Le Rheinwiesenlager (en français « camps de la plaine du Rhin ») est le nom officiel des enclos temporaires pour prisonniers de guerre dans l'ouest de l'Allemagne (Prisoner of War Temporary Enclosures ou PWTE) à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit d'environ 19 camps de transit sommaires retenant entre de prisonniers de guerre allemands du printemps à la fin de l'été 1945.

Contexte et construction des camps Dès le printemps 1943, Eisenhower, décide de ne pas accorder à ces détenus le statut officiel de prisonniers de guerre, mais celui de forces ennemies désarmées appartenant à un État qui avait cessé d’exister légalement. Ce statut permet alors aux alliés de contourner les obligations imposées par la Convention de Genève vis-à-vis des prisonniers de guerre.

Au printemps 1945, la résistance allemande est brisée par les Alliés et les soldats allemands se rendent par milliers. En , les forces alliées ont fait au total de prisonniers des forces de l’Axe. Les capacités d'internement de prisonniers de guerre des alliés sont alors dépassées.

À partir d’avril, les Américains lancent en Allemagne de l’ouest la construction d’immenses camps de transit pour assurer une incarcération rudimentaire. Ce sont de vastes enclos ceints de barbelés, situés à l’écart des habitations. Ils sont situés sur la rive ouest du Rhin pour permettre l'accès et le ravitaillement par le chemin de fer.

En , les Américains recensent 17 enclos temporaires pour une capacité de . Au total, 19 enclos temporaires sont créés et prévus pour accueillir chacun .

Organisation des camps Chaque camp est subdivisé en dix à vingt quartiers, abritant chacun , et séparés par des allées. Quelques grands bâtiments à usage collectif ou administratif sont présents (cuisine, hôpital, bureau du camp), mais les prisonniers campent à l’air libre, généralement dans des trous d’hommes qu’ils doivent creuser à mains nues, tout leur équipement leur ayant été confisqué.

Les camps sont d'abord administrés par la division d'infanterie américaine.

La gestion interne du camp est confiée à des personnels allemands.

Conditions de vie des prisonniers Les conditions de vie des prisonniers dans de simples enclos manquant d'infrastructures se sont rapidement détériorées. Les maladies s’y propagent rapidement en raison du temps pluvieux, du manque de nourriture ou d’abris. Ces conditions sont aggravées par la surpopulation comme dans l'enclos de Remagen où sont détenus prisonniers pour une capacité de .

Ces conditions de vie difficiles ont causé la mort de dont plus de dans l’enclos temporaire de Remagen « Golden Mile » fermé en juin.

Liste des camps thumb|393x393px|Emplacements des Rheinwiesenlager Liste des camps du nord au sud avec leurs numéros officiels:

A4 Büderich A1 Rheinberg A9 Wickrathberg A2 Remagen (surnommé "Golden Mile") A5 Sinzig Siershahn A11 A14 Andernach Diez A13 Urmitz A10 Koblenz A8 Dietersheim A12 Heidesheim A6 Winzenheim/Bretzenheim A16 A17 Hechtsheim A7 A15 Biebelsheim A3 Bad Kreuznach C1 Ludwigshafen C2 Böhl-Iggelheim C3 C4 Heilbronn Libérations et fermetures des camps Dès , les autorités américaines commencent à libérer certaines catégories de détenus : jeunes enrôlés dans les Jeunesses hitlériennes, femmes sans lien direct avec le parti nazi, puis travailleurs agricoles et de l’industrie pour lancer les chantiers de reconstruction du pays.

À la fin du mois de , les camps de Remagen, Böhl-Iggelheim et Büderich sont fermés. Après , seuls sont maintenus les deux camps de Bretzenheim et Bad Kreuznach, utilisés comme camps de transit pour les prisonniers de retour de France jusqu'en 1948.

Commémoration Une chapelle de la Paix a été bâtie sur l’emplacement de l’ancien enclos de Remagen. Inaugurée en 1987, elle commémore le sort des prisonniers qui y ont souffert ou y sont morts.

Le musée de la Paix de Remagen contient une salle d'exposition consacrée à ce camp d'internement.

Liens externes Site commémoratif du Land de Rhénanie-Palatinat (en allemand) Site commémoratif "Europe remembers" Site du Musée de la Paix de Remagen (en anglais et allemand) Dossier "Les camps de prisonniers allemands. Un nouveau champ de recherche pour l'archéologie française" par Vincent Carpentier et Cyril Marcigny, Revue Archéopages , , 2013

Le CICR, 1939-45 : les prisonniers allemands aux mains des Alliés

Références

Catégorie:Camp de prisonniers de la Seconde Guerre mondiale