Lannilis (prononcé ) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Située sur la côte nord du département, à de Brest, son territoire est inséré entre deux abers, l'aber-Benoît au sud-est et l'aber-Wrac'h au nord-est, qui s'ouvrent sur la Manche et l'océan Atlantique.
Géographie Localisation Lannilis occupe, à proximité de la Manche, la racine d'une presqu'île, dont l'extrémité nord-ouest est occupée par la commune de Landéda, comprise entre deux abers, l'aber Wrac'h au nord-est et l'aber Benoît au sud-ouest. La commune fait partie du Pays des Abers.
Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de huit communes : vignette|left|Carte de la commune de Lannilis.
Relief Les altitudes vont de 53 mètres (dans la partie est de la commune, près de Kermoguet) au niveau de la mer, le bourg étant entre 40 et 50 mètres d'altitude et occupant une partie du lambeau du plateau de type appalachien correspondant à la pénéplaine post-hercynienne, à mi-distance des deux abers Wrac'h et Benoît qui forment un "relief en creux" caractéristique, leurs vallées étant très encaissées à la suite de la reprise de l'érosion et leurs parties aval, surcreusées lors des baisses du niveau de la mer lors des grandes glaciations quaternaires et dont les versants sont en pente assez forte, envahies par la mer lors de la remontée du niveau de la mer après le dernier épisode glaciaire, formant des rias, dénommées abers en Bretagne. Le sol a été recouvert de loess lorsque la région connaissait un climat périglaciaire, ce qui explique la fertilité des terres agricoles.
Géologie Les gneiss et micaschistes de la rive sud de l'aber-Wrac'h sont lardés de filons de diorite micacée. On trouve aussi des affleurements de syénite (« c'est une roche sombre, grenue ou gneissique, (...) traversée par des granulites roses, des pegmatites à amphibole et des filons de quartz ferrugineux ») près de l'embouchure de l'aber-Benoît.
Voies de communication et transports Lannilis est desservie par quatre routes départementales : la qui vient de Plouguerneau au nord, la qui mène à Landéda à l'ouest, la qui relie Lesneven à Tréglonou d'est au sud et la qui relie Plouguerneau à Brest, par Bourg-Blanc et Gouesnou ; celle-ci suit un tracé nouveau depuis la décennie 1980, contournant les agglomérations de Plouguerneau et Lannilis et franchissant l'Aber Wrac'h et l'Aber Benoît par de nouveaux ponts situés en amont des ponts de Paluden et de Tréglonou. La construction de cette nouvelle route fit polémique, les opposants reprochant la dénaturation de sites naturels remarquables et le grignotage des espaces agricoles engendré par le projet.
La Brest - Plouguerneau du réseau d'autocars départemental Penn-ar-Bed dessert également la commune plusieurs fois par jour. Les arrêts de car sont situés à Paluden, à la Croix Rouge, au Flescou, au Prat, au Bourg et à Kerveur.
Le port de Paluden Le premier pont suspendu permettant de traverser l'Aber Wrac'h au niveau de Paluden est inauguré en 1858. Le petit port de Paluden, niché au fond d'un bras de l'aber, voit son quai prolongé et aménagé en 1884 (un quai est aussi aménagé au lieu-dit "Le Passage", côté Plouguerneau). Le pont suspendu a été remplacé par un "nouveau pont" (désormais "vieux pont" depuis la construction en 1984 d'un pont permettant à la nouvelle de franchir l'aber) inauguré le , en présence des notables départementaux et sous la présidence du maire et conseiller général du canton. Ce petit port, très calme, est protégé des tempêtes qui fouettent la côte, le vent ne remontant pas la rivière, c'est pourquoi beaucoup de plaisanciers ont choisi cet endroit comme port d'attache.
Paluden est aussi un petit port de marchandises. La région compte en effet de nombreux négociants en matériaux, importateurs de bois du Nord (Norvège, Suède, Finlande, Russie etc.) et bon an mal an ce sont environ de bois qui sont ainsi débarqués.
Il y a plus d'une trentaine d'années, ce port servait aussi à faire venir le ciment des grandes cimenteries du Nord ou de Marseille. Les bateaux accostaient au rythme d'un par semaine. Cette activité a cessé depuis qu'une usine d'ensachage s'est installée à Landerneau. Pendant plusieurs années, des « sabliers » s'en allaient à l'embouchure de l'aber, sur les bancs, pour prélever le sable employé par les entreprises du bâtiment. Leurs allées et venues étaient rythmées par les marées.
Sous l'Ancien Régime déjà, le port de Paluden connaissait une activité soutenue : blé, épices, bois, sel y étaient débarqués. Une description du port de Paluden datant de 1889 précise :
À proximité, en descendant l'aber, on aperçoit les vestiges imposants d'une ancienne usine, restes d'un projet avorté d'une usine marémotrice qui n'a jamais vu le jour.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par l'aber Benoit, l'aber Vrac'h et divers autres petits cours d'eau.
L'Aber-Benoît, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Saint-Divy et se jette dans la Mer Celtique en limite de Saint-Pabu et de Landéda, après avoir traversé .
L'Aber-Wrac'h, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Trémaouézan et se jette dans la Manche entre les communes de Landéda et de Plouguerneau, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de LannilisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Ploudalmézeau à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Lannilis est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Plouguerneau-Lannilis, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Brest, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d'urbanisme s'y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l'équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles ( en 2018), en diminution par rapport à 1990 (). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (), zones agricoles hétérogènes (), zones urbanisées (), forêts (), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (), eaux maritimes (), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée ().. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom primitif de Lannilis était un hagiotoponyme caché Ploué-Diner. Diner est une abréviation du nom de saint Thénénan. Peut-être cette paroisse a-t-elle été dédiée primitivement à ce saint.
Le nom de la commune est Lanniliz en breton, il se compose de deux éléments : Lann : ce terme d'origine celtique remonte aux migrations bretonnes des en Armorique. Il désigne un « lieu consacré, un ermitage, un monastère » ou une « église » ; Iliz : ce mot signifie « église » et la traduction latine Lanna Ecclesiae du nom figurant dans un acte de cession par Even Bohic daté du plaide en ce sens.
Lannilis voudrait donc dire le « lieu consacré » ou l'« ermitage de l'église », sous-entendu près de ou lié à l'église.
Histoire Préhistoire et Antiquité Dans un tumulus fouillé près du bourg à Kéréon en 1873, on a découvert un dolmen de de longueur sur de largeur, et renfermant divers « objets antiques » dont un vase cinéraire et un couteau en bronze. 21 tumuli se trouvent près du village de Castelourac ; le plus grand, de de diamètre et de hauteur, a été fouillé par Paul du Châtellier; il contenait notamment un vase à quatre anses.
Une voie romaine venant de Vorganium (en Plounéventer) et se dirigeant vers Tolente (en Landéda) passait au sud de Loc-Brévalaire et au nord de Lannilis ; son tracé suit la ligne de crête du plateau bombé compris entre les abers Benoît et Wrac'h. Une autre voie, reliant Ploudalmézeau à Plouguerneau franchit l'Aber-Wrach au pont Krac'h ("Pont du diable").
Une monnaie de l'empereur Gratien a été trouvée dans un marais, entre Lannilis et Plouvien.
Moyen Âge La commune de Lannilis est issue de la paroisse du même nom. Ploudiner fut le chef-lieu paroissial jusqu'au ; peut-être le bourg de Ploudiner fut-il détruit par les Anglais lorsque ceux-ci ravagèrent les côtes du Léon en 1404 en raison de son démembrement, c'est ce que laisse supposer un compte du temporel de l'évêché de Léon pour 1405 et 1406 qui mentionne dans le territoire de la paroisse de Ploudiner plusieurs hostels détruits ou brûlés par les AnglaisPlacide Le Duc, "Histoire de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé", 1881.
Ploudiner fut divisé en trois paroisses, Lannilis, Landéda et Brouennou lors de la réforme grégorienne du . Lannilis correspondait à l'ancien chef-lieu de Ploudiner. Ce n'est qu'en 1842 que la frontière communale avec Landéda, qui a absorbé Brouennou en 1829, fut établie.