Le Petropavlovsk (en ) est le premier cuirassé de la classe éponyme construit par la Marine impériale de Russie. Il doit son nom à la bataille de Petropavlovsk ( - ). Le , le , ce dernier voué également à une fin tragique, appartinrent à la même classe de cuirassés.
Au cours de la guerre russo-japonaise (1904-1905), le Petropavlovsk devient le fleuron de la du Pacifique, en prenant une grande part aux batailles contre la flotte impériale du Japon. Le (ou selon le calendrier grégorien), il est gravement endommagé après avoir touché une mine et coule au large de Port-Arthur. Son naufrage et le décès du vice-amiral Makarov présent à bord, comptèrent parmi les pertes affectant grandement la RussieV. Gribovskij, (Citation) La catastrophe du (L'épave du Petropavlovsk, Journal Gangut, vol. 4, .
Origine du nom Petropavlovsk La Russie impériale innova dans l'appellation de ses bâtiments de guerre, en leur attribuant les noms de célèbres batailles terrestres et navales des . Le Petropavlovsk et les navire-jumeau Poltava et Sébastopol reçoivent donc leur nom de cette manière.
Le nom de Petropavlovsk se réfère au siège du port de Petropavlovsk au cours de la Guerre de Crimée (1854-1856), le doit son nom à la bataille de Poltava (), quant au il doit son nom au siège de cette ville de Crimée (1854-1855).
Autres Petropavlovsk En 1858Ammon Berejnoï, Héroïques navires de la Russie et de la flotte soviétique, publié par les éditions militaires, 1990, Moscou page 240, un destroyer portant le nom de Petropavlovsk est construit au chantier naval impérial de Saint-Pétersbourg. Son armement se compose de 58 canons et possède un déplacement de . Après un réaménagement de l'armement (22 canons), il est affecté à la Flotte de la Baltique et il est commandé par l'amiral Boutakov. En 1914, un nouveau cuirassé Petropavlovsk est construit au chantier naval de la Baltique à Saint-Pétersbourg.
Historique Conception En réponse à la montée en puissance de la Marine impériale allemande, les forces navales russes lancent un programme visant à élargir la flotte de la Baltique dans les années 1890. Ce programme comprend un projet de construction de dix cuirassés, trois croiseurs blindés, trois canonnières et cinquante torpilleurs. Le cuirassé Grand Sissoï est le premier navire construit. Par la suite, il est décidé de construire trois bâtiments de guerre de même classe, ce sont : le Petropavlovsk, le Poltava et le Sébastopol S. Souliga, « Les Navires de guerre de la classe Poltava », Journal Technika Molodioji, 1993, .
La conception du Petropavlovsk est approuvée en . Il s'agit d'une version améliorée de l’Empereur Nicolas , mais avec l'introduction de barbettes et quatre canons de . Un blindage de protection protégeait la totalité de la coque située sous la ligne de flottaison. En raison de ses remarquables qualité de navigabilité, même en haute mer, l’Empereur Nicolas est choisi afin d'être utilisé comme modèle de base pour la construction du Petropavlovsk.
Plus tard cependant, la conception initiale du Petropavlovsk est modifiée, le blindage de protection est remarquablement reconsidéré. Après le début de la construction, l'armement est modifié. Les barbettes des canons principaux et secondaires sont changées et remplacées par des côtés de tourelles, les canons de sont remplacés par des canons CanetSystème d'armes puissantes embarquées sur des navires mises au point par l'ingénieur français Canet, ingénieur d'études à la Compagnie Schneider au Creusot. En conséquence, le Petropavlovsk n'a plus les mêmes caractéristiques, ni le même aspect que l’Empereur Nicolas S. Souliga, op. cité.
thumb|left|Le Petropavlovsk, en construction, 1896
Construction La construction du Petropavlovsk débute en au chantier naval de l'île Galerny à Saint-Pétersbourg. Son lancement eut lieu le . Au début de l'année 1899, ce cuirassé est entièrement équipé, mais les travaux d'aménagement prennent du retard en raison de la non disponibilité de l'armement et du blindage. Le coût de la construction du Petropavlovsk s'éleva à . En , le Petropavlovsk prend la mer pour la première fois, mais il était non armé, et les tubes lance-torpilles n'étaient pas opérationnels. Au cours de la construction de ce cuirassé, il apparaît que l'un des moteurs se trouvait dans l'incapacité d'atteindre la puissance requise, et le navire rentre donc au port. De nouveaux essais ont lieu en 1898. À partir du , le Petropavlovsk peut naviguer à une vitesse de .
Particularités Comme tous les navires de sa classe, le Petropavlovsk ressemble aux navires français par la partie de leur coque hors de l'eau. L'élévation des armes se situait à au-dessus du niveau de l'eau. Le cuirassé possédait trois mâts.
Blindage de protection Le schéma typique de blindage de protection des cuirassés de cette époque est utilisé pour le Petropavlovsk. Le blindage principal se situe à la ligne de flottaison. La ceinture de blindage du Petropavlovsk, d'une longueur de , comprend 65 % de la coque, une hauteur de , 1,39 sous mètres l'eau. L'épaisseur de la ceinture du blindage principal s'élève à . La qualité de ce blindage de protection varie selon les parties du cuirassé. La section verticale du blindage de protection était élaborée en acier nickel, et usinée par les usines Ijorsky Zavod (usines situées à Kolpino, faubourg de Saint-Pétersbourg).
Armement thumb |Le Petropavlovsk, à bâbord
La conception initiale du Petropavlovsk se compose d'une armement de quatre canons de de 35 calibres, huit canons de de 35 calibres. En 1893, les plans sont changés en un nouveau système avec des canons de de 40 calibres et de de 45 calibres. La vitesse à laquelle le projectile quittait le fût du canon et la cadence de tir améliorèrent la puissance de feu du Petropavlovsk.
L'armement principal se compose de quatre canons de calibre de calibre 40 placés par paires sur les tourelles avant et arrière du cuirassé. L'élévation maximale est de 15° avec une cadence de tir d'un coup toutes les . Elle est beaucoup plus élevée que la plupart des navires des flottes étrangères de l'époque. Les tourelles sont construites à l'usine d'État de métallurgie Oboukov située à Saint-Pétersbourg. Chaque canon dispose de 58 obus.
L'armement secondaire se compose de 12 canons Canet de de calibre 45. L'avant des tourelles possède un angle de tir de 0 à 130°, à l'arrière des tourelles de 45 à 180°. Elles pouvaient s'élever à un niveau maximal de 15 à 18° maximum, et leur cadence de tir est de quinze coups à la minute. Toutefois, l'absence de mécanisme de sécurité exige la réduction à un seul coup par minute. Les obus de sont stockés sous les tourelles.
L'armement anti-mines se compose de dix canons de de calibre 37,5 et de vingt-huit de de calibre 22,8 (Canons Gochkine) placés sur l'ensemble de la surface du cuirassé. Pour l'embarquement et le débarquement, le bâtiment de guerre est équipé de deux canons Baranovsky de 63,5 de calibre 19.
L'armement comprend également six tubes lance-torpilles et deux tubes lance-mines. Le cuirassé est également équipé de six projecteurs de recherche de de diamètre possédant un angle de 180 à 200°. Ceux-ci sont situés sur le mât de misaine et le deuxième mât.
On installe aussi à bord en 1902, une station radio d'une portée de . Ce cuirassé est doté d'Ancre amiral pesant chacune et de deux ancrages auxiliaire Martin.
Propulsion Le Petropavlovsk est doté de deux machines à vapeur à triple expansion verticale (TEV) usinées en Angleterre par la compagnie Hotorn Leslie. Le coût de ses machines s'éleva à . Ces machines actionnaient deux hélices d'un diamètre de . Les deux machines développaient une puissance de (en pratique ).
L'électricité à bord est produite par cinq générateurs à vapeur, trois de 640 ampères, un de .
750 hommes servent à bord du Petropavlovsk. Au terme de sa construction, le cuirassé avait la coque peinte en noir, les cheminées de couleur paille. Les couleurs du bâtiment de guerre sont changées à plusieurs reprises. Au début de l'ouverture des combats à Port-Arthur tous les navires russes sont peints en vert olive.
thumb|Les cuirassés Sébastopol, Poltava et Petropavlovsk (à droite) en mer
Comparaisons Le Petropavlovsk possède un bon équilibre avec une combinaison optimale de l'armement, du blindage de protection, de la vitesse de navigation. Comparé aux navires lancés à la même époque, et la prolongation du temps nécessaire à l'aménagement du cuirassé apporte une technologie de plus en plus avancée. C'est l'apparition des navires modernes. Les canons principaux satisfait à toutes les exigences, excepté leurs faibles cadences de tir. Les armes secondaires possèdent d'excellentes caractéristiques, mais petit à petit sont abandonnées. L'artillerie anti-mines est quasiment inutile en raison de l'augmentation de la taille des nouveaux torpilleurs. La majorité des tubes lance-torpilles étant placés sous l'eau, cela augmente leur capacité de ciblage. Le stockage des obus est situé dans des compartiments à l'avant et dans des zones où la coque est dépourvue de blindage de protection. Cela augmente la vulnérabilité du cuirassé lors d'explosions internes. Cela joue un rôle important dans le naufrage du Petropavlovsk, le .
L'agencement du blindage de protection reflète les conceptions des années 1880. Celui-ci prévoyait la protection des moteurs, des chaudières et les bases des tourelles par une épaisseur maximum du blindage. La protection de la ceinture principale est quasiment invulnérable aux obus perforants, obus explosifs.
Les navires japonais contemporains au Petropavlovsk (le Misaka, l’Asaki, le Shikishima et le Hatsuse) possédaient tous une ceinture blindée au niveau de l'eau.
thumb|upright=1.1|Le cuirassé japonais Fuji, proche des caractéristiques du Petropavlovsk
États de service Le Petropavlovsk quitte le port de Saint-Pétersbourg en afin d'être équipé à Cronstadt et les canons sont installés en 1898. Quelque temps plus tard, le cuirassé ancre dans le port de Libau puis de nouveau est de retour à Cronstadt. Le , le Petropavlovsk reçoit son affectation dans la flotte d'Extrême-Orient et est incorporé dans l'escadre de l'Asie de l'Est. Alexandre Vassilievitch Koltchak, qui est chef de quart à bord du Petropavlovsk, devait mener des études hydrologiques dans le nord de l'océan Pacifique, mais, lorsque le navire entre en Méditerranée, le futur amiral accepte la proposition d'Eduard Toll de participer à une expédition et quitte le navire. Le Petropavlovsk atteignit Port-Arthur le .
Entre 1900 et 1901, le cuirassé prend part à la répression contre les Boxers en Chine. Il transporte des troupes et de l'artillerie de Port-Arthur à Taku. En , l'amiral Oskar Viktorovitch Stark prend le commandement de l'escadre de l'Asie de l'Est et hissa son pavillon sur le Petropavlovsk. Au cours de l'année 1903, le navire participe à l'ensemble des expéditions de ChemulpoPort en Corée du Sud près de Séoul à Vladivostok.
Guerre russo-japonaise Dans la nuit du , le Petropavlovsk comme la majorité des navires composant l'escadre de l'Asie de l'Est est ancré dans l'avant-port de Port-Arthur. L'escadre est soudainement attaquée par des torpilleurs japonais qui tirent seize torpilles. La non-préparation des Russes à cette attaque provoque la confusion dans la flotte. Le Petropavlovsk sort indemne de cette agression, mais trois navires (le , le Retvizan et le Pallada) subirent de graves dommages. Les mois suivant, l'inactivité de la flotte et d'autres événements provoquent la démission de l'amiral Stark et la nomination de l'amiral Makarov en qualité de commandant de l'escadre de l'Est devenue depuis 1902 la du Pacifique. Toutefois, avant l'arrivée de l'amiral Makarov le Petropavlovsk est engagé dans une bataille navale.
thumb|upright=.7|Amiral Stepan Ossipovitch Makarov