La rue de Miromesnil est une voie du de Paris.

Situation et accès Elle commence rue du Faubourg-Saint-Honoré au niveau de la place Beauvau et se termine boulevard de Courcelles.

Origine du nom Le nom de la rue fait référence à Armand Thomas Hue de Miromesnil (1723-1796), garde des sceaux de France.

Historique La rue a été ouverte en vertu de lettres patentes du entre la rue du Faubourg-Saint-Honoré et la Grande-Rue-Verte (aujourd'hui rue de Penthièvre) sur les terrains appartenant à Armand-Gaston Camus, avocat au Parlement de Paris. Les lettres patentes ordonnèrent que la rue prît le nom de « Miromesnil » et prescrivirent de lui donner une largeur de . La voie fut aussitôt percée mais ne comportait, en 1778, qu'une seule maison.

En 1778, les sieurs Jean-François Le Roy de Senneville (1715-1784), fermier généralVoir le 6, rue Royale., Aubert, garde des diamants de la Couronne et de LettreDelettrez ?, entrepreneur de bâtiments, propriétaires de vastes terrains situés entre la rue Verte et le chemin de Monceau (rue de Monceau), exposèrent au Roi . Des lettres patentes du autorisèrent l'ouverture, sous le nom de « rue Guyot », ainsi nommée en l'honneur de Michel-Pierre Guyot, avocat au Parlement, échevin de la ville de Paris de 1777 à 1779Selon Lazare (), l'inscription correspondante ne fut pas posée., aux frais des sieurs de Senneville, Aubert et de Lettre, . Les mêmes lettres patentes autorisèrent les requérants à modifier la direction de la portion de la rue de Miromesnil ouverte deux années auparavant pour la situer dans le prolongement de la nouvelle rue. Après accord des propriétaires concernés, un procès-verbal dressé le par le bureau de la ville constata le nouvel alignement.

La section comprise entre la rue de Laborde et la rue de la Bienfaisance fut ensuite ouverte en 1813 au moment de la construction de l'abattoir du Roule, sur des terrains appartenant à la ville de Paris et provenant de divers particuliers. Dans cette partie, la rue avait à l'origine de largeur et comprenait, du côté de l'abattoir, une double rangée d'arbres. Construit en vertu d'un décret impérial de 1810Ordonnant la création de 5 abattoirs à Paris dont 3 sur la rive droite et 2 sur la rive gauche. par l'architecte Louis François Petit-Radel, l'abattoir du Roule s'étendait du côté des numéros impairs de la rue de Miromesnil entre l'avenue de Munich au sudAinsi dénommée entre 1844 et 1857 et correspondant à la partie du boulevard Haussmann comprise entre la rue de Miromesnil et l'avenue de Plaisance (aujourd'hui rue de Téhéran)., la rue de la Bienfaisance au nord, la rue de Téhéran à l'ouest. Son entrée était précédée d'une avenue dite à l'origine avenue de l'Abattoir et dénommée « avenue Percier » après 1844. Les bâtiments furent achevés et livrés aux bouchers en 1818. Il se composait de 14 corps de bâtiments organisés autour de plusieurs cours. L'emplacement était bizarrement choisi, et l'abattoir fut désaffecté et supprimé dès le Second Empire.

La prolongation de la rue jusqu'à la rue de Valois-du-Roule (actuellement rue de Monceau) fut approuvée en vertu d'une ordonnance royale du qui autorisa Jonas Hagerman et Sylvain Mignon à percer une voie de de largeur dans le cadre de la création du quartier de l'Europe. Les premières maisons s'y édifièrent aussitôt.

Une décision ministérielle du 15 messidor an XII () et une ordonnance royale du ont maintenu la largeur initiale de .

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 6 : une photographie conservée au musée de l'Orangerie à Paris montre le marchand d'art Paul Guillaume assis à son bureau à cette adresse. En , la célèbre romancière Colette ouvre dans cet immeuble un institut de beauté à son enseigne, dont la devanture est conçue par l'architecte Jean-Charles Moreux ; dès le mois de juin, les clientes viennent acheter des produits de beauté ou se faire maquiller par Colette en personneSylvia Kahan, Winnaretta Singer-Polignac : princesse, mécène et musicienne, Les presses du réel, 2018 , .. 8 : en , le résistant, galériste et ancien secrétaire de Jean Moulin, Daniel Cordier y installe sa galerie, après avoir passé trois ans rue de Duras. C'est là que Hervé Vilard, alors orphelin de 17 ans, ayant un énième fois fugué de l'orphelinat où il subissait des attouchements sexuels, rencontre les Rothschild, la vicomtesse Marie-Laure de Noailles, le ministre André Malraux, Pierre Mendès-France ou encore Yvonne de Gaulle, l'épouse du président d'alors. La rencontre avec Cordier sera déterminante car celui-ci deviendra son tuteur jusqu'à sa majorité (21 ans). 10 : le peintre Édouard Vuillard (1868-1940) a habité cet immeuble avec sa famille d' à . Il s'y aménagea un atelier dans une soupente en 1890.. Une toile de 1891 représente Le Palier, rue de MiromesnilReproduite dans .. En 1947, Albert Achdjian (1913-1996), fondateur du premier musée arménien de France, acquit l’immeuble et ouvrit la galerie Au Tapis Chirvan. De 1997 à 2000, Jean-Pierre Raynaud réalisa, sous le mécénat de Berdj Achdjian, une de ses œuvres majeures intitulée « Le 10, rue de Miromesnil ». 16 : consulat général d'Espagne dans les années 1900-1910Annuaire diplomatique et consulaire de la République française, Berger-Levrault, 1907, p. 458.. 30 : dans cet immeuble, le docteur Marcel Renet (qui se faisait connaitre sous le nom de Jacques Destrée) a fondé en le Mouvement Résistance et le journal Résistance (plaque commémorative). 30 : dans cet immeuble vécurent Paul Cézanne fils et Hortense Fiquet, femme de Paul Cézanne, de 1910 à 1922.. Paul Cézanne fils partage un temps l'appartement avec Jean Renoir, son ami d'enfance. Il participe et aide à la production de ses films. Hortense Fiquet y meurt le . 31 : petit immeuble de la fin du ou du début du où vécut Grace Elliott (1754-1823) maîtresse du duc d'Orléans, puis François-René de Chateaubriand en 1804« Dans la partie voisine du 33 » précise le marquis de Rochegude ().. En 1910, hôtel de E. Trubert. 34 : 35 : dernier hôtel particulier de la rue préservé dans son aspect d'origine, caché au fond d'une cour : le docteur Nicolas Marie Guiard fit construire en 1838 un hôtel particulier avec ses écuries. L'hôtel fût habité de 1854 à 1885 par le général d'Empire Louis Eugène Léonce Pajol, aide de camp de Napoléon III, dont l'hôtel fut le lieu de rencontre des généraux fidèles à Napoléon III lors de son exil à Chislehurst afin d'y préparer son retour en France.. L'hôtel fût également le siège des anciens de la division blindée, qui s'y réunirent de 1954 à 2006.. 43 : dernier domicile de François Joseph Tronville, artiste peintre (1817-1878). 50 : au moment de sa conversion en 1886, Charles de Foucauld avait dans cet immeuble . 51 : immeuble avec une façade de style second Empire (portail, statues de l'entresol, etc.)Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, , ..

60 : la cantatrice Germaine Lubin (1890-1979) y est née. 62 : adresse d'Eugène Pouquet (1844-1919), agent de change, dont la femme, née Adèle Marie Julie Victoire Rousseau, y donnait un bal hebdomadaireHenri Raczymow, Le Paris retrouvé de Marcel Proust, Paris, Parigramme, 2005, , 88. et y faisait également donner des représentations théâtralesVoir par exemple Le Figaro, , 2, signalant une représentation de Le Cœur a ses raisons chez Eugène Pouquet.. Ils étaient les parents de Jeanne Pouquet (1874-1962), par son mariage Gaston Arman de Caillavet, dont Marcel Proust fut très épris et qui fut le modèle de Gilberte Swann. 77 (angle de la rue de Lisbonne) : hôtel Caillebotte. Construit de début 1866 à par l'industriel Martial Caillebotte, père du peintre Gustave Caillebotte. Le souvenir en est conservé par une toile de Jean Béraud, Une soirée à l'hôtel Caillebotte. Gustave Caillebotte habita cet immeuble de à 1879 d'où il déménage avec son frère Martial au 31, boulevard Haussmann. L'immeuble a été modifié par l'adjonction en 1898 de deux étagesCatalogue de l'exposition Gustave Caillebotte, 1994, RMN, , .. 92 (angle de la rue de Naples) : immeuble en béton, une des premières constructions utilisant ce matériau, construit en 1867 par François Coignet., siège de son Administration des bétons agglomérés.. 104 : hôtel particulier construit en 1898 pour l'avocat Émile Straus et sa femme née Geneviève Halévy (1849-1926), personnalité importante de la Belle Époque, dont le salon fut le point de ralliement des partisans du capitaine Dreyfus.

Habitants célèbres Henry Gerbault (1863-1930), dessinateur (6). Édouard Vuillard (1868-1940), peintre (10), entre 1887 et 1891. Louis de Funès (1914-1983), acteur (n°94). Jean-Luc Godard (né en 1930), réalisateur et scénariste (15), à partir de 1966. L'appartement, situé au dernier étage, fut le lieu de tournage de son film La Chinoise. Paul Souday (1869-1929), écrivain et critique (18). Charles-Gaston Levadé (1869-1948), compositeur, chef des chœurs de l'Opéra de Paris (18) en 1910. Mademoiselle Mante (1799-1849), actrice de la Comédie-Française, danseuse de l'Opéra de Paris (29), en 1910. Hortense Fiquet (1850-1922), épouse et modèle de Paul Cézanne (30) à la mort du peintre, entre 1907 et 1922. Jean Renoir (1894-1979), réalisateur et scénariste (30), en compagnie de Paul Cézanne fils entre 1915 et 1920. François-René de Chateaubriand (1768-1848), écrivain et homme politique (31), en 1804. Grace Elliott (1754-1823), maîtresse du duc d'Orléans (31). Laure de Chevigné (1859-1936), l'une des inspiratrices de Marcel Proust pour le personnage d'Oriane de Guermantes dans À la recherche du temps perdu (34). Louis Eugène Léonce Pajol (1817-1885), général d'Empire, aide de camp de Napoléon III (35), de 1854 à 1885. Véronique Sanson, chanteuse (44), au début des années 1970. Charles de Foucauld (1858-1916), religieux catholique (50), en 1886. Alexandre Bure (1845-1882), comte de Labenne, fils de Napoléon III (69), y meurt en 1882. Nicolas Sarkozy (né en 1955), ancien président de la République, y a installé ses bureaux en (77., dans l'ancien appartement de la famille Caillebotte qui avait fait construire cet immeuble en 1866-1867). Henri d'Orléans (1933-2019), comte de Paris, y résidait à la fin de sa vie (102). Élisa Bonaparte (1777-1820), sœur de (125), en 1799. Gaston Salvayre (1847-1916), compositeur et critique musical. Otto Wegener (1849-1924), photographe.

En littérature et dans les arts Dans le roman Les Secrets de la princesse de Cadignan par Honoré de Balzac, Diane de Maufrigneuse habite un appartement rue de Miromesnil.

Le tableau Jeune homme à la fenêtre de Gustave Caillebotte représente le jeune frère de l’artiste, René, regardant par la fenêtre dans leur appartement rue de Miromesnil.

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie . . . Charles Lefeuve, Les Anciennes Maisons de Paris. Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, Paris, C. Reinwald, , 1875, 5 vol. .

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

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