Le Diamond Princess est un navire de croisière construit en 2002 par les chantiers Mitsubishi Heavy Industries de Nagasaki pour la société Princess Cruises.

Il appartient à la Grand class et est le premier navire de la Classe Gem.

Histoire Le Diamond Princess est un navire de croisière construit en 2002 par les chantiers Mitsubishi Heavy Industries de Nagasaki pour la société Princess Cruises.

À l’origine, il aurait dû être nommé Sapphire Princess, mais, le , un incendie.Une photo du Sapphire Princess en feu. se déclare dans la galerie d’art et endommage gravement les superstructures. La Princess Cruises décide d’inverser le nom du navire avec son jumeau, le Diamond Princess, et de faire reconstruire le navire. Le Sapphire Princess est donc renommé Diamond Princess, partiellement détruitUne photo du Sapphire Princess partiellement détruit. puis reconstruit à l’identique.

Il est livré à la compagnie le , puis baptisé à Vancouver le et mis en service.

En , il délaisse le pavillon des Bermudes au profit de celui du Royaume-Uni.

Incidents Le , pendant la construction du navire, un incendie se déclare dans la galerie d’art et endommage gravement les superstructures. Celles-ci doivent être détruites, puis reconstruites.

Le , en entrant dans le port de Vancouver, une baleine est découverte sur son bulbe d'étrave. L’incident se répète le , lorsque le navire entre dans le port de Juneau.

Épisode épidémique de Covid-19 thumb|upright=1.2|Le Diamond Princess, entré dans le port de Yokohama (terminal de passagers de Shinko Pier) à Shinko, Naka-ku, le . vignette|droite|Le Diamond Princess dans le port de Yokohama en décembre 2019 Lors de l'émergence de la pandémie de Covid-19, un passager de , débarqué du Diamond Princess à Hong Kong quelques jours plus tôt, présente des symptômes suspects et s'avère positif pour le coronavirus SARS-CoV-2. Le bateau est mis en quarantaine à Naha, sur l'île d'Okinawa, le .

L'alerte est cependant rapidement levée. et le , la croisière reprend ; le navire est encore dans les eaux territoriales japonaises quand dix passagers sont diagnostiqués atteints par la Covid-19...

À ce moment, le gouvernement ne sait pas à quel point la contagion est étendue ; il indique d'abord que toute personne asymptomatique ou dont le test de dépistage sera négatif devra immédiatement débarquer. Mais dès le lendemain, dix cas supplémentaires sont identifiés..

Le , le ministre japonais de la Santé place les d'équipage et passagers en observation sanitaire avec confinement en cabine, pour , à bord du navire, à quai, dans le port de Yokohama..

Le , l'inquiétude grandit. ; le nombre de malades passe à 70 ., puis à 135 dès le lendemain .. L'équipage suit les directives du ministère japonais de la Santé (principale autorité de santé publique à définir les protocoles de test pour tous les passagers et membres d'équipage du Diamond Princess), ainsi que les protocoles de débarquement pour fournir des soins médicaux aux nouveaux cas.

Le , sur sa page , le site web du Diamond Princess annonce supplémentaires de la maladie Covid-19 causée par le SARS-CoV-2 (détectées en deux jours) ce qui porte le nombre de malades à 174 (sur et membres d'équipage). Le , le nombre total de malades atteint 218 (soit +44)..

Le , Princess Cruises confirme l'annonce, par le ministère japonais de la Santé, de 67 nouveaux malades : Australiens (5), Canadiens (3), Chinois (3) ; Allemands (2) ; Hongkongais (1) ; Kirghizes (1), Indiens (2) ; Japonais (27) ; Philippins (17) ; Taïwanais (1) et Américains (5). Le total est passé à . Les autorités sanitaires japonaises décident le débarquement volontaire de passagers et membres d'équipage pour terminer leur période de quarantaine dans une installation en bord de mer. Le , la prudence reste de mise, car la Malaisie annonce qu'une des passagères du paquebot MS Westerdam est aussi testée positive au SARS-CoV-2 et craint que d'autres passagers ne soient infectés. Or ce navire interdit d'accoster par plusieurs pays avait précédemment débarqué des passagers au Cambodge pour qu'ils rejoignent par d'autres moyens leurs pays d'origine..

Le , les passagers américains commencent à être rapatriés par avions affrétés pour être mis en quarantaine près de chez eux ou pour y être soignés ; depuis la veille, 99 nouveaux cas sont diagnostiqués, soit porteuses avérées du virus sur le navire.. Le lendemain , Princess Cruises confirme l'annonce du ministère japonais de la Santé de 70 nouveaux cas positifs (+169 en ) sur les infectées à bord. Il annonce aussi que le Canada et l'Australie prévoient aussi des rapatriements (citoyens et résidents permanents) par avions spécialement affrétés.

Le , alors que les rapatriements se poursuivent, plus de sont désormais atteintes. Le confinement à bord pose question quant à l'efficacité de la quarantaine, le lieu pouvant s'avérer être plutôt un incubateur. ; l'efficacité et la validité du contrôle des infections, la justification du calendrier des inspections et même la nature du virus sont désormais remis en cause, alors que les passagers confirmés indemnes d'infection commencent à débarquer ce de quarantaine.

Le lendemain, alors que le MS Westerdam (un cas) a fini d'évacuer ses passagers dans la précipitation, le nombre d'évacués du Diamond Princess est d'un millier et celui des contaminés passe à 621. Le processus de fin de quarantaine et de débarquement prend encore quelques jours. Princess Cruises confirme que les ambassades du Canada, d'Australie et de Hong Kong coordonnent la prise en charge et le transport de leurs citoyens respectifs (passagers et membres d'équipage) via des vols charters. Selon les informations fournies par les ambassades directement à leurs citoyens, les passagers passeront supplémentaires en quarantaine à leur arrivée. Deux passagers du Diamond Princess hospitalisés au Japon les 11 et sont déclarés morts le « Deux malades du paquebot Diamond Princess sont morts au Japon».

Le , près de d'équipage restent en quarantaine secondaire à bord, sur demande du ministère japonais de la Santé. Une entreprise basée en Australie déploie une soixantaine de professionnels, dont des médecins, des infirmières et des agents de santé pour gérer la situation.

Le , Sergio Mattarella, président de la République italienne, décerne à Gennaro Arma, commandant du Diamond Princess, la distinction de la décoration de Commandeur du Mérite de la République italienne.

À la date du , les contaminés du Diamond Princess sont 712 « Coronavirus disease 2019 (COVID-19) – Situation Report 62 – Data as reported by national authorities by 23:59 CET 21 March 2020 », WHO. (dont une infirmière) sur et membres d'équipage, soit 20 % de l'effectif, dont (soit 1 % de la population contaminée). Selon l'agence Reuters, le , le nombre de morts est de 14 parmi les 712 contaminés.. La chaine de télévision japonaise NHK indique un chiffre de sur , au ., soit 2 % de la population contaminée.

Étude de cas épidémiologique thumb|upright=1.2|Chronologie du cumul de cas de Covid-19 (confirmés par tests) sur le navire de croisière Diamond Princess, placé en quarantaine au Japon dans le port de Yokohama du au .

Ce cas particulier a été la première occasion pour les épidémiologistes d'étudier la manière dont ce virus a agi dans un environnement restreint et bien connu, ce qui est difficile à faire dans la population générale..

Certes, ces passagers n’étaient pas représentatifs de la population générale (en termes d'âge et de niveaux de vie) et une quarantaine à bord n'est pas comparable à une quarantaine sur terre, et : note l'épidémiologiste John Ioannidis (université Stanford). Mais durant plusieurs semaines, ce navire a été le plus grand foyer de l'épidémie hors de Chine et chacun à bord était identifié et interagissait physiquement peu avec l’extérieur du navire ; et tout le monde a pu être interrogé ou testé, alors qu’ailleurs dans le monde les personnes testées et surveillées étaient essentiellement celles qui étaient gravement touchées.

Toutes les études confirment que les conditions de vie à bord d’un navire de croisière amplifient la contagion dans le cas d’une maladie très transmissible. Le virus SARS-CoV-2 s’est propagé facilement et rapidement à bord jusqu'au moment de l'isolement dans les cabines. Ces études apportent des données sur la gravité de la maladie et sur certaines de ses caractéristiques et l'une a spécifiquement porté sur l'épidémie au sein de l'équipage (voir détails plus bas).. Ces données aident les chercheurs à trouver ou éliminer certains facteurs de risque ; elles ont mis en avant l'importance de porteurs asymptomatiques, offrant un retour d'expérience crucial pour les gestionnaires de la pandémie ou d'autres cas similaires (car en moins de deux mois après le premier cas déclaré à bord du Diamond Princess, au moins 25 autres navires de croisière ont confirmé des cas de COVID-19 à bord, dont 78 nouveaux cas sur le Grand Princess lui-même, lorsque placé en quarantaine devant la Californie). De plus on a vu que certains passagers rapatriés ont été une des origines des foyers épidémiques dans des pays tels que les États-Unis qui étaient encore relativement épargnés.

Plus de ont été faits à bord ; d’abord sur les personnes les plus âgées et symptomatiques puis sur presque tous les passagers et personnels de bord. C'est un cas unique. Certains voyageurs ont été testés plusieurs fois, permettant de suivre la contagion à bord. Dans les semaines qui ont suivi les chercheurs ont ainsi pu mieux comprendre comment des « angles morts clés » jouent un rôle dans l’éclosion de nouveaux foyers infectieux et combien de personnes sont dans ce type d'épidémie réellement infectées mais asymptomatiques (ou passant inaperçues car paucisymptomatiques).

Le , une étude modélisatrice basée sur ces statistiques, montre qu'entre le et le , 18 % des personnes infectées à bord ne présentaient aucun symptôme ; l'étude a modélisé leurs périodes d'infection.. Mais comme beaucoup de passagers étaient âgés et fortement susceptibles de développer ces symptômes (y compris graves), il est probable que le taux d’asymptomatiques sera encore bien plus important dans la population générale.

D’autres chercheurs (Russel , 2020) ont montré à partir de ces chiffres que la part des morts parmi les cas confirmés en Chine (c’est-à-dire le taux de létalité ou CFR, pour ), était à bord d'environ 1,1 %, bien plus bas que les 3,8 % d'abord estimés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), taux qui sous-estimait le nombre réel de porteurs du virus, faute d’avoir pu tester une grande partie de la population apparemment non malade (l’OMS n’avait jusqu'alors que pu diviser le nombre total de décès en Chine par le nombre total d’infections confirmées). Ceci a montré que la souche SARS-CoV-2 qui a sévi à bord était moins mortelle qu’on le pensait, mais aussi que plus de gens étaient potentiellement contagieux qu'on ne le pensait. Russell et ses collègues ont utilisé les statistiques issues du Diamond Princess en les combinant avec plus de confirmés en Chine, pour estimer de manière plus robuste les critères épidémiologiques du virus.. Leur travail a aussi réestimé le taux de mortalité par infection (IFR, pour ) en Chine : en comptant le nombre probable des asymptomatiques, 0,5 % des contaminés meurent (sous réserve que la souche circulant à bord soit comparable à celles qui circulent ailleurs et avec une limitation de l’étude qui est que les tests étaient des tests qui détectaient le virus chez le malade, sans détecter les personnes déjà entièrement rétablies n’excrêtant plus le virus (Ces résultats ont été publiés en mars sur medRxiv mais devaient encore être validés par des pairs). Ces résultats sont cohérents avec la valeur de l'IFR calculée en France à partir des données correspondant à la période pré-confinement (avant le ), soit 0,5 % à partir des décès à l'hôpital et 0,8 % en intégrant les données en EHPAD..