Le saut en longueur masculin figure au programme des Jeux olympiques depuis la première édition, en 1896 à Athènes. Les femmes participent à cette épreuve depuis les Jeux de 1948, à Londres.

Avec quatre médailles d'or, remportées consécutivement de 1984 à 1996, l'Américain Carl Lewis est l'athlète masculin le plus titré dans cette épreuve. L'Allemande Heike Drechsler détient quant à elle le record de victoires chez les femmes avec deux titres.

Les records olympiques de la discipline sont actuellement détenus par l'Américain Bob Beamon, auteur de en finale des Jeux olympiques de 1968, à Mexico, et par l'Américaine Jackie Joyner-Kersee, créditée de lors des Jeux olympiques de 1988, à Séoul.

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Hommes Historique 1896-1912

Le saut en longueur fait partie des douze épreuves d'athlétisme au programme des premiers Jeux olympiques de l'ère moderne disputés en 1896 au Stade panathénaïque d'Athènes. L'Américain Ellery Clark s'impose avec un saut à , réussi à sa troisième et dernière tentative, devant ses deux compatriotes Robert Garrett et James Connolly .

Quatre ans plus tard, à la Croix-Catelan de Paris, l'Américain Alvin Kraenzlein s'adjuge le titre des Jeux olympiques de 1900 en franchissant , devant son compatriote Meyer Prinstein qui après avoir réalisé le meilleur saut des qualifications, décide de ne pas participer à la finale se déroulant un dimanche, conformément à ses convictions religieuses. Alvin Kraenzlein s'imposera également dans trois autres épreuves : le , le et le

Meyer Prinstein prend sa revanche lors des Jeux olympiques de 1904, à Saint-Louis, et ce en l'absence du premier détenteur officiel du record du monde, le Britannique Peter O'Connor. Prinstein s'impose avec la marque de , nouveau record olympique, et devance largement ses deux compatriotes Daniel Frank et Robert Stangland .

En 1908, lors des Jeux olympiques de Londres, la victoire revient à l'Américain Frank Irons qui bat le record olympique avec , devançant son compatriote Daniel Kelly et le Canadien Calvin Bricker . Plus tôt dans la journée lors du concours de qualification, Frank Irons avait déjà amélioré le record olympique avec .

Lors des Jeux olympiques de 1912, à Stockholm, l'Américain Albert Gutterson bat le record olympique dès son premier saut des qualifications avec , performance qu'il n'améliore pas lors de ses trois sauts de la finale et qui lui permet de s'adjuger le titre olympique. Calvin Bricker, troisième en 1908, se classe deuxième du concours avec , le Suédois Georg Åberg prenant la troisième place avec . Le tenant du titre Frank Irons ne parvient à se qualifier pour la finale en ne réalisant que lors des qualifications.

De 1900 à 1912, se déroulent par ailleurs des épreuves de saut en longueur sans élan. L'Américain Ray Ewry remporte les trois premières éditions, en 1900, 1904 et 1908, le Grec Konstantínos Tsiklitíras s'adjugeant le titre en 1912.

1920-1936

Le Suédois William Pettersson remporte le titre du saut en longueur des Jeux olympiques de 1920 à Anvers, mettant fin à une série de cinq victoires américaines. Il s'impose avec la marque modeste de , devant l'Américain Carl Johnson () et l'autre suédois Erik Abrahamsson (). L'Américain Dink Templeton, champion olympique de rugby à XV cette même année, se classe quatrième de l'épreuve alors que Sol Butler, qui figurait parmi les favoris de l'épreuve après avoir remporté les sélections olympiques américaines, se blesse gravement lors des qualifications .

Lors des Jeux olympiques de 1924 au Stade de Colombes, l'Américain DeHart Hubbard s'adjuge le titre olympique avec devant son compatriote Edward Gourdin () et Le Norvégien Sverre Hansen qui termine troisième avec après avoir été en tête du concours des qualifications . Edward Gourdin était le détenteur du record du monde du saut en longueur depuis 1921 avec avant que son compatriote Robert LeGendre ne l'améliore la veille lors de ces mêmes Jeux, mais dans le cadre du concours du pentathlon.

Quatre ans plus tard, lors des Jeux olympiques de 1928 à Amsterdam, l'Américain Ed Hamm, qui a amélioré le record du monde quelques semaines plus tôt aux États-Unis avec , devient champion olympique avec , marque réalisée lors des qualifications mais conservée pour la finale. L'Haïtien Sylvio Cator termine deuxième avec , devant l'autre américain Alfred Bates troisième avec . Le tenant du titre DeHart Hubbard se blesse lors des qualifications et ne prend que la place de l'épreuve.

Aux Jeux olympiques de 1932 à Los Angeles, l'Américain Ed Gordon remporte la finale olympique avec un meilleur saut mesuré à . Il devance son compatriote Lambert Redd () et le Japonais Chūhei Nanbu (), alors détenteur du record du monde avec et qui prendra sa revanche quelques jours plus tard en remportant l'épreuve du triple saut .

L'Américain Jesse Owens, premier athlète à franchir la limite des au saut en longueur après son record du monde de établi en 1935 à Ann Arbor, confirme son statut de favori en remportant le titre des Jeux olympiques de 1936. Au Stade olympique de Berlin, il établit tout d'abord un nouveau record olympique à son deuxième essai avec , avant d'améliorer cette marque à son cinquième essai avec . Il s'adjuge la victoire finale avec un sixième et dernier saut mesuré à , marque réalisée néanmoins avec un vent trop favorable . L'Allemand Luz Long est médaillé d'argent avec et le Japonais Naoto Tajima est médaillé de bronze avec . Jesse Owens remportera trois autres médailles d'or lors de ces Jeux (, et ).

1948-1964

L'Américain Willie Steele, considéré comme l'un des meilleurs sauteurs en longueur de l'après-guerre après la fin de carrière sportive de Jesse Owens, remporte les Jeux olympiques de 1948 à Londres. Blessé à la cheville, il ne réalise que deux sauts en finale, à son premier essai puis à son deuxième essai, la première marque lui permettant de s'adjuger la médaille d'or. Il devance l'Australien Theodore Bruce, deuxième avec et l'autre américain Herb Douglas, médaillé de bronze avec .

Lors des Jeux olympiques de 1952 à Helsinki, l'Américain Jerome Biffle s'impose avec un saut à réalisé à sa troisième tentative, devançant de quatre centimètres seulement son compatriote Meredith Gourdine, deuxième avec , le Hongrois Ödön Földessy complétant le podium avec . George Brown, le troisième américain et meilleur spécialiste mondial de 1951 à 1953, mord ses trois essais.

En 1956, en finale des Jeux olympiques de 1956 à Melbourne, l'Américain Greg Bell confirme son statut de favori en s'adjugeant le titre olympique dans un concours marqué par un vent violent faisant face aux concurrents pendant toute la compétition. Bell réalise à son deuxième essai et devance son compatriote John Bennett () et le Finlandais Jorma Valkama () .

Le favori des Jeux olympiques de 1960 est l'Américain Ralph Boston qui a amélioré deux semaines auparavant à Walnut avec le vieux record du monde du saut en longueur détenu depuis 1935 par Jesse Owens. À Rome en finale, Ralph Boston réalise un saut à à sa troisième tentative, ajoutant au record olympique d'Owens établi lors des Jeux de Berlin en 1936. À la lutte avec Boston, son compatriote Bo Roberson s'incline d'un centimètre seulement après avoir réalisé à sa sixième et dernière tentative, sa meilleure performance personnelle . Le Soviétique Igor Ter-Ovanessian, champion d'Europe en 1958, se classe troisième de l'épreuve en établissant un nouveau record d'Europe avec , performance également établie à son dernier essai. L'Allemand Manfred Steinbach, qui bat le record national avec , termine au pied du podium.

La finale des Jeux olympiques de 1964 à Tokyo se dispute sous la pluie. Le Britannique Lynn Davies créé la surprise en s'imposant avec la marque de , établie à son cinquième essai. Le champion olympique en titre Ralph Boston, qui a porté le record du monde à quelques mois auparavant, s'adjuge la médaille d'argent avec , réalisé à son sixième et dernier essai. Il devance de justesse le détenteur du record d'Europe Igor Ter-Ovanessian qui obtient une nouvelle médaille de bronze dans cette épreuve avec .

1968-1984

Lors des Jeux olympiques de 1968 à Mexico, l'Américain Bob Beamon réalise dès sa première tentative un saut à et améliore de le record du monde co-détenu alors par Ralph Boston et Igor Ter-Ovanessian. Beamon bénéficie de conditions exceptionnelles lors de son saut, l'altitude élevée de la ville de Mexico (), la piste d'élan en synthétique, ainsi qu'un vent favorable de . L'Est-allemand Klaus Beer est médaillé d'argent avec et Ralph Boston, qui monte pour la troisième fois consécutive sur le podium après l'or en 1960 et l'argent en 1964, est médaillé de bronze avec un saut à après avoir amélioré le record olympique la veille en qualifications avec . Igor Ter-Ovanessian termine au pied du podium avec .

Quatre ans plus tard, lors des Jeux olympiques de 1972 à Munich, la victoire revient au favori américain Randy Williams qui établit la marque de à son premier essai, la meilleure performance mondiale de l'année 1972. Il devance l'Est-allemand Hans Baumgartner, deuxième avec et l'autre américain Arnie Robinson, vainqueur des Jeux panaméricains de 1971, qui décroche la médaille de bronze avec , écartant du podium le Ghanéen Joshua Owusu pour deux centimètres seulement . Randy Williams avait réalisé un nouveau record du monde junior la veille lors du concours des qualifications avec .

Arnie Robinson obtient la consécration mondiale lors des Jeux olympiques de 1976 à Montréal en remportant le concours avec un saut à , réalisé à sa première tentative. Il devance largement le champion olympique en titre Randy Williams, deuxième avec , et l'Est-allemand Frank Wartenberg, troisième avec . Le Français Jacques Rousseau, qui a porté le record national à peu avant ces Jeux, termine au pied du podium avec , performance identique au Brésilien João Carlos de Oliveira, cinquième du concours. L'autre américain Larry Myricks se blesse lors de l’échauffement.

Les Jeux olympiques de 1980 à Moscou, marqués par le boycott d'une cinquantaine de nations, dont les États-Unis, sont remportés par l'Est-allemand Lutz Dombrowski qui établit à son cinquième essai un nouveau record d'Europe avec . Il devance son compatriote Frank Paschek () et le Soviétique Valeriy Pidluzhnyy () . En finale, Lutz Dombrowski réalise la série suivante : , , essai mordu, , et .

L'Américain Carl Lewis, champion du monde en 1983 à Helsinki et qui est en tête des bilans mondiaux depuis 1981, s'adjuge le titre des Jeux olympiques de 1984, à Los Angeles. Il réalise dès sa première tentative, mord son deuxième essai, et décide ensuite de faire l'impasse sur les quatre essais suivants afin de se réserver pour les autres épreuves pour lesquelles il est engagé. Mais, aucun athlète ne parvient à améliorer le saut de Lewis, l'Australien Gary Honey, vainqueur des Jeux du Commonwealth de 1982, établit la marque de à son sixième et dernier essai, tout comme l'Italien Giovanni Evangelisti, les deux athlètes étant départagés pour la médaille d'argent par leur deuxième meilleur saut ( pour Honey contre pour Evangelisti) . Carl Lewis remportera trois autres épreuves lors de cette compétition : le , et .

1988-2004