail », signifiant roc, rocher ou pierre. Lacy conclut qu'Aileach désigne soit un endroit rocailleux, soit un lieu en pierre. Petrie va plus loin en disant qu'il signifie maison ou habitation en pierre. Dans le même veine, Lacy propose que l'étymologie du mot vienne de « Ali Theach », signifiant « maison en pierre ». Pourtant la première traduction de Lacy paraît plus plausible, car, à l'origine, le nom « Aileach » vient de « Aileach Mór », mentionné dans la section « Chronologie ». Le nom peut venir de la nature rocailleuse du sol, comme il peut décrire le fort en pierre lui-même.

Le mot Grianán signifie « endroit ensoleillé », expression utilisée par les anciens Irlandais pour désigner un lieu avec vue. Ce fut probablement le sens de ce mot ici. Une théorie plus ancienne disait que le mot signifiait « temple du soleil », mais cette théorie n'a pas été confirmée. Il y a beaucoup de témoignages montrant que ce mot fut constamment utilisé dans le sens figuratif de résidence ou de maison distinguée. Peut-être qu'en l'interprétant ainsi, cela peut vouloir dire que lorsqu'on est en présence d'un roi, on se trouve toujours dans un lieu ensoleillé. Le meilleur résumé que l'on peut tirer de cette décomposition étymologique est que ce mot signifie : « Le palais de pierre avec une vue ensoleillée ».

Situation La paroisse de est l'agglomération la plus proche. Le Grianán se situe sur la frange ouest d'un petit groupe de collines qui sépare les cours supérieurs du Lough Swilly et du Lough Foyle. Bien que cette colline ne soit pas très élevée, son sommet domine les comtés avoisinants de Derry, de Donegal et de Tyrone. Placé à l'entrée de la presqu'île d'Inishowen, le Grianán se trouve à 11,25 kilomètres au nord-ouest du site ecclésiastique de Derry et les histoires de ces deux lieux sont étroitement liées.

vignette|Vue intérieure du Grianan d'Ailech vignette|Vue depuis le Grianan d'Ailech

Historique George Petrie inspecta le premier le Grianán d'Ailech dans les années 1830. À cette époque, le fort n'était plus guère qu'une ruine, et Petrie donna une description de la colline et des édifices. Il indiqua que la pente est de la colline était douce, se terminant, sur les trente derniers mètres, par un sommet circulaire. Une ancienne route, suivant une corniche rocheuse, menait au sommet.

Des parties de la forteresse furent détruites avec le temps, mais la plupart ont été reconstruites au , avec l'intention de conserver la nature historique et esthétique du monument. Ce fut le Bernard qui dirigea les travaux de restauration. Le site appartient maintenant au gouvernement irlandais.

De nouveaux travaux de restauration ont été entrepris depuis 2001 par le Service des Travaux Publics, à la suite de l'effondrement d'un mur. Ces travaux sont le sujet d'une controverse publique. S'il s'est produit une modification des dimensions du bâtiment, rien n'a encore été rendu public. Il y a des signes visibles de sa restauration : de larges portions du mur ont été remplacées. Ces sections diffèrent visuellement du mur original par la forme et la couleur. Quelques parties supérieures du mur ont été cimentées, probablement pour éviter la chute de pierres. Une grille en fer a été placée dans l'entrée. En 2007, le couloir d'entrée était soutenu par des poutrelles d'acier, qui ont depuis été supprimées.

Description

Selon Petrie, le fort était entouré par trois remparts concentriques. Petrie suggère qu'à l'instar d'autres monuments de ce type, comme Emania, de nombreux autres remparts pouvaient avoir clôturé l'ensemble de la colline, mais il n'existe aucune preuve physique ou historique de cette hypothèse. Les remparts qui subsistaient étaient faits de terre et de pierres, et suivaient la forme naturelle de la colline selon un motif circulaire irrégulier. Chaque rempart allait jusqu'au suivant qui le dominait, formant des terrasses horizontales.

Le sommet circulaire de la colline, compris à l'intérieur du rempart le plus externe, a une superficie de 2,2 hectares. Le second enferme une surface de 1,6 hectare, et le plus interne, une surface de . À présent, le talus le plus interne est très bas, abîmé et couvert de bruyères, mais on peut le suivre sur presque tout son tracé. Les deux autres talus se trouvent dans un état similaire, mais certaines de leurs parties sont devenues invisibles. La route se rétrécit entre le rempart le plus interne et le fort, et s'incurve légèrement vers la droite. Ce chemin avait été consolidé de part et d'autre par des murs. À l'époque de l'étude, seules restaient les fondations de ces murs. Le plan du site dressé par Petrie montre un alignement de pierres conduisant à l'entrée. Elles ont maintenant disparu.

D'après ce que rapporte Petrie, tout ce qui restait du fort était un mur circulaire de de diamètre. Ce mur avait une hauteur de et une largeur variant de à , et n'était pas d'aplomb : il était incliné vers l'intérieur comme la plupart des « cashels », les forts en pierre irlandais. Petrie pense que ce mur était à l'origine deux à quatre fois plus haut que lorsqu'il l'examina. À cause de l'existence de terrasses, sa hauteur du côté intérieur était de pour une épaisseur de . On pouvait gagner la terrasse par des escaliers situés de part et d'autre de l'entrée. Des pierres tombées avaient recouvert tous les autres escaliers existants. Petrie suggère qu'il y avait trois ou quatre autres terrasses s'étageant jusqu'en haut du mur. De chaque côté de l'entrée, il existe des « galeries » dans l'intérieur du mur. Elles ne sont pas reliées à l'entrée, et on ne connaît pas leur rôle exact. Ces deux passages, un au sud et l'autre au nord-est sont orientés vers la porte d'entrée, mais ils s'interrompent avant de l'atteindre. L'entrée du passage sud mesure de large, de hauteur et de long. Il tourne à angle droit, et il mesure alors de large, de hauteur et de long. Près de l'extrémité nord du passage sud, il existe dans le mur ouest une petite niche de de large, de hauteur et de profondeur. L'entrée de la galerie nord-est fait de large, de hauteur et de long. Elle rejoint la partie principale du passage par un embranchement en T. Au nord, le passage fait de large, de hauteur et de long. Vers le sud, le passage fait de large, de hauteur et de long. À l'extrémité sud du passage nord, se trouve un siège de pierre.

Petrie décrit le tumulus, qui se trouvait entre le second et le troisième talus, comme un petit monticule entouré d'un cercle de dix pierres. Ces pierres étaient posées horizontalement et pointaient vers le centre. À l'époque de Petrie, le monticule fut fouillé, mais rien ne fut trouvé expliquant sa signification. Il fut par la suite détruit, mais sa position reste marquée par un amas de pierres brisées.

État actuel L'édifice, après la restauration de 1874-1878, a considérablement changé, mais une partie de l'ancienne structure est restée intacte. Durant la restauration, des parties de la maçonnerie originale en pierres sèches ont été retrouvées sous les éboulis. Les ouvriers marquèrent au goudron les parties du fort demeurées intactes, et ils utilisèrent les pierres tombées pour consolider les fondations. Ils rajoutèrent d'autres pierres de la région pour remplacer « celles qui avaient été retirées par le roi Murtogh O'Brien en 1101 ».

Les diamètres intérieurs du fort sont de selon l'axe nord-sud, et dans l'axe est-ouest. L'entrée, surmontée d'un linteau mesure de long, de large et de hauteur. Avant la restauration, le linteau de l'entrée n'était plus en place. Il mesurait de large et de hauteur. Cette entrée donnait accès au fort en venant de l'est. De légers renfoncements existaient de chaque côté de l'entrée, mais ils furent comblés. Ils permettaient sans doute aux deux vantaux de la porte originelle de s'ouvrir totalement en s'effaçant dans l'épaisseur du mur. L'intérieur s'élève par trois terrasses accessibles par des escaliers. Le mur extérieur est bâti en pierres sèches. L'intérieur du fort est à peu près de niveau, et Petrie y nota les restes d'une chapelle rectangulaire, mesurant par . Les murs faisaient d'épaisseur et pas plus de de hauteur. La construction était faite au mortier, mais plus rien n'en subsiste aujourd'hui. Un tuyau d'évacuation traverse le mur du fort au niveau du sol. Il vient d'une fosse à fumier circulaire située du côté ouest, de de diamètre et de de profondeur.

Les seules fondations d'une construction à l'intérieur du fort, à part les murs, étaient celles de l'église pénale. Bernard n'a signalé aucune autre fondation. En revanche, il a fait état de la découverte de quelques colonnes cannelées, qui semblent indiquer qu'il existait un bâtiment en pierres à l'intérieur du fort. Il n'y a pourtant aucune trace de construction ressemblant à une maison. Les maisons circulaires, qui sont directement associées avec la phase principale d'occupation des ringforts, ont tendance à se trouver au centre de l'enclos, afin d'être au plus loin des attaques extérieures. Si une telle maison avait été bâtie dans le fort, toutes ses traces furent détruites lors de la construction de l'église.