La Guinée équatoriale, en forme longue la république de Guinée équatoriale ( et , et ) est un pays d'Afrique centrale. Elle est constituée de deux parties, l'une continentale, bordée par le Cameroun et le Gabon, où se trouve la capitale Ciudad de la Paz (depuis ), l'autre insulaire avec l'île de Bioko (où se trouve l'ancienne capitale Malabo) et l'île d'Annobón.

Ancienne colonie espagnole pendant la colonisation européenne de l'Afrique, la Guinée équatoriale obtient son indépendance en 1968 sous la dictature sanglante du Président à vie, Francisco Macías Nguema. Depuis son renversement par un coup d'État en 1979, le président du pays est son neveu Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Sous sa propre dictature, la Guinée équatoriale continue de connaître de graves violations des droits de l'homme.

Depuis les années 1990, la Guinée équatoriale est devenue un important pays producteur de pétrole en Afrique subsaharienne. Mais sa production décline depuis 2016 et n'atteint plus que barils par jour en 2021, selon l'OPEP..

Elle est le quatrième pays quant au PIB/habitant en Afrique subsaharienne., mais peu de gens ont profité des richesses issues du pétrole, et les inégalités restent très importantes.

Les langues officielles sont l'espagnol, le français et le portugais. Cependant, l'espagnol est de loin la langue officielle la plus parlée. Les Fang sont le groupe ethnique dominant, et représentent plus de de la population. Les Bubi, indigènes de Bioko sont le deuxième plus grand groupe ethnique, et représentent environ 6,5 % de la population.

Toponymie L'usage majoritaire est d'écrire « Guinée équatoriale » comme le font notamment la liste annexée à l'arrêté du 4 novembre 1993, Le Petit Larousse 2007 (et 2003), ou encore le Dictionnaire Hachette 2007Et ce, malgré des règles de typographie qui envisagent le cas du trait d'union..

Le Petit Robert des noms propres 2006 écrit cependant « Guinée-Équatoriale » et « république de Guinée-Équatoriale », avec un trait d'union et une majuscule à chaque terme.

Du temps de la colonisation, le pays constituait la Guinée espagnole.

Histoire

Préhistoire L'étude de la Préhistoire de la Guinée suit une subdivision géographique, l'île de Bioko d'une part, la province du Littoral entre Cameroun et Gabon d'autre part. L'île de Bioko était reliée au continent jusqu'en 8 000 av. J.-C. par un « pont » qui fut lentement immergé par la montée des eaux de l'Atlantique, qui avait débuté vers 11 000 av. J.-C. à la fin du dernier Âge glaciaire. De ce fait, il est probable que ce territoire devait être habité par des populations nomades de chasseurs-cueilleurs, à l'instar de ce qui est connu sur le continent actuel.

Les vestiges d'une présence humaine ont été découverts en fouille au site de Mossumu (province du Littoral) et datés de 30 000 av. J.-C. Il s'agit d'une industrie dite « Sangoenne », bien connue à cette époque à travers l'Afrique centrale. Quelques autres sites, de surface ou en affleurement stratigraphique, indiquent que l'Âge Moyen de la Pierre est bien représenté dans cette partie du pays. Par la suite, des vestiges, encore mal datés, illustrent autour de Bata et du Rio Muni la permanence de la présence de l'homme, nomade, tailleur de pierre et chasseur-cueilleur, jusqu'en 3 000 av. J.-C.

Sur l'île de Bioko, il s'agit d'une autre lecture ; celle-ci sera très certainement modifiée dans les années à venir avec l'installation de projets de recherches archéologiques. Trois gisements « prénéolithiques » ont été recensés. Seul celui du séminaire de Banapa au sud de Malabo a été fouillé dans les années 1960 par un anthropologue espagnol. Tout ce qui peut être dit est qu'il est antérieur à la « Tradition Timbabé » de Bioko, encore non datée, elle-même antérieure à la « Tradition Carboneras » datée par le radiocarbone entre le et le de notre ère. Il faut signaler que sur l'île d'Elobey Grande, des pierres taillées similaires à un Âge Récent de la Pierre ont été découvertes en surface. Ces trouvailles étayent l'idée d'une grande ancienneté de la présence humaine sur l'ensemble des îles équatoguinéennes avant qu'elles ne soient définitivement séparées du continent.

Enfin, l'expansion du mode de vie villageois en Afrique centrale implique dans sa modélisation, et avec le rapprochement des données de la linguistique, l'installation sur l'île de Bioko de villages dès 3 500 av. J.-C. Pour l'instant rien n'a été découvert pour vérifier cette hypothèse. La séquence archéologique de l'île, outre le pré-néolithique déjà mentionné, démarre avec la « Tradition Timbabé » connue sur treize points du littoral. Une continuité d'occupation de cette île est désormais bien attestée jusqu'à l'époque historique. À la suite du « Timbabé », les traditions « Carboneras », « Bolaopi », « Buela », et enfin « Balombe ». Cette dernière tradition est historique.

Sur le continent, entre Cameroun et Gabon, les données de fouilles restent lacunaires mais sont suffisantes pour affirmer que la séquence complète qui reste à découvrir sera dans les grandes lignes similaire à ce qui est connu au sud-Cameroun et dans la région de Libreville au Gabon.

Premiers contacts avec des Européens Entre 1469 et 1474, les navigateurs portugais découvrent dans le golfe de Guinée les îles de São Tomé, Principe, Annobón et Fernando Poo : le , João de Santarém et Pedro Escobar aperçoivent une île qu'ils appelent « Ilha do Ano Bom » (île de la bonne année) d'où le nom actuel d’Annobón qui correspond à la phonétique du nom portugais. En 1474 un autre Portugais, Fernão do Pó, découvre dans le golfe du Biafra une île qu'il nomme « Formosa » (la belle), mais qui portera finalement son nom (aujourd'hui Bioko). Les îles d’Annobón et Fernando Poo deviendront, avec les îles de Corisco, Elobeye et Mbanié la partie insulaire de la Guinée espagnole en 1778, puis de la Guinée équatoriale en 1968.

Colonisation portugaise La première tentative de peuplement des îles désertes du golfe se fait sur l’île de São Tomé en 1485, mais elle échoue. Ce n’est qu’en 1493 que les efforts consentis par les Lusitaniens porteront leurs fruits dans cette île. L’île de Principe ne sera peuplée qu’au début du , et Annobón au milieu de ce même siècle. Quant à Fernando Poo, elle est déjà peuplée par les Bubis, et les Portugais après avoir construit un fort, sont contraints de l'abandonner. Ces deux îles furent longtemps utilisées comme escales de rafraîchissementsValérie de Wulf, Tome 1 - Histoire de l’île d’Annobón (Guinée Équatoriale) et de ses habitants du , Paris, L'Harmattan, Association France-Guinée équatoriale, 2013..

Tout au long du , ces territoires vont connaître les assauts répétés des Français mais surtout des Hollandais. Ceux-ci occupent non seulement les îles du golfe à différentes périodes : São Tomé en 1641, Annobón en 1661, CoriscoGustau Nerin, Corisco y el estuario del Muni (1470-1931) : del aislamiento a la globalización y de la marginalización, Paris, L'Harmattan, Association France-Guinée équatoriale, 2015., mais mènent de nombreuses actions et razzias sur la côte continentale de Rio Muni (Mbini). Les navires de nombreuses nations qui tentent d’installer des comptoirs le long de cette côte sont saisis ou détruits. L’épopée de Jean Dansaint, négrier français travaillant pour le roi du Portugal dans la première moitié du , en est l’illustrationJacint Creus Boixaderas, Jean-Marc Lefebvre, Gustau Nerin, Ernst Pijning, Valérie de Wulf, La Guinée équatoriale aux Archives nationales (-début s), Paris, L'Harmattan, Association France-Guinée équatoriale, 2015..

Première tentative de colonisation espagnole Avec le traité de San Ildefonso et le traité d'El Pardo, le Portugal livre à l'Espagne les îles de Fernando Póo, Annobón et de Corisco, en échange de la colonie de Sacramento, en Amérique du Sud et d’autres territoires permettant de conforter les frontières du BrésilArchives générales de Simancas, Estado 7411 bis, folio 6 (): « Tratado de Amistad, Garantia y Comercio... (24/03/1778) ». Dans le même temps, l'Espagne se voyait accorder la liberté de commercer sur les côtes guinéennes depuis le delta du Niger jusqu’au cap Lopez, situé au Gabon actuel. En cette année 1778, une expédition partit de Montevideo pour prendre possession de ces territoires, menée par le comte d'Argelejos. Mais le peuple de l'île d'Annobón se soulève, ne reconnaissant ni la domination portugaise ni celle de l’Espagne(Archives de la Marine, Madrid), MS 469, José Varela y Ulloa, Rapport du 12/03/1779. ; puis après le débarquement à Fernando Poo (actuelle Bioko), les membres de l’expédition sont touchés par de graves maladies et attaqués par les Bubi, les insulaires de cette île ne reconnaissant eux non plus aucune domination étrangère. Ces derniers événements provoquèrent une mutinerie et l'échec de l'expéditionValérie de Wulf, L'acte de naissance de la Guinée espagnole : les traités de San Ildefonso, du Pardo, l'expédition du comte d'Argelejos et ses conséquences (1777-1785), Saint-Louis (Sénégal), revue GERAHA, , 2015..

Pendant de nombreuses années, la colonisation espagnole n'est pas effective. Ces territoires continuent à n'être que des escales à rafraîchissements. Et si quelques navires de Buenos Aires ou de Montevideo s'y arrêtent, ce sont surtout les navires anglais, portugais, hollandais et français qui les fréquentent.

En 1807, le Parlement britannique vote l'abolition de la traite atlantique, dont les flux chutent avec le droit de visite des navires étrangers imposé par la Royal Navy à partir de 1815 grâce à sa domination des mers. Mais le trafic illégal d'esclaves menés par certaines riches familles se poursuivit au-delà, avant d'être remplacé d’abord par le commerce de brandy, d'huile de palme, de bois précieux et de textiles entre Barcelone et la colonie..

Occupation britannique partielle (1827-1845) En 1827, l'Espagne autorise la colonisation de l'île de Bioko par les Britanniques. Santa Isabel (aujourd'hui Malabo), port et cité principale de l'île de Bioko, prend alors le nom de Port Clarence. C'est là qu’est constitué un tribunal destiné à réprimer le trafic d’esclaves, suite à l'abolition de la traite en 1807, puis l'abolition de l'esclavage en 1833.

Le climat et les maladies déciment de nombreux Espagnols, membres des expéditions successives envoyées sur place à partir de 1830. À partir de 1832 de nombreux Espagnols, voyageurs, scientifiques ou officiels visitent l'île, qui est finalement revendiquée à nouveau par l’Espagne en 1845, année au cours de laquelle Nicolás de Manterola y débarque le premier missionnaire.

Retour de l'Espagne (1856-1968) En 1856, l'Espagne fonde officiellement la Guinée espagnole, initialement réduite au domaine maritime des côtes guinéennes, et de son île principale. En 1858 est envoyé le premier gouverneur général de l'île, cette dernière bénéficiant un an plus tard du statut de colonie espagnole. Cependant, le domaine de plus de laissé en Guinée par le Portugal à l'Espagne par le traité de San Ildefonso (1777) et le traité d'El Pardo (1778) est plus ou moins abandonné, et l'Espagne rencontre bien des difficultés pour faire admettre ses droits de propriété auprès des autres puissances européennes qui viennent s'y installer : la France au Gabon, l'Allemagne au Cameroun et la Grande-Bretagne au Nigeria. L'Espagne envoie un géographe, Manuel Iradier y Bulfy, qui s'emploie à partir de 1884 à ré-annexer les territoires du Rio Muni, en passant des traités avec les chefs locaux. La conférence de Berlin de 1884-1885 sur le « partage de l'Afrique » tourne au désavantage de l'Espagne, qui ne se voit octroyer que , sans compter les dépossessions dont elle fait l'objet sur le terrain de la part de la France. Face à ses récriminations, une commission franco-espagnole est créée, qui aboutit au traité de Paris du qui ne laisse à l'Espagne qu'un territoire de correspondant au Rio Muni, partie continentale de l'actuelle République de Guinée équatoriale.