Le Québec compte une communauté acadienne, répartie dans plusieurs régions et d'origines diverses. Plus d'un million de Québécois portent un patronyme d'origine acadienne, selon un Sondage Léger. Quelque 4.8 millions de Québécois ont un ou plusieurs ancêtres acadiens dans leur arbre généalogique (Étude UQAM). La ville de Montréal à elle seule en compte Société nationale de l'Acadie - Québec. Les régions où vivent les Acadiens sont appelées « Cadies » et plusieurs villes et villages ont « Cadiens » comme gentilé.
Définitions Acadianité
L’acadianité est la définition de ce qu’est un Acadien. Dans les Provinces maritimes, on considère généralement tous les francophones comme des Acadiens. et même un certain nombre d'anglophones car ils sont en fait des Acadiens anglicisés. Au Québec, un Acadien est plutôt défini, dans un sens large, comme tout francophone ayant un accent acadien ou ayant une affinité acadienne, soit par naissance, soit par alliance.
Le nombre d’Acadiens est toujours à prendre en considération à cause de la définition même de l’acadianité, qui change d’une région à l’autre, ainsi que des sentiments personnels et de la qualité des sources. Plus de la moitié des Québécois correspondant à la définition locale d’un Acadien ne sont pas au courant de leurs origines et la plupart en font la découverte en faisant leur arbre généalogique. Selon le recensement effectué par Statistique Canada en 2006, il y avait Acadiens au pays.. À la question « origine ethnique », la plupart des gens correspondant à la définition d’un Acadien s’identifient volontairement comme « Français » ou « Canadien ». Il existe plusieurs raisons à cette situation mais la principale étant que l’option Acadien ne figurait pas sur le formulaire auparavant. Depuis, le nombre d’Acadiens déclarés ne cesse de grimper, sans lien avec l’augmentation réelle de la population. Une enquête réalisée par la firme Léger Marketing en 1989 a déterminé que près d’un Québécois sur sept, soit près d’un million, est d’origine acadienne. Plusieurs auteurs confirment cette information, dont les généalogistes Bona Arsenault et Adrien Bergeron, ce dernier affirmant qu’il y a en fait plus d’un million d’Acadiens au Québec.
Sauf mention contraire, le terme Acadien dans l’article fait référence à l’acceptation large de l’acadianité au Québec.
Cadie Au Québec, une « Cadie » ou « Petite Cadie » est une ville ou une région où des Acadiens se sont établis. Il est dérivé de la prononciation du mot « Acadie » chez les anciens et son usage est commun. Il a été popularisé par des historiens comme Raymond Casgrain, Antoine Bernard, Robert Rumilly, Napoléon Bourassa et Eugène Achard. Le mot « Petite Cadie » est aussi un autre nom donné dans le Sud-ouest de la Louisiane.
Une trentaine de villes et de régions du Québec peuvent être considérées comme des Cadies. Les Petites Cadies existent dans la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Les Acadiens sont présents sur la rive sud de la Gaspésie, dans la vallée de la Matapédia ainsi qu’aux îles de la Madeleine. De plus, la culture acadienne n'y est souvent pas présente de nos jours dans certaines régions. En Abitibi-Témiscamingue, les villages de Béarn, Clerval et Roquemaure sont tous associées aux Acadiens. Dans le Centre-du-Québec, Bécancour, plus précisément le village de Saint-Grégoire, est une Petite Cadie, de même que Nicolet et les environs ainsi que Saint-Pierre-les-Becquets et Odanak. Dans Chaudière-Appalaches, notons Saint-Gervais, la Beauce, plus précisément Saint-Théophile et Saint-Zacharie, et les Bois-Francs. À noter que toute la rive entre Lévis dans Chaudière-Appalaches et Notre-Dame-du-Portage dans le Bas-Saint-Laurent est liée aux Acadiens. La Côte-Nord est aussi une Cadie. Certains secteurs de l’Estrie sont des Cadies. Dans Lanaudière, les Acadiens sont présents à L'Assomption, à Saint-Jacques et dans les environs de la Nouvelle-Acadie. En Mauricie, plusieurs localités sont associés aux Acadiens, dont Batiscan, Champlain, Louiseville, Sainte-Anne-de-la-Pérade, Trois-Rivières et Yamachiche. Montréal est aussi assimilée à une Cadie, plus particulièrement l’arrondissement de Verdun. En Montérégie, les Acadiens sont associés à plusieurs localités le long de la rivière Richelieu. L’Outaouais est aussi à mentionner. Il en est de même pour la ville de Québec, en particulier le quartier de Limoilou. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mentionnons enfin la ville de Saguenay, plus précisément les quartiers d’Arvida et de Kénogami dans l’arrondissement de Jonquière.
Acadie
L'Acadie est un vaste territoire aux limites mal définies. dont l'existence n'est explicitement reconnue par aucune loi bien que peu de gens des régions en questions nient catégoriquement son existence.. Par contre, selon plusieurs auteurs dont Léon Thériault., Michel Roy et Adrien Bérubé, parler de l'Acadie après 1763 est paradoxal et consiste en un « acte de foi », dû à sa conquête par le Royaume-Uni et à la dispersion de sa population. Le concept de l'Acadie a évolué au cours de l'histoire et de nombreuses définitions sont encore discutées. mais toutes ces conceptions impliquent par contre un territoire. Toutefois, certaines personnalités comme Édith Butler affirment que l'Acadie n'a pas de frontière.
Les quatre définitions de l’Acadie les plus couramment acceptées furent proposées en 1979 par le géographe Adrien Bérubé. La première, l’Acadie historique, exista entre 1604 et 1763 et son territoire comprenait les rives de la baie de Fundy ou, dans une définition plus vaste, tout le littoral compris entre le fleuve Sainte-Croix à l’ouest et la baie des Chaleurs au nord, incluant les îles du sud du golfe du Saint-Laurent, soit un territoire correspondant aujourd’hui aux Provinces maritimes ainsi qu’à l’est du Maine et à la Gaspésie. La deuxième est l’Acadie généalogique, aussi appelée Acadie de la diaspora, qui comprend les régions ayant accueilli les familles acadiennes au moment de la déportation des Acadiens, soit les provinces de l'Atlantique, le Québec, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Nouvelle-Angleterre, la Louisiane, les Antilles, la Guyane française, les îles Malouines et la France. La troisième est l’Acadie fonctionnelle ou opérationnelle, aussi appelée Acadie des Maritimes ou Acadie de l’Atlantique, qui inclut uniquement les secteurs francophones des Provinces maritimes du Canada. La quatrième est l’Acadie prospective, qui englobe tous les comtés et paroisses francophones du Nouveau-Brunswick. Le Québec entre donc dans les deux premières définitions de l’Acadie. Toutefois, l’association de certaines régions du Québec à l’Acadie est encore considérée comme audacieuse par de nombreuses personnes.
L'Acadie des terres et des forêts est le nom donné à une région regroupant les Hauts-Plateaux, au Nouveau-Brunswick, le Madawaska, séparé entre cette province et le Maine ainsi que le Témiscouata, au Québec..
Histoire Régime français Les premiers Acadiens
Plusieurs seigneurs et autres Acadiens venaient à Québec pour des raisons administratives même si l'Acadie avait son propre gouvernement. La ville étant aussi un important port, elle attirait militaires et hommes d'affaires.
Guerre de Sept Ans
La ville de Québec accueillit ensuite près de réfugiés de la déportation des Acadiens à partir de 1755. Ils arrivaient dans la capitale sur des bateaux par le golfe du Saint-Laurent ou en traversant la forêt. De nombreux fugitifs moururent durant des combats, de fatigue, de froid, de faim ou de maladies; beaucoup d'autres sont morts dès leur arrivée à Québec. Jean Baptiste Nicolas Roch de Ramezay, qui s'était illustré en Acadie, devint lieutenant du Roi en 1758 et favorisa l'arrivée des Acadiens en ville mais la ville était surpeuplée et cela occasionna plusieurs problèmes. La ville fut bombardée par les Britanniques en 1759, forçant la population à évacuer. Certains Acadiens se réfugièrent alors à l'île d'Orléans, face à la ville, mais durent quitter la même année à la suite de l'occupation de l'île. Quelques-uns purent s'établir à Saint-Gervais, sur la rive du fleuve Saint-Laurent opposée à Québec. Lors de la bataille des plaines d'Abraham, le , 200 miliciens d'origine canadienne et acadienne affrontèrent les troupes britanniques afin que les troupes françaises puissent se replier vers leurs campements.. Après la chute de Québec, le lieutenant-colonel Monckton permit à 200 Acadiens de retourner en Acadie. Après un voyage exténuant, ils furent emprisonnés à Halifax puis déportés en Angleterre. Selon un recensement effectué entre 1769 et 1770, il y aurait eu moins de 6 % d'Acadiens en ville et leur proportion reste sensiblement la même jusqu'aux années 1810. La ville était en effet désagréable à cause de la destruction et de toute façon les Britanniques considéraient les Acadiens comme des rebelles. Une partie de ceux restant dans la ville se réfugièrent en banlieue et dans des villages au bord du fleuve, entre Québec et Montréal.
Des Acadiens fuyant la Déportation fondent Petite-Rochelle en 1758 au bord du fleuve Ristigouche, à l'ouest de la Gaspésie. Des corsaires acadiens et français attaquent alors les navires britanniques. La bataille de la Ristigouche a lieu du 3 au et les Britanniques gagnent contre les Français. James Wolfe détruit Petite-Rochelle puis offre aux Français qui se rendent de regagner la France sans problème, ce que la plupart font. Les autres Français et Acadiens se réfugient sur les deux rives de la baie des Chaleurs, alors que la guerre de course dure encore quelques mois. Les Acadiens réfugiés sur la rive sud de la baie des Chaleurs sont déportés lors du raid de Roderick MacKenzie, en octobre 1761. Ceux y échappant se réfugient à Miscou ou en Gaspésie. En 1774, Charles Robin fait venir quatre-vingt-un Acadiens à la baie des Chaleurs.
Montréal reçoit des Acadiens dès la Déportation, surtout des célibataires, mais la plupart arrivent plus tard. Montréal était plus attrayante que Québec, car son sol est fertile, il n'y a pas de guerre à l'époque, les seigneurs sont les Sulpiciens, présents en Acadie et la ville est située entre L'Assomption et le Haut-Richelieu, deux régions accueillant les Acadiens. De plus, des Acadiens ont probablement été embauchés pour reconstruire la ville après les incendies de 1765 et 1768. Mathurin Bourg devient le premier Acadien à Montréal en 1772. Un recensement effectué en 1781 dénombre une soixantaine de patronymes acadiens, signifiant que probablement 10 % des de la ville étaient Acadiens. L'afflux d'Acadiens se poursuit durant tout le , attirés par le travail en usine ou certains fondant leurs propres commerces, tels que Nazaire Dupuis en 1868. Nombreux étaient originaires du Haut-Richelieu. Le souvenir des origines acadiennes était très vivace dans cette région, et plusieurs en ont été inspirés, dont l'architecte Canadien-français Napoléon Bourassa, père d'Henri Bourassa, homme politique et fondateur du journal Le Devoir, ainsi que son disciple acadien, le sculpteur Louis-Philippe Hébert. Napoléon Bourassa a écrit le roman historique Jacques et Marie racontant l'histoire des déportés et considéré comme l'un des meilleurs romans canadiens.
Régime britannique Proclamation royale