Imran Khan (en ) , né le à Lahore, est un ancien joueur international de cricket et un homme d'État pakistanais, Premier ministre du au .
Outre ses activités politiques, Khan est aussi un philanthrope et a surtout été un joueur vedette de l'équipe pakistanaise de cricket de 1971 à 1992 dont il a été le capitaine par intermittence sur la période 1982-1992. Après s'être retiré du cricket à la fin de la Coupe du monde de 1987, il a été rappelé pour rejoindre l'équipe en 1988. À , Khan mena son équipe à la victoire de la Coupe du monde de 1992, la première et seule victoire du Pakistan en Coupe du monde.
En , Khan fonde et le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI), un parti politique longtemps marginal, dont il a été le seul membre élu au Parlement jusqu'en 2013 Imran Khan: ‘What I do now fulfils me like never before’ - publié le 6 août 2006 dans The Sunday Times. Cependant, son parti émerge lors des élections de 2013 comme la troisième force du pays, devenant l'une des principales force d'opposition au gouvernement. Son parti arrivant en tête des élections de 2018, il est élu Premier ministre en août de la même année. Il est renversé par une motion de censure durant la crise politique de 2022. L'armée pakistanaise et les États-Unis sont intervenus en coulisse pour favoriser la destitution d'Imran Khan.
Le nouveau gouvernement, dirigé par Shehbaz Sharif, frère cadet de Nawaz Sharif, qui fut premier ministre à trois reprises depuis les années 1990, tente de l'éliminer de la vie politique en lançant contre lui de multiples procédures judiciaires. Au total, Imran Khan est poursuivi dans plus de 200 affaires depuis qu'il a été chassé du pouvoir. Il est condamné, entre et , à quatre peines de prison pour des accusations de corruption et pour s’être marié sans avoir attendu un délai de trois mois après le divorce de son épouse. Son entourage politique et son parti sont également ciblés par la répression. Un panel d'experts de l'ONU a estimé que sa détention « n'a aucune base légale et semble avoir été destinée à disqualifier sa candidature à une fonction politique ». Il reste considéré comme la figure politique la plus populaire du Pakistan..
En , cité dans une autre affaire judiciaire, il est condamné à quatorze ans de prison pour corruption et détournements de fonds en lien avec la fondation créée par ses soins, Al-Qadir Trust, aux côtés de sa troisième épouse, Bushra Bibi. Le montant du préjudice s'établit à 190 millions de livres sterling provenant de la National Crime Agency et devant être restitués au Pakistan.
Jeunesse et formation universitaire Imran Khan est né à Lahore, dans la province du Pendjab, d'Ikramullah Khan Niazi, qui était ingénieur civil, et de Shaukat Khanum, morte d'un cancer en 1985. Il descend par son père d', général du padishah de l'Inde Sher Shah Suri et gouverneur du Pendjab Catriona Luke, « The enigma inside a paradox wrapped in a conundrum », The Friday Times, 3 août 2018., et par sa mère du poète-soldat et maître soufi , inventeur de l'alphabet pachto Khaled Ahmed, « Will Imran Khan go to Kaniguram? », The Express Tribune, 8 septembre 2012.. Sa famille est originaire de Mianwali et issue d'une tribu pachtoune parlant saraiki. Il est élevé, avec ses quatre sœurs (une a été fonctionnaire aux Nations unies, une est femme au foyer, une est femme d'affaires et la dernière est médecin)Anne Nivat, « L'intriguant Mister Khan », Vanity Fair n°10, avril 2014, p. 126-135 et 170-171., à Lahore dans un milieu aisé et cultivé.
Il fait sa scolarité à Lahore, au , puis en Angleterre, où il intègre le cours Philosophie, politique et économie du Keble College de l'université d'Oxford en 1972. Il y côtoie notamment Benazir Bhutto, femme politique majeure du Pakistan. Imran Khan est parfaitement anglophone. Il parle aussi l'ourdou et le pachto.
Carrière sportive Imran Khan a joué pour l'équipe pakistanaise de cricket de 1971 à 1992 et a été par intermittence son capitaine sur la période 1982-1992. Après s'être retiré du cricket à la fin de la Coupe du monde de 1987, il a été rappelé pour rejoindre l'équipe en 1988 à la demande du président de la République Muhammad Zia-ul-Haq. À , Khan mena son équipe à la victoire de la Coupe du monde de 1992., la première et seule victoire du Pakistan en Coupe du monde. Il est distingué par lICC Cricket Hall of Fame., dont il fait partie des élus.. Deux autres Pakistanais figurent dans cette introduction initiale, et .
Philanthropie Après sa retraite du cricket en 1992, et durant plus de quatre ans, Imran Khan se consacra entièrement à des activités philanthropiques. En 1991, il avait fondé le Shaukat Khanum Memorial Trust, une association caritative nommée en hommage à sa mère, Shaukat Khanum. Pour le premier accomplissement du Memorial Trust, Khan instaura le premier et seul hôpital pour cancéreux du Pakistan, construit avec des dons et des fonds dépassant les de dollars, que Khan collecta dans le monde entier. En mémoire de sa mère, qui décéda d'un cancer, le , un hôpital caritatif pour cancéreux couvrant gratuitement 70 % des patients, ouvrit à Lahore le .
Il a aussi créé dans la région rurale de Mianwali, d'où est issu son père, une université aux coûts réduits.
Carrière politique Fondation du PTI et débuts difficiles vignette|Imran Khan en .
Quelques années après la fin de sa carrière professionnelle dans le cricket, Khan s'engagea dans la vie politique. Il admit n'avoir jamais voté à une élection auparavant. Depuis lors, ses travaux politiques majeurs ont consisté à s'opposer aux dirigeants politiques au pouvoir, tels que Pervez Musharraf ou Asif Ali Zardari, ainsi qu'aux politiques étrangères avec les États-Unis et le Royaume-Uni.
Il a fondé son propre parti politique, le Mouvement du Pakistan pour la justice (« Pakistan Tehreek-e-Insaf », PTI), le . Il échoue aux élections législatives de 1997, en ne remportant aucun siège. En revanche, le PTI obtient un siège aux élections législatives de 2002, grâce à l'élection d'Imran Khan dans une circonscription de l'Assemblée nationale du district de Mianwali Pakistan MPs in election boycott - publié le 2 octobre 2007 sur le site de BBC News.
En 2007, Imran Khan et son parti s'engagent dans le mouvement des avocats, de même que d'autres partis d'opposition, pour protester contre la révocation de nombreux juges par le président Pervez Musharraf. C'est dans ce contexte que son parti boycotte les élections législatives de 2008.
Ascension politique et élections de 2013 vignette|Rassemblement politique du Mouvement du Pakistan pour la justice à Abbottabad, en .
Dès 2011, à l’approche des élections législatives de 2013, son parti profite d'une attention soudaine, réunissant des foules importantes et bénéficiant du ralliement de nombreux hommes politiques, venant notamment des trois principaux partis.
Dans le cadre de l'affaire du mémorandum qui provoque une crise politique en 2011-2012, Imran Khan demande des élections anticipées. Il indique par ailleurs qu'il ne soutiendrait pas d'action anti-constitutionnelle de la part de l'armée, en référence à des rumeurs de coup d'État PTI will not support any unconstitutional step by army: Imran Khan sur The Expres Tribune, le 11 janvier 2012..
En vue des élections de 2013, il indique son ambition de devenir Premier ministre et cherche donc à obtenir une majorité pour son parti I will be next prime minister, says Imran sur Pakistan Today, le 5 mars 2012.. Il dénonce les deux partis historiques, centre son discours autour de la lutte contre la corruption et pour l'union du pays, en rejetant toute influence étrangère et cherchant à protéger la souveraineté du pays. Il s'oppose aux attaques de drones américains dans les régions tribales, qui ont fait des milliers de morts civils, ainsi qu'à la lutte armée contre les talibans anti-gouvernementaux, et dit rechercher une solution politique PTI calls for solving Taliban problem politically sur Dawn.com, le 17 octobre 2012. ; cela lui attire néanmoins des critiques, de naïveté ou de collusion avec les talibans.
Le , à quatre jours du scrutin, il est victime d'une chute lors d'un meeting, ce qui lui vaut d'être hospitalisé pour des fractures..
Les sondages publiés en 2012 donnent son parti entre la première et troisième position, avec entre 17 et 31 % des voix. Mais c’est finalement Nawaz Sharif et son parti qui remportent les élections, ce premier devenant Premier ministre. Imran Khan est pour sa part élu député simultanément dans trois circonscriptions nationales : avec 62 % des voix dans la première de Peshawar, 50,2 % dans la septième de Rawalpindi et 61,6 % dans la première de Mianwali NA-Pakistan 2013 - Commission électorale du Pakistan. De même, son parti s'inscrit comme la troisième force de l'Assemblée nationale et surtout, il remporte le scrutin dans la province de Khyber Pakhtunkhwa et mène une coalition gouvernementale, dirigée par un proche de Khan, Pervez Khattak.
Figure de l'opposition vignette|Imran Khan rencontre John Kerry en 2013.
Bien que reconnaissant dans un premier temps la défaite de son parti aux élections législatives de 2013, Imran Khan dénonce rapidement des fraudes électorales à Karachi en faveur du parti local, puis dans le Pendjab en faveur du vainqueur de l'élection, la Ligue musulmane du Pakistan (N). Les plaintes déposées à la Cour suprême aboutissent rapidement à un nouveau scrutin dans une circonscription très contestée de Karachi, mais les recours déposés à propos de 55 circonscriptions du Pendjab ne donnent rien Imran harping on poll rigging for political gains sur The News, le 3 mai 2014.
En , il lance en parallèle avec Mohammad Tahir ul-Qadri une marche politique partant de Lahore et terminant par un sit-in dans la capitale Islamabad. Il demande de nouvelles élections législatives et la démission du Premier ministre Nawaz Sharif. Rencontrant un certain succès, il réunit entre et de personnes dans des rassemblements dans l'ensemble pacifique. En , alors que les négociations avec le gouvernement n'ont rien donné et que la mobilisation s’essouffle, Imran Khan met un terme au mouvement peu après le massacre de l'école militaire de Peshawar, invoquant des « raisons de sécurité » et le besoin d'« unité nationale » Imran Khan Announce to Ends Islamabad Sit-in over Peshawar Attack sur The Pak Media, le 17 décembre 2014.
Première place aux élections législatives de 2018 vignette|Composition de l'Assemblée nationale après les élections de 2018, avec le parti d'Imran Khan en rouge. Pour les élections législatives de 2018, son mouvement fait partie des deux favoris avec le pouvoir sortant. Imran Khan établit d'ailleurs à l'occasion de celles-ci un virage plus conservateur, indiquant par exemple vouloir sauvegarder la loi interdisant le blasphèmeLe Pakistan s’apprête à élire un Trump bis à sa tête sur Slate.fr, le 19 juillet 2018. Ses opposants lui reprochent de vouloir ainsi s'attirer le vote des conservateurs religieux Imran Khan criticised for defence of Pakistan blasphemy laws sur The Guardian, le 9 juillet 2018. En revanche, son programme accorde une place significative à l'écologie et il promet des investissements dans l'éducation et la santé. Ses promesses relatives à la scolarisation des enfants ont été saluées par la lauréate du prix Nobel de la paix Malala Yousafzai.
Durant la campagne, le clan Sharif accuse la puissante armée pakistanaise de comploter contre lui et de favoriser le PTI, alors que certains médias et fonctionnaires notent une répression contre le parti sortant et dénoncent des censures... Le , il arrive largement en tête des législatives mais sans obtenir de majorité absolue, bien que ses rivaux dénoncent des fraudes électorales. Il entame alors des négociations pour former un gouvernement de coalition avec des petits partis et des indépendants Pakistan election: Imran Khan begins coalition talks as opposition parties protest 'rigged' vote sur independent.co.uk, le 28 juillet 2018.
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