L’avenue Matignon est une voie du de Paris.

Situation et accès Elle commence rond-point des Champs-Élysées et se termine au carrefour de la rue de Penthièvre et de l'avenue Delcassé.

Depuis 2024, à l’automne, une soirée est organisée par l’association MaSH, au cours de laquelle la plupart des galeries d’art et d’antiquités du quartier Matignon - Saint-Honoré ouvrent leurs portes au public, l’avenue Matignon et la rue du Faubourg-Saint-Honoré étant à cette occasion interdites en partie à la circulation« 37 galeries du quartier Matignon Saint-Honoré ouvrent leurs portes pour célébrer l’art sous toutes ses formes », Le Figaro, 20 octobre 2025..

Ce site est desservi par les lignes de métro 1 et 9 à la station Franklin D. Roosevelt.

Origine du nom gauche|vignette|redresse|Charles Auguste de Goyon Matignon. Sa dénomination rend hommage à Charles Auguste Goyon de Matignon (1647-1729), maréchal de France. Elle n’a rien à voir avec l’hôtel de Matignon, résidence officielle du Premier ministre, situé rue de Varenne dans le , ainsi nommé pour avoir appartenu à un frère du maréchal, Jacques III Goyon de Matignon (1644-1725).

Historique La rue fut ouverte par le marquis de Marigny entre le rond-point des Champs-Élysées et la rue du Faubourg-Saint-Honoré dans le prolongement de l’allée des Veuves (voir « Avenue Montaigne ») dont la section comprise entre les Champs-Élysées jusqu’à la rue Rousselet (aujourd’hui rue Rabelais) porta d'abord le nom avant de devenir « avenue Matignon » en 1837 et d’être replantée et améliorée en 1846.

La section entre la rue Rousselet et la rue du Faubourg-Saint-Honoré s’appela d’abord « rue Millet », du nom de Jacques Millet, maître menuisier, propriétaire des terrains sur lesquels elle fut ouverte de 1774 à 1780. Celui-ci entreprit de percer la voie sur des terrains lui appartenant, avec une largeur de , en dépit de trois ordonnances du bureau des finances des , et qui défendirent la poursuite des ouvrages relatifs à ce percement. Consulté, le bureau de la Ville fut d'avis, dans sa séance du , qu’il n’y avait pas lieu de comprendre la nouvelle rue au nombre des voies publiques de Paris. Mais, en définitive, des lettres patentes données à Troyes le approuvèrent l’ouverture de la nouvelle rue tout en ordonnant que sa largeur soit portée à et en lui donnant la dénomination de « rue Matignon ».

La partie au nord de la rue du Faubourg-Saint-Honoré s’appelait la « Petite-Rue-Verte » avant d’être intégrée à la rue Matignon.

La totalité de la voie prit la dénomination d’avenue en 1926.

Une décision ministérielle du 2 messidor an VIII () fixa la largeur de la rue Matignon à .

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|gauche|redresse|Plaque avenue Matignon à Paris. : à un étage de l'immeuble, est installé un salon de coiffure de luxe, où le futur comédien Fabrice Luchini devient apprenti-coiffeur dès l'âge de quatorze ans, dans les années 1960.. Plus tard, dans les années 1970, le célèbre coiffeur Alexandre de Paris transfère son salon à cette adresse.. : galerie Maurice Garnier, créée en 1956 et nommée d'après son fondateur (1920-2014) qui avait débute en 1946 comme marchand d'art en ouvrant la galerie Visconti, 35, rue de SeineMaurice Garnier et Bernard Buffet, portraits croisés, interview réalisée le 26 novembre 2002 par Christophe Berteaux pour la revue 11, rue Royale, retranscrit sur le site museebernardbuffet.com.. L'activité de l'actuelle galerie est, depuis 1977, uniquement dédiée à l'œuvre de l'artiste-peintre expressionniste Bernard BuffetGalerie Maurice Garnier, notice sur le site du Comité professionnel des galeries d'art (CPGFI) comitedesgaleriesd'art.com.. : restaurant Berkeley, anciennement aussi un hôtel, créé par Albert Kieffer, propriétaire du restaurant Pavillon Ledoyen et gendre de l'hôtelier Arthur Millon. Le restaurant fut le rendez-vous incontournable du Tout-Paris des années 1950 et 1960, de la duchesse de Windsor à Greta Garbo. : hôtel habité par Pascal des Deux-Siciles (1852-1904), comte de Bari, dernier fils de Ferdinand II, roi des Deux-Siciles, à l’époque de sa mort survenue à la Petite Malmaison. : siège de la maison de ventes aux enchères Christie's France, dans un hôtel particulier construit en 1913 par l'architecte René Sergent. Dans ce lieu, en 1975, au premier étage, avait été reconstitué un salon de musique créé par Wassily Kandinsky pour l'exposition internationale d’architecture tenue à Berlin en 1931. Ce salon de musique a été offert par l'Oréal, mécène d'Artcurial (qui y avait son siège), au musée d'Art moderne de StrasbourgCf. Véronique Prat, Douze ans de l'histoire d'Artcurial, 1987..

: locaux de Callot Sœurs. : le maréchal Achille Baraguey d'Hilliers (1795-1878) a habité à cette adresse. : siège de la maison de couture de Marcel Rochas (créée en 1925, place Beauvau) puis de la société Parfums Rochas (créée en 1944 en collaboration avec Albert Gosset), jusqu'en 1955 toutenparfum.com consulté le 8 janvier 2011 .. En 1933, Marcel Rochas emménage à cette adresse, où il loue le sous-sol, la boutique, le , le et le étagesSophie Rochas, Marcel Rochas. Audace et élégance, Flammarion, 2015 .. : ancienne galerie François Heim. : hôtel de la marquise de Mortemart, puis de la marquise de Laguiche en 1910. Le couturier Lucien Lelong (1889-1958) y eut sa maison de couture à partir de 1924. : immeuble construit par l’architecte André Arfvidson en 1924Gilles Plum, Paris Art déco. Immeubles, monuments et maisons de l’entre-deux-guerres (1918-1940), Parigramme, 2008 ., qui y a habité et y est mort en 1935L’Ordre, 12 juin 1935.. À cette adresse se trouve dans les années 1960 la « très cotée » galerie Romanet« M. Romanet, propriétaire de la Palette bleue, poursuit trois journaux en diffamation », Le Monde, 26 février 1969.. La galerie Taménaga, « première ouverte par un marchand japonais à Paris »« Galerie Taménaga », Le Japon à Paris., occupe depuis 1971 les lieux. : immeuble construit en 1976 par Vittorio Mazzucconi pour l’agence de publicité J. Walter Thompson. Des fragments d’architecture classique sont incorporés dans une façade de verre et de métal . A hébergé le Centre mondial informatique et ressource humaine de Jean-Jacques Servan-Schreiber. : l'écrivain André Beucler (1898-1985) a vécu dans cet immeuble de 1948 à 1959. Une plaque commémorative a été posée sur la façade le . : hôtel de La Vaupalière. Construit en 1768 par l’architecte Louis-Marie Colignon en style Louis XVI et remanié au par l'architecte Louis Visconti, il abrite aujourd’hui le siège de la compagnie d'assurances AXA. . : adresse de la galerie d'art André Weil. : ancien emplacement de l'hôtel de Fersen, démoli. C'est ici qu'en 1925 la galerie Bernheim-Jeune ouvre ses portesRoxana Azimi, « Avenue Matignon, le nouveau haut lieu parisien du monde de l’art », Le Monde, 4 janvier 2021., à l'angle du 83, rue du Faubourg-Saint-Honoré, venant du 25, boulevard de la Madeleine et précédemment du 8, rue Laffitte en 1863. (ancien ) : abritait en 1910 le siège de la Croix-Rouge française.

: adresse de la galerie d'art de Florence de Voldère, spécialisée dans la peinture flamande du au . Immeuble érigé par l'architecte Jean-Jacques Fernier, en 1992..

Bâtiments détruits vignette|droite|redresse|Plaque commémorative à la mémoire d'Henri Heine sur la façade du . : le poète Henri Heine s'établit à cette adresse, au cinquième étage, en 1854 et y mourut le au terme d'une longue agonie due à la syphilis (plaque commémorative). Ancien : hôtel de Chambrun, habité par le célèbre explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, qui avait épousé en 1895 Thérèse de Chambrun. : à cette adresse, à l'angle de l'avenue et de la rue Rabelais, se trouvait autrefois un hôtel particulier construit par l'architecte Henri Parent pour la mère de l’homme politique et collectionneur Édouard AndréVirginie Monnier, Édouard André : un homme, une famille, une collection, Paris, Éditions de l'Amateur, 2006 . et habité ensuite par Gustave Eiffel. Puis, à la mort de son propriétaire, Jean Dessès l'investit pour sa maison de couture, de 1948 jusqu'à sa démolition, en 1958. À la suite d'une opération immobilière, l'hôtel est détruit pour laisser place à l'immeuble d'architecture moderne« Gustave Eiffel (1832-1923) », www.musee-orsay.fr.. (ancien ) : hôtel de Fersen, également dit de Breteuil. Les rectifications de l'avenue Matignon ont fait disparaître cet hôtel habité au moment de la Révolution française par le comte de Fersen, ami de la reine Marie-Antoinette, qui s'y installa en . Ses écuries s'ouvraient sur le faubourg Saint-Honoré (troisième porte cochère). C'était au départ, vers 1720, une maison un peu perdue dans la campagne à l'enseigne de lEnfant-Jésus. Elle fut acquise en 1768 par le menuisier Millet qui la remplaça par un hôtel à deux étages dont les jardins s'étendaient jusqu'à l'actuelle rue Rabelais. Il le vendit en 1782 au vicomte Claude-Stanislas Le Tonnelier de Breteuil, maréchal de camp. Celui-ci décéda l'année suivante. L'hôtel eut ensuite divers locataires dont, outre le comte de Fersen, le comte de Salmour, ministre plénipotentiaire du royaume de Saxe. Il devint en 1808 la propriété du général Antoine-Guillaume Rampon qui le revendit dès l'année suivante à la famille de Breteuil. Celle-ci le revendit en 1822 à Geneviève d'Andlau, marquise de Rosanbo. Le comte Roederer, également propriétaire de l'hôtel de La Vaupalière, en fit l'acquisition et fit construire l'immeuble de rapport qui subsiste à l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. L'écrivain anglais William Thackeray y eut un pied-à-terre parisien en 1840. L'immeuble appartint ensuite au baron Gourgaud. En 1910, il appartenait à la marquise de Laguiche et à la comtesse de Mérode. Deux salons de boiseries provenant de l'hôtel de Fersen ont été remontés au musée Carnavalet.

Bibliographie

Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, Imprimerie de Vinchon, 1844-1849. Charles Lefeuve, Les Anciennes Maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Paris, C. Reinwald, , 1875, 5 vol. .

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie .

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

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