La classe Yorktown est une classe de porte-avions de lUS Navy construits à partir de l'année 1934, jusqu'en 1941.

Cette classe est constituée de trois bâtiments de , qui furent, avec la classe Lexington, l'ossature de l'aéronautique navale de lUS Navy en 1942-1943, dans la guerre du Pacifique contre la Marine impériale japonaise. On lui rattache généralement l', qui n'avait qu'un déplacement de tonnes, mais était d'une conception assez proche. Seul de cette classe, l' survécut à la guerre, au terme d'une carrière mouvementée, qui lui vaut d'avoir été le navire de guerre de la Marine des États-Unis d'Amérique le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale.

Contexte et conception

La classe Yorktown est la troisième génération des porte-avions de lU.S. Navy. La première génération, les , , et étaient issus de la transformations d'un charbonnier auxiliaire, l'USS Jupiter (AC-3), et deux croiseurs de bataille de la classe Lexington, l'USS Lexington (CC-1) et l'USS Saratoga (CC-3). Le Traité naval de Washington avais permis aux États-Unis et à l'empire du Japon d'achever en porte-avions d'un déplacement limité à tonnes, deux coques de croiseurs de bataille en construction. Autrement, le dit traité stipulait qu'ils devaient être vendu à la ferraille. vignette|gauche|L', en 1938, avec ses tourelles doubles de . vignette|gauche|L'. Mais les deux grands porte-avions de la classe Lexington, aux dimensions colossales, ont fait polémiques lors de leur mise en service, car les capacités opérationnelles d'un porte-avions ne sont pas proportionnelles à son déplacement. Un plan fut établi, par le General Board en 1927, pour la construction de cinq porte-avions d'un déplacement de tonnes, donc nettement en deçà de la limite de tonnes stipulée par le Traité naval de Washington signé en 1922. La première unité fut mise en chantier en , l'. Mais il apparut très vite que, pour un porte-avions de cette « deuxième génération », mettant en œuvre 80 appareils, un tonnage de était insuffisant, pour assurer une vitesse supérieure à 29 nœuds, une protection et un armement équivalents à ceux des porte-avions japonais ou britanniques contemporains. On aboutit ainsi à des spécifications, pour une « troisième génération », avec 80 appareils à mettre en œuvre, une vitesse maximale de 32,5 nœuds, et une protection renforcée, donc un déplacement de l'ordre de tonnes. Les deux premières unités, les et furent lancées en avril et .

Le traité naval de Washington, attribuant à l'US Navy un maximum de pour les porte-avions, lU.S. Navy décida de construire un ultime porte-avions dans les tonnes restant. De ce fait l' peut être considéré comme formant à lui seul une sous-classe de la classe Yorktown, plus petit, moins protégé et un peu moins rapide, mais un peu supérieur en puissance motrice installée et en vitesse au .

En 1938, pour faire face au début d'une tendance à l'agrandissement des dimensions des porte-avions en construction au Japon, ou prévu en Allemagne il fut décidé, cinq jours après l'armement de l', de mettre sur cale un nouveau porte-avions, très proche des deux déjà construits de la classe Yorktown, mais avec des dimensions de pont d'envol légèrement supérieures, ce fut l', qui sera lancé en .

Caractéristiques et vignette|gauche|L' en 1938-1939, avec sur le pont des chasseurs biplans Grumman F3F, des bombardiers Northrop BT-1 et des bombardiers-torpilleurs “Devastator”. Avec un déplacement de ( à pleine charge), ces bâtiments de l'U.S. Navy étaient un peu plus lourds que leur contemporain japonais, le Sôryû (), et un peu moins lourds que le (, à pleine charge). LU.S. Navy souhaitant, avant tout, disposer du plus grand nombre d'avions embarqués possible, ces navires furent dotés d'un hangar léger et volumineux, sorte de caisson léger monté sur la coque, aussi désigné comme « hangar ouvert », doté latéralement de fermetures à rouleaux, par opposition à un « hangar fermé », c'est-à-dire dont les parois latérales étaient partie intégrante de la coque comme les Britanniques avaient choisi de les construire sur les porte-avions comme le et ceux des classes qui l'ont suivie. Trois ascenseurs axiaux reliaient le hangar au pont d'envol et deux catapultes se trouvaient installées sur le pont d'envol à l'avant et une troisième, transversale, dans le hangar, mais qui ne fut pas utilisée en activité.

Dans le Groupe Aérien des porte-avions, au début de la guerre du Pacifique, la répartition des appareils embarqués était d'environ 40 % de chasseurs, le plus souvent des Grumman F4F “Wildcat”,40 % de bombardiers en piqué, soit deux escadrilles de Douglas SBD “Dauntless”, l'une désignée VS pour la reconnaissance et une désignée VB pour le bombardement, et 20 % de bombardiers-torpilleurs, des Douglas TBD “Devastator”, qui avaient rejoint l' et l', en février et . Pesant, lorsqu'il était armé, un peu plus de trois tonnes, propulsé par un moteur de ch, à une vitesse de , le “Wildcat” était surclassé par le chasseur japonais “Zeke”, plus connu comme le “Zero”, qui était plus maniable, car plus léger (), atteignant , avec une meilleure vitesse ascensionnelle, un plus grand rayon d'action, mais d'une construction moins robuste. Le “Devastator” quant à lui était handicapé par une vitesse de pointe trop réduite (), et il a été remplacé dans le courant de 1942 par l'“Avenger”,

La coque avait une ceinture blindée de (), un pont blindé de () à hauteur du pont principal, c'est-à-dire du plancher du hangar et de 1 à sur le pont inférieur, avec des cloisons transversales de , le tout équivalent à la protection des grands croiseurs légers de la classe Brooklyn. vignette|gauche|Les pièces simples de à double usage, sur l'avant tribord de l'îlot de l' touché, le 4 juin 1942, à Midway. L'artillerie était constituée de huit pièces simples de Navweaps US 5"/38 Mk 12 à double usage, quatre disposées deux à l'avant et deux à l'arrière de l'îlot, et quatre à bâbord, le long du hangar, matériel qui était également installé sur les grands croiseurs légers de la classe Brooklyn, comme artillerie secondaire. L', seul de la classe à être encore en service en , a été doté ultérieurement de quarante tubes de Bofors et cinquante Oerlikon.

Un îlot à tribord, surmonté d'un tripode et d'un mat-pylône, abritait la passerelle de navigation et la passerelle d'aviation et comportait une cheminée assez massive, dans laquelle débouchaient les conduits d'évacuations des fumées des chaudières, rompant avec les cheminées latérales et inclinables du . Neuf chaudières Babcock & Wilcox alimentaient quatre groupes de turbines à engrenages Parsons, développant ch, pour assurer une vitesse maximale de 33 nœuds. Mais cela tenait aussi aux dimensions de coque, avec un rapport longueur/largeur de 9,73, alors que le , avec une puissance installée de ch n'atteignait pas 31 nœuds, mais avec un rapport longueur/largeur de 7,2 seulement.

vignette|L',vu de tribord, le 27 décembre 1940. Afin de respecter les limitations du traité naval de Washington, l'US Navy a décidé de construire un porte-avions d'un déplacement de tonnes, et l'a mis sur cale en 1935 à la Bethlehem Steel Company. Version réduite de la classe Yorktown, l' avait une longueur de , soit 10 % de moins, mais la largeur était la même, d'où un rapport longueur/largeur de 8,9 au lieu de 9,73. Les aménagements du pont d'envol étaient différents avec seulement deux ascenseurs axiaux et un monte-charge latéral à bâbord à hauteur de l'îlot, dont la plate-forme pouvait se replier verticalement, quand le dispositif n'était pas en fonctionnement. De la sorte, le nombre d'avions mis en œuvre n'était pas réduit par rapport aux unités de la classe Yorktown.

La protection verticale de la coque était inchangée, seule la protection horizontale du pont principal était diminuée de moitié. L'artillerie était la même. Les machines avec six chaudières (d'où une cheminée moins volumineuse), et n'entrainant que deux hélices, ne développaient que ch, soit 62,5 % de la puissance du mais 40 % de plus que celle du . La vitesse n'était donc au maximum que de 29,5 nœuds.

Lancé le , le Wasp entre en service un an plus tard.

vignette|gauche|Sur l', la DCA a été renforcée par des affûts quadruples de . En matière de désarmement naval, les années 1930 sont marquées par des restrictions croissantes, au fur et à mesure des conférences internationales. À Londres, en 1930, le moratoire pour la construction des cuirassés est prolongé jusqu'au , et le nombre des cuirassés des différentes flottes est revu à la baisse. Pour les croiseurs, la construction de nouveaux croiseurs « lourds » est interdite, et pour les croiseurs légers, de nouveaux plafonds de tonnages globaux sont édictés que la France va refuser d'appliquer. Pour les porte-avions, la construction de bâtiments de moins de tonnes est interdite. Le déplacement maximal des bâtiments est abaissé de tonnes à tonnes, et le calibre maximum de l'artillerie est abaissé de () à , par le second Traité naval de Londres de 1936.

Mais dans le même temps, les dictatures s'affranchissent de ces règles, comme l'Italie, en représailles des sanctions, pourtant bien minimes, que la Société des Nations lui inflige, pour son agression contre l'Éthiopie. Le Japon, dès 1934, fait savoir qu'il s'estimera délié de tout engagement en matière de désarmement naval, à partir du . L'Allemagne et l'U.R.S.S. réarment avec d'autant plus de détermination qu'elles ne sont pas partie prenante aux différents traités de 1922 et de 1930, et quand le Royaume-Uni essaie, par des accords bilatéraux, comme le traité naval germano-britannique de 1935, de limiter leur marge de manœuvre, la France en prend prétexte pour ne pas respecter les engagements qui s'imposent à elle.

C'est dans ce climat incertain, et alors que les caractéristiques de ce qui deviendra la Classe Essex ne sont pas encore déterminées, que la décision est prise de construire un troisième porte-avions de tonnes du modèle du . Les différences sont minimes, le déplacement standard est accru de et le déplacement à pleine charge de , le pont d'envol est plus long de et plus large de 1,5 mètre (ultérieurement, l' recevra le même équipement). La catapulte transversale dans le hangar n'est pas installée. La défense contre les avions (DCA) rapprochée dispose en plus de 4 affûts quadruples de Navweaps US 1.1"/75 Mk1, armement qui a été considéré comme peu performant, et de 16 mitrailleuses de , qui sont remplacées, dès , par vingt canons de Oerlikon.

Liste des navires de cette classe NomMise sur caleLancementMise en serviceRetrait du servicePhotoFin de carrière 200px|L' USS Yorktown CV-5 dans les eaux haïtiennes (1939)Endommagé par les avions du Hiryū, puis torpillé et coulé par le sous-marin japonais I.68, à la bataille de Midway200px|L' USS Enterprise CV-6 (1939)Envoyé pour la ferraille à Kearny, New Jersey en 1958Endommagé par des avions du Jun'yō, puis torpillé et coulé par les destroyers japonais Akigumo et Makigumo, à la bataille des îles Santa Cruz200px|L' USS Wasp CV-7Torpillé et coulé par le sous-marin japonais I.19 à proximité de Guadalcanal

Service pendant la guerre du Pacifique De Pearl Harbor à la mer de Corail Le jour de l'attaque de Pearl Harbor, l', navire amiral du vice-amiral William F. Halsey rentrait après avoir convoyé des avions à Wake. Il a engagé ses bombardiers embarqués, puis a vainement recherché l'escadre japonaise. Le , son aviation embarquée coule le sous-marin japonais I.70. Il va couvrir ensuite les abords des Hawaï, et escorter des transports de troupes renforçant les îles Samoa. vignette|Pour arracher son B-25 de l'USS Hornet, pour aller bombarder Tokyo, le lieutenant-colonel Doolittle ne disposait que de , sur le pont d'envol.