La rue des Mathurins est une voie des 8 et arrondissements de la ville de Paris.
Situation et accès Elle commence au 19, place Diaghilev et au 17, rue Scribe et se termine au 30, boulevard Malesherbes.
Elle est desservie par les lignes 3 et 9 à la station Havre - Caumartin.
Origine du nom Elle porte ce nom car la rue des Mathurins, longtemps appelée « rue Neuve-des-Mathurins », suit le tracé d'un ancien chemin ouvert sur les terrains de la ferme des Mathurins, attestée dès le et ainsi nommée car elle appartenait aux religieux de cette communauté.
Historique Cette voie est indiquée sous l'état de chemin sans nom sur les plans de Gomboust de 1652, de Jouvin de Rochefort de 1672, de Nicolas de Fer de 1705Partie entre nos actuelles rue de la Chaussée-d'Antin et rue de l'Arcade..
Elle est citée sous le nom de « rue des Mathurins » dans un manuscrit de 1636.
Les plans Delagrive de 1728 et de Jaillot de 1775 nomment la voie « ruelle des Mathurins » puis elle apparait sous le nom de « rue Neuve-des-Mathurins » sur le plan de Junié de 1786.
En 1725, une voie est tracée sur des terrains d’une ferme appartenant aux religieux Mathurins, entre la rue Saint-Nicolas-d’Antin et la rue Neuve-des-Mathurins. Elle est nommée « rue de la Ferme-des-Mathurins, page 524..
La partie de cette voie comprise entre les rues de l'Arcade et de la Madeleine a été autorisée puis ouverte, par délibération du Corps municipal du , sur les dépendances du couvent des Bénédictines de la Ville-l'Évêque, dont le comte de Montessin était alors propriétaire.
Par décret du , elle est prolongée de la rue de la Madeleine jusqu'au boulevard Malesherbes.
Par arrêté en date du , la rue Neuve-des-Mathurins prend le nom de « rue des Mathurins ».
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Emplacement non localisé : Au Lys Fleurissant enseigne du libraire-imprimeur Antoine BourriquantLe Stile de composer et dicter toutes sortes de lettres par le seigneur Pierre Habert, conseiller et secrétaire du Roy.. : à cette adresse habitait l'artiste peintre Sophie Bresson-Rochard (1810-1842) ; elle fait des copies pour les collections du roi Louis-Philippe, actuellement conservées à Versailles. : Hélène Dieudonné y est née. ?? (ancien 40) : emplacement de la maison Thomas, hôtel vendu par madame de Staël en 1810. Le contrat de vente avait été signé le par Benjamin Constant (mandataire de sa tante, de Nassau) et par Foucault de Pavant (mandataire de madame de Staël) pour un prix total de cent soixante mille francsCorrespondance générale de madame de Staël, éd. B. W. Jasinski et O. d'Haussonville, Champion-Slatkine 2008, , note : Archives nationales, L. liasse 933.. vignette|18 rue des Mathurins, façade mauresque des anciens bains turcs. 18 (ancien 86) : façade mauresque, comportant des frises, des colonnettes ainsi des arcs et des garde-corps inspirés des moucharabiehs. Il s'agit d'un immeuble construit en 1876 par les architectes William Klein et Albert Duclos afin d'abriter des bains turcs, dans le contexte de l'essor culturel de l'orientalisme et des politiques d'hygiénisme, en lien avec la clientèle du quartier qui, à l'époque, abritait la vie mondaine de la capitale. Plusieurs personnalités le fréquentent, aristocrates, bourgeois et hommes politiques (Léon Gambetta, Georges Eugène Haussmann, le duc d'Aumale, le duc de Montpensier, le prince de Galles ou encore le baron de Rothschild, dont les noms sont cités dans un prospectus publicitaire). L'établissement est réservé aux hommes mais, certaines jours, il est accessible aux femmes, qui pénètrent alors par une entrée plus discrète, au 47, boulevard Haussmann. Les services sont haut de gamme (hammam, hydrothérapie, massages, piscine, salons de repos, restaurant, salon de coiffure ou encore fumoir) et ce dans un luxueux décor. Les bains ferment en 1954. L'immeuble est alors rénové, conduisant à la destruction de tous les décors intérieurs« Les bains turcs », www.paris-promeneurs.com (consulté le 21 novembre 2018).. 26 (anciennement 56) : hôtel George Sand. George Sand a habité dans cet hôtel, à l'époque « hôtel de Florence », en 1823« George Sand », www.terresdecrivains.com (consulté le mars 2009).. C'est là qu'est né son fils Maurice Sand le , de son mariage avec le baron Casimir Dudevant. L'hôtel appartenait alors à Henri Gallyot, ancien chef de cuisines de , tandis que sa femme était une ancienne femme de chambre de l'impératrice Joséphine. 30 : le bibliothécaire et historien Henry d'Allemagne y vécut ; il garnit son domicile de « pièces rares » rapportées de ses voyages et y donne de grandes réceptionsAnne-Bérangère Rothenburger, « ALLEMAGNE, Henry-René d’ », Figures de bibliothécaires, Presses de l'Enssib, pp. 37-38.. 32 (ancien 86) : emplacement de l'hôtel de Beauharnais. Hôtel entre cour et jardin ayant d'abord loué par le prince Xavier de Saxe puis ayant appartenu à François de Beauharnais (1714-1800), père d'Alexandre de Beauharnais, premier mari de Joséphine de Beauharnais. Sous le Premier Empire, l'hôtel fut habité par la princesse Hélène de Bauffremont-Courtenay (1774-1836) qui épousa en 1816 le comte Gabriel de Choiseul-Gouffier (1752-1817). L'inscription du nom de l'hôtel se voyait encore dans la cour en 1910. 34 : emplacement de l'hôtel de M. G. Beer (en 1910). 36 : théâtre des Mathurins. 38 : théâtre Michel, fondé en 1908 par Michel Mortier. Situé en sous-sol, ce théâtre fut inondé lors de la crue de la Seine de 1910. 40 (ancien 96) : emplacement de l'ancien hôtel de l'amiral Baudin (1784-1854). 42 : emplacement de l'ancien hôtel construit par l'architecte Alexandre-Théodore Brongniart sur un terrain acquis en 1776 par la courtisane Julie Careau. Bâti à l'emplacement du 67, boulevard Haussmann qu'il traversait jusqu'au prolongement de la rue de Provence. L'hôtel fut achevé en 1778 et les dernières factures furent payées par le vicomte de Ségur, amant de la commanditaire. Il fut vendu en 1780 au comte Le Peletier d'Aunay. Le général Brune en devint propriétaire en l'an IX. Sa veuve le revendit en 1815. Le prince de la Paix, Manuel Godoy, y résida. L'hôtel fut démoli en 1895. 42 ter (anciennement 98) : emplacement de l'ancien hôtel du comte Lagrange (mort en 1886), ministre du roi Jérôme de Westphalie. 44 : emplacement sous Louis XVI, de l'hôtel du marquis de Louvois : a abrité le Photo-club de Paris.
Les théâtres de la rue des Mathurins
53, à l'angle avec la rue d'Anjou : immeuble réalisé par l'architecte Paul Farge en 1927« 53, rue des Mathurins », pss-archi.eu, consulté le 19 octobre 2024. pour accueillir la Banque coloniale. Balcon principal décoré de sculptures de dragons ; au premier étage, visage sculpté de Bouddha« Surprenante cariatide d'un Bouddha », routard.com, consulté le 19 octobre 2024..
Chapelle expiatoire et square Louis-XVI. , au croisement avec le 32 boulevard Malesherbes : immeuble construit vers 1860, remarquable notamment par ses jardins d’hiver à structure métalliqueProtections patrimoniales, arrondissement, Ville de Paris, Règlement du PLU, tome 2, annexe VI, ..
En littérature Honoré de Balzac y situe en 1831 le luxueux hôtel particulier de Ferdinand du Tillet dans Une fille d'Ève. La rue porte encore l'ancien nom de « rue Neuve des Mathurins » :
De même, dans son livre Les Paysans, Balzac fait de cette rue la localisation de l'hôtel particulier du général de Montcornet, où le dit général vient passer ses hivers (chapitre VII) :
Notes et références
Pour approfondir Bibliographie
Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Paris, Imprimerie de Vinchon, 1844-1849. . .
Articles connexes Liste des voies du de Paris Liste des voies du arrondissement de Paris
Liens externes
Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
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