Sterling Price, né le dans le comté du Prince-Édouard et mort le à Saint-Louis, est un avocat, planteur et homme politique américain. Il est général de brigade de l'Armée des États-Unis pendant la guerre américano-mexicaine et major général dans l'Armée des États confédérés pendant la guerre de Sécession. Il est également gouverneur du Missouri de 1853 à 1857.

Price est surtout connu pour ses victoires au Nouveau-Mexique et dans le Chihuahua au cours du conflit mexicain et pour ses défaites lors des batailles de Pea Ridge et de Westport pendant la guerre de Sécession, cette dernière bataille marquant la fin malheureuse de l'expédition de Price au Missouri en 1864. Après la guerre, Price préfère emmener le reste de ses troupes au Mexique plutôt que de se rendre, cherchant en vain les services de l'empereur Maximilien sur place.

Biographie Jeunesse Sterling "Old Pap" Price est né près de Farmville, dans le comté de Prince-Édouard en Virginie, dans une famille d'origine galloise. Sa mère, Elizabeth Williamson, et son père, Pugh Price, dont l'ancêtre John Price était né en 1584 à Brecknock au Pays de Galles, s'étaient installés dans la colonie de Virginie. Price fut élève au en 1826 et 1827 où il étudia le droit et il travailla au palais de justice situé près de son domicile. Il fut admis au de Virginie et créa un cabinet d'avocats.

À l'automne 1831, Price et sa famille déménagèrent à Fayette, Missouri. Un an plus tard, il s'installa à Keytesville, Missouri, où il dirigea un hôtel et fit du commerce. Le , Price épousa Martha Head, originaire du comté de Randolph, Missouri. Ils eurent sept enfants, cinq d'entre eux atteignirent l'âge adulte : Edwin Williamson, Herber, Celsus, Martha Sterling et Quintus.

Début de carrière Pendant la guerre des mormons de 1838, Price servit en tant que membre d'une délégation envoyée par le comté de Chariton, Missouri, pour enquêter sur les troubles signalés entre les mouvements issus du mormonisme et les bandes anti-mormons opérant dans la partie ouest de l'état. Son rapport fut favorable aux mormons, déclarant qu'ils n'étaient pas coupables, à son avis, des accusations portées contre eux par leurs ennemis. À la suite de la capitulation des mormons en , Price reçut l'ordre du gouverneur du Missouri, , de se rendre dans le comté de Caldwell, accompagné d'un groupe d'hommes, afin de protéger les mouvements issus du mormonisme de nouvelles déprédations après leur reddition. Il fut élu à de 1836 à 1838, et de nouveau de 1840 à 1844, et fut choisi comme porte-parole. Il fut ensuite élu en tant que démocrate au , servant du au , date à laquelle il démissionna de la Chambre pour participer à la guerre américano-mexicaine.

Guerre américano-mexicaine Price développa le Second régiment de la Missouri Mounted Volunteer Cavalry et fut nommé colonel de ce régiment le . Il fit marcher son régiment, accompagné de celui d'Alexander William Doniphan, jusqu'à Santa Fe, où il assuma le commandement du territoire du Nouveau-Mexique, succédant à son supérieur, le général Stephen W. Kearny, parti pour la Californie. Price servit comme gouverneur militaire du Nouveau-Mexique, où il éteignit la , une insurrection des amérindiens et des mexicains qui eut lieu en .

Le président James K. Polk promut Price au grade de brigadier général des volontaires le . Price fut nommé gouverneur militaire du Chihuahua ce même mois et dirigea issus de son armée, l', lors de la le où il vainquit une force mexicaine trois fois plus importante que la sienne. Cette bataille fut la dernière bataille de la guerre, elle se déroula quelques jours après la ratification du traité de Guadalupe Hidalgo par le Congrès des États-Unis le . Bien que réprimandé pour son action par le secrétaire à la guerre William L. Marcy, et ayant également reçu l'ordre de retourner avec son armée au Nouveau-Mexique, Price n'alla jamais devant le conseil de guerre et ne fut aucunement puni, il fut honorablement libéré le et rentra chez lui dans le Missouri en héros.

Gouverneur du Missouri De retour dans son état d'origine, Price devint propriétaire d'esclaves et cultiva le tabac dans la prairie de Bowling Green. Populaire grâce à ses services de guerre, il fut facilement élu et servit de 1853 à 1857. Durant son mandat, l'Université Washington de Saint-Louis fut créée, le système d'école publique de l'état fut restructuré, l'association des enseignants de l'état du Missouri (Missouri State Teachers Association) vit le jour, le réseau de chemin de fer fut élargi, et une de l'état fut créée. Bien que, durant son mandat, l'assemblée législative adoptât une loi visant à augmenter le salaire du gouverneur, il refusa d'accepter une rémunération supérieure à celle qu'il avait avant l'adoption de la loi. Lorsqu'il arriva au terme de son mandat, Price devint commissaire de la Banque de l'état de 1857 à 1861. Il assura également la construction d'un chemin de fer dans son comté natal, qui fait maintenant partie du Norfolk and Western Railway.

vignette|droite|Le général Sterling Price vétu de son uniforme de l'armée américaine avant la guerre de Sécession

Pendant la guerre de Sécession Premiers mois Au début de la guerre de Sécession, Price était personnellement opposé à la sécession. Il fut élu président de séance de la Convention de l'État du Missouri (Missouri State Convention) le qui vota pour le maintien de l'état dans l'Union. Les choses changèrent cependant radicalement lorsque Francis Preston Blair, Jr. et le brigadier-général Nathaniel Lyon capturèrent une force issue de la en faveur de la sécession au camp Jackson, juste à l'extérieur de Saint-Louis. Indigné par cet acte, Price se lança aux côtés des Sudistes et reçut l'ordre du gouverneur pro-confédéré Claiborne Fox Jackson de commander la Garde de l'État du Missouri nouvellement réformée en , menant ses jeunes recrues (qui le surnommait affectueusement "Old Pap" ) dans une campagne visant à gagner le Missouri dans la Confédération. La bataille la plus célèbre fut la bataille de Wilson's Creek qui eut lieu le , lorsqu'une force de la Garde de l'État du Missouri, alliée aux troupes confédérées sous le commandement du brigadier-général Benjamin McCulloch, vainquit les troupes de l'Union de l'Armée de l'Ouest (Army of the West) sous le commandement du général Lyon qui fut tué. Après cette victoire, les troupes de Price lancèrent une offensive dans le nord du Missouri où ils vainquirent les forces fédérales obéissant aux ordres du colonel lors de la première bataille de Lexington. Cependant, des troupes américaines supplémentaires forcèrent Price et les hommes de Jackson à se retirer, laissant la plus grande partie de l'état à l'Union.

Pea Ridge, Iuka, et Corinth

Exerçant toujours comme général de la milice du Missouri (plutôt que comme officier confédéré en service), Price ne parvint pas à se mettre d'accord avec son collègue de Wilson Creek, le brigadier général Benjamin McCulloch, sur la manière de procéder après la bataille, ce qui conduisit à la division de ce qui aurait pu autrement devenir une force confédérée considérable dans l'Ouest. Price et McCulloch devinrent rivaux, une rivalité qui se termina par la nomination du major général Earl Van Dorn qui devint commandant en chef du district Trans-Mississippi. Van Dorn réunit les formations de Price et de McCulloch en une seule qu'il appela l'Armée de l'Ouest et se mit en route pour engager les troupes unionistes dans le Missouri, sous le commandement du brigadier général Samuel Ryan Curtis. Alors sous le commandement de Van Dorn, Price fut promu major général dans l'Armée des États confédérés le .

Alors plus nombreuses que celles de Curtis, les forces de Van Dorn attaquèrent l'armée du Nord à Pea Ridge le -. Bien que blessé dans le combat, Price repoussa les forces de Curtis jusqu'à le , pour finalement voir la bataille perdue le jour suivant après une furieuse contre-attaque fédérale. Price traversa ensuite le fleuve Mississippi pour renforcer l'armée du général Pierre Gustave Toutant de Beauregard à Corinth, Mississippi. Price fut en mesure de saisir le dépôt d'approvisionnement de l'Union situé à proximité d'Iuka mais fut repoussé par le major général William Starke Rosecrans lors de la bataille d'Iuka le . Quelques semaines plus tard, le -, Price (une fois de plus sous le commandement de Van Dorn) et Van Dorn furent vaincus lors de la seconde bataille de Corinth.

Van Dorn fut remplacé par le major général John C. Pemberton, et Price, complètement dégoûté de Van Dorn et impatient de retourner dans le Missouri, obtint une permission pour visiter Richmond, la capitale des Confédérés. Là, il obtint une audience avec le président confédéré Jefferson Davis pour discuter de ses griefs, mais ce ne fut que pour trouver sa propre loyauté envers le sud sévèrement remise en question par le chef confédéré. Price réussit à peine à obtenir de Davis la permission de retourner dans le Missouri sans ses troupes. Peu impressionné par le Missourien, Davis parla de lui comme étant

Arkansas et Louisiane Cependant, Price n'en avait pas terminé avec son rôle de commandant confédéré. Il contesta le contrôle de l'Union sur l'Arkansas l'été 1863, et bien que recevant des critiques sur certains de ses engagements, il ne fut pas en mesure de déloger de l'état les forces du nord. Au début de l'année 1864, le général confédéré Edmund Kirby-Smith, commandant de la campagne de la Louisiane de l'ouest, ordonna au général Price dans l'Arkansas d'envoyer l'ensemble de son infanterie à Shreveport. Les forces confédérées dans le Territoire indien devaient rejoindre Price dans cet effort. Le général John B. Magruder au Texas fut chargé d'envoyer l'infanterie en direction de Marshall, au Texas, à l'ouest de Shreveport. Le général reçut l'ordre de partir de la rivière Ouachita à l'ouest, en direction de Natchitoches. Avec une force de cinq mille hommes, Price atteignit Shreveport le . Toutefois, Kirby-Smith arrêta cette division et la divisa en deux plus petites. Il hésita à envoyer des hommes dans le sud pour combattre le général de l'Union Nathaniel Prentice Banks qui, selon lui, dirigeait des forces supérieures en nombres à celles des Confédérés, une décision qui attira l'opposition du général Richard Taylor. Mais la campagne de l'ouest touchait à sa fin.

vignette|gauche|350px|Raid de Price dans le théâtre du Trans-Mississippi, 1864 (en haut à gauche, en rouge).

Expédition de Price au Missouri

Malgré ses déboires dans l'Arkansas et en Louisiane, Price réussit à convaincre ses supérieurs de lui permettre d'envahir le Missouri à l'automne 1864, dans l'espoir de gagner cet état pour la Confédération ou tout au moins mettre en péril les chances de réélection d'Abraham Lincoln cette année-là. Le général confédéré Edmund Kirby Smith accepta, mais il fut forcé de détacher les brigades d'infanterie, qui à l'origine étaient attribuées à Price, et de les envoyer ailleurs, changeant ainsi la campagne que Price avait proposée et, d'une invasion prévue à grande échelle du Missouri, elle passa à un grand raid de cavalerie. Price réunit pour son armée et quatorze pièces d'artillerie.