Les poètes anglais de la Grande Guerre occupent une place tout à fait éminente dans l'histoire de la poésie britannique, tant par le sujet qu'ils évoquent, que par la qualité de leurs écrits.
Parmi les grands noms qui s'y rattachent se trouvent Rupert Brooke, Wilfred Owen, Siegfried Sassoon, John McCrae, David Jones ou Robert Graves.
À la différence des poésies écrites jusque-là sur la guerre, souvent empreintes de lyrisme, comme Salisbury Plain, de Wordsworth ou La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade), de TennysonCela dit, Tennyson, dans un enregistrement sur rouleau, récite son poème sur un tempo très lent et d'une voix monotone et lugubre, alors qu'on aurait tendance, de par le rythme et la métrique, à le dire au galop.Voir http://www.literaryhistory.com/19thC/TENNYSON.htm (consulté le 12 novembre 2009). ces poèmes anglais de la Première Guerre mondiale sont l'œuvre de patriotes combattant au front, souvent avec un courage remarquable, mais dont le patriotisme ne masque ni la folie du conflit auquel ils participent, ni leur amertume face à l'immense gâchis qui en résulte.
Caractères spécifiques de la poésie de la Première Guerre mondiale La « poésie de guerre » (War poetry) est considérée en Grande-Bretagne comme un genre poétique bien distinct, regroupant un nombre limité de poètes, dont les trois plus marquants sont Rupert Brooke, Wilfred Owen et Siegfried Sassoon.
De façon générale, l'expression « poésie de guerre » s'applique uniquement aux poèmes de la Première Guerre mondiale Stuart Sillars, Fields of agony, Humanities-Ebooks, pages 7 à 12 .
La guerre dans la poésie, avant la « poésie de guerre » La référence à la guerre dans un poème n'est pas chose nouvelle. Sans remonter à l'Iliade — qui présente cependant certains caractères d'une poésie de guerre — on trouve dans la littérature, et dans la littérature anglaise en particulier, de nombreux poèmes inspirés par la guerre, tels que les poèmes de Salisbury Plain, de Wordsworth ou La Charge de la brigade légère (The Charge of the Light Brigade), de Tennyson, inspirée par la guerre de Crimée.
Cependant, les poètes de la Première Guerre mondiale ne sont pas les chantres de celle-ci, car ils en sont d'abord aussi les acteurs : ils participent aux combats, parfois de façon héroïque, et beaucoup n'en reviendront d'ailleurs pas.
Aussi, leurs poèmes ne sont-ils pas des hymnes glorifiant la guerre et la patrie, de façon détachée et lointaine .Patriotes, mais impliqués, courageux, mais exposés aux horreurs de ces combats longs et acharnés, ils en donnent une vision réaliste, dure, parfois grinçante et amère, qui constitue un des apports originaux de cette poésie.
Ainsi par exemple Siegfried Sassoon, engagé volontaire et farouchement opposé à la guerre, pacifiste condamnant l'horreur des tranchées qui mène des raids de nuit d'une folle bravoure dans les tranchées allemandes, héros décoré de la Military Cross connu pour ses écrits condamnant la guerre sans appel, illustre-t-il bien la complexité des aspects de la poésie de la Première Guerre mondiale.
Thèmes principaux
Tout d'abord, un patriotisme mêlé de tristesse Les premiers recueils de poèmes de guerre, en particulier la célèbre anthologie, The Muse in Arms (La Muse en armes), publiée en 1917 par E. B. Osborn, traitaient de la guerre sur un mode patriotique, voire chauvin, à peine teinté parfois de tristesse devant les morts, et les sacrifices individuels, car la tristesse elle-même n'empêchait pas de reconnaître la « nécessité » de toutes ces souffrances.
À telle enseigne que l'anthologie The Muse in Arms ne comportait aucun poème de Wilfred Owen, et deux seulement de Siegfried Sassoon.
Très vite, une condamnation du carnage et de l'imbécilité de la guerre. Les poèmes publiés pendant la guerre elle-même ne laissent souvent que peu de trace dans la littérature anglaise, car trop patriotiques, et déconnectés de la réalité de la guerre, comme le sont ceux de Jessie Pope, à laquelle s'adresse le Dulce Et Decorum Est de Wilfred Owen. Si ce n'est qu'après la fin de la guerre que la poésie de poètes tels que Owen et Sassoon fut reconnue du grand public, c'est en revanche au cours de la tourmente qu'ils écrivirent beaucoup de leurs œuvres les plus connues.
Puis vint la phase nommée d'après Wilfred Owen, « The pity, the great pity of war » (« La pitié, la grande pitié de la guerre »)
Style
No truth unfitting : influence de Sassoon sur le style et le regard des poètes de guerre.
Liens et influences réciproques entre les différents War poets Owen, Graves, Sassoon...
Avec des poètes d'autres nationalités.
Principaux poètes anglais de la Première Guerre mondiale
Partie liminaire Caractéristiques communes de tous ces poètes ; Différences entre eux, tant au niveau des idées que du style, ou de la personnalité.
Engagés volontaires Beaucoup ont été engagés volontaires, ce qui va mal avec l'idée qu'on se fait d'un « doux poète ». On retrouve sans doute ce trait chez les poètes allemands.
Caractère patriotique, voir nationaliste de leur vie et de leurs écrits.
Evolution commune du patriotisme au réalisme le plus cru.
Rupert Brooke
Rupert Chawner Brooke ( - ) est un poète anglais connu tant pour ses poèmes idéalistes, les War Sonnets écrits pendant la Première Guerre mondiale (notamment The Soldier), que pour les poèmes qu'il a écrits en temps de paix, particulièrement The Old Vicarage, GrantchesterThe Old Vicarage, Grantchester sur bartleby.com (consulté le 29 octobre 2009) et The Great LoverThe Great Lover sur bartleby.com (consulté le 29 octobre 2009). Il est également connu alors pour sa beauté juvénile, ce qui amène W. B. Yeats à le décrire comme « le plus beau jeune homme d'Angleterre » (the handsomest young man in England).
Il aide à fonder le club de théâtre Marlowe Society, se fait des amis parmi un groupe d'écrivains, le Bloomsbury Group, et appartient à un autre groupe nommé les Georgian Poets. Il est également le membre le plus important des Dymock Poets.
Il meurt le sur l'île de Lemnos dans la mer Égée, alors qu'il part pour la bataille des Dardanelles. Il est enterré sur l'île de Skyros, en Grèce.
Wilfred Owen
Présentation Wilfred Owen MC ( – ) est un poète anglais, très connu en Angleterre et parfois considéré comme le plus grand poète de la Première Guerre mondiale. Ses poèmes, souvent réalistes et décrivant la brutalité et l'horreur de la guerre de tranchées et des attaques au gaz, tranchent fortement avec l'opinion publique sur la guerre à l'époque et avec les vers patriotiques d'hommes tels que Rupert Brooke. Parmi ses poèmes les plus connus on peut citer Dulce Et Decorum Est, Anthem for Doomed Youth, Futility et Strange Meeting.
Il fut tué avec tous ses compagnons d'arme le , une semaine avant l'Armistice, en essayant de reprendre des positions sur le canal Sambre-Oise.
La poésie d'Owen fut fortement influencée par son ami Siegfried Sassoon.
Un poème
Siegfried Sassoon
Présentation ; Siegfried Loraine Sassoon ( – ) est un poète et écrivain anglais qui influença des auteurs tels que Wilfred Owen ou Robert Graves.
D'abord connu pour ses écrits pacifistes au cours de la Première Guerre mondiale, il acquit plus tard la célébrité avec ses mémoires et ses œuvres de fiction.
Bien que patriote et engagé volontaire juste avant l'entrée de la Grande-Bretagne dans le conflit, Sassoon était violemment opposé à la guerre. Bien que pacifiste et opposé à la tuerie et aux horreurs de la guerre des tranchées, qu'il vécut en première ligne, il était d'une bravoure folle, par exemple lors des raids de nuit qu'il effectuait, ce qui lui valut le surnom de Mad Jack (« Jack le Fou »). On dit de lui qu'en une certaine occasion, il s'empara à lui tout seul d'une tranchée ennemie.
Il fut d'ailleurs décoré de la Military Cross. Il fut considéré comme un héros par les poètes qui le suivirent, du fait de sa condamnation sans ambiguïté de la guerre.
<poem> Does it matter? Does it matter — losing your legs?...For people will always be kind, And you needn't show that you mindWhen the others come in after hunting To gobble their muffins and eggs.Does it matter — losing your sight?... There is such splendid work for the blind; And people will always be kind, As you sit on the terrace rememberingAnd turning your face to the light.
Do they matter? — Those dreams from the pit?...You can drink and forget and be glad, And people won't say that you're mad;For they'll know that you've fought for your country, And no one will worry a bit.
</poem>
Est-ce que cela compte ? Est-ce que cela compte — perdre vos jambes ?... Car les gens seront toujours gentils, Et vous n'avez pas besoin d'accuser le coup Lorsque les autres rentrent de la chasse Avaler leurs muffins et leurs œufs.
Est-ce que cela compte — perdre la vue?... Les aveugles peuvent faire tant de belles choses ; Et les gens seront toujours gentils, Alors qu'assis sur la terrasse, vous vous souviendrez En tournant votre visage vers la lumière.
Est-ce que cela compte — Ces rêves du fond du puits ?... Vous pouvez boire, oublier et être gai, Sans que les gens ne vous croient fou ; Car ils sauront que vous avez combattu pour votre pays, Et personne ne s'inquiétera le moins du monde.
John McCrae
Présentation ; John McCrae est un médecin biologiste canadien qui s'est enrôlé volontairement d'abord pour la seconde guerre des Boers en Afrique du Sud puis dans le Corps expéditionnaire canadien pendant la Grande Guerre.
Il a été promu au grade de Lieutenant-Colonel du Corps médical canadien. C'est lui qui aurait écrit en , à Boezinge, un poème en pleine bataille des Flandres. Il décède à l'Hôpital militaire britannique de Wimereux à la fin de .
Son poème In Flanders Fields (Au champ d'honneur) évoque avec une grande simplicité les champs de bataille des Flandres.
Il est devenu pour les Britanniques le symbole de toute une génération fauchée dans la fleur de l'âge, à l'instar des romans de Roland Dorgelès ou de Maurice Genevoix pour les Français.
Un poème vignette|Le poème inscrit sur un livre en bronze au mémorial de John McCrae à Guelph (Ontario, Canada). Texte originalTraduction littéraleDans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent Entre les croix qui, une rangée après l'autre, Marquent notre place ; et dans le ciel, Les alouettes, chantant valeureusement encore, sillonnent, À peine audibles parmi les canons qui tonnent.
Nous, les Morts, il y a quelques jours encore, Nous vivions, goûtions l'aurore, contemplions les couchers de soleil, Nous aimions et étions aimés ; aujourd'hui, nous voici gisant Dans les champs de Flandre.
Reprenez notre combat contre l'ennemi : Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, À vous toujours de le porter bien haut. Si vous nous laissez tomber, nous qui mourons, Nous ne trouverons pas le repos, bien que les coquelicots fleurissent Dans les champs de Flandre.
Robert Graves
Présentation Robert Graves (Wimbledon, Londres, – Deia (île de Majorque, Espagne), ), fils de l'écrivain irlandais Alfred Perceval Graves et d'Amalia von Ranke, est un poète et romancier britannique. Il quitta ses études pour s'engager en 1914 et devint Capitaine dans un régiment des Royal Welsh Fusiliers.
Il est surtout connu pour sa biographie historique Moi, Claude.
Il a aussi publié en 1929 ses souvenirs, essentiellement de la Première Guerre mondiale, dans Good-Bye to All That. Ce titre désabusé est justifié à la fin de l'avant-dernier chapitre dans lequel il évoque très brièvement son divorce d'avec sa femme Nancy : We parted on May 6th, 1929. She, of course, insisted on keeping the children. So, I went abroad, resolved never to make England my home again; which explains the Goodbye to All That of this title. David Jones
Présentation ;