Plounéour-Ménez () est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

La commune fait partie du parc naturel régional d'Armorique.

Géographie Situation La paroisse appartenait à l'ancien évêché de Léon, mais à la limite des évêchés de Cornouaille et du Trégor (d'où la légende des trois Évêques) et se situe dans le Massif armoricain et plus précisément dans les monts d'Arrée. Son territoire, vaste de , est limité au sud par des sommets de l'Arrée (les Roc'h Ruz, Roc'h Trédudon et Roc'h Trevezel qui culminent tous les trois aux environs de 380-385 mètres) et sont totalement englobés dans la commune car la limite avec les communes voisines de Botmeur et La Feuillée passe au sud des dits sommets ; à l'ouest la Penzé, petit fleuve côtier qui prend sa source au pied du versant nord du Roc'h Tredudon, près du village de Quilliou Menez, sert partiellement de limite communale avec Commana ; au nord-ouest et au nord, la limite communale avec Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec et Pleyber-Christ ne s'appuie sur aucun accident topographique remarquable, traversant le plateau du Léon ; à l'est enfin, le Queffleut, qui prend sa source à proximité de celle de la Penzé, traverse les étangs de l'abbaye du Relec et se jette dans la rivière de Morlaix, sert de limite communale avec Le Cloître-Saint-Thégonnec. Le village est à d'altitude, mais celle-ci s'abaisse jusqu'à dans la partie aval de la vallée du Queffleuth, au nord-est de la commune.

vignette|redresse|gauche|Le Roc'h Trevezel. Récemment, les derniers relevés topographiques effectués par le service des Impôts de Morlaix et grâce à l'utilisation du GPS, dans le cadre de la numérisation du cadastre indiquent que le point culminant des monts d'Arrée est situé dans cette commune. Il s'agit de Roc'h Ruz qui culmine à .

Cadre géologique

La commune est localisée dans la partie occidentale du Massif armoricain, à la limite septentrionale du domaine centre armoricain. Ce domaine est composé essentiellement de terrains appartenant à un bassin sédimentaire qui s'allonge sensiblement en direction W-E, depuis la baie de Douarnenez jusqu'au bassin de Laval. Ce bassin est principalement constitué de schistes briovériens (sédiments détritiques essentiellement silto-gréseux issus de l'érosion du segment occidental de la chaîne cadomienne, accumulés sur plus de d'épaisseur et métamorphisés), formant un socle pénéplané sur lequel repose en discordance des formations paléozoïques sédimentaires (formations siluro-dévoniennes constituées de schistes, phyllades et quartzites). Ces formations ont été déposées dans le bassin marqué par une forte subsidence, puis métamorphisées et déformées lors de l'orogenèse varisque (plis d'orientation préférentielle N 110° et plusieurs familles de failles d'orientations différentes)..

La fin de l'histoire varisque se caractérise par le fonctionnement d'un grand accident crustal, le cisaillement nord-armoricain (CNA) qui guide la mise en place de granites. La partie septentrionale du territoire communal se situe sur une formation de type granite monzonitique à biotite à structure porphyroïde, qui compose la partie orientale du massif granitique de Commana-Plounéour, appelé aussi granite des monts d'Arrée.. Le CSA décale d'une vingtaine de kilomètres le massif de Commana de celui de Plouaret. Au passage du CNA, le massif de Lannéanou fortement déformé, permet la jonction entre le massif de Commana-Plounéour et celui de Plouaret.. Ces massifs font partie d'un ensemble plus vaste, le batholite médio-armoricain. Le sous-sol de la commune est ainsi formé de roches d'ère primaire, sauf dans les fonds de vallée recouverts d'alluvions. Des bancs de schistes et de quartzites, affectés d'un pendage important (60°) alternent dans la partie méridionale du territoire communal qui correspond aux monts d'Arrée ; les trois-quarts nord de la commune font partie du plateau granitique du Léon, d'où des sols acides. Ces roches sont les témoins d'une pénéplanation très ancienne à l'ère primaire suivie d'un resoulèvement à l'ère secondaire, contre-coup des plissements pyrénéen et alpin..

Habitat

Outre un bourg, situé sur un sommet aux pentes douces, l'habitatCarte IGN au 1/25000 0606 ouest Morlaix., souvent implanté à mi-pente, sur des replats lorsque c'est possible, pour se protéger à la fois des vents qui balaient les sommets des croupes et des risques d'inondation ou de trop forte humidité des fonds de vallée, est dispersé en une quarantaine de hameaux de dimension très variable, en moyenne de cinq à dix fermes : quelques gros villages étaient traditionnellement au pied du versant nord de l'Arrée : de l'ouest vers l'est Keradalan, Traon Renard, Guerdoual, Lesmenez, Kernelec ; ce sont ceux qui ont le moins changé. Le plateau léonard, plus fertile, est parsemé de nombreux villages, les plus gros étant la Villeneuve, Clostrou, Garsplegent, Grinec, le Mengleuz, Kergus, Goasmelcun... qui occupent les terres les plus fertiles de la commune.. Les fonds encaissés des deux vallées de la Penzé et du Queffleuth ne sont pas habités, sauf par des moulins, à l'importante exception du Relec (ou Relecq) en raison de la présence de l'abbaye et de quelques autres, développés à partir d'un moulin, tel Keramborn http://www.bretagne.fr/internet/upload/docs/application/pdf/2009-04/plaquette_parc_national_darmorique.pdf..

Paysages Les confins orientaux de la commune, très vallonnés, sont peu défrichés et restent en bonne partie boisés, surtout les pentes des versants des nombreux vallons (bois de Coatlosquet). Des clairières de défrichement y sont encore nettement perceptibles au Grinec et autour du lieu-dit Bois du Relecq. Les sommets de l'Arrée sont inhabités désormais même si quelques auberges s'étaient implantées le long de l'axe routier Morlaix-Quimper au , mais elles ont disparu dans le courant du .. vignette|Plounéour-Ménez : la roche tremblante (au sud-est du hameau du Guernigou). Vers 1780, d'après Jean-Baptiste OgéeJean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la Bretagne, vers 1780, réédition Molliex, Rennes, 1843., sur un total de (le territoire de Loc-Eguiner était alors inclus), les terres labourables recouvraient , les prés et des pâturages , les bois , les vergers et des jardins ; les landes qui étaient en grande partie exploitées, faisant alors intégralement partie de l'économie rurale, recouvraient , soit 40 % du territoire communal. Des talus de terres ou de pierre délimitant les parcelles empêchent la divagation du bétail et assurent la protection des cultures.

Désormais une polyculture associée à l'élevage (y compris de nombreux bâtiments d'élevage hors-sol et les pollutions qui en découlent, eau nitratée en particulier) caractérise la vie agricole de la commune. Plouneour-menez a pour l'essentiel conservé son paysage de bocage même si de nombreux talus ont été arrachésOuvrage collectif, Le bocage des Monts d'Arrée: paysage de bocage et gestion des espaces naturels, Parc naturel régional d'Armorique, ministère de l'agriculture et de la pêche, Paris, 2000.. Une déprise agricole est nettement perceptible, entraînant un abandon de terres agricoles qui contribue à la fermeture des paysages. Un enrésinement consécutif à la politique de boisement en timbre-poste mené dans les décennies d'après la Seconde Guerre mondiale est aussi perceptible et s'ajoute aux bois de feuillus préexistants, préservés surtout autour des deux manoirs de Coatlosquet et de Penhoat car ils servaient de domaines de chasse à l'aristocratie locale. Des allées de hêtres, dont l'une mène au bourg, agrémentent les abords de ce dernier manoir.

Par contre la lande (ajoncs, bruyères...) recouvre les pentes de l'Arrée et les fonds de vallée marécageux ont une végétation principalement composée de joncs, de carex, d'orchidées et servent de refuge à de nombreuses espèces animales telles la couleuvre à collier ou la bécassine des marais. Les Landes et tourbières de Plouneour menez. ont été classées Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique par un arrêté préfectoral de protection de biotope en date du . afin de protéger « les tourbières actives de pente et de couverture, les landes humides et mésophiles, les landes sèches et végétation des rochers » abritant des espèces végétales comme l'hyménophylle de Wilson (Hymenophyllum wilsonii), le lycopode inondé, le dryopteris atlantique, le rossolis à feuilles rondes, le rossolis à feuilles intermédiaires, le malaxis des marais, l'orchis tacheté, la spiranthe d'été, le lycopode en massue, le lycopode sélagine, la sphaigne de la Pylaie, ainsi que plusieurs espèces d'oiseaux, de mammifères, d'amphibiens et de reptiles http://inpn.mnhn.fr/docs/apb/FR380075320100324.pdf..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Penzé, le Coat Toulzac'h, le Queffleuth, le ruisseau le Briou, le ruisseau le Relecq et divers autres petits cours d'eau.

La Penzé, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la baie de Morlaix entre les communes de Saint-Pol-de-Léon et de Carantec, après avoir traversé .

Le Coat Toulzac'h, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Penzé à Taulé, après avoir traversé .

Le Queffleuth, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans le Jarlot à Morlaix, après avoir traversé .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Plounéour-MénezLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleyber-Christ à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Plounéour-Ménez est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022..