Emmanuel Moynot est un auteur de bande dessinée français né le .
Actif depuis le début des années 1980, il est découvert par le grand public lorsqu'il succède à Jacques Tardi sur les adaptations en bande dessinée de Nestor Burma, d'après les romans de Léo Malet.
Biographie Débuts chez Glénat Emmanuel Moynot est le fils de Jean-Louis Moynot, dirigeant syndicaliste, membre du bureau confédéral de la CGT de 1967 à 1981, et de Geneviève Moynot-Dandres. Il est le frère de Clotilde Moynot et le neveu de Bruno Moynot. Il grandit en région parisienne. Il débute dans la bande dessinée en publiant des récits courts dans des fanzines, en particulier PLG (à partir du du printemps 1981) et Dommage (, 1981-82). Tout en restant fidèle à PLGMoynot participe à chaque numéro de PLG jusqu'en 1989 (), continue ensuite à collaborer ponctuellement numéros et fait l'objet d'une longue interview dans le . ., Moynot cherche rapidement à collaborer avec des éditeurs professionnels : après quelques travaux mal payés pour Elvifrance, il participe ainsi bénévolement de 1982 à 1984 à la revue diffusée en kiosque Viper. Puis, sur les conseils d'Henri Filippini, rédacteur en chef du mensuel Circus, propose une bande dessinée policière à Glénat, qui l'accepte : ce premier album, L'Enfer du jour, paraît en .
Dans les années suivantes, Moynot continue à travailler pour Glénat : il signe plusieurs histoires courtes, souvent liées à la guerre d'Indochine, dans des hors-séries de Circus (onze entre 1984 et 1987) et dessine un diptyque sur la Seconde Guerre mondiale écrit par Michel Schetter, Yerushalaïm, prépublié dans le mensuel Vécu (1985-1986). Si Moynot n'apprécie pas ce travail de commande (le projet avait été refusé par Alain Mounier) qui le force à dessiner des avions, cela lui permet de vivre de la bande dessinée à plein temps. Cependant, lorsque Moynot indique à Filippini qu'il désire un droit de regard sur le troisième tome, Schetter met fin à leur collaboration, et Moynot quitte Glénat face au refus d'éditeur ses récits courts parus dans Circus. Moynot, insatisfait du dessin réaliste qu'il s'imposait chez Glénat, cherche alors à développer un projet plus personnel.
Pensant que ses trois albums lui ouvriront des portes, Moynot démarche ensuite les éditeurs avec le recueil d'histoires courtes La Pension des Deux-Roses. Essuyant des échecs répétés, il travaille durant deux ans uniquement pour la communication tout en s'occupant de sa fille et se mettant à la musique. Puis il retravaille son projet d'album, finalement publié en 1989 par la maison d'édition belge Magic Strip, alors en déclin. Moynot, qui adopte alors un dessin semi-réaliste à la Tardi, doit cependant continuer les travaux alimentaires, dans la publicité ou en collaborant à des revues comme I Love English (1990-93) et Je bouquine (1990-91).
Passage à des projets plus personnels Moynot présente ensuite à Dargaud, qui venait de voir partir nombre de ses auteurs les plus rentables et cherchait de nouvelles séries, Le Temps des bombes, un triptyque sur l'anarchisme que le nouveau directeur littéraire Didier Christmann accepte face à la détermination de Moynot. Si Moynot réalise avec la coloriste Johanna Schipper les deux premiers albums en 1992 et 1993, il sollicite le scénariste Dieter, dont il avait apprécie le travail sur Julien Boisvert, pour l'aider à achever le troisième volume, paru en 1994. Cette collaboration s'avérant fructueuse, les deux hommes signent ensuite Qu'elle crève la charogne chez Vents d'Ouest (1995) et Bonne fête, maman ! dans la revue Gotham (1996, recueilli en album par Casterman en 1998), deux ouvrages évoquant la vie urbaine quotidienne contemporaine. Dargaud accepte également de publier une version redessinée et augmentée de L'Enfer du jour en 1995, travail qui permet à Emmanuel Moynot de reprendre un album dont il appréciait le scénario mais dont le dessin l'embarrassait.
Dieter et Moynot lancent encore chez Dargaud en 1997 la série conceptuelle Nord-Sud, dont chaque album est une enquête policière indépendante se déroulant dans une ville différente du globe. L'expérience est cependant interrompue après deux tome et c'est Delcourt qui publie leur projet suivant : Vieux Fou ! (1999 à 2001) autour du personnage de Javier, un ancien de la lutte contre le franquisme, kidnappant un enfant pour payer ses vieux jours. Parallèlement à cette collaboration, Moynot, qui désire ne pas être catalogué comme auteur de bande dessinée policière et historique, se remet à travailler seul en 1997 sur deux projets d'albums concrétisés en 1999 : l'histoire intimiste Pendant que tu dors, mon amour chez Casterman et le court récit humoristique Y5/P5, une merveilleuse histoire d'amour chez PMJ éditions.
Reprise de Nestor Burma et succès public
Autres activités Parallèlement à sa carrière d'auteur et de scénariste de bande dessinée, il est musicien. Auteur-compositeur, chanteur et guitariste, il chante dans les années 1980 dans le groupe Les Chiens de Dieu, puis dans un autre nommé Bonobo au cours de la décennie suivante.
Après avoir habité à Paris, Moynot réside à Bordeaux depuis 2003.
Thèmes et style
Moynot se considère davantage comme un « auteur de récit » que comme un pur « dessinateur ».
L'univers de ses albums est sombre voire fataliste. Attachant une importance aux personnages et aux décors, ses thèmes de prédilection sont « l'erreur » (L'enfer du jour), « la méprise amoureuse » (À quoi tu penses ?, Pendant que tu dors mon amour), la solitude des hommes (Bonne fête Maman !, Monsieur Khol, L'année dernière, L'heure la plus sombre vient toujours avant l'aube) ou la difficulté de la création artistique (Oscar & Monsieur O, Anatomie du désordre) Cf.« Désirs Noirs » les Univers d’Emmanuel Moynot, film de Jean-Baptiste Béïs, 2008..
Il a aussi traité du thème de l'anarchie à travers l'itinéraire du personnage d'Augustin au tournant du dans Le temps des bombes (1992 à 1994).
Œuvres Bande dessinée L'Enfer du jour, Glénat, coll. « BD noire », 1983 . L'Enfer du jour, Dargaud, coll. « Roman BD », 1995 . Ouvrage de 1983 redessiné et augmenté de trois chapitres. Réédité par Delcourt (coll. « Encrages ») en 2003 . Yérushalaïm, scénario de Michel Schetter, Glénat, coll. « Vécu » : Shoshik, 1985 . L'Hiver de faust, 1986 . Le Fil rouge (scénario de Jack Chaboud), Glénat Concept pour les Assurances générales de France, 1987.. Le Revenant (scénario de François Rivière), Jeune Chambre économique des Herbiers, 1988 . La Pension des Deux Roses (une histoire écrite par Charles Berberian), Magic Strip, 1989 . Réédité par P.L.G. Éditions en 2005 . Le Temps des bombes (couleur de Johanna Schipper), Dargaud : Au nom du Père, 1992 . L'Esprit de révolte, 1993 . Le Fils perdu (coscénario de Dieter), 1994 . Éditions intégrales chez Delcourt (coll. « Encrages ») en 2000 puis Casterman en 2014 . Qu’elle crève la charogne ! (coscénario de Dieter), Vents d'Ouest, , 1995 . Nord-Sud (coscénario de Dieter, couleur de Jean-Jacques Chagnaud), Dargaud : Moscou, 1997 . Los Angeles, 1997 .. Y5/P5 une merveilleuse histoire d'amour, P.M.J. éditions, 1998 .. Bonne fête maman !, coscénario de Dieter, Casterman, 1998 .. Pendant que tu dors, mon amour…, Casterman, 1999 . Vieux Fou !, coscénario de Dieter, coll. « Sang froid », Delcourt : Vieux Fou ! (couleur de Jean-Jacques Chagnaud), 1999 . Le Retour du vieux fou, 2000 . Vieux fou contre Godzilla, 2001 . À quoi tu penses ?, Casterman, 2000 .. Monsieur Khol (coscénario de Dieter), coll. « Carrément BD », Glénat, 2001 .. Une folie très ordinaire, t. 2 : Ewane Nagowitch (scénario de Christian Godard, dessin avec Franck Bonnet, Philippe Jarbinet et Alain Mounier), coll. « Bulle noire », Glénat, 2002 . Oscar & Monsieur O, coll. « Carrément BD », Glénat, 2002 .. Anatomie du désordre (couleur de Laurence Busca), coll. « 20 Carrément 20 », Glénat, 2003 .. Démons (scénario de Jean-Luc Cornette), coll. « Graphica », Glénat : Le Drosera géant, 2004 . On a toute la vie (couleur de Laurence Busca), 2005 . Nestor Burma (d'après les romans de Léo Malet et l'adaptation de Jacques Tardi), Casterman : La Nuit de Saint-Germain-des-Prés (couleur Laurence Busca), 2005 . Le Soleil naît derrière le Louvre (couleur Laurence Busca), 2007 . L'Envahissant Cadavre de la plaine Monceau (couleur Laurence Busca), 2009 . Nestor Burma contre CQFD (couleur Chantal Quillec), 2016 . L’Homme au sang bleu (couleur Chantal Quillec), 2017 . Les Rats de Montsouris, 2020 Dessin : François Ravard L’Année dernière (coscénario Marc Lizano), Delcourt, coll. « Mirages », 2006 . Pourquoi les baleines bleues viennent elles s’échouer Sur nos rivages?, Dupuis, coll. « Aire libre », 2006 . Réédition Futuropolis, 2010 . L'Heure la plus sombre vient toujours avant l'aube, Futuropolis, 2008 . Pierre Goldman, la vie d'un autre, Futuropolis, 2012 . Hurlements en coulisses., Futuropolis, 2013 . Bande dessinée documentaire consacrée à une tournée du groupe Les Hurlements d'Léo. L'Homme qui assassinait sa vie (d'après le roman de Jean Vautrin), Casterman, 2013 . Suite française : Tempête en juin (d'après le roman d'Irène Némirovsky, lavis de Chantal Quillec), Denoël Graphic, 2015 . L'Original, Casterman, 2016 . No Direction, Sarbacane, 2019 . La Philosophie dans la savane, Éditions Rouquemoute, 2022 L'Assommoir, d'après Émile Zola, adaptation de Xavier Bernou et Mathieu Solal, couleurs de Chantal Quillec, Les Arènes BD, 2022 Cherchez Charlie, Éditions Sarbacane, 2023 L'Humanité de mes couilles, Fluide glacial, 2023 La Suprématie des underbaboons , Glénat, 2024 L'Armée des ombres, d'après Joseph Kessel, adaptation et scénario de Jean-David Morvan, décors de Benoît Lacou, couleurs de Ooshima Hiroyuki, Alizée Bertheloot et Adèle Martin, Philéas 2024 Le Pépère, Glénat, 2026
Collectif Paroles de Verdun, Éditions Soleil, 2007 Québec. Un détroit dans le fleuve, Casterman, 2008 Le Crime parfait, Philéas, 2022
Illustration Chasse à l'homme, Frédéric Blayo, Histoires à Jouer, Le livre de poche, . Couverture de la revue Ping Pong, n°2, Charette éditions / Les enfants rouges,
Récompense vignette|Emmanuel Moynot avec le Fauve Polar au Festival d'Angoulême 2020. 2020 : Fauve Polar SNCF pour No Direction (éditions Sarbacane), Festival d'Angoulême 2020
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Articles . .
Interviews . .
Films Jean-Baptiste Béïs, « Désirs Noirs » : Les Univers d’Emmanuel Moynot, de Jean-Baptiste Béïs, volume 2 de la collection « Les petits Univers de la Bande Dessinée en Aquitaine », Arpel, 2008 (Des extraits sont disponibles sur le site de l'agence régionale pour l'écrit et le livre en Aquitaine).
Liens externes
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