La campagne de Gettysburg, ou campagne de Pennsylvannie, est une série de batailles ayant débuté en et se terminant en juillet de la même année, et se déroulant au cœur des États du Nord, le Maryland et la Pennsylvanie, sur le théâtre oriental de la Guerre de Sécession.

Après leur victoire lors de la bataille de Chancellorsville, le général confédéré Robert Lee et l'armée de Virginie du Nord, qu'il dirige, réussissent à déjouer la surveillance de l'Armée du Potomac commandée par Joseph Hooker puis — à partir du — par George G. Meade, quittent Fredericksburg, en Virginie, remontent vers le nord par la vallée de Shenandoah, reprennent la ville de Winchester, franchissent le fleuve Potomac, et menacent les grandes villes nordistes : Harrisburg, Baltimore, Philadelphie et surtout Washington.

Cependant, les Unionistes remontent vers le nord en hâte, et arrêtent l'avancée des sudistes en soutenant leurs assauts lors de la décisive bataille de Gettysburg, qui se déroule du au . L'élan sudiste est brisé. Lee se retire alors vers le Sud, traverse le Potomac entre le et le , et parvient à ramener le reste de son armée en Virginie.

Contexte thumb|left|Bataille de Chancellorsville, victoire confédérée majeure. À l'issue de la bataille de Chancellorsville où l'armée confédérée, luttant à un contre deux, l'emporte face à l'Armée du Potomac du général Hooker entre le et le , Lee décide de lancer une seconde invasion du Nord.

Il espère, en quittant ainsi sa position défensive derrière la rivière Rappahannock, renverser les plans de la campagne d'été des nordistes et s'approvisionner sur les riches terres agricoles du Maryland et de Pennsylvanie, ce qui de plus donnera un répit bienvenu à la Virginie, épuisée par deux ans d'occupation nordiste.

thumb|Le général unioniste Joseph Hooker, controversé sur le plan militaire, mais néanmoins embelli dans l'imaginaire populaire. Par ailleurs, l'effet psychologique d'une menace sudiste directe sur les grandes villes de Baltimore, Philadelphie, et même sur la capitale Washington peut encourager les pacifistes du nord - les copperheads - à intensifier leurs actions, et même entrainer une demande d'armistice de la part des nordistes.

Lee, le , écrit ainsi à son épouse que Sears, ..

Jefferson Davis, président des États confédérés d'Amérique, avait demandé à Lee d'aller vers l'ouest pour chasser l'armée unioniste d'Ulysses S. Grant qui assiégeait John C. Pemberton dans Vicksburg, État du Mississippi. Mais Lee refuse : il a trop besoin de ses troupes pour le coup de boutoir qu'il veut asséner au nord-est des États-UnisCoddington, ; Sears, ., et Vicksburg, éloignée de , ne pourra pas être secourue à temps avec un réseau de chemin de fer en piteux état.

Lee a l'intention d'utiliser la même stratégie que lors de la campagne du Maryland de 1862 qu'il avait menée, car il vient d'apprendre ce qui l'a fait échouer. En effet, c'est grâce à sa dépêche 191 du , interceptée par l’ennemi, que les nordistes menés par George McClellan prennent connaissance de son plan d’invasion : ils ont pu alors arrêter les Confédérés dans les montagnes Blue Ridge, lors de la bataille de South Mountain, puis ont forcé Lee à accepter le combat lors de la bataille d'Antietam, avant qu'il n'ait concentré toutes ses forces.

Lee sait donc que l’échec de sa première invasion est due à un hasard malheureux et qu'il sera cette fois opposé au général unioniste Joseph Hooker. Or, il le méprise pour sa vie privée déréglée et son incurie, et il vient de le défaire à la bataille de Chancellorsville. Il a, de plus, une confiance illimitée en son armée, et il pense qu'il peut demander ce suprême effort à ses hommesSears, ..

Avancée de Lee vers le nord thumb|Au sud du massif des Appalaches, les montagnes Blue Ridge, à travers lesquelles Lee réussit à faire passer l'Armée de Virginie du Nord. Les fédéraux réaliseront bien tardivement que Lee envahit la Pennsylvanie.

Le , l'armée de Lee quitte Fredericksburg, laissant le corps d'Ambrose Powell Hill en arrière-garde et, faisant route vers le nord-ouest, commence à se diriger vers les passes des montagnes Blue Ridge. Le , les corps d'armée de James Longstreet et de Richard Stoddert Ewell campent à CulpeperSalmon, ; Loosbrock, ., et à proximité. Lee a ordonné à Jeb Stuart de se préparer à traverser la rivière Rappahannock pour lancer un raid de diversion sur les troupes nordistes : les troupes confédérées pourront alors avancer discrètement vers le nord. Stuart rassemble donc ses escadrons en un vaste bivouac à Brandy StationSalmon, ; Gottfried, ; Mingus, ..

Brandy Station

Alerté par l’énorme rassemblement de cavalerie (et aussi par la revue hippique à grand spectacle montée par Stuart à Inlet Station, à de Brandy Station), le chef de l'Armée du Potomac Joseph Hooker ordonne à son subordonné Alfred Pleasonton de franchir la rivière Rappahannock et de lancer sa force combinée, composée de et de , contre la cavalerie ennemieSalmon, . afin de les confédérésKennedy, ; NPS website..

À l'aube du , le bivouac de la cavalerie sudiste est totalement surpris par l'attaque fédérale. Les confédérés arrivent péniblement à repousser les fédéraux au-delà de la Rappahannock, au prix de pertes importantes en hommes - en particulier Rooney Lee, le second fils du général Lee, gravement blessé - et en prestige.

La bataille de Brandy Station est la plus grande bataille de cavalerie (associée à de l'infanterie) de la guerre de SécessionBrandy Station Foundation. Sur les engagés, environ étaient des fantassins de l'Union. L'affrontement de Brandy Station est un match nul : Pleasonton se retire sans avoir découvert le gros de l'armée de Lee cantonnée à Culpeper, et Stuart revendique la victoire. Mais la réputation de la cavalerie sudiste, qui s'est laissé surprendre, souffre notablement à Brandy Station, alors que celle de la cavalerie nordiste granditSears, ; Longacre, ; Salmon, ; Loosbrock, ..

De plus, la cavalerie nordiste gagne à Brandy Station suffisamment de confiance en elle-même pour continuer à harceler les cavaliers gris que l'on pensait jusque-là invincibles, et elle va les fixer pendant près de deux semaines au sud des montagnes Blue Ridge, alors qu'ils auraient dû jouer leur rôle de bien plus au nord. Enfin, les hommes et les chevaux de Jeb Stuart sont épuisés dès le début de la campagne, et leur efficacité s'en ressentira fortement lors de l'invasion de la Pennsylvanie, en particulier pendant le raid qui conduira Stuart aux portes de Washington.

Reconquête de Winchester

Après Brandy Station, le gros de l'infanterie de Lee commence à passer les cols des montagnes Blue Ridge puis remonte vers le nord le long de la vallée de Shenandoah pendant que la cavalerie de Stuart reste à l'est des montagnes Blue Ridge pour s'interposer comme un écran entre l'armée de Virginie du Nord en mouvement et les forces unionistesSears, ; Salmon, ..

Le corps de Longstreet - qu'accompagne le général Lee et son état-major - emprunte les passes de Ashby's Gap et de Snicker's Gap. D'autre part Ambrose Powell Hill attend que les troupes fédérales de Joseph Hooker apprennent le départ des confédérés et se lancent à leur poursuite pour suivre la route de Ewell et le dépasser, passant ainsi à l’avant-garde. Le corps d'Ewell, qui est en tête de l'armée confédérée, franchit la passe de Chester Gap le , traverse le village de Front Royal, puis marche sur Winchester.

Winchester est alors occupée par une garnison de unionistes : trois brigades sous le commandement de Robert H. Milroy. Le , ils se trouvent encerclés par les confédérés - Allegheny Johnson venant du sud, Jubal Anderson Early de l'ouest et Rodes du nordSalmon, ; Gottfried, ; Sears, . -, chassés de leurs avant-postes, et refoulés dans la ville.

Milroy cherche à évacuer la ville, mais Johnson lui barre au nord-ouest la route de la retraite : cas unique d'opération menée de nuit contre une division ennemie en marche sur une route en rase campagne. Et quand les fédéraux voient à l'aube la fameuse en face d'eux, ils se rendent en masse. Les confédérés font , mais Milroy et ses officiers parviennent à s'échapperGottfried, ; Sears, ; Salmon, ..

La seconde bataille de Winchester est un succès complet pour les Confédérés, tant sur le plan psychologique que matériel : outre les prisonniers - dont beaucoup sont des blessés immobilisés dans leurs nombreuses infirmeries -, ils capturent de grosses quantités de provisions, munitions, équipement, artillerie, chevaux, bêtes de somme, etc., dont ils ont grand besoin. Et Milroy, l'occupant exécré des sudistes pour ses multiples exactions, sera mis aux arrêts dès son arrivée à Harpers Ferry et passera en cour martiale; il sera relaxé, mais n'obtiendra plus de commandement.

Continuant leur progression vers le nord, Ewell et l'escadron de cavalerie de Jenkins traversent le fleuve Potomac près de Hagerstown, dans le Maryland, le . Les troupes de Hill et de Longstreet traversent le fleuve les et Trudeau, , 66; Gottfried, .. L'armée unioniste, quant à elle, a quitté Fredericksburg le et pris à marches forcées la route du nord, à l’est des montagnes Blue Ridge.

Hooker poursuit Lee thumb|Cavaliers fédéraux du Ist Maine Cavalry , à pied et à découvert, tiraillant activement lors de la bataille de Middleburg. Leur nouvelle carabine Spencer (arme) à répétition) leur permet une cadence de tir de 14 à 20 coups/min, alors que les armes à percussion des confédérés n'ont qu'une cadence de 3 coups/min. Mais les cavaliers gris de James Ewell Brown Stuart, eux, étaient fameux pour leur habileté à combattre à pied en utilisant les moindres accidents de terrain pour se dissimuler et se protéger.

Joseph Hooker pense profiter de l'absence de Lee pour attaquer Richmond, la capitale confédérée. Mais le président de l'Union Abraham Lincoln lui rappelle fermement que l'objectif prioritaire est d'arrêter l'armée de Virginie du Nord, avant qu'elle ne menace Washington et Baltimore.

Le , l'armée du Potomac quitte Fredericksburg et remonte vers le nord. Hooker envoie de nouveau la cavalerie d'Alfred Pleasonton en reconnaissance vers les montagnes Blue Ridge pour essayer de savoir enfin ce que fait l'armée confédérée derrière l'écran dressé par Jeb Stuart. Mais les cavaliers de Jeb Stuart arrêtent les fédéraux dans la Loudoun Valley, avant qu'ils ne puissent arriver aux passes qui traversent les montagnes Blue Ridge, lors de sérieux accrochages : le a lieu la bataille d'Aldie; les , et , la bataille de Middleburg; et le , la bataille d'UppervilleSears, ; Longacre, ; Gottfried, ; Salmon, ..

Puis Stuart, après avoir retenu la cavalerie fédérale pendant une semaine au sud des montagnes Blue Ridge, décide de lancer son fameux raid à l'est de l'armée ennemieSalmon, ; Longacre, .. Quand Hooker apprend enfin, le , que les Confédérés ont traversé le Potomac, il ordonne à l'Armée du Potomac de remonter vers le nord à marches forcées à travers le Maryland, pour se concentrer à Middletown et FrederickCoddington, ; Sears, ; Gottfried, ..

Invasion de la Pennsylvanie thumb|Campagne de Gettysburg. L'ample boucle du raid de Jeb Stuart vers l'est est matérialisée par le pointillé rouge. Noter les demi-tours effectués aussi par Ewell et Early afin de converger vers Gettysburg. Le président Lincoln réagit en faisant publier une proclamation dans laquelle il réclame en urgence que venant de quatre États s'engagent pour six mois afin Mingus, ..

Andrew Gregg Curtin est alors gouverneur de la Pennsylvanie, le "key-stone state" (État pierre-angulaire), riche État agricole et industriel envahi par l'ennemi ; ami de Lincoln, Curtin exerce une propagande active en faveur de la cause nordiste. Lui aussi exhorte à s'engager dans la milice de l'État. Comme seulement pennsylvaniens se présentent, il fait appel à la milice de l'État de New York.