Locmaria-Plouzané , parfois écrit Loc-Maria-Plouzané. est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Ses habitants sont les Lanvénécois.

Géographie

Situation

Locmaria-Plouzané se trouve à l'ouest de Brest, en direction du Conquet et de la pointe Saint-Mathieu ; c'est une commune littorale du goulet de Brest et de l'anse de Bertheaume qui le fait déboucher sur l'océan Atlantique et la mer d'Iroise. La commune fait partie de la Communauté de communes du Pays d'Iroise.

Localisation et communes limitrophes

Description et relief

Le territoire de la commune se présente sous la forme d'un trapèze, sa surface est de hectares. Le finage communal est constitué pour l'essentiel par un morceau du plateau du pays de Léon : le point culminant situé au nord-ouest du territoire communal atteint cent sept mètres près de Moguérou. Le nord-est de la commune, y compris le bourg, est à une altitude plus basse (vers cinquante mètres pour le bourg) et constitue une zone plane parcourue par plusieurs petits affluents de rive gauche de la partie amont de l'aber-Ildut. La partie sud du territoire communal est formée par une ligne de hauteurs atteignant aux environs de quatre-vingt mètres d'altitude vers Pen ar Menez (et même quatre-vingt sept mètres au Diry) selon un axe qui correspond approximativement au tracé de la route départementale 789 ; son versant sud est en pente jusqu'au littoral, long de six kilomètres, formé pour l'essentiel pour sa partie est de falaises d'une cinquantaine de mètres d'altitude (soixante mètres pour la colline de Ru Vraz) ; de tracé relativement rectiligne, ce littoral est constitué d'est en ouest par la pointe du Grand Minou et des falaises entrecoupées de quelques grèves où aboutissent des petits fleuves côtiers aux vallons très encaissés (grève de Dalbosq, grève de Déolen) ; la partie ouest du littoral communal est par contre constituée surtout de plages (Trégana, Portez et Porsmilin (Porzh Milin)) et de falaises basses ne dépassant guère la vingtaine de mètres d'altitude.

Cadre géologique

vignette|Carte géologique du Massif armoricain. Géologiquement, la commune est située à l'extrémité nord-ouest du Massif armoricain, dans le pays de Léon qui est une presqu'île massive, pénéplanée à l'altitude moyenne de .. Le domaine structural armoricain de la zone de Léon constitue un vaste antiforme métamorphique de sur orienté NE-SW, plongeant légèrement vers l'estCoupe du domaine du Léon. D'après . de sur orienté NE-SW, plongeant légèrement vers l'Est.. Il forme une vaste série d'un métamorphisme croissant depuis les zones externes (fossé de l'Élorn, bassin de Morlaix) où l'on observe essentiellement des schistes et quartzites, jusque vers le centre (région de Lesvenen) où l'on trouve des gneiss d'origine variable partiellement anatectiques, et au nord avec les migmatites de Plouguerneau (datées de 330 à 340 Ma), séparées de l'antiforme par la zone de cisaillement de Porspoder-Guissény, caractérisée par des mylonites et ultramylonites.. L'orogenèse hercynienne se termine par la formation de deux accidents crustaux majeurs qui décalent les granites carbonifères : le décrochement dextre nord-armoricain (faille de Molène – Moncontour) et le cisaillement senestre de Porspoder-Guissény (CPG).. Postérieurement au métamorphisme hercynien, se développe un important plutonisme qui s'étend d'un pôle gabbroïque à un pôle leucogranitique, la majorité des venues étant à associer au fonctionnement des grands cisaillements marqués dans la morphologie : le cisaillement nord-armoricain et celui de Porspoder–Guissény (couloir de déformation de de long sur de largeMarcoux, , ... Le chapelet nord de granites rouges tardifs (ceinture batholitique de granites individualisée pour la première fois par le géologue Charles Barrois en 1909C. Barrois, Carte géologique à 1/80000, feuille Lannion (), 1909., formant de Flamanville à Ouessant un alignement de direction cadomienne, contrôlé par les grands accidents directionnels WSW-ENE), datés de 300 Ma, correspond à ce magmatisme permien.. Dans le Léon, ce chapelet est formé par le massif granitique allongé de Saint-Renan-Kersaint et les massifs de l'Aber-Ildut-Ploudalmézeau-Kernilis-Plouescat au centre et le massif de Brignogan au nord. Le petit massif de Trégana au sud-ouest de Locmana est une intrusion hercynienne (340 Ma)..

Pétrologiquement, le plutonisme sur le territoire de Locmaria-Plouzané se traduit par la mise en place de la granodiorite de Trégana, un petit massif granitique (longueur de et largeur maximale de ) qui recoupe obliquement la partie occidentale des gneiss de Brest et injecte les micaschistes du Conquet de puissantes apophyses. Cette venue granitique qui affleure dans l'anse de Bertheaume (notamment à la plage de Porsmilin) est associée au fonctionnement du décrochement nord-armoricain. Le contact entre les roches est très complexe avec de nombreuses enclaves de gneiss plus ou moins assimilées au sein de la granodiorite. Dans cette dernière, la biotite (minéral plus réfractaire à la fusion) . Sa paragenèse comprend : oligoclase entre 60 et 70 %, quartz entre 20 et 30 %, microcline (3-5%), biotite (~ 2 %), muscovite (1-2 %)Chauris et al., Notice explicative de la feuille Brest, éditions du BRGM, 1980, .. Au fond de l'anse, de petites dunes fossiles ourlent les plages de Trégana et du Trez-Hir. Dans cette dernière, se sont formés des dépôts tourbeux d'arrière-dune d'âge : ces tourbières littorales, contemporaines de la transgression flandrienne, sont visibles derrière les sables dunaires Holocène.. Les falaises de Porsmilin interceptent le passage d'un puissant () dyke doléritique, subverticalChauris et al., , .. Cette intrusion triasico-liasique affleure depuis l'anse de Brenterc'h jusqu'en Cornouaille, entre Douarnenez et Quimper, dans la direction de la faille de KerforneDu nom du géologue Fernand Kerforne ayant étudié cette faille au début du . Cf F. Kerforne, Étude de la région silurique occidentale de la presqu'île de Crozon (Finistère), Imprimerie Simon, Rennes, 1901, 234 p., accident tectonique parallèle à l'actuelle bordure de la marge continentale européenne (golfe de Gascogne). Ce dyke qui matérialise la faille est comparable à d'autres qui sont visibles en Espagne, au Maroc et dans les Appalaches de l'Amérique du Nord.. Âgé d'environ 200 Ma., il est le témoin du début de la dislocation de la Pangée et de l'ouverture de l'océan Atlantique central lors de la mise en place de la province magmatique centre atlantique..

Économiquement, la granodiorite de Trégana d'affinité trondhjémite a été exploitée surtoutLes carrières de l'intérieur, envahies par la végétation, n'offrent aucun caractère particulier digne d'être signalé. dans les falaises et sur l'estranChauris L., 1994b – Une roche blanche oubliée : le granite de Trégana dans le Finistère (France), Documents du musée de la Pierre de Maffle (Belgique), 5, . (l'avancement de l'extraction a entraîné la formation d'un platier rocheux artificiel et d'une falaise anthropique.. Cette roche est reconnaissable à ses cristaux de plagioclases blancs, à section sub-carrée.. , ce qui explique que cette pierre de taille n'a été utilise que localement (stèles localesLe granite d'Aber-Ildut le concurrence rapidement. de l'époque gauloise, croix et calvaires depuis le haut Moyen Âge, encadrements dans les chapelles et églises depuis le Une vingtaine recensée par Louis Chauris dans un rayon d'une quinzaine de km, manoirs à partir du , pierre de taille de moyen appareil du donjon du château de Brest…)Chauris L., 2000b – L'impact du granite de Trégana en presqu'île de Crozon, Avel Gornog (Crozon), 8, .Chauris L., 2001 – Naguère… l'emploi du granite de Trégana dans la région brestoise. La pierre en Basse-Bretagne, Cahiers de Bretagne occidentale (Brest, CRBC), 18, ..

Touristiquement, les principaux aspects de la géologie de la région peuvent être abordés au cours de promenades géologiques qui permettent d'observer sur un espace réduit des roches d'âge et de nature différents, témoins de phénomènes géologiques d'ampleur (magmatisme, tectogenèse, métamorphisme, érosion…)..

Habitat

Comme dans beaucoup de communes littorales, la tradition respecte deux secteurs distincts : l' arvor et l' argoat par rapport à un bourg, centre administratif et social. Pendant longtemps, cette localisation se retrouve à l'église où les gens de l'Arvor se place à droite et ceux de l'argoat à gauche. Leur délimitation peut être définie assez nettement par un axe routier partant à l'ouest de Pont-Rohel sur la route (D789) de Brest - Le Conquet, passant par le bourg et aboutissant à l'est au pont de Feunteun-Sané, limite avec Plouzané.

Le bourg est situé à une certaine distance de la côte : c'est là une caractéristique commune à de nombreuses communes littorales bretonnes (par exemple à Plouguerneau, Ploudalmézeau, Plouarzel, Ploumoguer, Plouzané), etc.), les premiers immigrants bretons fixèrent le centre de leurs plous à l'intérieur des terres, probablement par crainte des pirates saxons..

Le paysage rural traditionnel est celui du bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et de fermes isolées, le littoral étant resté presque inhabité. Mais la répartition de l'habitat a beaucoup évolué ces dernières décennies : d'une part, la proximité de l'agglomération brestoise a provoqué la création de nombreux lotissements périurbains autour du bourg, notamment en direction du sud-ouest jusqu'à Keriscoualc'h et Kerfily, ainsi que vers le sud (en direction de Pen ar Menez) et le nord-ouest (vers Mescam et Keréven) ; d'autre part, l'attractivité balnéaire a provoqué une rurbanisation importante en arrière des plages de Trégana, Portez et Porsmilin (Porzh Milin). Seules la moitié nord de la commune et la zone proche des falaises de la partie est du littoral ont conservé leur aspect rural.

Transports

Bien que littorale, la commune ne possède aucun port. Son territoire est traversé par la D 789 (ancienne RN 789) allant de Brest au Conquet, mais le bourg, à l'écart de cet axe routier, n'est desservi que par des routes secondaires. La commune est desservie par le réseau BreizhGohttps://www.breizhgo.bzh/itineraires-et-horaires/plan-du-reseau#9.87/48.3277/-4.6497.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par divers petits cours d'eau.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Locmaria-PlouzanéLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..