vignette|La vallée du Rhône et les Alpes vaudoises.
Le Chablais est une ancienne possession du comté de Savoie avant de devenir une province du duché de Savoie ayant Thonon-les-Bains pour capitale historique. Cette région historique est actuellement divisée en trois territoires, le Chablais savoyard, le Chablais valaisan, le Chablais vaudois et dépend de deux pays : la France (département de la Haute-Savoie) et la Suisse (cantons du Valais et de Vaud). Bordant la rive sud du Léman, la région est dominée par les Alpes.
Toponymie Le toponyme de la région provient du nom d'un ancien bourg situé à proximité de Villeneuve, dans le canton de VaudD'après ... Le nom de la localité en langue celtique était *Penn-Loch qui donne en gaulois Pennelucos autrement dit l'extrémité ou la « tête du Lac ». Au , le Chablais désignait tout le territoire s'étendant sur les deux rives du Rhône, entre Évian et Vevey sous le nom « sommet » ou « tête du Lac ». Romanisé, le nom devient Pennelocus ou . Le nom latin (caput iaci ou caput lago), devint dans la langue vulgaire Capo' lai (lai = lac en arpitan).
Le terme aurait été employé pour la première fois par un fonctionnaire de Louis le Débonnaire en 826. Mentionnée au cours des , , la forme Caplatio au devient en langue locale tsab-lé et en français Chablai dans une source de 1145, puis au siècle suivant Chablas, pour se stabiliser sous la forme ChablaisHenri Jaccard, Essai de toponymie : origine des noms de lieux habités et des lieux-dits de la Suisse romande, G. Bridel & cie, 1906, 558 pages, .. Cette forme est toutefois attestée en 1076.. Par le jeu phonétique, « p » devient une autre labiale « b », d'où Cab'lai puis Chab'lai.
Gentilé Les habitants de la région se nomment les Chablaisiens.
Géographie
Chablais historiques Les historiens ont distingué plusieurs sous-ensembles : l'Ancien Chablais, le Nouveau Chablais et le Chablais vaudois. L'« Ancien Chablais » ou « Chablais primitif » du Moyen Âge correspond à la « tête du Lac » au long de la rive gauche du Rhône, soit l'actuel Bas-Valais.. Une autre définition donne la région comprise en entre la rivière de Trient (Valais) à l'Eau Froide (Vaud) et la Morge de Saint-Gingolph (Valais). Le « Nouveau Chablais » ou « Chablais savoyard » ou encore « Chablais actuel », voire de nos jours le « Chablais français », se situe entre la Dranse et la Morge.. Les historiens ont appelé « Chablais vaudois » les possessions savoyardes qui étaient enclavées dans le Pays de Vaud.
Chablais actuels vignette|Le lac de Montriond et le roc d'Enfer dans le Chablais. . Le Chablais suisse (Chablais vaudois et Chablais valaisan) est situé à l'extrémité vaudoise et valaisanne du Léman, en aval de la haute vallée du Rhône, sur les grandes voies reliant l'Italie au travers de la Suisse à la France du nord, la Belgique, les Pays-Bas et la vallée du Rhin. C'est une région entourée de nombreux sommets alpins, dont les dents du Midi, culminant à . En outre, trois communes de l'actuel canton de Genève étaient considérées comme faisant partie du Chablais, avant 1815 : il s'agit d'Hermance, d'Anières et de Corsier.
Le Chablais français (Chablais savoyard) s'étend au nord-est du département de la Haute-Savoie, entre le Léman et la vallée du Giffre. Il comprend trois zones géographiques : au nord, le bas Chablais bordant la rive sud du Léman, plaine de l'avant-pays savoyard ; la Côte-en-Chablais et le pays de Gavot, région située entre le Léman et la vallée de la Dranse d'Abondance ; au sud, le haut Chablais montagneux avec comme principal centre touristique l'ensemble Morzine-Avoriaz, la vallée d'Aulps et le val d'Abondance.
Les communes les plus peuplées du Chablais sontDernier chiffre officiel pour les communes françaises : Thonon-les-Bains ( hab), Monthey (), Aigle (), Évian-les-Bains ( hab.), Collombey-Muraz (), Ollon (), Bex (), Publier ( hab.), Sciez ( hab.), Villeneuve (), Douvaine ( hab.), Bons-en-Chablais ( hab.), Saint-Maurice (.), Morzine ( hab.).
Histoire Néolithique final Vers 2400 , une branche de la civilisation Saône-Rhône, de Suisse occidentale (Civilisation cordée) s'implante lentement sur les rives du Léman. Ils exportaient leurs productions (perles de cuivre, haches-marteaux) jusqu'au sud du Dauphiné en passant par Annecy, Fillinges, Haute-SavoieHistoire de la Savoie, 1988, , Éditions Privat, ..
Des fouilles montrent une forte implantation dans la région à l'âge du bronzeHistoire de la Savoie, 1988, , Éditions Privat, ..
Époque romaine thumb|Territoire des Allobroges|alt=Carte montrant le territoire des Allobroges et mentionnant Casuaria.
Au , les Allobroges occupaient le Chablais, comme le démontrent des découvertes de pièces d'argent. Ils contrôlent l'avant-pays plat, entre le Rhône et les Alpes..
Les Romains interviennent dans la région à partir du Des traces d'une présence romaine ont été trouvées à Yvoire, à Nernier et à Messery.. Des auteurs ont tenté de voir dans la mention du port militaire dans un texte romain de la fin de l'Empire le site d'Yvoire. Les différentes recherches tendent à lui préférer la ville suisse d'Yverdon.
Haut Moyen Âge La (452) décrit l'installation des Burgondes dans la province de Sapaudia. et le Chablais où de nombreuses tombes ont été trouvées.
L'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune fut fondée en 515 par le futur roi burgonde saint Sigismond à l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien abritant les restes de Maurice, martyr du , érigé par Théodore ou Théodule, premier évêque connu du Valais.
Moyen Âge vignette|upright=0.6|Armoiries du Chablais.
Au , le Chablais devient une possession de la maison de Savoie. incorpore à ce territoire dit du « Vieux Chablais » la région de Thonon à Douvaine. Par opposition, cette dernière prendra le nom de « Nouveau Chablais ». Les princes de la maison de Savoie séjournaient sur les lieux réclamant leur présence, notamment au château de Chillon, dans le pays de Vaud, et au château de Ripaille, près de Thonon.
Au début du , Humbert-aux-Blanches-Mains reçoit de l'empereur germanique Conrad le Salien la province du Chablais alors appelée Comté de la Tête du Lac et entreprit de le mettre en état de défense. Il fit construire, à cet effet, le long des rives du lac, toute une série de châteaux et notamment celui d'YvoireGeorges Chapier, (Éd. originale 1946 — Châteaux Savoyards, , Faucigny et Chablais, Revue Les Alpes, Grenoble, ) dans Les châteaux Savoyards — Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, La Découvrance, collection L'amateur averti, 2005, , ..
Le comte , au nom d'un droit de gouvernement sur le Chablais obtenu par les Humbertiens depuis l'empereur Conrad le Salique, prit prétexte d'une mauvaise administration du lieutenant impérial pour s'emparer des provinces du Chablais, puis de la vallée d'Aoste, et s'octroyer le titre de « duc de Chablais ».. En 1128, il agrandit son domaine en ajoutant à son gouvernement la région s'étendant de l'Arve jusqu'à la Dranse d'Abondance, formant ainsi le « Nouveau Chablais », dont Saint-Maurice d'Agaune devint la capitale.
Le voit aussi le développement du monachisme dans le Chablais : plusieurs monastères sont fondés près du lac ou dans les vallées reculées. C'est le cas de l'abbaye d'Abondance, de l'abbaye d'Aulps, de la chartreuse de Vallon, du prieuré de Meillerie
Au cours des , le territoire du Chablais est partagé entre quelques familles féodales. Le prince-évêque de Genève exerce son épiscopat sur toute la rive gauche du Léman. Son autorité administrative s'étend de Genève au Bouveret et son diocèse est partagé en huit décanats, dont celui des Allinges où se trouvait naturellement le château des Allinges (Château-Vieux d'Allinges et Château-Neuf d'Allinges), mais aussi ceux d'Avully, de la Rochette, de Buffavent et de Coudrée. Le Chablais était aussi placé sous l'autorité de nombreux seigneurs : les comtes de Genève, les sires de Faucigny et les comtes de Savoie.
Bailliage du Chablais Le Chablais est l'un des huit bailliages des États de Savoie, il correspond au territoire comprenant la partie savoyarde actuelle ainsi que la vallée du Rhône, de la pointe du Léman jusqu'aux abords de Sion, en passant par Aigle et Martigny, ainsi que les fiefs du Pays de Vaud, de Chillon, de Vevey et de Payerne..... L'organisation administrative civile et militaire du comté de Savoie repose, à partir de Pierre II de Savoie, sur les châtellenies, puis les bailliages. Le bailli siège le plus souvent château de Chillon, parfois à Évian ou à Conthey, selon le contexte les événements.
Le Chablais et le Vieux-Chablais (l'actuel Bas-Valais) sont découpés en seize châtellenies : Chillon-Villeneuve ; Genève (Île-de-Genève) ; Versoix (Versoy) ; La Corbière ; Yvoire-La Rovorée ; Allinges-Thonon (Thonon devient le centre à partir de 1288) ; Évian et Féternes ; Saint-Maurice-d'Agaune-Monthey (à partir de 1350, Monthey devient une châtellenie indépendante) ; Saxon ; Sembrancher ; Entremont ; Vevey ; Tour de Peil (Peilz) ; Châtel-Saint-Denis ; Conthey et Saillon..
En 1475, durant la guerre de Bourgogne, Berne conquiert une partie du bailliage du Chablais et forme le gouvernement d'Aigle..
L'établissement des comptes de châtellenie permet de connaître une partie de la liste des baillis savoyards du Chablais. Celle-ci est établie à partir des travaux de Piccard (1882). ; Rollin (1896), Tamini (1929, 1930) ou encore de Galbreath (1944).. En fin de ligne, entre parenthèses, les provinces d'origine des baillis sont mentionnées.
Gouverneur de Chillon (assimilé au bailli) 1260 : Humbert de Grammont (Bugey). 1265/66 : Aimon/Aymon de Sallanches (Genevois). 1271 : Anthelme d'Amaysin. 1274-5 — 1279/80 : Guy Bovard (Bovardi, Bonardis ou Bonard), chevalier. 1276 : Rodolphe Sirjoud (Sarjoud, Sarjod), chevalier (Bugey). Associé au précédent (?). 1283 : Guillaume Portier.
Baillis du Valais et du Chablais et du Genevois 1282 — 1292 : Guillaume de Septème (de Septemo), chevalier (Dauphiné), châtelain de Chillon et bailli du Chablais et du Genevois. — : Rodolphe Siriodi (Sirioudi, Sirjoud, Sarjoud, Sarjod), châtelain de Chillon et bailli du Chablais. — : Guillaume de Septème (de Septemo) (Dauphiné), peut être le même que le précédent et associé à Rodolphe Siriodi. — (on trouve 1288) : Thomas de Conflans (Genevois, Famille de Duin), châtelain de Chillon et bailli du Chablais, ancien bailli de Vaud (1281), puis châtelain de l'Île et vidomne de Genève (1296).. — : Amédée de Conflans, frère du précédent (Genevois), châtelain de Chillon, bailli du Chablais et du Genevois. 1298 : Hugonet de Chandeys, bailli du Chablais. 1300 — 1305 : Rodolphe de Montmayeur (Savoie/Tarentaise), châtelain de Chillon (1300-1304), puis d'Évian, bailli du Chablais et du Genevois. 1306, Jacques de Quart, frère de l'évêque de Genève, Aymon (Aoste), peut-être vice-bailli. 1305 — 1306 : Guillaume de Châtillon (Chablais). — : Rodolphe de Montmayeur (Savoie/Tarentaise). 1312 — 1316 : Guillaume de Châtillon (Chablais). 1312/ — : Hugues de la Rochette (Savoie), châtelain de Chillon et bailli du Chablais. 1318/19 : (Savoie), châtelain d'Évian, bailli du Chablais. — 1328 : , dit le Galois (Bresse), châtelain d'Évian-Féternes, bailli du Chablais. 1328 — 1330 : (Savoie). — : Aymon de Verdonne, châtelain de Chillon, bailli du Chablais et du Genevois. — : Humbert de Châtillon, dit Provana (Chablais), châtelain de Chillon et bailli du Valais. — : Guillaume de Montbel d'Entremont, seigneur d'Entremont (Savoie), châtelain de Chillon et bailli du Chablais. 1343 : Humbert, Bâtard de Savoie, châtelain de Chillon, bailli du Chablais et du Genevois. son lieutenant : Guillaume Foresta. — : Guillaume de Montbel d'Entremont, seigneur d'Entremont (Savoie), châtelain de Chilllon et bailli du Chablais. — : Aimon de Pontverre, seigneur d'Aigremont (Genevois), châtelain de Chillon et bailli du Chablais, puis bailli de Gex (1353).