Faure Gnassingbé (prononciation : Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.), né le à Afagnan, est un homme d'État togolais. Il succède à son père, Gnassingbé Eyadema, président de la République de 1967 jusqu'à sa mort en 2005. D'abord président par intérim (du au ), Faure Gnassingbé est président de la République jusqu'au , date à laquelle il devient président du Conseil, après avoir abandonné le système présidentiel. Élu à quatre reprises, dans des conditions contestées, il est, comme son père, qualifié de dictateur.
Sur la scène régionale, Faure Gnassingbé préside successivement l'Union économique et monétaire ouest-africaine, le Conseil de l'Entente et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. Il conduit plusieurs médiations dans les crises ouest-africaines et, en 2025, est désigné par l'Union africaine comme médiateur dans le conflit entre la république démocratique du Congo et le Rwanda.
Biographie Faure Essozimna Gnassingbé est né le à Afagnan, dans la région des Plateaux, au Togo. Il est le fils de Gnassingbé Eyadéma, président du Togo de 1967 à 2005, et de Sabine Mensah. Après des études en économie et en gestion, il obtient une maîtrise en gestion à l’université Paris-Dauphine, puis un master en administration des affaires (MBA) à l’université George Washington, aux États-Unis. Avant d’accéder à la présidence, Faure Gnassingbé siège à l’Assemblée nationale du Togo à partir de 1999, puis devient ministre des Travaux publics, des Mines et de l’Équipement en 2003. À la suite de la mort de son père le , il est élu président de l'Assemblée nationale avant d'être proclamé président par intérim par l’armée togolaise, ce qui provoque une crise politique et des critiques internationales. Il démissionne le et se présente à l’élection présidentielle organisée en avril de la même année. Il est déclaré vainqueur du scrutin, contesté par l’opposition.
Parcours politique Depuis son arrivée au pouvoir en 2005, Faure Gnassingbé a été réélu en 2010, 2015, 2020 et 2025 (élections parfois contestées par l’opposition et les observateurs internationaux). Son gouvernement a mené plusieurs réformes politiques et économiques, notamment la création d’une Commission Vérité, Justice et Réconciliation en 2009, visant à apaiser les tensions héritées des crises politiques précédentes. Sous sa présidence, le Togo a renoué la coopération avec plusieurs partenaires bilatéraux et multilatéraux, après des années de suspension d’aide internationale. Des politiques d’assainissement des finances publiques et de promotion des investissements ont été engagées dans le cadre du programme de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Faure Gnassingbé a également occupé plusieurs fonctions régionales dont celui de président en exercice de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en 2011, président du Conseil de l’Entente de 2016 à 2018.
Président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de 2017 à 2018. Sur le plan diplomatique, il a pris part à plusieurs médiations dans la région ouest-africaine, et en Afrique centrale notamment au Mali et au Tchad et dans la crise entre RDC-Rwanda en 2025. En 2017, il est désigné par l’Union africaine comme . Son demi-frère, Kpatcha Gnassingbé, ancien ministre de la Défense, a été arrêté en 2009 et condamné à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État. Il est toujours en prison à ce jour ainsi que l'ancienne ministre des armées, Marguerite Gnakadé, ex épouse d'Ernest Gnassingbé.
Depuis le 3 mai 2025, il occupe le poste du président du conseil du Togo. Héritage de Gnassingbé Eyadéma vignette|Faure Gnassingbé et le couple Barack Obama en 2014 Sa nomination en tant que président de la République était déjà prévue, en raison du mauvais état de santé de son père. En , Gnassingbé Eyadema avait fait amender la Constitution du pays, avec entre autres mesures l’abaissement de l'âge nécessaire pour être président de 45 à , âge qu'avait son fils à cette époque. Ceci aurait permis à Faure Gnassingbé de se présenter à l'élection présidentielle de 2003 au cas où Eyadéma ne pourrait se présenterDiplomatiquement, il devait pour cela obtenir le soutien de la diplomatie française, Eyadéma ayant promis à son ami Jacques Chirac de prendre sa retraite politique en 2003. Sa légitimité était aussi menacée du fait des accusations ( par un rapport d’enquêtes des Nations unies) par Amnesty International en mai 1999 d’exécutions de plusieurs centaines d’hommes en tenues militaires togolaises (certains toujours menottés) dont les cadavres ont été jetés en mer et retrouvés sur les côtes béninoise, ceci après la proclamation des résultats de la présidentielle de 1998 que l’opposant historique Gilchrist Olympio affirmait avoir remportée de l’extérieur..
Avec l'aval de Jacques Chirac et tel que permis par l’amendement constitutionnel de L’amendement constitutionnel éliminait la limitation du nombre de mandats présidentiels, mesure qui fut qualifiée de par l’opposant Kofi Yamgnane., Eyadéma se présente finalement à l’élection présidentielle de 2003 qu'il remporte officiellement au premier tour avec 52 % des voix. Il fait entrer Faure Gnassingbé (jusqu’alors député) au gouvernement en lui confiant le ministère des Travaux publics, des Mines et des Télécommunications. Eyadéma annonce engager de grands travaux de réhabilitations des infrastructures partout dans le pays après le rétablissement de la coopération avec l'Union européenne (coupée depuis 1993 à la suite de la répression d'une manifestation en .. Accession à la présidence de l’Assemblée nationale et à la tête de l’État (février 2005) vignette|Faure Gnassingbé signe le livre de condoléances à Londres lors des obsèques de la reine Elizabeth. À la suite de la mort du président Gnassingbé Eyadéma, le , l’armée togolaise annonce confier le pouvoir à son fils, Faure Gnassingbé, alors ministre des Travaux publics, des Mines et des Télécommunications. Cette décision intervient alors que la Constitution prévoit que l’intérim présidentiel doit être assuré par le président de l’Assemblée nationale, Fambaré Ouattara Natchaba. Celui-ci se trouve alors à l’étranger, au Bénin.
Le , l’Assemblée nationale, dominée par le Rassemblement du peuple togolais (RPT), modifie la Constitution pour permettre à Faure Gnassingbé d’être élu président de l’Assemblée, condition nécessaire pour assurer la transition présidentielle. Peu après, il prête serment comme président de la République.
Cette succession provoque de vives réactions au niveau national et international. L’Union africaine (UA), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union européenne (UE) dénoncent ce qu’elles qualifient de et appellent au retour à l’ordre constitutionnel. Sous cette pression, le , Faure Gnassingbé annonce l’organisation d’une élection présidentielle dans un délai de , puis démissionne le . Le vice-président de l’Assemblée nationale, Abass Bonfoh, est alors désigné président intérimaire, chargé d’organiser le scrutin prévu pour le .
Élection présidentielle de 2005
L’élection a lieu le . Le scrutin est marqué par l'irruption de militaires des forces armées togolaises (FAT) dans les bureaux de vote et le vol des urnes dans des quartiers réputés favorables à l'opposition.. Faure Gnassingbé est élu avec 60,15 % des voix selon les résultats définitifs annoncés par la Cour constitutionnelle du pays..
L'opposition accuse d’irrégularités, et des affrontements entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre et des milices du Rassemblement du peuple togolais (parti au pouvoir) armées de coupe-coupe (machettes traditionnelles utilisées principalement dans l'agriculture en Afrique de l'Ouest) et aidés par ont lieu dans les grandes villes du pays.. Ils auraient entraîné parmi les opposants selon la ligue togolaise des droits de l'homme. et 154 selon la commission d'enquête officielle togolaise.. Le rapport d'enquête de l'ONU annonce entre 400 et .. Le pouvoir organisateur de l'élection dénonça les chiffres publiés par l'ONU sous prétexte que ce dernier n'aurait repris que les chiffres donnés par le chef de l'ONU au Togo, Fidèle Sarassoro, ami personnel de l'ancien ministre de l'Intérieur Akila-Esso François Boko qui avait démissionné de son poste quelques jours avant les élections avertissant que des massacres étaient en préparation par des proches du pouvoir et qu'il ne maîtrisait pas la situation.
Le , la Cour constitutionnelle confirme les résultats de l'élection et Faure Gnassingbé prête serment le .
Au cours de ce mandat, il n’est reçu officiellement que dans très peu de pays occidentaux. Les élections législatives de 2007 lui sont favorables, bien que leur représentativité ait été mise en cause, en raison d'un découpage électoral favorable au parti au pouvoir. où il fallait dix mille électeurs pour élire un député dans certaines régions du Nord acquises au pouvoir mais cent mille au sud (plus peuplé) acquises aux opposants.
Élection présidentielle de 2010
Le , le président de la Commission électorale nationale indépendante, Issifou Taffa Tabiou, le déclare vainqueur de l'élection présidentielle du , le créditant de 60,9 % des suffrages. face à Jean-Pierre Fabre (Union des forces de changement), qui obtient 33,9 % des voix, et à l'ancien Premier ministre Yawovi Agboyibo (Comité d'action pour le renouveau), crédité de 2,9 %. gauche|vignette|Faure Gnassingbé avec le President d'Azerbaijan Ilham Aliyev La totalité des candidats, sauf Fabre et Nicolas Lawson (0,29 % des voix)., refusent de reconnaître la supposée victoire de Faure Gnassingbé. Ces derniers estiment que les chiffres publiés par la Commission électorale nationale indépendante sont de pures fabrications. La commission électorale avait changé le mode de transmission des résultats des bureaux de vote au bureau central de la Commission électorale nationale indépendante (Togo) aux derniers moments sous prétexte de pannes du système VSAT implanté par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).. L'expert du PNUD responsable, Yoro Thiam, déniera la version racontée par la CENI quelques jours plus tard en affirmant qu'il y avait eu des attaques virales, mais qui n'ont fait que ralentir le système pour un bout de temps sans toutefois indiquer la source des attaques. L'ancien ministre de l'Intérieur Akila Esso François Boko ajouta quelques jours plus tard que le clan au pouvoir aurait fait implanter une antenne pirate pour manipuler les chiffres transmis par le système VSAT.. Ceci ayant échoué et Faure Gnassingbé perdant selon les résultats recueillis, la commission électorale aurait tout simplement changé de méthode de compilation des résultats. Selon Akila-Esso François Boko, ancien ministre de l’Intérieur de Gnassingbé Eyadéma, Faure ne peut mathématiquement pas gagner une élection au Togo malgré la division de l'opposition parce que la vraie base électorale de son parti n'est à peu près que de 10 % de l’électorat..
Faure Gnassingbé n'a pas fait d’apparition publique ou télévisuelle entre la date de sa réélection, et le , date à laquelle il s’est rendu au port de Lomé, le point central du business familial. Il prêta serment le après avoir fait boucler les artères de Lomé par des centaines de militaires..
Élection présidentielle de 2015
Faure Gnassingbé se présente en 2015 pour un troisième mandat.. Il est réélu le avec 58,75 % des suffrages exprimés contre 34,95 % pour son adversaire Jean-Pierre Fabre à l'occasion d'élections contestées par l'opposition et une partie de la presse...