L’Empereur (en , Imperator ) est le premier cuirassé construit pour la flotte de la Baltique en 1881. Un seul cuirassé avait été auparavant construit en Russie, le . L’Empereur avait comme sister-ship l’Empereur .
Les travaux de construction débutent au chantier naval de la Nouvelle Amirauté à Saint-Pétersbourg le . Il est lancé le , officiellement achevé en et mis en service la même année. Il doit son nom au tsar de Russie.
Historique Le , le cuirassé est baptisé Empereur . Le , l'empereur Alexandre III assiste à sa cérémonie de lancement.
Carrière dans la Marine impériale de Russie Le , l’Empereur effectue sa première campagne en mer. À cette époque, l'équipage du cuirassé se compose de vingt-trois officiers et de quatre cent six marins placés sous les ordres du capitaine de P. YourievGrade correspondant à celui de colonel dans l'infanterie ou l'armée de l'air. Le cuirassé est basé à son port d'attache de Kronstadt. Le , il quitte pour quelques jours le port de Kronstadt afin d'effectuer de nouveaux essais. On installe son blindage pendant la saison hivernale.
Le , il entre en collision avec le navire suédois Olaf, et il est très endommagé à la poupe, mais reste à flot. Les réparations sont achevées le .
Les essais des moteurs ont lieu le . Les machines développent une puissance de . Les essais d'artillerie ont lieu les et .
Malgré la réussite des essais à bord, le cuirassé présente alors de nombreux défauts et les travaux prennent un an de retard et ne sont terminés qu'en , certains travaux continuant à bord jusqu'à l'été 1893.
L’Empereur effectue sa véritable première campagne en mer en 1894.
En , le navire se rend à Kronstadt, le commandement de K.P. Nikonov, afin de participer à une revue navale à l'occasion de l'ouverture solennelle du canal de l'Empereur-Guillaume le .
Le , l’Empereur commence une nouvelle campagne : il se rend en Méditerranée avec le cuirassé et le croiseur Possadnik.
Vers la fin de l'année 1896, l'escadre est renforcée par le cuirassé Empereur et le Grand Sissoï. Des affrontements ayant éclaté sur l'île de Crète entre les populations turque et grecque, cette flotte et d'autres navires de puissances étrangères participent au blocus de l'île afin d'empêcher l'ouverture d'un conflit entre l'Empire ottoman et la Grèce.
À l'été 1897, l’Empereur jette l'ancre dans un port de Malte. Lors du déchargement de munitions de , une explosion se produit. Le commandant de bord est gravement blessé à la jambe et il doit être amputé dans un hôpital de Malte.
Le , l’Empereur accoste dans la baie de La Canée en Crète et devient navire amiral de l'escadre de la Méditerranée placée sous le commandement du contre-amiral Andreïev.
Une explosion se produit à bord, le , provoquant le décès de deux marins. Quant au cuirassé, il est gravement endommagé mais continue à naviguer.
Le , le contre-amiral Skrydlov (1844-1907) prend le commandement de l’Empereur . Il jette l'ancre quelque temps plus tard dans le port de Pola où il reste amarré trois semaines. Après des travaux de rénovation de la coque, le bâtiment de guerre développe une vitesse de . Il n'est plus navire amiral de l'escadre à partir du , car le contre-amiral Srydlov transfère son pavillon sur le croiseur Duc d'Édimbourg.
Entre juin et , l’Empereur reste amarré dans le port du Havre, puis se rend en mer Baltique. Il reçoit le la visite à Copenhague de qui est en séjour dans sa famille maternelle au Danemark. Le navire de guerre est de retour à Kronstadt le .
. Au cours des soixante-et-un mois passés loin des côtes de l'Empire russe, il avait consommé tonnes de charbon. avaient été hospitalisées dans les hôpitaux des zones côtières, dont douze décédèrent. Pendant une grande partie de son expédition, il avait été navire amiral, porteur successivement du pavillon des amiraux Andreïev, Skrydlov, Valrond et Birilev1844-1915.
Après une si longue campagne en mer, une commission se met à étudier l'état du navire. L’Empereur est d'une façon générale en assez bon état. Il convient de noter qu'après un si long périple, le cuirassé développe une vitesse de à 75-. Les chaudières sont déclarées aptes pour trois années d'utilisation supplémentaires, malgré le projet de les remplacer.
Au cours de l'hiver 1901-1902, les artilleurs reçoivent une formation sous les ordres du contre-amiral Rojestvenski. L’Empereur participe à l'été 1902 à une démonstration exemplaire de tir d'artillerie en présence de et de son cousin, le kaiser . En 1903, les artilleurs reçoivent de nouveau une formation sous le commandement de l'amiral von Felkersam (1846-1905). C'est au terme de cette formation que l'artillerie du cuirassé est rénovée.
La première partie de la rénovation de l’Empereur concerne l'installation de barbettes et les chaudières sont remplacées fin 1903. Néanmoins, les travaux sont pratiquement arrêtés à cause de la guerre russo-japonaise et reprennent fin 1904, début 1905. Dans le même temps, l'artillerie est remplacée. À l'exception des anciens canons de , le cuirassé est alors doté de cinq canons de (quatre remplacent les canons de , une cinquième série est installée à l'arrière du navire), huit de , quatre de et quatre de installés sur le pont supérieur. Le gréement est remplacé et de nouveaux projecteurs sont installés.
Les essais en mer ont lieu en et les résultats sont satisfaisants, mais des défauts apparaissent dans les nouvelles chaudières. Une réparation approfondie de celles-ci est donc effectuée au printemps de 1911, ce qui permet au cuirassé de développer une vitesse de .
En 1907, l'unité d'artillerie de l’Empereur est une nouvelle fois en formation sous le commandement de l'amiral Reitzenstein (1854-1916). À la fin de l'année, le navire est inscrit dans les cuirassés, après une nouvelle classification. De 1904 à 1909, le cuirassé est placé sous le commandement du capitaine de Eberhardt (1856-1919), puis sous celui d'A.M. Lazarev.
Après vingt-deux ans de carrière dans la Marine impériale de Russie, le navire est devenu obsolète et son délai de service est fixé à 1917.
Carrière dans la Marine soviétique Le , le cuirassé est renommé L'Aube de la Liberté (). Le , il stationne à Petrograd (l'ancienne Saint-Pétersbourg). L'hiver venu, L'Aube de la Liberté revient à Kronstadt où il reste ancré pendant quelques années. Il est très endommagé en 1921, lorsqu'éclate la rébellion de Kronstadt. Il est démantelé en 1922.
Commandants de l’Empereur P. Youriev. K.P Nikonov. Pavel Petrovitch Andreïev. Nikolaï Illarionovitch Skrydlov. Andreï Avgustovitch Eberhardt. A.M Lazarev.
Notes et références
Bibliographie V.V. Arbouzov : Le Navire de bataille « Empereur » A.B. Chirokorad : L'Artillerie de navires de la flotte russe en 1867-1922 « Collection maritime » , 1997.
Liens externes
flot.parus.ru
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