Lobbes est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. Elle est située près de la Sambre, un affluent de la Meuse.

Toponymie

Pour certains spécialistes, le nom de Lobbes trouve son origine dans le terme Laubacum signifiant ruisseau, d’autres y voient une origine germanique se rapprochant du terme lauh-baki ou lauha-baki signifiant généralement ruisseau des bois.

Géographie

Situation La commune de Lobbes est située en Thudinie entre Thuin et Binche à l'est de la province de Hainaut.

Communes limitrophes

Sections de commune

# Nom Superf.(km²). Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Lobbes 9,31 4.017 432 56044A 2 Sars-la-Buissière 10,08 838 83 56044B 3 Bienne-lez-Happart 3,94 465 118 56044C 4 Mont-Sainte-Geneviève 8,90 638 72 56044D

Géographie physique La géographie physique de Lobbes, commune située dans l’entité de Thuin en Wallonie, se caractérise par un relief doucement vallonné structuré par les ondulations du plateau hennuyer et par l’encaissement progressif de la vallée de la Sambre. L’altitude y varie sensiblement : les données topographiques indiquent une altitude moyenne d’environ , avec un minimum de et un maximum de , ce qui traduit une alternance de bas-fonds humides et de crêtes plus sèches. Ces variations créent un paysage rythmé, où les plateaux agricoles dominent les hauteurs tandis que les versants boisés descendent vers la vallée. Cette configuration est typique de la botte du Hainaut, région marquée par l’érosion fluviatile et la présence de formations géologiques anciennes.

Géologie La région de Lobbes, située en Entre-Sambre-et-Meuse, repose sur un socle géologique typique du sud du Sillon Sambre‑et‑Meuse, marqué par l’affleurement de roches paléozoïques et par une structuration héritée des grands plissements hercyniens. Les données régionales montrent que le sous‑sol appartient à l’ensemble des formations dévoniennes et carbonifères qui caractérisent cette partie de la Wallonie. Les terrains y sont majoritairement constitués de grès, schistes et calcaires, issus de dépôts marins anciens, ensuite déformés par les mouvements tectoniques de la fin du Paléozoïque. Les formations les plus anciennes visibles dans la région sont des roches dévoniennes, notamment des grès et schistes déposés dans des environnements marins peu profonds. Ces couches sont suivies par des calcaires carbonifères, riches en fossiles, qui forment traditionnellement les reliefs ondulés de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse. Ces alternances lithologiques expliquent la présence de tiges (crêtes gréseuses) et de chavées (dépressions calcaires), un modelé typique de la zone.

Lobbes se situe également à proximité du Sillon houiller, une bande géologique étroite composée de calcaires carbonifères et de puissantes séries de grès et schistes renfermant des couches de houille. Bien que le cœur du bassin houiller se trouve plus au nord, cette proximité explique la présence de structures tectoniques marquées, de failles et de plis orientés globalement est‑ouest, hérités de l’orogenèse hercynienne. Les cartes géologiques fédérales et wallonnes confirment que la région est recouverte localement par des dépôts plus récents, essentiellement quaternaires, composés de limons et alluvions qui adoucissent le relief dans les vallées, notamment celle de la Sambre. Ces dépôts superficiels masquent parfois les affleurements paléozoïques, mais n’en modifient pas la structure profonde.

Enfin, les observations de terrain réalisées lors d’activités naturalistes locales soulignent la présence d’éléments géomorphologiques caractéristiques : versants entaillés, crêtes gréseuses, zones calcaires plus érodées et vallées encaissées. Ces éléments confirment l’influence conjointe de la lithologie paléozoïque et de l’érosion quaternaire dans la morphologie actuelle du paysage de Lobbes.

Quartiers

Hameaux et cité vignette|Vue vers le hameau d'Heuleu vue de la collégiale Saint-Ursmer. Les Bonniers, hameau qui se situe au nord de la commune. La Grattière désigne, dans l’usage régional de la vallée de la Sambre, un escarpement situé au sud du pont franchissant le cours d’eau. Le terme s’applique à une pente particulièrement raide qui mène vers Biercée, sur la rive droite, où le substrat schisteux apparaît directement en surface. Cette caractéristique géologique explique l’association traditionnelle du mot avec des terrains pierreux ou dénudés. L’appellation est rapprochée du patois de Montbéliard grattery, employé pour qualifier un « terrain pierreux et en pente ». Elle semble issue d’un ancien radical gra‑ signifiant « pierre », que l’on rattache à une racine pré‑indo‑européenne kara. De cette base provient également le pré‑latin sciïéi, « petite pierre, gravier », à l’origine de gravaria puis gravière, formé avec le suffixe collectif latin ‑aria pour désigner un lieu caillouteux. L’évolution vers grattière a pu être renforcée par une proximité phonétique avec le verbe gratter, suggérant un relief où la roche semble mise à nu par l’érosion. Le Calvaire, il se situe sur le plateau de l'Entreville. L'Entreville est le nom du quartier situé au carrefour du même nom. Il s'appelle ainsi car il se trouve entre le centre de Lobbes et le hameau des Bonners. Cité des Dérodes, il est situé au Bonniers.

Lieux-dits Heuleu, lieu-dit sur les hauteurs de Lobbes. On y trouve un cimetière militaire de la Première Guerre mondiale dominé par une tour blanche. Le toponyme Heul.eu semble désigner un lieu situé en surplomb immédiat de la Grattière. Son origine est généralement rattachée à un ancien composé germanique associant lôh, signifiant « bois », et hul, désignant une « éminence » ou une « colline ». Cette formation s’inscrit dans une famille de termes apparentés présents dans plusieurs langues germaniques. L’ancien français possédait ainsi le mot hauteur, issu de la même racine que l’allemand Hügel, tandis que l’anglo-saxon utilisait hoh pour évoquer une pente abrupte ou un relief marqué. À titre de comparaison, le nom de la commune de Hulluch, dans le Pas-de-Calais, procède d’une évolution similaire : les formes anciennes Hyluz et Hulut, attestées en 1098, témoignent d’une même construction étymologique fondée sur l’idée de colline boisée. Gaux, ce lieu-dit se trouve près du centre de la commune. Champ du Loup, une ferme qui porte le même nom datant des . Les Quatre Chemins, il se situe entre le Calvaire et les Bonniers. Les Crochets, il se situe sur la pente de la collégiale et la Sambre, une rue porte le nom. Pichotin, près de la collégiale Saint-Ursmer. Bambois, sur la rive droite en remontant la Sambre. Briqueterie, nom donné à ce lieu où l'on trouvait une briqueterie. Saint-Nicolèy, sur les hauteurs où se trouve la Portelette. Champ de l'Abbaye. Trou des Loups, entre les Quatre Chemins et les Bonniers. Taille des Chevaux, au nord du quartier des Bonniers. Les Dérodés, dans le quartier des Bonniers. Le Laid Pas, à la limite avec Thuin. Terre du Rœulx, à l'ouest de la commune.

Bois Bois de la Houssière, situé au nord-est de la commune à la limite avec Mont-Sainte-Geneviève. Bois de Lobbes, à la limite avec Thuin. Bois du Baron, à la limite ouest de la commune. Bois Gabelle, situé à l'est où se trouve la zone industrielle Lobbes-Thuin.

Hydrographie vignette|Le pont et la Sambre. La Sambre. La Sambre, cours d’eau navigable majeur de Wallonie, constitue l’axe structurant du paysage local : elle traverse le territoire communal du sud-est vers le nord-ouest et forme une vallée encaissée où se sont historiquement implantés les noyaux d’habitat et les infrastructures. Le Laubac, petit ruisseau qui prend sa source à Mont-Sainte-Geneviève et qui passe dans le domaine de l'ancienne abbaye, et se jette dans la Sambre. Étang du Moulin de Mouligneau. Étangs des Viviers qui se situe sur le lit du Laubac avec les étangs de la Brouille et de l'étang des Peupliers. Le Rabion qui coule à l'ouest et qui se jette dans la Sambre.

Démographie

Démographie: Avant la fusion des communes

Bron:NIS - Opm:1831 t/m 1970=volkstellingen; 1976= inwoneraantal op 31 december

Démographie : Commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,31994100,21995100,81996102,11997102,31998102,41999103,12000103,52001102,32002103,12003102,92004102,02005102,72006103,12007103,42008104,72009105,32010105,42011106,42012106,82013106,72014107,82015107,92016107,02017108,32018109,92019109,42020109,12021109,92022110,02023111,02024111,62025111,72026111,6

Histoire

Antiquité La chaussée antique reliant Strée à Estinnes correspond à un ancien diverticule romain perpendiculaire à l’axe majeur Bavai‑Meuse. Depuis Strée, l’itinéraire gagnait Ragnies en franchissant successivement le ruisseau du Mortier puis celui du Marais, avant d’obliquer vers le nord‑ouest à hauteur du Chambry. Bien que son tracé soit aujourd’hui discontinu, plusieurs segments demeurent visibles : à Ragnies, rue des Catias ; à Petit‑Biercée, rue Grignard ; puis sous la forme d’une longue portion rectiligne à Bois‑de‑Villers jusqu’à la Sambre.

Sur la rive gauche, l’alignement antique se reconnaît encore près du château de Chevennes, à Sars‑la‑Buissière le long de la Couture du Gros Sou, ainsi qu’à Merbes‑Sainte‑Marie où il sert de limite communale, malgré quelques infléchissements autour du ruisseau du Seigneur. Après Vellereille et le Bois de Pincemaille, la chaussée retrouve une orientation régulière au lieu‑dit Gros Cailloux, avant de rejoindre à Estinnes‑au‑Mont la grande voie Bavai‑Tongres. Cet itinéraire structurant reliait ainsi plusieurs noyaux d’habitat et a durablement façonné l’organisation du paysage régional.

Moyen-Âge