L'histoire des Samoa débute lorsque des explorateurs des Fidji arrivèrent dans l'archipel il y a environ ans et commencèrent à partir de là le peuplement du reste de la Polynésie, tout d'abord vers l'est, puis vers le nord et le sud.

Débuts Peuplées depuis ans environ (peut-être ans) par un peuple polynésien, en provenance sans doute des Tonga, ou du moins d'un archipel occidental de la Polynésied'après notamment R. C. Green, « The immediate origins of the Polynesians », in Polynesian Culture History, Honolulu, 1967 et auparavant des Fidji) et des îles Lau, descendant des Austronésiens porteurs de la civilisation Lapita, les Samoa sont occupées aux alentours de l'an 1000 par des populations partageant initialement la même culture (céramiques, outils en obsidienne, notamment). Cependant des interruptions au moins momentanées entre cette chaîne de civilisations Lapita, d'abord entre les Fidji et les Tonga, puis entre les Tonga et les Samoa isolent au moins en partie ces communautés et provoquent la naissance d'une civilisation polynésienne originale et distincte. Celle des Samoa est notamment caractérisée par l'utilisation des pierres en basalte dur trouvées uniquement sur Samoa et sur Uvéa tandis qu'une grande partie de la culture matérielle est restée longtemps inchangée (coquillage, techniques de pêche). Il en résulte que la terre d'origine des peuples polynésiens doit être trouvée à l'intérieur des archipels des Tonga et des Samoa (en y incluant les voisins proches comme Futuna). Cette terre ancestrale est celle que les mythes ont retenu sous le nom de Havaiki . Des Samoa (ou des Tonga), vers 200 une migration ultérieure donnera naissance aux populations polynésiennes orientales qui s'étendent d'Hawaii à l'île de Pâques et à la Nouvelle-Zélande (le triangle polynésien).

Intégration à l'Empire Tuʻi Tonga (900~), puis indépendance (1200~)

Vers le début du de notre ère, les Tonga deviennent une puissance dominante en Océanie, et étendent leur autorité sur les îles alentour. Les Samoa sont conquises, et deviennent une province de l'Empire Tuʻi Tonga. Au , les Samoans se révoltent, menés par Savea, et chassent les Tongiens de leurs îles. L'Empire tongien amorce son déclin, et les Samoa demeurent indépendantes pendant plus de 600 ans.

L'archipel des Samoa : des premiers contacts au Traité tripartite (1722-1899)

Les Samoa entrent en contact tardivement avec le monde occidental. Le Hollandais Jacob Roggeveen est le premier Européen à identifier l'archipel en juin 1722. Un demi-siècle plus tard, en 1768, l'explorateur français Louis-Antoine de Bougainville passe à son tour au large de l'archipel qu'il nomme les îles du Navigateur. Le premier navigateur européen à mettre pied sur une des îles de l'archipel est La Pérouse en 1787. Il débarque sur l'île de Tutuila avant d'être attaqué par la population. Son commandant en second le vicomte de Langle ainsi que 11 membres d'équipage sont tués. Ces premiers contacts difficiles entre Samoans et Européens donnent à l'archipel la réputation d'être peu hospitalier, en conséquence de quoi celui-ci est peu visité. Ce n'est qu'à partir de 1830 que les premiers missionnaires, ceux de la « London Missionary Society » (congrégationnaliste) et de la « Wesleyan Missionary Society » ou « lotu tonga » (méthodiste) commencent à s'installer dans l'archipel.

Il n'existe pas à l'époque de pouvoir centralisé. Le titre de tafaʻifa, porté par certains chefs de manière épisodique, signifie la convergence de certains grands titres en une même personne, mais elle n'est investie d'aucune autorité inhérente. Il disparaît au milieu du , à la mort de Malietoa Vainuʻupo, dont la conversion au christianisme facilite grandement la propagation de cette religion. Au bas de l'échelle, le 'aiga (clan) regroupe l'ensemble des individus se reconnaissant un ancêtre commun. À la tête de chaque aiga Littéralement le « champ », la « terre », le « lieu de nourriture », le concept repose avant tout sur l'idée d'une assise foncière, le matai ou chef de clan dont le pouvoir se transmet dans l'absolu de façon héréditaire. Régulièrement au sein de chaque village (nu'u), l'ensemble des matai se réunissent au sein d'un conseil appelé fono, chargé de la gestion des terres et de la distribution des tâches. Tous les matai n'ont néanmoins pas de même statut. Il y a entre autres ceux qui ont le titre de ali'i et qui prennent part aux décisions les plus importantes, les tulafale ou « porte-parole », qui jouent quant à eux le rôle d'orateur, chargés principalement de parler au nom de l'ali'i. Enfin en haut de l'échelle, les tama 'aiga, terme généralement traduit par « grand chef » ou « roi », représentent une confédération de tribus. Ils sont à l'époque de l'arrivée des Européens au nombre de quatre pour l'ensemble de l'archipel. Les statuts peuvent se cumuler, un tama 'aiga étant également ali'i dans le cadre du nu'u et matai de son propre 'aiga un pour l'île de Savai'i qui appartient au clan des Malietoa, deux pour Upolu, du clan Tamasese et Mata'afa, Les Tuimaleali'ifano pour Tutuila et les îles Manu'a. Ces chefferies sont à l'époque en conflit permanent, alliancesY compris matrimoniales, les grandes chefferies ayant toutes entre elles des liens de parentés et mésalliances se faisant au gré des circonstances et des stratégies du moment.

À partir des années 1850, un nombre croissant d'Européens, généralement marchands ou planteurs de coprah, commencent à s'installer dans l'archipel et plus particulièrement à Apia. Ces Européens s'impliquent peu à peu dans les guerres intestines samoanes en supportant telle ou telle faction et en leur fournissant armes et munitions en échange de terres. Ces troubles et cet afflux croissant d'Européens font des Samoa une proie facile. Trois pays sont plus particulièrement intéressés : l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. En 1875, l'Américain Albert Steinberger, représentant principalement des intérêts commerciaux allemands, se fait nommer premier ministre des Samoa par le roi Malietoa Laupepa, dont il consolide l'autorité au moyen d'une nouvelle constitution. Les consuls américain et britannique, y voyant là une ingérence allemande, font limoger Steinberger l'année suivante. En réponse, le parlement autochtone samoan destitue le roi ; il s'ensuit une décennie d'instabilité et d'incertitude Malama Meleisea, Lagaga: A Short History of Western Samoa, Apia, Université du Pacifique Sud, 1987, , pp.83-85.

En 1889, à la suite de la crise des Samoa, les trois pays occidentaux signent le traité de Berlin, les Samoa deviennent un territoire neutre et indépendant sur lequel chacune des trois puissances s'autorise à installer une base navale et à nommer un consul responsable de leurs ressortissants respectifs. Malietoa Laupepa, tama 'aiga de Sava'i, est nommé à nouveau « roi » (ali'i siliSelon les sources, nous retrouvons également les appellations tupu ou tupu sili. Toujours est-il que ce titre coutumier est une création européenne et disparaitra en 1912 avec le décès de Mata'afa Iosefa) de l'archipel, titre néanmoins tout à fait symbolique, ses deux grands rivaux (Mata'afa IosefoAppelé également Malietoa Tooa Mataafa et Tupua Tamasese Lealofi I) gardant le contrôle de leur bastion (Mata'afa Iosefo au sud d'Upolu et Tamasese Lealofi I au nord d'Upolu). Robert Louis Stevenson alors installé au Samoa œuvre par ses écrits à promouvoir cette indépendance toute relative vis-à-vis des grandes puissances. Dans les années qui suivent, les trois consuls se disputent l'influence du roi agissant en sous-main pour faire valoir les droits de leur nation respective Lire à ce sujet, "A Footnote to History : Eight Years of Trouble in Samoa", R.L. Stevenson . En 1898, le roi Malietoa Laupepa meurt. Soutenu par les Allemands, Mata'afa Iosefo est désigné comme son successeur alors même que les consuls britanniques et américains et une partie de la population soutiennent Malietoa Tanumafili I, le fils de Laupepa. Les troubles reprennent de plus belle. Des navires de guerre britanniques et américains bombardent la capitale, Apia, le 15 mars 1899.

Pour mettre fin aux troubles et sous l'impulsion des Européens présents sur place, les trois nations finissent par trouver un compromis. Une convention tripartite réunissant Bartlett Tripp pour les États-Unis, C. N. E. Eliot pour le Royaume-Uni et Freiherr Speck von Sternberg pour l'Allemagne, est organisée afin de trouver un accord pour partager l'archipel. Les Allemands obtiennent le droit d'annexer la partie occidentale de l'archipel, les Américains la partie orientale. En contrepartie, les Allemands renoncent à toute prétention sur les îles Tonga et laissent aux Britanniques la possession des îles Choiseul et Santa Isabel situées au nord de la Nouvelle-Guinée.

La tutelle allemande et la naissance du Mau Movement (1899-1914) Wilhelm Solf est nommé gouverneur de la partie allemande par Berlin. Lors de son discours d'investiture, il déclare vouloir gouverner dans le respect de la "coutume samoane (fa'a Samoa)". Sa première mesure est de régler le problème de succession au titre dAli'i Sili en confirmant à son poste Mata'afa Iosefo. Pour mettre un terme aux troubles, il exige le désarmement complet de l'archipel. En tout, plus de 150 fusils sont ainsi récupérés. Il met ensuite en place un système de double administration. une administration dite "coloniale" chargée de gérer les affaires courantes et régler les conflits entre Européens ou entre Européens et Samoans, Une administration dite "indigène", pour gérer les affaires samoanes selon la coutume. Cette dernière est constituée d'un conseil consultatif, le fono a faipule (assemblée des représentants de district), regroupant 27 membres parmi les matai les plus importants de l'archipel et d'un conseil de gouvernement présidé par Solf lui-même, assisté de l'''Al'i Sili et des deux autres tama 'aiga (Malietoa Tanumafili I et Tupua Tamasese Lealofi I) . Très vite néanmoins, les Samoans reprochent à Solf de s'immiscer un peu trop dans des affaires considérées comme strictement samoanes. C'est ainsi qu'en 1903 il met en place une Commission foncière chargée de régler une fois pour toutes les conflits fonciers, non seulement entre Européens et Samoans mais également entre Samoans eux-mêmes, prérogative jusqu'alors exclusive des fono de district. Ce mécontentement se transforme peu à peu en remise en cause de la présence allemande avec la création en mars 1909 à Savai'i du Mau a Pule litt. "La vérité du pouvoir" ou "Mau movement". À l'origine de ce mouvement de contestation, il y a un matai originaire de Sava'i, Namulau'ulu Lauaki MamoeSelon les sources, l'orthographe peut varier en "Lauati" ou Laua'i. Il semble en effet que le "k" n'existe que dans la variante dialectale du samoan de Savai'i ou Savaiki. Celui-ci réussit à convaincre les matai des principaux districts de Sava'i de ne pas payer les taxes, généralement dues en nature, à l'administration allemande. Il se rend ensuite à Upolu afin de rallier en vain Mata'afa. Craignant la reprise des troubles et profitant du passage d'un navire de guerre allemand, Solf fait arrêter en 1910 Lauaki Mamoe et ses partisans avant de les déporter sur l'île de Saipan aux Mariannes du Nord, alors colonie allemande. Lauaki Mamoe ne revoit jamais son île natale, décédant de mort naturelle en 1915 sur le navire néo-zélandais chargé de le ramener aux Samoa. Les Samoa occidentales sous mandat néo-zélandais (1914-1962)

Les années de révolte (1914-1936)

Au déclenchement de la Première Guerre mondiale en août 1914, la Nouvelle-Zélande prend le contrôle des Samoa occidentales et met en place une administration militaire commandée par le lieutenant colonel britannique Robert Logan. La période de guerre est pour les Samoa une période de boom économique pour les produits tropicaux, et plus particulièrement pour le coprah, dont savent profiter les planteurs et négociants européens et métis d'Apia.